Tellina (Mœrella) mesodesma Benoist in coll
PI. VIII, fig. 22-24, et pl. XVIII, fig. 44.
Test peu épais. Taille petite; forme ovale, allongée, médiocrement convexe, très inéquilatérale; côté antérieur trois ou quatre fois plus long que le côté postérieur, ovalement atténué, tandis que l’extrémité anale est plus largement arrondie, non tronquée; bord palléal plus arqué, se raccordant par des courbes régulières dans le prolongement des contours latéraux; crochet petit, obtus, non proéminent, très opisthogyre, situé au delà des trois quarts de la longueur, du côté postérieur; bord supérieur arqué de part et d'autre du crochet. Surface dorsale bombée, sans pli anal, entièrement couverte de sillons réguliers et subimbriqués, assez serrés, anastomosés — sans être cependant lamelleux — sur la courte région anale. Charnière étroite, mais bien développée : 3& trigonc et finement bifide, 3a plus oblique en avant, contre le bord ; AI, PI très saillantes et très épaisses, presque équidistantes, l’antérieure à peine plus écartée; 2 un peu allongée, assez épaisse, largement bilobée; 4^ moitié plus
courte, dressée à l’origine de la nymphe qui est aplatie et séparée par une rainure du corselet excavé et obtusément limité ; AU et PII peu distinctes, confondues avec le bord. Impressions musculaires très inégales, l’antérieure allongée et écartée, la postérieure arrondie et voisine de P 1 ; sinus palléal énorme dont le contour supérieur s’élève jusque vers la cavité umbonale, confluent avec la ligne palléale qui est parallèle au bord.
Dim. Diamètre antéro-postérieur : 8 mill.; diamètre umbonopalléal : 5 mill.
Rapp. et diff. — Il est impossible de rapprocher cette coquille (qui ressemble plus à un Tapes qu’à un Mesodesma ) d’aucune des Mœrella de l’Aquitaine; elle aune forme régulièrement ovale qui trompe l’œil au premier abord, et l’on croirait que c’est le côté antérieur qui est le plus court, mais la position du sinus et de la nymphe obligent aussitôt l’observateur à rectifier ce premier signalement. D’autre part, la puissance des lamelles latérales et la forme du sinus indiquent qu’il s’agit bien d’une Mœrella, malgré l’apparence tout à fait caractéristique de la coquille et malgré les sillons subimbriqués qui rappellent ceux de Callista erycinoides. La valve gauche — qui nous a ensuite été communiquée — n’est pas tout à fait pareille à la valve droite ci-dessus décrite : le bord palléal est un peu plus arqué en arrière ; néanmoins, nous pensons que c’est bien la même espèce.
Dans l’Eocène du bassin de Paris, il existe une petite espèce, très mince, qui a presque les mêmes proportions que celle-ci, c’est T. microphylla Bayan, du Lutécien, mais la coquille lutécienne a le crochet plus proéminent sur son contour supérieur, et surtout sa surface dorsale est lisse et brillante. Quant aux Elliptotellina, ce sont des coquilles beaucoup plus symétriques qui présentent toujours l’indice d’un pli anal plus ou moins apparent, ce qui les distingue de notre Mœrella.
Localité. — La Salle, une seule valve droite (PI. VIII, fig. 23-24), coll. Benoist au M. H. N. B.; Cestas, une valve gauche (PI. VIII, fig- 22, et pl. XVIII, fig. 44); coll. Benoist, au M. II. N. B.; La Brède, commune, coll. Degrange-Touzin. — Aqiiitanien et Burtligalien.
106. Tellina ( Pe ronæa ) planata Linné. Pl. VIII, fig. 25-27.
1758. Tellina planata Linn. Syst. nat., édit. X, p. 675.
1814. Tellina complanata Brocchi. Conch. foss. sub., II, p. 510, n° 11.
1829. Tellina planata M. de Serres. Géol. midi France, p. 146.
1838. — Grat. Cat. zool. Gironde, p. 63, n. 704.
