‹ Conchologie néogénique de l'Aquitaine (volume 2)Chapitre 25 sur 273 · Cardita (G/ans) sallomacensis n. sp · texte numérisé non relu

Cardita (G/ans) sallomacensis n. sp

PI. 11, fig. 49-52.

1825. Venericardia intermedia Bast. Env. Bord., p. 80 (non Brocchi).

1852. Cardita intermedia d'Orh. Prodr., III, p. 113, 26e ét., no 2111.

1878. — Ben. 'Port. Gironde, p. 3.

Test assez épais. Taille moyenne; forme un peu convexe, ovale- Iransverse, inéquilatérale; côté antérieur arrondi, plus court que le côté postérieur qui est plus large et tronqué verticalement; bord palléal peu arqué, régulièrement raccordé en arc de cercle avec le contour antérieur; contour anal presque rectiligne; crochets gonflés, prosogyres, situés à peu près au tiers antérieur des valves; bord supérieur peu arqué en arrière du crochet, presque horizontal. Lunule petite, cordiforme, lisse et creuse, limitée par une rainure; corselet étroit, lisse, limité par un gradin; surface dorsale convexe, mais assez peu bombée, déprimée sur la région anale qui se compose de deux plans successifs; ornementation formée de vingt-et-une côtes arrondies, très saillantes, dont quelquesunes, particulièrement celles de la région médiane, sont accompagnées — sur chaque face latérale — d’une costule plus faible; les deux ou trois côtes qui précèdent la région anale sont plus saillantes que les autres; sur la région anale, on compte six côtes dont la troisième en partant du bord est plus grosse et plus proéminente que les autres; des tubercules transverses, étroits, arrondis, assez rapprochés, couvrent les côtes sans atteindre les costules latérales, ils deviennent squameux et

s'écartent davantage snr les dernières côtes médianes et sur la grosse côte anale; les intervalles des côtes sont finement et irrégulièrement striés.

Plateau cardinal assez étroit, à contour inférieur régulièrement arqué; 3a faible, soudée au bord lunulaire, striée sur sa face interne; 3/, forte, triédrique, prolongée et retroussée en arrière, striée sur ses deux faces latérales, le talon postérieur est parallèle à la nymphe et un sillon étroit et profond l’en sépare; Al courte, peu saillante, limitant une fossette où est logée Ali; PI bien visible, quoique peu distincte de la nymphe; 2„ forte, triédrique, séparée du bord lunulaire par la fossette de 3„; 4 /, étroite, saillante et très longue, striée sur ses deux faces latérales; Ail formant un dentelon conique très net avec une petite fossette sur sa face inférieure; PII étroite et courte en arrière de la nymphe qui est aplatie et presque aussi longue que le corselet.

Impressions musculaires profondes, surtout l’antérieure qui est allongée et surmontée d’une faible impression pédieuse; l’impression de l’adducteur postérieur est plus large et subquadrangulaire. Impression palleale écartée du bord qui est fortement et largement crénelé.

Dim. Diam. a.-p. : 32 mill. ; diam. u.-p. : 26 mill.

R. D. — Si Y 'on no compare que l'ornementation, cette coquille est extrêmement voisine de C. intermedia Br., et nous l’y aurions certainement rapportée, quoiqu’elle soit cependant moins élevée, avec des crochets moins saillants, ce qui lui donne un aspect plus oblong ; mais, outre que sa troncature anale est plus verticale et moins oblique que celle de C. intermedia , la comparaison des charnières nous fournit d’autres critériums qui justifient la séparation d'une mutation ancestrale et bien distincte : 3a est moins granuleuse, plus obliquement confondue avec le bord, •chez C. sallomacensis ; Al fait une moindre saillie sur la cavité umbonale; 2 forme une pyramide plus triédrique; la fossette destinée à loger 3a est plus haute parce que 3a a plus d'ampleur ; 4/. est plus allongée, mais P I et PII sont plus rapprochées de l’extrémité de la nymphe.

