Semele Neuvillei nov. sp. Fig
Test peu épais. Taille moyenne; forme déprimée, elliptique, faiblement bâillante en arrière, inéquilatérale; côté antérieur largement arrondi, un peu plus allongé que le côté postérieur qui est moins régulièrement arqué, sans être cependant nettement tronqué; bord palléal plus arqué en avant qu’en arrière,
sa plus forte saillie est à l’aplomb du crochet qui est petit, peu saillant, prosogyre, situé un peu en arrière de la ligne médiane ; bord supérieur déclive et peu arqué en avant du crochet, plus élevé et un peu plus convexe en arrière où il se détache exactement de la pointe du crochet. Lunule lisse, étroite, profonde,
Fig. 28. Valves opposées de Semele Neuvillei Cossm. et Pevr.
lancéolée, limitée à l’extérieur par une arête peu saillante; corselet réduit â un long angle émoussé au-dessus de la rainure qui le sépare de la nymphe; surface dorsale peu bombée au milieu, marquée en arrière par une large dépression rayonnante qui correspond au bâillement anal; ornementation composée de fines lamelles concentriques, peu saillantes sauf vers les bords, plus serrées vers la région anale et déprimée; ou distingue en outre quelques traces vagues de rayons, surtout sur le milieu de la région dorsale. Charnière : 3a et 3* divergentes, la branche postérieure plus épaisse, l’antérieure bien distincte du bord supérieur; 2a et 2* plus rapprochées, 2a plus épaisse et presque bifide, tandis que 26 est excessivement mince; AI, ÀII, PI, PII, inéquidislantes, minces, trigones et saillantes ; on n’aperçoit pas les lamelles III; fossettes chondrophores obliques, assez larges et profondes, creusées sur la nymphe qui est aplatie, non saillante. Impressions musculaires presque équidistantes, l’antérieure palmulée, la postérieure plus transverse; sinus ovale, ascendant,. dépassant beaucoup l’aplomb du crochet; ligne palléale écartée du bord auquel elle est parallèle.
Dim. Diamètre antéro-postérieur : 21 mill. ; diamètre umbonopalléal : 17 mill. Taille maximum : 31 mill. sur 25 mill.
Rapp. et diff. — On n’a pas encore publié d’espèce du G. Semele dans le Tertiaire supérieur d’Europe ; Benoist a bien — il est vrai — cité S. Heberti parmi les fossiles de l’Aquitanien de Saint-Avit, mais le spécimen n’a pu
être retrouvé dans sa collection. Dans ces conditions, il ne nous paraît pas possible de conserver ce nom pour les valves qui nous ont été communiquées et qui proviennent d’autres gisements. Il existe d’autre part, dans la collection de l’Ecole des Mines, deux valves de Saint-Avit que nous avons fait reproduire (PI. V, fig. 31-32), mais dont la provenance fossile nous paraît très douteuse, car elles ont une étroite ressemblance avec S. reticulala Spengler, des Antilles. Dans ces conditions, nous préférons donner un nom nouveau (S. Neuvillei) aux valves authentiquement aquitaniennes que nous avons sous les yeux. Leur forme est sensiblement plus transverse et moins élevée que celle de l’espèce actuelle précitée; leur charnière présente aussi des différences : notamment, la fossette chondrophore est moins allongée, les branches des dents cardinales sont un peu plus écartées, 3« est moins appliquée contre le bord supérieur, P I et P II sont beaucoup plus écartées en arrière; le sinus palléal est aussi un peu plus profond; enfin, la surface dorsale est moins nettement réticulée, et la dépression anale est plus profonde.
Si l’on compare S. Neuvillei à S. obliqua Wood, des côtes du Brésil, on trouve que ce dernier est encore plus transverse (26 mill. sur 21 mill.), que sa surface est plus convexe que celle de notre espèce aquitanienne, et que le pli anal y est à peu près invisible; d’autre part, la fossette chondrophore de S. obliqua s’allonge presque jusqu’aux lamelles latérales postérieures, et le sinus palléal, plus large, dépasse encore davantage l’aplomb du crochet.
Localités. — Léognan (Le Thil inf.), deux valves opposées (Fig. 28), coll. Neuville; deux auti'es valves, coll. de Sacy; Balizac, Lucbardez, coll. Degrange-Touzin. — Æquitanleii.
ABRA Leach (Lamk., 1818).
Coquille mince, ovale-transverse ou subtrigone, peu convexe, dépourvue d’ornementation externe; côté postérieur plus court que l’antérieur, plus ou moins anguleux ou même subrostré; charnière comportant ; sur la valve droite, deux dents cardinales, ou plutôt les deux branches 3„, 3* de la dent 3, très rapprochées et réduites à deux petites protubérances très voisines de la fossette du cartilage qui s’allonge obliquement en arrière, plus deux lamelles latérales 1, tranchantes et inéquidistantes; sur la valve gauche, une seule protubérance 2 contiguë au cuilleron et deux lamelles II confondues avec la saillie du bord supérieur; ligament externe sur une nymphe courte et peu saillante qui est placée au-dessus du cueilleron, en arrière du crochet;
impressions des adducteurs superficielles; sinus palléal profond, plus ou moins arrondi, séparé de l’impression palléale par une languette parfois confluente. — G. -T. : Ligula tennis Monlg. (fide Herrmannsen).
La dénomination Abra est synonyme antérieur de Syndesmya Recluz (1843); Fischer a préféré ce dernier nom sous le prétexte que le premier n’était accompagné d’aucune description; mais, comme le génotype était clairement désigné, d’autres auteurs ont soutenu, avec quelque raison, que la loi de priorité était applicable — non pas à Leacli dont le manuscrit n’a pas été publié — , mais à Lamarck qui a repris le nom Abra dans le même sens que Leacli.
La charnière d’A&ra est généralement désignée comme munie de deux dents cardinales sur la valve droite; mais, dans sa première Note sur la morphologie des Pélécypodes (p. 14b), Félix Bernard a fait ressortir que cette charnière s’explique en partant de celle des Mactridæ, dans laquelle les deux branches de 3 se rapprochent au lieu de former un /\, et 2 n’est plus bifide; le cuilleron s’incline vers le bord postérieur, exactement sous la nymphe, mais les lamelles latérales restent encore apparentes.
Si, à ce point de vue, Abra et les autres Scrobiculariidæ se rapprochent des Mactridæ, Fischer a fait observer avec juste raison que tous leurs autres caractères les rattachent au contraire aux Tellinacea, sauf l’addition du cuilleron pour loger le cartilage; en outre, la forme elle-même de la coquille correspond à celle des différents groupes de Tellinidæ : ainsi Abra a la forme de Mœrella.
La première apparition authentiquement constatée d 'Abra fossile remonte à la base de l’Eocène ou au Montien de Belgique ; il est possible qu’il y en ait eu à G partie supérieure de la Craie; mais, comme le cuilleron ëst très peu visible, on a pu confondre des Abra avec des Tellinidæ : la distinction est même souvent difficile à faire chez les fossiles tertiaires les mieux conservés, quand le cuilleron est petit, étroit et oblique.
Diverses Sections ont été proposées dans ce Genre, selon la forme des valves : M. Sacco a conservé Syndesmya pour la forme ovale (A. alba Wood) et il a proposé le nom Syndesmyella pour une forme arrondie et haute (S. pliovoides Sacco) ; Lutricolaria Monteros. s’appliquerait aux formes saumâtres. Nous ne voyons pas grand intérêt à toutes ces subdivisions, attendu qu’il y a de nombreuses transitions d’un groupe à l’autre et que la charnière, ainsi que le sinus, restent invariables.