1859. — Ilœrnes. Tert. Beck. ’SVien, II, p. 84, pl. VIII, fig. 7.
1862. Peronæa planata Chenu. Man. Conclu, II, p. 69, fig. 293.
1873. Tellina planata Benoist. Cat. Saucats, p. 28, n. 45.
1881. — Fontannes. Moll, plioc. Rhône, II, p. 31, pl. II, fig. 5.
1898. Peronæa planata B. D. D. Moll. Rouss., II, p. 664, pl. XCIV, fig. 1-5.
1901. — Sacco. I Moll. terz. Piem., XXIX, p. 109, pl. XXIII,
fig. 6-8.
Taille grande ; forme aplatie, ovoïdo-transverse, inéquilatérale , côté antérieur largement elliptique; côté postérieur plus étroit, faiblement tronqué; bord palléal régulièrement arqué; crochet peu saillant, opislhogvre, situé un peu au delà de la ligne médiane, du côté postérieur; contour supéro-antérieur convexe, contour supéro-postérieur excavé sur la première moitié à partir du crochet, puis convexe à partir d’un angle obsolète. Surface dorsale à peine bombée, finement striée, marquée en arrière d’un pli décurrent, avec une rainure peu profonde qui isole la région anale, correspondant à la troncature du contour postérieur. Charnière : 3„ mince, 84 nettement bifide, 2 obtusément bifide, A/j à peine saillante le long de la nymphe; AI presque contiguë à 3a, PI beaucoup plus écartée à l’extrémité de la nymphe, AU et PII très obsolètes. Impressions musculaires profondément gravées et limitées par des callosités, l’antérieure allongée, palmiforme, la postérieure subpentagonale avec un angle rentrant et bilobée par un pli rayonnant; sinus gibbeux sur son contour supérieur, s’avançant jusqu’à 3 ou 4 miil. du muscle antérieur, confluent sur tout son contour inférieur avec la ligne palléale qui est composée de deux traits.
Dim. Diamètre antéro-postérieur : 57 mill. ; diamètre umbonopalléal : 36 mill.
Rapp. et diff. — Les valves de l’Helvétien de Salles sont à peu près identiques à celles des environs de Cannes, dans la Méditerranée; elles sont principalement caractérisées par l'excavation du corselet et par l’angle — surtout saillant sur la valve droite — que fait le contour supéropostérieur, à l’extrémité de ce corselet; la gibbosité du sinus est presque à l’aplomb du crochet et son contour supérieur est — à partir de cette sommité — déclive presque en ligne droite à 45°, vers son extrémité antérieure qui est assez écartée du muscle subpentagonal; le pli rayonnant de la surface extérieure de la valve droite est plus profond que sur la valve
gauche. Les échantillons pliocéniques, figurés par M. Sacco, ont la même forme, mais leur ornementation est plus lamelleuse; ceux du Bassin de Vienne paraissent munis d’un bec plus aigu.
Localités. — Salles (Largileyre), deux valves opposées du même individu (PI. VIII, fig. 25-27), coll. Vignal. Le Pareil, près d’Orthez, coll. Bial de Bellerade, coll. Degrange-Touzin. Sallespisse, Salies -de -Béarn, coll. Degrange-Touzin. — llclvctlen.
Saubrigues, coll. Degrange-Touzin. — Tor Ionien.
