Nucula R/Sayeri Hœrnes. PI. V, fig
1848. Nucida margaritacea Hœrn . Verz., p. 28, no-487 (non Lamk ).
1865. Nucula Mayeri Hœrn. Tert. Beck. Wien, H, p. 296, pl. XXXVIII,
fig. 1.
1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 60, no,160.
Test épais. Taille assez grande; forme convexe, subtrigone, acuminée aux extrémités, surtout en arrière, très inéquilatérale; côté antérieur ovale, presque trois fois plus allongé qne le côté postérieur qui est obliquement tronqué; contour palléal irrégulière ni eut arqué; crochets légèrement gonllés, obtus, opisthogyres, inclinés à peu près au quart de la longueur, du côté postérieur; contour antéro-supérieur faiblement convexe; contour anal d’abord un peu excavé sous le crochet, puis convexe jusqu’à l’angle arrondi qui le raccorde avec le contour palléal. Lunule lancéolée, peu distincte, obtusément limitée; corselet très petit, excavé, cordiforme; à la troncature anale correspond une dépression cordiforme, bombée au milieu, séparée du corselet par une rainure obsolète et de la surface dorsale par un angle arrondi. Surface dorsale bombée, avec une dépression buccale, le long de la lunule ;
sous l’épiderme, on distingue de fins rayons cancellés par des accroissements assez réguliers, surtout vers la région anale et
dans le voisinage des crochets, tandis que la région antérieure semble plutôt lisse.
Charnière arquée, divisée en deux séries par la fossette chondropliore : vingt-cinq dents sériales du côté antérieur, d’abord serrées et presque horizontales contre la. fossette, puis plus obliques et plus saillantes vers l’arrière; fossette assez large , obliquera en t inclinée q /v-gîv.
vers l’avant, à
contour infé-
• j' ,, i Fig. 9. — Charnière de Nücula Mayeri Hœrn. Mioc.
rieur iormant J
une saillie sur la cavité umbonale; du côté antérieur, elle est encadrée par de fortes arêtes pyramidales dont le sommet aboutit au bord supérieur, sous le crochet. Impressions musculaires subcirculaires, profondément gravées; impression palléale dédoublée; bords finement crénelés.
Dm. Diam. a.-p. : 19 mill.; u.-p. : 15 mill.
R D. — Les spécimens de Saubrigués sont identiques — comme forme et comme charnière — à ceux de Lapugy (coll. Cossmann) que nous avons sous les yeux : il n’est donc pas douteux que N . Mayeri, tel que l’a conçu Hœrnes, a vécu dans le Sud-Ouest de la France, à la condition que l'on en élimine un certain nombre de citations qui en ont été faites dans les gisements de l'Helvétien et surtout du Burdigalien.
11 est très facile de distinguer N. Mayeri de N. placentina Lamk., non seulement par sa forme moins ovale, plus acuminée en arrière, mais encore et surtout par sa charnière : les dents sériales sont moins nombreuses en avant, plus nombreuses en arrière, et en outre la fossette n’est pas divisée en deux par une arête médiane comme celle de JV. placentina. Néanmoins, ce sont deux formes du même groupe, tandis qu’en ce qui concerne N. nucléus, la séparation est encore plus nette, car cette dernière espèce a une forme plus élevée, beaucoup plus arrondie aux extrémités, sa fossette est beaucoup plus petite et presque horizontale, dépourvue de l’arête pyramidale qui sépare celle de N. Mayeri des dents postérieures.
L’espèce la plus voisine de N. Mayeri, par sa forme et sa fossette limitée, est N. mixta Desh., du Lutécien de Damery, qui est cependant moins transverse, moins acuminée en arrière.
Y. Mayeri atteint d'ailleurs une taille qui la distingue — à première vue — de ses congénères du Burdigalien ou de l’Helvétien, généralement petites. Nucula sublævigata D. D., de l’Helvétien de la Touraine (coll. Peyrot), est à peu près de la même taille; mais elle est ovale, moins haute, à crochet presque terminal et ses dents sont plus nombreuses du côté antérieur, moins nombreuses du côté postérieur; bord non crénelé.
Loc. — Saubrigues, plésiotypes (PI. V, fig. 21-24), coll. Dumas; coll. Degrange-Touzin. — St-Jean-de-Marsacq, coll. Bial-Neuville ; coll. Degrange-Touzin. — ToHonion.
Peyrère, coll. Baulin, St-Martin-de-Hinx, Clermont, St-Etienne-d'Orthe, coll. Degrange-Touzin. — Ilel vétien.
Saucats (Lagus, Giraudeau), coll. Benoist, Dax (M1*1 de Cabannes), coll. Degrange-Touzin. — ltui‘«Bif)alieii.
LEDIDÆ Adams, 1858.
Test non nacré; valves souvent bâillantes, rostrées à l’arrière, plus ou moins inéquilatérales; crochets peu opisthogyres ; charnière composée de deux séries de dents repliées en chevrons; ligament interne, logé dans une petite fossette centrale qui ne fait que peu ou point de saillie sur la cavité umbonale, entre les deux séries de dents; impression palléale sinueuse; bords lisses.
Fischer n’a admis les Lcdinæ que comme Sous-Famille des Nuculidæ; or nous estimons que — outre le sinus palléal — la -constitution de la fossette, qui n’est pas un véritable cuilleron saillant comme celui de Nucula, est un critérium familial d’une réelle importance, sans compter l’absence de nacre à l’intérieur des valves, et la contexture externe du test dont l’épiderme n’est pas semblable; enfin, il n’v a pas de rayons sous l’épiderme, et conséquemment, pas de crénelures sur la commissure des valves.
Nous ne classons dans cette Famille que les deux Genres Lcda et Yoldia, tous deux représentés dans le Néogène de l’Aquitaine. Quant aux nombreuses coupes génériques du Silurien, il n’est nullement prouvé qu'elles appartiennent aux Ledidæ; on a même proposé de les réunir dans une Famille à part ( Ctenodontidæ Dali, 1898).
LEDA Schumacher, 1817.
(= Perrisonota Conrad, 1809).
Leda 5- str. — Coquille allongée, longuement rostrée et un peu bâillante du côté anal; surface dorsale plus ou moins sillonnée; corselet limité par un pli sur toute la longueur du rostre; lunule peu distincte; dents sériales deux fois plus nombreuses en arrière qu’en avant; fossette ligamentaire grande, dissymétrique, presque sans saillie sur la cavité umbonale; sinus palléal étroit et triangulaire, à contour imperceptible, chevauchant sur l’arête rayonnante qui est la trace interne du pli rostral (G. -T. : Area rostrata Montagu, Yiv.).
Dans ce groupe, le côté antérieur n’occupe que le tiers ou le quart de la longueur des valves, et par suite, la fossette déformée se développe plus vers le bec anal. Il est représenté dans le Pliocène par L. clavata Cale., L. Hœrnesi Bell. ; mais il n’a pas été signalé dans notre Miocène, et il n’est pas bien certain que L. clavata ait vécu dans le Bassin de Vienne; d'autre part, on ne le connait pas dans l'Eocène d’Europe, ni a fortiori dans les terrains crétaciques. Cependant M. Dali mentionne Perrisonota Conrad, avec une diagnose qui ressemble beaucoup à celle de Leda s. str. ; la seule différence consisterait dans l’absence de côte le long du rostre ; le génotype est de l’Eocène des Etats-Unis (L. protexta Conr. non Gabb.).
Sect. Lembulus Leach (m llisso 182G). — Surface ornée de stries obliques; pli rayonnant du cô té antérieur; rostre bicaréné à l’intérieur, formant un bec assez court et écbancré à son extrémité entre les deux carènes; lunule limitée par une strie; corselet limité par une arête, au milieu de la dépression anale; dents sériales saillantes et à peu [très symétriques; fossette centrale isocèle, petite, non saillante sur la cavité umbonale; impressions musculaires petites; sinus triangulaire (G. -T. : Area pella Lin. Yiv.).
Les différences d’ornementation, l’apparition d’une lunule, la réduction de la fossette centrale, l’équivalence ou du moins la disproportion moins grande des deux séries de dents, justifient la séparation de cette Section, admise par la plupart des auteurs; elle est représentée dans nos terrains,
ainsi que dans le Miocène de 1 II al ie et du Bassin de Vienne, voire même dans l'Eocèiie des Etals-Unis, d'après M. Dali ( Leda cœlata Conr. non Hinds).
Sect. Ledina Sacco, 1898. — Surface sillonnée concentriquement; forme subéquilatérale, sauf le bec anal qui est limité par un seul angle (ou carène) crénelé; charnière de Lembulus ; sinus subtrigone, étroit (G. -T. : Area fragilis Chenmitz, Viv. et foss.).
La XXVIe partie des Moll, du Piémont ayant été éditée en Décembre 1898. il y a certitude que Ledina a été préemployé par Dali (Avril 1898), pour L. eborea Conr., de l’Eocène, coquille qui a une forme arrondie aux deux extrémités, analogue à celle de quelques Yoldia, et dont la surface est lisse, de sorte que ce n’est évidemment pas le même groupe que celui de L. fragilis. Dans ces conditions, si réellement L. fragilis constitue une Section distincte de. Lembulus, Ledina Sacco doit être remplacé par une autre dénomination; mais nous hésitons réellement à en proposer une pour d’aussi faibles différences qui ne portent que sur la forme et l’ornementation, tandis que la charnière et le sinus sont identiques : c’est pourquoi on trouvera ci-après désignées sous le nom Lembidus les espèces du groupe Ledina fragilis, exactement comme l’ont fait Bellardi et Seguenza qui n’étaient cependant pas (surtout le second) parcimonieux dans l’établissement de nouvelles Sections.
Ledina est authentiquement représenté dès l’Eocène et a précédé les vrais Lembulus; on en trouvera ci-après plusieurs formes.
Sect. Jupiteria Bell. 1875. — Coquille corbuliforme, renflée; lunule non carénée; rostre court, recourbé (G. -T. : Leda concava Bronn, Tert.).
Outre la forme extérieure — qui différencie nettement cette Section de Leda s. str. et de Lembulus — nous avons observé, sur des exemplaires du génotype de Monte-Mario (coll. Cossmann), que la fossette est bien différente de celle de Yoldia et que le sinus est des plus étroits, formant un triangle resserré contre le bord supéro-postérieur. Nous n’en connaissons pas dans l’Aquitaine.
Sect. Ledella Verrill, 1897 (= Junonia Seguenza, 1877, non Htibner). — Coquille presque symétrique, lisse; côté postérieur sinueux et bâillant, avec un bec court et obtus, auquel aboutit un pli rayonnant, non caréné; charnière très épaisse
pour la petite taille des valves; fossette centrale arrondie; sinus court (G. -T. : L. messanerms Seg. = acuminata Jeffreys, Tertiaire de Messine, coll. Cossniann).
Nous n'avons pas trouvé, dans l’Aquitaine, de formes. qui puissent être rapportées à Ledella : c’est un groupe tout à fait néogénique, comme les deux précédents.
Signalons encore, pour mémoire : Dacryomia Ag., G. -T. : L. lacryma Sow., du Jurassique; Adrana H. et A. Adams, 1858, G. -T. : L. clongata Sow., espèce vivante qui ne diffère guère de Leda s. str. si ce n'est par sa forme moins dissymétrique, non carénée.