‹ Conchologie néogénique de l'Aquitaine (volume 2)Chapitre 81 sur 273 · Area ( Anadara ) turôniensis Dujardin em. (I · texte numérisé non relu

Area ( Anadara ) turôniensis Dujardin em. (I

PI. VIII, figx 7-11.

1837. Area turonica Duj. Mém. géol. Touraine, p. 57, pl. XVIII, fig. 16.

1852. - D'Orb. Prod., III, p. 123, 26® ét., n» 2316.

1865. — Hœrn. Tert. Beck. Wien, II, p. 332, pl. XLIV.fig. 2.

1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 64, n® 175.

1886. Anomalocardia turonica Dollf. Dautz. Et. prél. Tour., p. 7.

1896. Area turonica Douxami. Tert. Dauph., p. 293, pl. IV, fig. 4.

1898. Anadara turonica Sacco. 1 Moll. terz. Piem., XXVI, p. 24, pl. V,

fig. 14.

1904. Anomalocardia turôniensis Dollf. Cott. Gom. Terr. tert. Port., pl.

XXII, fig. 3-4.

Tesl épais.. Taille grande; forme trapézoïdale, très convexe,

(1) Turonica signifie Turonien; M. Dollfus a donc eu raison de rétablir turoniensis qui désigne la région de Touraine.

inéquilatérale; côté antérieur arrondi, toujours plus atténué — à tout âge et beaucoup plus court — que le côté postérieur qui est obliquement tronqué et rectiligne, raccordé par un angle arrondi avec le bord palléal, très peu arqué, presque parallèle au bord cardinal; crochets très gonflés, incurvés et écartés, très peu prosogyres, situés au tiers de la longueur, du côté antérieur. Aire ligamentaire très élevée chez l’adulte, invariablement circonscrite par une profonde rainure en chevron sous un angle apical d’environ 150°; la surface de ce triangle porte des chevrons irréguliers plutôt groupés vers le bord cardinal, et souvent ponctués par des lignes verticales qui représentent la trace obsolète de la croissance des dents sériales de la charnière, et qui sont très finement décussées par les lignes d’accroissement horizontales du bord cardinal; toute cette ornementation ne peut-être observée que sur les rares spécimens très fraîchement conservés.

Surface dorsale bombée au milieu, largement excavée sur la région anale qui n’est cependant pas limitée par un angle net; ornementation composée de trente à trente-trois côtes rayonnantes, larges et aplaties jusqu’à une distance de 15 mill. du crochet, et à tout âge sur la dépression anale; mais, sur le dos, elles se rétrécissent bientôt et deviennent égales aux larges sillons qui les séparent, en même temps qu’elles se couvrent de plis crénelés, subgranuleux même du côté buccal, tandis que les interstices sont finement cloisonnés par les accroissements; les larges côtes anales sont simplement festonnées par des accroissements sublamelleux, assez serrés vers le bord.

Charnière très faiblement incurvée, beaucoup plus courte que la longueur des valves, munie de dents sériales serrées, assez longues et obliques aux extrémités, droites et encore plus serrées au milieu. Impressions musculaires, subquadrangulaires, inégales, la postérieure presque de 50 °/0 plus allongée; impression palléale assez écartée du bord auquel elle n'est pas absolument parallèle, plus rapprochée en arrière qu’en avant; fortes crénelures sur toute l’étendue de la commissure des valves.

Dim. Diam. a.-p. : 57 mill.; diam. u.-p. : 40 mill. ; épaisseur d’une valve : 23 mill.

R. D. — Cette espèce lielvétienne se distingue très aisément de sa filiale A. diluvii par sa forme plus trapézoïdale, très sensiblement plus allongée, par sa région anale plus excavée, bien plus subitement déclive, et plus obliquement tronquée, et surtout par son bord antérieur beaucoup moins arrondi; en outre, les côtes sont, si ce n’est plus nombreuses (car le nombre en est variable), du moins plus dimorphes que chez l’espèce lamarckienne ; enfin, il y a un critérium très important et très constant, qui parait avoir été jusqu’ici négligé par tous les auteurs qui se sont occupés d’A. turoniensis, c’est la disposition de l’aire ligamentaire circonscrite par des rainures qui n’occupent pas la même position chez les deux espèces : chez A. turoniensis, la rainure circonscrivant antérieurement l’aire ligamentaire coïncide à peu près avec l'angle limitant les côtes buccales, tandis que la rainure postérieure, est séparée de l’angle limitant les côtes anales par un espace lisse, large d’environ 2 mill.; chez .4. diluvii, on voit une disposition inverse, le premier chevron touche l’angle des côtes anales et n’atteint pas l’angle des côtes buccales; il en est de même chez A. Fichteli. Dans les jeunes exemplaires d’A. turoniensis et chez A aquitanica, ie premier chevron est à peu près également distant des deux angles. En outre, les dents sériales ont laissé — sur toute la surface ligamentaire ou plutôt sous l’épiderme — des traces de rainures verticales qui produisent des ponctuations sur les chevrons : il n’y a rien de semblable sur aucune des variétés d’A. diluvii.

A turoniensis parait se restreindre à l’époque helvétienne, mais elle s’est étendue sur une aire très vaste, du centre de l’Europe au Portugal, avec peu de variations dans ses caractères.

Loc. — Saucats (Cazenave), plésiotypes (PI. 'VIII , fig. 7-11), col 1 . de Sacy; (la Sime), col!. Cossmann (legit Benoist); Salles (Largileyre), rare; Escalans, coll. Degrange-’l’ouzin ; coll. Bial-Neuville, Duvergier; Parleboscq (la Guirande), coll. Duvergier. Commune. — llclvétien.

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