107. Tellina (. Peronæa ) aquitanica Mayer. PI. VIII, fig. 29-32.
1864. Tellina aquitanica. Mayer. J. Conch., XII, p. 353, pi. XIV, fig. 3.
Taille assez grande; forme comprimée, ovoïdo transverse, inéquivalve (la valve droite plus courte), bâillante, inéquilatérale largement arrondie en avant, un peu acuminée en arrière, surtout sur la valve gauche ; bord palléal irrégulièrement arqué, plutôt déclive vers le bec postérieur; crochets petits, peu saillants, situés presque au milieu de la longueur des valves et presque opposés; bord supéro-antérieur peu convexe; bord supéro-postérieur déclive et à peine excavé, presque sans inflexion à l’extrémité du corselet jusqu’à la troncature anale qui est oblique et peu marquée. Surface dorsale bombée, très régulièrement et finement ornée de plis sublamelleux, marquée d’une dépression rayonnante du côté postérieur; au delà de cette dépression, la région anale est divisée en deux bombements inégaux, par un large sillon peu profond, et les plis d’accroissements y deviennent plus sinueux et plus relevés. Charnière : 3a épaisse, obsolète et peu saillante; 3* bifide et peu oblique; 2 épaisse et bilobée; 4^ mince et presque confondue avec le bord; AI petite, triangulaire, située tout près des dents cardinales; PI rudimentaire, située au bout du corselet; ATI et PII bien visibles, leurs fossettes sont nettement marquées sur la valve opposée. Impression du muscle antérieur très allongée et rectiligne; impression du muscle postérieur subquadrangulaire, avec un angle rentrant et un lobe saillant vis-à-vis du pli qui la divise en deux parties inégales; sinus très grand, scalène, C. et P. 31
s’avançant presque en contact avec l’impression musculaire antérieure; le sommet de sa gibbosité est un peu en arrière de l’aplomb du crochet; impression palléale dédoublée, confluente avec le sinus.
Dim. Diamètre antéro-postérieur : 46 mill. ; diamètre umbonopalléal : 29 mill. Les mesures indiquées par Mayer sont : 39 sur 24; le rapport est le même, mais il est toujours plus grand sur la valve gauche.
Rapp. et diff. — Mayer a eu raison de séparer cette espèce de T. planata, mais il n’a pas suffisamment signalé les différences : celle de l’Aquitanien est plus transverse et plus allongée, son corselet est moins excavé et surtout il est dépourvu de l’angle saillant qui en marque l’extrémité, chez T. planata. Le crochet de T. aquitanica est situé moins en arrière ; son bec anal, plus sinueux, est orné de lamelles plus saillantes ; le sinus s’avance beaucoup plus en avant, et son sommet gibbeux n’est pas à l’aplomb du crochet. En ce qui concerne les individus du Portugal que MM. Dollfus, B. Cotter et Gomès ont figurés (Moll. tert. Port., 1903, pl. VII, fig. 1-4) sous le nom T. planata var. non. lamellosa, ils nous paraissent appartenir à une espèce aussi distincte de T. planata que de T. aquitanica ; moins ovales que la première, avec un bord palléal moins arqué et un côté antérieur plus dilaté que la seconde, ils semblent munis de lamelles plus saillantes. En définitive, tandis que T. planata ne paraît pas descendre au-dessous de l’Helvétien, T. aquitanica débute dans l’Aquitanien et se montre également dans le Burdigalien, sous la forme d’une mutation un peu différente.
Pans l’Eocène, on ne trouve pas de vrais Peronæa : les coquilles qui y ressemblent le plus sont des Macaliopsis dont la charnière est différente et dont le corselet est moins caréné que chez Peronæa : elles ne se rapprochent de ce dernier Sous-Genre que par leur bec anal, leur ornementation et leur pli sinueux du côté postérieur. On peut donc en conclure que Peronæa n'apparaît que dans l’Aquitanien.
Localités. — Villandraut (Gamachot), plésiotypes (PI. VIII, fig. 29-32), col 1 . Neuville; Noès, Peâsac, coll. de Sacy, Léognan (le Thil), toutes les coll. Mérignac, La firède (la Salle, Moras), Saucats (Lariey), Saint-Morillon, Saint-Selve (Raton-Durand), Saint-Avit, Lucbardez, Cabanac (Pouquet), Mérignac (Baour), Martillac, coll. Degrange-Touzin. — AquKanien.