‹ Conchologie néogénique de l'AquitaineChapitre 111 sur 350 · Tellina (s. sir.) saucatsensis Benoist mss · texte numérisé non relu

Tellina (s. sir.) saucatsensis Benoist mss

PI. VIII, fîg. 7-12; et PI. XVIII, fïg. 9.

? 1864. T. pretiosa Mayer. Journ. Conclu , t. XII, p. 353 '(«on Eichwald).

Test mince. Taille moyenne; forme déprimée, étroite, transverse, très inéquilatérale; côté antérieur un peu plus développé, semi-elliptique; côté postérieur plus court et rostré, avec une troncature oblique à l’extrémité du bec; bord palléal régulièrement arqué sur presque tout son contour, légèrement sinueux en arrière et déclive vers le bec anal ; crochet pelit, peu pointu, opisthogyre, faisant une très faible saillie vers les quatre septièmes de la longueur, du côté postérieur; bord supérieur déclive et rectiligne en avant, excavé en arrière du crochet puis déclive vers le bec. Corselet très étroit, très profond, subcaréné à l’extérieur; surface dorsale peu bombée au milieu, largement déprimée et un peu excavée en arrière, jusqu'au pli rayonnant qui limite la région anale du bec; celle-ci est divisée en deux parties inégales par un sillon peu profond el assez large ; sillons d’accroissement très réguliers et assez espacés sur toute

la région antérieure et dorsale, non anastomosés sur la dépression postérieure où ils se transforment en lamelles courtes et peu saillantes, cessant totalement sur le pli anal pour reparaître plus saillants sur la région anale du bec, on remarque, en outre, à la loupe, de très fins sillons rayonnants qui sont imprimés plus en saillie sur la surface interne.

Charnière : 3a mince et presque horizontale, 3é profondément bifide; AI mince et allongée, saillante, médiocrement éloignée de 3a, PI aussi mince et aussi longue, mais plus écartée vers l’impression musculaire; 2 très inégalement bifide, séparée — par une large fossette triangulaire — de 4 * qui est tout à fait rudimentaire; A II et PII confondues avec le bord et presque invisibles; nymphe épaisse et assez longue, abrupte à son extrémité, séparée du corselet par une rainure profonde. Impressions musculaires presque égales, l’antérieure plus étroite et palmulée, la postérieure plus courte et plus large, subpentagonale ; sinus ovoïdo-rhomboïdal, non gibbeux, s’arrêtant à quel- » ques millimètres de l’impression du muscle antérieur, confluent sur tout son contour inférieur avec la ligne palléale qui est frangée et terminée en arrière par deux cicatricules arrondies, à l’aplomb du muscle postérieur.

Dim. Diamètre antéro-postérieur : 56 mill. ; diamètre umbonopalléal : 25 mill.

Rapp. et diff. — Cette coquille, dont nous ne connaissons malheureusement que des valves droites et une valve gauche incomplète, est intermédiaire entre les formes éocéniques qui ont un bec plus allongé et le génotype T. virgata qui a, au contraire, l’extrémité anale moins rostrée. Bien que nous ne connaissions que la valve droite, les fossettes bien marquées — qui sont contiguës aux lamelles latérales — indiquent qu’il y a des lamelles A II et PII sur l'autre valve, et par conséquent, que notre espèce appartient bien au groupe de Tcllina s. str. L’ornementation ellemême est conforme à celle des espèces éocéniques, comme T. rostralis Lamk., sans présenter toutefois la disposition anastomosée qui caractérise — comme on le verra ci-après — T. bipartita Bast. : ce dernier n’a d’ailleurs pas de lamelles latérales et son bec n’est pas sinueux sur le contour palléal.

Dans l’Oligocène de l’Allemagne du Nord, T. conspicua von Kœnen,a une C. et P. 30

forme plus équilatérale et un bec moins prolongé, avec des lamelles plus saillantes — précisément sur le pli anal — que sur le reste de la surface dorsale.