Abstraction faite de ces différences, c'est aux figures de l’Atlas de Brocchi (pl. XII, fig. 15) et à celles de la Monographie de M. Sacco (pl. IV, fig. 5-1 j que nos spécimens de Salles ressemblent le plus; la variété rotundula Sacco pourrait — à la rigueur — se distinguer de la forme

typique, et surtout la var. cornucopiæ qui est presque plus élevée que longue; chez les var. dentifera et quadrilatera, la troncature anale est oblique en sens inverse ; mais aucune des figures de M. Sacco ne permet d’en étudier la charnière, c’est seulement sur des spécimens de la var. rotundula, provenant de l’Astien de Cannes et de Monte-Mario (coll. Cossmann), que nous avons pu constater les différences précitées.

En résumé, C. intermedia Br. parait localisée dans le Pliocène où elle est commune, tandis que la mutation helvétienne de la Gironde est extrêmement rare et ressemble plus au type qu’aux variétés de sa descendante. Il est possible que le jeune âge ait été confondu avec d'autres espèces.

Loc. — Salles (Largileyre), une paire de valve6 (PI. Il, fig. 49-52), coll. Benoist; une valve douteuse, coll. Peyrot. — Helvétien.

356. Cardita ( Glans ) Raulini (1) nov. sp. PI. II, fig. 33-36.

Test assez épais. Taille petite; forme trapézoïdale, très inéquilatérale, gibbeuse. Côté antérieur 1res court, arrondi, côté postérieur obliquement tronqué ; bord palléal légèrement sinueux, raccordé par une courbe régulière avec le bord buccal qui est en arc de cercle, et par un angle presque droit avec le bord anal qui est oblique et à peu près rectiligne; bord cardinal très court en avant du crochet, assez long et presque rectiligne en arrière; crochets gonfles et pointus, opposés, situés au cinquième antérieur de la valve. Surface extérieure bombée et gibbeuse, déprimée en avant dans la région correspondant à la sinuosité du bord palléal, fortement déclive dans la région anale, ornée de vingt-quatre côtes étroites, munies, sauf les côtes anales, de costules latérales et portant de petites squa mules assez distantes moins régulièrement distribuées, au moins sur les côtes antérieures et médianes; les intervalles des côtes sont assez régulièrement striés en travers. Lunule étroite, lancéolée, peu profonde; corselet allongé, étroit, délimité, par une côte de la région anale un peu plus forte que ses voisines.

Plateau cardinal long et étroit, échancré en arc de cercle au milieu : 3„ incurvée, confondue avec le bord; 3& en marteau,

(1) Les recherches de Raulin ont surtout porté sur les gisements helvéliens.

sinueuse, striée sur sa face supérieure; AI peu distincte, PI presque invisible, 2a triédrique, très oblique séparée du bord lunulaire, 4 /, étroite et longue, striée sur ses faces latérales, à peu près parallèle à la nymphe dont la sépare un sillon assez profond, mais peu large; AI formant un petit dentelon peu saillant. Impressions musculaires assez superficielles. Impression palléale écartée du bord palléal qui est fortement crénelé.

Dim. Diam. a.-p. : 11 mill. ; diam. u.-p. : 9 mill. Maximum : 21 sur 16 mill.

R. D. — Cette espèce — dont la longueur varie un peu — n’est certainement pas un jeune C. intermedia : elle bien plus inéquilatérale, son contour est subquadrangulaire et non ovale, toujours dilaté en arrière des crochets; 2« est beaucoup plus étroit et oblique; sa surface externe est plus gibbeuse et ses côtes sont plus squameuses. C. Raulini a quelque analogie d’ornementation avec C. intermedia var. dentifera Coc., mais elle est plus petite, plus gibbeuse et son galbe est bien différent, avec une troncature en sens inverse. Nous pouvons aussi la rapprocher de C. trapezia, mais cette dernière est moins gibbeuse, son bord palléal est parallèle au bord cardinal, ce qui n’est pas le cas chez C. Raulini, enfin le corselet de C. trapezia est beaucoup plus net, et ses côtes moins squameuses sont beaucoup moins nombreuses.

D’autre part, C. Raulini est plus oblongue que C. calcitrapoides Lk., du Lutétien; ses côtes moins serrées et moins nombreuses sont armées d’épines moins longues à l'arrière.

Loc. — Saubrigues (PI. II, fig. 35-36), coll Benoist; une valve gauche, valve droite de grande taille (fig. 33-34), coll. Dumas; une paire de valves, coll. Bial-Neuville. Assez rare. — Tortonien.

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