‹ Conchologie néogénique de l'AquitaineChapitre 101 sur 350 · C. etP · texte numérisé non relu

C. etP

Rapp. et diff. — Les spécimens du Bordelais ressemblent complètement à ceux de la Touraine ou du moins aux figures 29-28 que MM. Dollfus et Dautzenberg admettent comme var. pusilla de E. castanea Montagu. De ce que les faluns de l’Helvétien contiennent à la fois les deux formes atlantique et méditerranéenne, ce n’est pas un motif pour réduire la forme pusilla au rang de variété de l’autre; il y a de nombreux passages, non pas seulement entre ces deux formes, mais entre toutes les espèces en général, et cependant nous sommes bien obligés de trancher un peu arbitrairement les limites de celles-ci pour rendre la science abordable. C’est pourquoi, comme les individus du Burdigalien — et même de l’Aquitanien — se rapprochent davantage de E. pusilla, nous avons conservé ce nom spécifique, et nous ne croyons pas qu’il y ait lieu de distinguer plusieurs espèces, selon les niveaux, quoique les individus de l’Helvétien de Salles paraissent plus aplatis et plus symétriques.

Quant aux individus du bassin de Vienne figurés par Hœrnes, c’est avec raison que M. de Gregorio les a séparés sous un nom distinct (E. tellinoides Hauer), car ils sont beaucoup plus allongés et plus inéquilatéraux; il en est de même des autres variétés figurées par M. Sacco. Nous ne les avons pas citées dans la liste synonymique ci-dessus.

Localités. — Saucats (Eglise), plésiotypes (PI. VI, fig. 30-32), coll. de l’Ecole des Mines; Saucats (Lagus), coll. Bial, coll. Degrange-Touzin, coll. de la Sorbonne ; Pont-Pourquey, Dax, coll. Bial de Bellerade ; Léognan, coll. Peyrot, Bial de Bellerade. — ESurdlgallcn.

• Noaillan, coll. Bial de Bellerade; Cabanac, Saint-Morillon (Raton-Durand), coll. Degrange-Touzin. — AtiultanScn.

Salles (Largileyre), coll. Bial, coll. Benoist au Mus. d’Hist. nat. de Bord.; Souars (le Paren), Sallespisse, Salies-de-Béarn, coll. Degrange-Touzin. —

filelvëtlcn.

Saint-Jean-de-Marsacq, une valve, coll. Dumas. — TorionSen.

BEMIDAPEDONu A nov. Sub-Ordo.

Animal à branchies appendiculées et à siphons très longs. Valves souvent dissymétriques ; forme ovale ou trigone, généralement transverse; plateau cardinal très rudimentaire, à dents cardinales incomplètement hétérodontes ; lamelles latérales non constantes, très allongées quand elles existent; ligament généralement externe, rarement doublé d’un cartilage dans une fossette interne. Impression palléale profondément sinueuse.

Nous proposons ce nouveau Sous-Ordre pour une série de coquilles dont

t le plateau cardinal commence à se former sans atteindre la perfection de

celui des Hétérodontes ; lorsqu’il existe une fossette chondropliore, elle est tout à fait rele'gue'e sous le bord cardinal et elle ne s’enchevêtre pas avec les dents cardinales, comme cela a lieu chez les Desmodontes. En résumé, les deux Cénacles que nous plaçons dans ce Sous-Ordre ne seraient bien à leur place ni auprès des Adapedonta, ni avec les Desmodonta, ni avec les Heterodonta; c’est une partie des Dibranchia de Fischer, et des Teleodonta de M. Dali, de sorte que nous ne pouvons correctement adopter aucune de ces deux dénominations qui correspondent, l’une et l’autre, à une acception plus étendue et moins précise.

Cénacle : TELLINACEA Blainv.

Coquille non nacrée, à charnière composée de deux dents cardinales sur chaque valve et presque toujours de lamelles latérales; ligament externe sur une nymphe non saillante à l’extérieur; ligne palléale toujours sinueuse.

Fischer a fait de ce Cénacle un Sous-Ordre distinct, instituant avec les Lucinacea uil Ordre à part Dibranchia, ce qui l’a conduit à déplacer totalement ces deux groupes; nous avons dit plus haut (p. 17) pour quels motifs nous ne nous rallions pas à ce classement.

Fam. SCROBICULAR1IDÆ Chenu.

Coquille orbiculaire ou allongée, équivalve, mais légèrement asymétrique, peu convexe; charnière peu développée, comportant ordinairement une dent cardinale à deux branches sur chaque valve, et souvent une lamelle latérale sur chaque valve, en avant et en arrière; ligament externe et fossette chondrophore; sinus palléal profond.

Ainsi que l’a écrit Fischer, les Scrobicnlariidæ sont des Tellines à cuilleron interne, dont la fossette quelquefois très petite vient se loger en arrière de la charnière sous le bord supéro-postérieur ; ce sont donc en quelque sorte des intermédiaires entre les Desmodontes etles Hétérodontes. Mais on les rattache au xTellinacea à cause de l’organisation anatomique de l’animal dont les branchies sont appendiculées. En ce qui concerne la coquille, on peut dire qu’à part la fossette chondrophore, elle a la même forme que les Tellines, de sorte que, quand la fossette est petite, on distingue difficilement un Abra, par exemple, d’une Mœrella. De même Semele

représente la forme et le sinus d’un Arcopapia, etc., la symétrie se continuant ainsi presque pour chaque groupe de Tellines.

Il n’y a aucune raison pour adopter le nom Semelidæ proposé par M. Dali, puisque le nom Scrobiculariiclæ était déjà imprimé par Chenu, en 1862.

SEMELE Schumacher, 1817.

Coquille sub-circulaire, sub-équilatérale, un peu inéquivalve, peu bombée; crochets petits, rapprochés, tournés en avant; un léger pli en arrière sur la surface externe qui est souvent ornée et obscurément rayonnée; une dent cardinale à deux branches et deux lamelles latérales, antérieure et postérieure, sur chaque

Fig. 27. — Charnière de Semele.

valve, celles de la valve droite plus saillantes, peu écartées du crochet; nymphe aplatie, non séparée de la fossette chondrophore qui est obliquement élargie en dessous de la nymphe; bord interne des valves simples; sinus palléal profond et ascendant. — G. T. : Tellina reticulata Lin.

La dénomination Amphidesma Lamk. est postérieure d’une année à celle de Schumacher, et elle s’applique en outre à un mélange de formes appartenant à divers Genres. Ce Genre se distingue par sa grande fossette chondrophore et par sa large nymphe; sa forme et son sinus ascendant en font, dans la Fam. Scrobiculariidæ, l’homologue d 'Arcopagia dans la Fam. Tellinidæ.

Page 1