Il est à remarquer, d’autre part, que T. viryata L., outre sa forme plus élargie et moins roslrée, a un sinus conüuenl seulement à partir de l’aplomb du crochet; mais l’espèce burdigalienne présente les plus grandes affinités avec le groupe de Tcllina vulsclla cantonné dans la mer Rouge, l'Océan Indien, et plus particulièrement avec Tcllina Pcrrieri Bert., des côtes du Japon. Cette dernière est toutefois plus transverse et présente un rostre plus prononcé. Le groupe de T. vulsclla se relie lui-même étroitement au groupe de Tellina rostrata vivant dans les mêmes régions et représenté dans l’Eocène du Bassin de Paris par T. pseudorostralis, T. rostralis, T. rostralina, etc... T. saucatsensis est d’ailleurs beaucoup plus grande que les formes affines de l’éogène; elle est moins allongée, plus gibbeuse, etc. Nous ne connaissons rien dans le Néogène italien, ni dans celui du bassin de Vienne ou du Portugal, qui se rapproche de T. saucatsensis.

Enfin, il est probable que cette espèce est la même que les échantillons du Burdigalien que Mayer a désignés sous le nom de T. pretiosa Eichw. ; mais l’espèce de Volhynie est bien différente, moins inéquilatérale, moins nettement rostrée.

Localité. — Saucats (Pont-Pourquey, couche à Mactra ), une valve gauche (PI. VIII, fig. 8-10), coll. Neuville; une valve droite (PI. VIII, fig. 7, et PL XVIII, fig. 9), coll. Benoist au Mus. Hist. nat. Bord.; deux valves droites (fig. 11-12), coll. Bial de Bellerade. — Burdigalien.

103. Tellina ( Mœrellci ) donacina Linné. PL VIII, fig-. 13-18.

1758. T. donacina Linn. Syst. nat., édit. X, p. 670.

1837. — Dujard. Mém. Touraine, p. 238.

1838. T. subcarinata Grat. Catal. zool. Gironde, p. 64 ( non Br.).

1839. T. donacina Hœrn. Tert. Beclc. Wien, II, p. 86, pl. VIII, fig. 9.

1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 29, n° 50.

1874. — Tourn. Faluns de Sos, p. 16.

1878. — Benoist. Torton. Gironde, p. 3.

1899. — Fontannes. Moll. Plioc., II, p. 35, pl. II, fig. 8-9.

1881. — Nyst. Scald. Anvers, p. 225, pl. XXV, fig. 2.

1886. Mœra donacina Dollf. Dautz. Etude prélim. Tour., p. 5.

1897. T. subcarinata Raulin. Stat. géol. Landes, p. 342 (non Br.).

1898. Mœrella donacina B. D. D. Roussillon, II, p. 648, pl. XCI, fig. 13-14.

1901. — Sacco. I Moll. terz. Piem., XXIX, p. 105, pl. XII,

fig. 24-27.

1901. — Dollf. Dautz. Nouv. liste Pélécyp., p. 13.

1904. — Dollf. Dautz. Conch. Mioc. Loire, p. 133, pl. IX,

fig. 11-18.

Test assez solide. Taille petite ; forme un peu renflée subrhomboïdale, légèrement bâillante aux deux extrémités, très inéquilatérale; côté antérieur beaucoup plus allongé, elliptique ou assez largement arrondi sur le contour buccal; côté postérieur presque deux fois plus court, plus atténué, quoique rostré, avec une troncature très arquée à son extrémité anale; bord palléal convexe en avant, presque rectiligne au milieu et en arrière où il se raccorde par un angle arrondi avec le contour anal; crochets petits, obtus, non saillants, opislhogyres, situés aux deux tiers de la longueur, du côté postérieur; bord supérieur rectiligne en avant et parallèle à la partie postérieure du contour palléal; bord supéro-postérieur déclive ou très faiblement excavé en arrière du crochet. Corselet étroit, médiocrement allongé, limité à l’intérieur par un gradin obtus; surface dorsale légèrement bombée, séparée par un angle très obsolète et très arrondi de la région anale qui est un peu plus aplatie; ornementation composée de fins sillons d’accroissement, très réguliers, qui forment des plis plus grossiers sur la région anale. Charnière : 3(l épaisse et saillante, adhérente au bord, 3* courte, triangulaire et profondément bilobée, 2 obtusément bifide, 4* mince et peu saillante, quoique distincte du bord ; A I et P I minces, saillantes, triangulairement allongées, presque équidistantes; A II plus visible que P II; nymphe courte, aplatie et assez saillante sur le contour du corselet. Impressions musculaires inégales et très inéquidistantes, l’antérieure étroite et allongée, la postérieure très rapprochée du crochet, subquadrangulaire; sinus fortement gibbeux à l’aplomb du crochet, s’avançant très près de l’impression du muscle antérieur, confluent sur toute sa longueur avec la ligne palléale qui n’est pas tout à fait parallèle au bord.

