‹ Conchologie néogénique de l'Aquitaine (volume 2)Chapitre 44 sur 273 · Venericardia (. Megacardita ) Jouanneti Basterot · texte numérisé non relu

Venericardia (. Megacardita ) Jouanneti Basterot

PL III, fig.' 1-4.

1825. Venericardia Jouanneti Bast. Mém. env. Bord.,p. 80, pl.V, fig. 3. 1828. — Defr. Dict. Sc. Nat., LVII, p. 237.

1830. Cardita Jouanneti Desh. Encycl. métli., XII, p. 197.

1835. — Desh. An. s. vert. (éd. 2) vol. V, p. 436.

1838. — Grat. Cat. Gironde, p.6l.

1840. — Goldf. Petr. Gerrn., II, p. 187, pl. CXXXlll,

fig. 15.

1847. — Miclit. Deser. foss. Mioc.,p. 97.

1850. — Desh. Tr. él . , II, p. 178, pl. XXXI, fig. 8-9.

1852. — D’Orb. Prodr., III, p. 114, 26e ét . , n° 2127.

1852. — Raid. Note Tert. Aq. (B. S. G. F. IX), p. 412.

1865. — Hœrn. Tert. Beck.Wien, II, p. 266, pl. XXXV,

fig. 78 {tantum).

1873. — Fisch. et Tourn . Invert. foss. Léberon, p. 146.

1873. — Ben. Cat. Saucats, p. 57, n° 146.

1874. — Tourn. Sos (A. S. L. B., XXIX), p. 129, 162.

1894. Venericardia Jouanneti Degr.-Touz. Et. prél. Orthez, p. 412. 1899. Megacardita Jouanneti Sacco. I Moll. terz. Pienn, XXVII, p. 9, pl.

II, fig. 1.

1903-1904. Cardita ( Venericardia ) Jouanneti Dollf., Cott. etGom. Moll.

tert. Port., pl. XIX, fig. 1, et pl. XX, fig. 1-2 {non 3-4).

Test très épais. Taille grande ; forme ovale-transverse,

allongée et inéquilatérale, surtout à l’état gérontique; coté antérieur arrondi, côté postérieur plus long, rétréci et obliquement tronqué; bord cardinal peu arqué, surtout dans les spécimens géronliques, se raccordant régulièrement avec le bord buccal qui est arrondi en quart de cercle, et aussi avec le bord anal qui est ovale; bord palléal court et arrondi en avant du crochet, peu convexe et allongé en arrière; crochets prosogyres, enroulés, très saillants et rapprochés, situés au cinquième antérieur de la longueur des valves. Lunule cordiforme, courte, très enfoncée sous le crochet, séparée du reste de la coquille par un sillon profond; corselet indistinct. Surface extérieure très convexe en avant et dans sa partie moyenne, légèrement déprimée sur la région anale; elle est ornée de dix-neuf ou vingt côtes, bien arrondies et saillantes dans la région des crochets, s’aplatissant ensuite et s’élargissant beaucoup à mesure qu’elles s’en éloignent, à l’exception des trois ou quatre dernières côtes anales qui restent étroites; les sillons qui les séparent sont à l’origine assez profonds et aussi larges que les côtes, mais deviennent rapidement peu profonds et très étroits; dans la région um bon ale, les côtes portent des tubercules transverses, très rapprochés, ils s’effacent bientôt pour faire place à des plissements irréguliers, peu saillants, visibles surtout sur le bord des côtes, dont le milieu paraît lisse à l’œil nu.

Plateau cardinal devenant très large dans les spécimens géronliques, son contour intérieur est peu sinueux : 3a confondue avec le bord lunulaire, perpendiculaire sous le crochet, courte, large; 3;, très oblique, très allongée, fortement saillante et retroussée en dehors, très finement rayée sur sa face externe et sur la portion de sa face interne qui limite la fossette, par des stries perpendiculaires à sa longueur; nymphe forte, large, parallèle à 3& dont elle séparée par un profond sillon; 2 courte, triédrique, un peu inclinée, distincte du bord lunulaire dont elle est séparée par une fossette ou se loge 3a; il, longue, très oblique, fortement saillante, striée comme 3;,, séparée de 2a par une fossette beaucoup plus grande que celle

de la valve opposée, et; de la nymphe par un sillon assez profond.

Impression musculaire antérieure plus profondément gravée que la postérieure et surmontée de l'impression du muscle pédieux; l'impression musculaire postérieure est cordiforme et traversée par l'impression palléale non parallèle, en avantplus écartée du bord qui est marqué de crénelures larges et distantes, s’atténuant un peu sur le bord anal.

