Arcopagia corbis [Brown]. PI. X, fig. 5, 6 et
1831. Tellina corbis Brown. Ital. Tert., p. 94.
1832. Arcopagia corbis d’Orb. Prod., III, p. 180, n° 303, 27e ét.
1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 30, n° 33.
1876. Arcopagia ventricosa Tourn. Paléont. Béarn, p. 8.
1894. Tellina ( Arcopagia ) corbis Degr. Touz. Etude foss. Ortliez, A. S. L.
B., XLVIÏ, p. 419.
1901. Arcopagia corbis Sacco. 1 Moll. terz. