Leda ( Lembulm ) emarginata Lk. PL Y
1819. Nucula emarginata Lamk. An. s. vert., VI, l'e part., p. 60.
1825. — Bast. Mém. env. Bord., p. 77.
1825. Nucula undata Delr. Dict. Hist. nat., vol. 35, p. 219.
1830. Nucula taurinia Gêné. Cat. Mus. Geol.'Tor., n<> 4558 (/idc Sacco).
1850. Leda emarginata d’Orb. Prod., III, p. 104, 26e ét., n° 1942.
1865. Leda pella Hœrn. Tert. Beck. Wien, II, p. 305, pl. XXXVIII,
fig. 7 ( non Lin.).
1873. Leda undata Benoist. Cat. Saucats, p. 61, n° 163 ( non Lin.).
1875. — Bell. Monogr. Nue. Piem., p. 16, pl. I, fig . 9.
1894. Leda (Lembulus ) undata Degr.-Touz. Et. prél. Ortliez, p. 411.
1898. Lembulus undatus Sacco. I Moll. terz. Piem., part. .XXVI, p. 53,
pl. XI, fig. 37-40.
1903. Nucula undata Bigot. CataL crit. coll. Defr., p. 172 {ex parte).
1909. Leda undata Dollf. Et. crit. coq. foss. Bord., p. 12, pl . I, fig. 1 1-18.
Test épais. Taille moyenne; forme convexe, ovoïdo-rostrée, inéquilatérale; coté antérieur sensiblement plus court, ovaleatténué; côté postérieur acuminé, bicaréné, échancré entre les deux carènes; bord palléal arqué, séparé du contour antérieur par une faible sinuosité; crochets petits, un peu gonflés, presque opposés ou peu opisthogyres, situés aux deux cinquièmes de la longueur, du côté antérieur; bord supérieur un peu arqué en avant, presque rectiligne et déclive en arrière du crochet. Lunule étroite, creuse, lancéolée; corselet excavé, fusoïde, aussi long que le bord supéro-postérieur ; surface
dorsale bombée, séparée de la région anale par un angle incurvé, et de la région buccale par deux arêtes rayonnantes, très obsolètes; la région anale, correspondant à l’échancrure du contour, est creuse et encadrée par l’angle rayonnant d’une part, par un bourrelet crénelé d’autre part, ce dernier aboutissant au rostre acuniiné du contour; toute la surface dorsale est ornée de stries imbriquées, obliques, plus ou moins serrées qui se redressent et s’anastomosent vers l'angle anal, en formant des lamelles sur la dépression excavée, et des crénelures assez saillantes sur le bourrelet contigu au corselet; il existe en outre, fréquemment, de grosses rides concentriques, dans le voisinage des crochets, qui persistent plus ou moins sur le reste de la surface dorsale, mais il est rare qu’elles atteignent le bord palléal. En tous cas, l’ornementation est très variable : il y a des individus presque lisses, d’autres dont les stries sont plus concentriques.
Charnière assez forte pour la taille des valves : environ quinze dents sériales en chevrons, du côté antérieur, une vingtaine plus parallèles, du côté postérieur, cessant à une certaine distance du rostre; fossette isocèle, très profonde, située exactement sous le crochet, limitée par un contour horizontal au-dessus de la cavité umbonale. Impressions musculaires petites, bien gravées; sinus triangulaire, peu profond; impression palléale peu distincte, assez écartée du bord lisse.
Dim. Diam. a.-p. : 1 2 mill. ; diam. u.-p. : 7 mill. ; épaisseur d’une valve : 4 mill.
R. D. — Cette coquille a été confondue, jusqu’à présent, avec L. pella dont elle se distingue avec constance, ainsi qu’on va le voir ci-après ; comme l’ont fait observer MM. Bucquoy, Dollfus et Dautzenberg, dans les Moll, du Roussillon (II, p. 219), Nucula emarginata a été établi par Lamarck sur des types provenant du Bordelais, et Basterot a adopté ce nom qui est - en fait — antérieur à la dénomination unclata Defr , applicable à la même espèce, puisque les rides ne constituent pas un critérium distinctif, même pour séparer une variété; par conséquent, dès l’instant que la coquille du Bordelais est à séparer de l’espèce méditerranéenne, c’est évidemment le nom emarginata Lk. qu’il faut lui attribuer, en éiimi-
nant la dénomination undata qui — quoi qu’en pense M. Dollfus — s'applique incontestablement à la même espèce.
Le nom emarginata caractérise fidèlement la différence capitale entre les deux espèces : L. emarginata porte une échancrure anale bien plus profonde, et un rostre crénelé bien plus saillant que L. pella vivante; celle-ci n'a pas les rides adventives qu'on observe chez le fossile; enfin la forme de L. pella est plus haute, ses crochets sont situés plus au milieu de la longueur des valves, de sorte que le nombre des dents sériales est à peu près le même de chaque côté. Nous ne faisons pas entrer en ligne de comparaison la finesse ou l’écartement des stries obliques, car il y a des individus fossiles chez lesquels ces stries sont aussi rapprochées que sur les valves méditerranéennes, tandis que d'autres portent des stries très écartées. Le corselet de L. pella est, d'autre part, limité par une faible arête médiane, visible dans la dépression comprise entre l’angle crénelé et le bord supéro-postérieur ; on n’observe rien de semblable chez les nombreux spécimens de L. emarginata que nous avons passés en revue. Ainsi donc, quand on y regarde suffisamment près, il est impossible d’admettre que L. pella ait vécu dans 1 Aquitanien et le Burdigalien, de sorte que la séparation proposée par Lamarck, confirmée par d'Orbigny, est à respecter scrupuleusement.
En ce qui concerne la dénomination undata Defr., proposée pour les individus ornés de rides concentriques qui naissent près des crochets et qui disparaissent sans atteindre les bords, nous ne croyons pas qu’elle puisse être conservée pour être appliquée même a une var. de l'espèce lamarckienne : en effet, on trouve, à tous les niveaux, dans tous les gisements, côte à côte avec des spécimens uniquement ornés de stries obliques, des échantillons identiques par tous leurs caractères et ne différant que par l'addition de quelques rides qui sont comme des témoins d'un airèt un peu plus prolongé de la croissance du test. Il n’y a réellement pas là de quoi distinguer l'espèce de Défi ance, qui doit tomber dans la synonymie de L. emarginata Lk.
Dans le gisement de Saubrigues, où l'espèce est extrêmement abondante, les stries sont généralement écartées; quelques individus portent encore des rides comme dans le Miocène inférieur; mais, par tous les autres caractères (forme transverse, rostre acuminé, échancrure anale, etc.), la coquille se rapproche plus delà mutation emarginata que delà forme typique pella. C’est donc sous le nom lamarckien que nous la signalons.
Nous avons indiqué, dans la diagnose, que certains individus paraissent lisses, tellement les stries obliques s’écartent; chez d’autres elles se redressent et deviennent pliciformes, concentriques; l'aspect de la surface est tellement différent que l'on peut, à la rigueur, les distinguer sous le
nom de variété Sacyi ; mais il existe des spécimens intermédiaires dont le classement est alors ambigu.
Nous ne connaissons le véritable L. pella fossile que dans le Pliocène d'Italie (coll. Cossmann) et aussi dans le Tortonien de la Catalogne (Ciurana,eoll. Cossmann).
Loc. — Mérignac (le Pontic), néotypes (PI. V, fig. 52-56), coll. Cossmann; abondante dans la plupart des gisements. Léognan (Carrère, Coquillat, les Bougés, Sangsueyre, Tbibaudeau), Martillac (Pas de Barreau), Saucats (Pont-Pourquey). — Aqnitanien et Bnrriiqalien. Salies-de-Béarn, coll. Degrange-Touzin. — Ilelvétien.
Saubrigues, très commune, toutes les coll. ; spécimen valvé (fig. 57-58), coll. Cossmann. — Tortonien.
Léognan (Le Thil), var. Sacyi (fig. 59-60), coll. de Sacy; Mérignac
(le Pontic). — Burdiqalien et Aqnitanien.
392. Leda ( Lembidus ) fragilis [Chemn.]. PI. V, fig-. 65-68.
1784. Area fragilis Chemn. Concli. Cab., VII, p. 199, pl. 55, fig. 546. 1814. Area minuta Brocchi. Concli. subapp., II, p. 482, pl. XI, fig. 4
( non Fabr.).
1844. Leda commutata Phil. Zeitsch. Malac., p. 101.
1848. Nucula minuta Broun. Index pal., p. 824.
1850. Leda fragilis Desh. Traité élém. Concli., 11 p 285.
1852. Leda minuta d’Orb. Prod., III, p. 104, 26e ét . , no 1937.
1853. Nucula acuminata d’Eichw. Leth. ross., III, p. 72, pl. IV, fig. 13-14. 1865. Leda fragilis Hœrn. Tert. Beck. Wien, 11, p. 307, pl. XXXVIII,
fig. 8.
? 1 874 . Leda pellucida Ben. Cat. Saucats, p. 77, n° 164 bis (La Sime). 1875. Leda commutata Bell. Mon. Nue. Piem., p. 17.
1877. — Seguenza. Nue. terz. merid. Ital . , p. 12.
1881. — Fontannes. Moll, plioc. Rhône, p. 181, pl. XI,
fig. 6-7.
1898. Leda fragilis Sacco. I Moll. terz. Piem., part., XXVI, p. 53,
pl. XI, fig. 41-43.
1904. — Dollf. Cott. Gom. Moll. tert. Port., pl. XXI, fig. 6.
1907. — Cerulli-Irelli. Fauna mal. Mariana, p. 65, pl. IX,
fig. 49-51.
1909. — Dollf. Plioc. Tage, p. 64, pl. VI, fig. 23-26.
Taille petite (dans le Sud-Ouest); forme scaphoïde, convexe, inéquilatérale; côté antérieur ovale, un peu plus court que le
côté postérieur qui est rostré et terminé par un bec court; bord palléal régulièrement arqué; crochets petits, obtus, presque opposés, situés un peu en avant de la ligne médiane; bord supérieur à peu près également déclive de part et d’autre du crochet. Lunule et corselet lancéolés, lisses; surface dorsale assez bombée, séparée par un pli rayonnant de la région buccale, et par une large dépression de l'angle arrondi qui limite l’aire anale s’étendant jusqu’au rostre; l’ornementation consiste en lamelles concentriques, régulièrement écartées, non tranchantes, qui dévient un peu sur le pli buccal et sur la dépression anale, avant d’atteindre l’angle sur lequel elles sont un peu plus saillantes.
Charnière assez forte : quinze à dix-huit dents antérieures, formant une série croissante à partir du crochet; une douzaine environ, du côté postérieur; toutes sont fortement repliées en chevrons. Impressions peu distinctes; bords lisses.
Dim. Dianl. a.-p. : 5,25; diam. u.-p. : 3 mill.
R. D — Les petits spécimens de I’Helvétien du Sud-Ouest nous paraissent identiques à ceux de la Méditerranée ou de Monte-Mario auxquels nous les avons attentivement comparés : ils se rapportent bien à la forme typique et non pas aux variétés consanguinea Bell. (= deltoidea Risso, sec. Sacco), lamellosa Seg., pseudolævis Sacco, etc. On a vu d’ailleurs, par la synonymie ci-dessus, que cette espèce a eu une grande extension géographique; mais nous ne la connaissons pas au-dessous du Miocène moyen, la forme ancestrale est différente, ainsi qu’on le verra ci-après.
Loc. — Clermont (Landes), plésiotypes (PL V, tig. 65-68), coll. Bial ; Saucats (la Sime), même coll. — llel véaien.