Dim. Diam. a.-p. : 77 mill. ; diam. u.-p. : GO mill.

R. D. — Voici une espèce remaïquable par son extrême abondance et par la grande étendue de son aire de distribution géographique, conditions éminemment favorables à l’apparition de variétés; en effet autour de C. Jouanneti gravite un groupe important de variétés ou de mutations. La forme figurée par Basterot, que l’on doit par suite considérer comme typique, et dont on a lu plus haut la description, est essentiellement caractérisée par son galbe moyennement transverse, par ses dix-neuf ou vingt côtes arrondies, distinctes et rugueuses; on la trouve surtout dans l’Helvétien II et III de Mayer (exemples : Saucats (La Sime), Salles (Débat, Minoy, etc.). A Salles (Largiléyire), qui représente un niveau un peu supérieur, C. Jouanneti devient d’une extraordinaii e abondance et à côté de la forme typique, on en trouve d'autres ayant un « faciès particulier » déjà signalé par Benoist ; la taille est fort grande — ce qui est le cas de beaucoup de fossiles de Largileyre — le galbe est transverse, plus gibbeux, plus inéquilatéral, les côtes (19 à 20) plus aplaties, moins séparées surtout dans la région dorsale, s'effaçant même parfois plus ou moins complètement, nous en faisons la var. ponderosa, bien distincte de la var. læviplana Depéret, plus courte et plus élevée que le type, à cardinales plus courtes et moins obliquement inclinées (B. S. G. F., 3e série vol. 21, p. 256), qui prend la place prépondérante dans le Tortonien d Italie, du bassin de Vienne (coll. Cossmann) et du Portugal, et que l'on relrouve en Algérie. Les côtes sont partout aplaties, séparées par des sillons fort étroits et peu profonds, ainsi que dans les var. dertobrevis et dertolonga Sacco, également du Tortonien. Les figurations (pl. XIX, fig. 1 et pl. XX, fig. 3) des Planches de Mollusques tertiaires du Portugal, laissées par Pereira da Costa — et que MM. Dollfus et Berkeley Cotter ont réunies à C. Jouanneti — nous paraissent constituer de fortes mutations sinon même des espèces distinctes. Puis C. Jouanneti disparait brusquement; les citations de notre fossile dans le Plaisancien de Castellarquato et de Borgoli seraient inexactes, d’après M. Sacco.

Si maintenant nous considérons les niveaux inférieurs de l’Helvétien,

l'Helvétien I, Mayer (exemple collines de Turin, Touraine), nous trouvons des variétés de taille habituellement plus faible, à crochet moins proéminent. mais à côtes bien séparées et arrondies; telles sont les var. Brocchii Micht., taurobrevis Sacco, des collines de Turin, Mayeri Iv. et Peyr., de la Touraine. Cette dernière — confondue par MM. Dollfus et Dautzer,berg avec C. Jouanneti typique, dans leurs premières publications sur les Faluns de la Touraine — est devenue dans la a Conchologie du Miocène de la Loire », C. lævicosta Lk. Ce nom appliqué par Lk. à une petite coquille de 21 mill. de diamètre, pourrait s'appliquer, d’après la diagnose très courte et très vague qu’il donne, à la plupart des Cardites des faluns de la Touraine; d’ailleurs, l'apparence de côtes lisses sur le dos et crénelées sur leurs bords — qui a suscité le nom lævicosta — est un effet de l’usure; sur quelques spécimens mieux conservés (coll. Peyrot), on peut s'assurer que les côtes sont rugueuses sur toute leur surface. Il nous paraît difficile d’accepter cette reprise, trop douteuse, du nom de Lk. Parmi les formes ancestrales de C. Jouanneti, on peut peut-être placer C. pinnula Bast. du Burdigalien et de l’Aquitanien et C. Arduini Brongn. et ses variétés de l'Aquitanien de l’Italie, toutes deux transverses, très inéquilatérales à côtes plus nombreuses, plus étroites que chez C. Jouanneti et séparées par des sillons profonds.

Loc — Salles (Largileyre), forme typique (PI. III, fig. 1-4), coll. Cossmann ; Salles (couches à Panopées, Débat, Minoy, Largileyre), toutes les coll.; Saucats (La Sime), St-Symphorien, Baudignan, Escalans, Narrosse, Saugnac, Clermont (Landes) ; Orthez (Le Paren), Sallespisse, Salies-de- Béarn, coll. Degrange-Touzin. Saucats (Cazenave) coll. Cossm.; coll. de Sacy. Rimbès (fide Tourn.). Manciet (Gers), coll. Peyrot.— .

Saubrigues, Soustons, coll . Degrange-Touzin. —

Page 1