palléal : 7 mill. 1/2.

Rapp. et diff. — Les spécimens du Burdigalien — que nous venons de décrire ci-dessus — sont, en tous points, identiques à ceux de Cannes (Méditerranée) qui représentent la forme typique de cette espèce génotype de Mœrella ; ils atteignent presque la même taille que les échantillons actuels, c’est-à-dire qu'ils sont moitié plus grands que ceux signalés par MM. Dollfus et Dautzenberg, dans l’Helvétien de la Touraine. Ces auteurs ont énuméré et discuté avec beaucoup de soin les différentes variétés qui ont été proposées par MM. de Gregorio, de Monterosato et Sacco, fondées, pour la plupart, sur des différences imperceptibles; nous ne retiendrons ici que la var. subcarinata Brocchi, avec laquelle Grateloup et Raulin ont confondu T. donacina du Sud-Ouest : or, si l'on se reporte à la figure originale de Brocchi, on ne constate d’autres différences avec notre fossile que dans le pli externe et anal qui est plus marqué, et dans la forme un peu plus excavée de la région du corselet. M. Sacco a simplement réuni les deux formes et nous aurions suivi cet exemple, à l’instar de MM. Dollfus et Dautzenberg, si nous n’avions constaté la constance des différences précitées sur quelques échantillons de l’Astien de Cannes (col 1 . Cossmann), qui ne sont pas tout à fait semblables aux spécimens actuels de la même région.

En ce qui concerne les échantillons du Bassin de Vienne, pour lesquels M. de Gregorio a proposé la var. pira, nous n’avons pas les éléments nécessaires pour apprécier si les petites différences (forme plus étroite et un peu sinueuse) ne sont pas dues au crayon du dessinateur.

Dans l’Eocène, le Mœrella qui se rapproche le plus de T. donacina est T. Bourdoti Cossm. qui cependant est moins allongé et dont le bord palléal est beaucoup plus convexe; les autres espèces sont encore plus ovales et s’écartent bien davantage de notre fossile, et il en est de même des espèces oligocéniques de l’Allemagne du Mord, figurées par M. von Kœnen.

Il y a quelques réserves à faire au sujet des échantillons provenant de l’Aquitanien, dont les crochets paraissent placés moins en arrière, surtout au stade népionique; le bord palléal de ces jeunes valves est alors presque complètement rectiligne ; mais, comme il y a de nombreux individus formant la transition, suivant leur taille, nous ne pensons pas qu’il y ait lieu d’attribuer, un nom distinct à ces spécimens. Il est à remarquer, d’ailleurs, qu’il s’agit d’une espèce extrêmement commune à tous les niveaux et, par suite, variable dans sa taille et même dans ses proportions, ainsi que par la finesse plus ou moins grande de son ornementation, de sorte qu’il serait téméraire d’y distinguer plusieurs mutations : nous nous abstenons donc de séparer toutes ces variations sous des noms distincts qui engendreraient une confusion inextricable. Nous en exceptons cependant une petite valve gauche de la roule du Son, à Saucats, peut-être déformée, mais en tous cas bien plus courte et plus trigone que la forme

typique : nous nous bornons à la faire figurer sans lui attribuer de nom spécifique parce qu’elle est unique et dans un état de conservation peu satisfaisant.

Localités. — Saucats (Moulin de l’Eglise), plésiotypes (PL VIII, fig. 15- 18) coll. Cossmann. Pont-Pourquey, coll. Bial, Degrange-Touzin ; Mérignac (Baour), coll. Bial; Saucats (Moulins de l’Eglise, de Lagus), coll. Degrange- Touzin, Cossmann; Le Peloua, coll. de Sacy, Degrange-Touzin; Saint- Médard-en-Jalle, Caupian, Cestas, Saint-Paul (Mandillot, moulin de Cabannes), Léognan (Thibaudeau, Sangsueyre, le Tliil sup.), coll. Degrange- Touzin; Dax (Cabannes), coll. Bial. — Burdigallen*

Saucats (La Sime', coll. Benoist au Mus. d’hist. nat. de Bord.; Sallespisse, coll. Bial, Degrange-Touzin; Salles (Largileyre), toutes les coll.; Salles (le Minoy), Ortliez (Housse, Le Paren), Salies-de-Béarn, Clermont, coll. Degrange-Touzin; Baudignan, Parlebosc, coll. Degrange-Touzin.— Hclvétlen.

Saubrigues, coll. Degrange-Touzin. - — Tortonien.

Le Thil, coll. Neuville, de Sacy; Saint-Avit,Villandraut (Gamacliot), Saint- Morillon (le Plantât), Cabanac (Pouquet), Mérignac, coll. Degrange-Touzin; Saucats (le Son), une valve trigone (PI. VIII, fig. 13-14), coll. Degrange- Touzin. — Aqnltanien.

104. Tellina (Mœrella) halitus nov. sp. PI. VIII, fig. 19-21.

Test très mince. Taille très petite; forme déprimée, ovoïde, inéquilatérale; côté antérieur elliptique, deux fois plus allongé que le côté postérieur qui est plus atténué, arrondi et non rostré; bord palléal plus arqué en avant qu’en arrière; crochets petits, à peine saillants, opisthogyres, situés presque aux deux tiers de la longueur, du côté postérieur; bord supérieur presque également arqué de part et d’autre du crochet, quoique un peu plus déclive en arrière. Surface dorsale lisse et brillante, peu bombée, avec un pli anal peu marqué. Charnière : 3„ et 3* presque égales, faisant un angle de 60°, 2 bifide, 4* peu distincte ; AI et PI étroites, saillantes, inéquidistantes, la postérieure plus rapprochée des cardinales. Impressions musculaires et sinus peu visibles, à cause de la minceur du test et de la petite taille des valves.

Dim. Diamètre antéro-postérieur : 5 mill . ; diamètre umbonopalléal : 3 mill.

Rapp. et diff. — Il n'est pas admissible que cette petite espèce représente le jeune âge de T. clonacina, qui est très abondant dans tout le Bordelais, à tous les niveaux; sa forme, irrégulièrement ovale, moins allongée, et surtout ses lamelles AI P I inéquidistantes, s’opposent à une telle confusion. T. halitus atteint certainement une taille plus grande que celle des individus ci-dessus décrits, mais il n’est pas probable que sa forme change en vieillissant. Elle rappelle singulièrement celle de T. bullula Desh. dans l'Eocène moyen des environs de Paris, qui atteint une taille trois fois plus grande, seulement à Page adulte.

Dans l'Oligocène de l’Allemagne du Nord, T. præpostera et pertumida, von Kœnen, qui paraissent appartenir au même groupe, ont une forme moins ovale et notablement plus atténuée en arrière.

D’autre part, dans le Pliocène d’Italie, il n’y a guère que T. cumana Costa, qui ait une forme comparable à celle de T. halitus ; mais c’est une espèce de Sous-Genre Macoma — plus ovale, il est vrai, que T. clliptica — qu’il n’éfct pas possible de confondre avec notre espèce, à cause de l’absence complète de lamelles latérales sur la valve droite.

Localité. — Saucats (M. de l'Eglise), assez rare; cotvpes (PI. VIII, fig. 19- 21), coll. Cossmann. — - Burdigalicn.

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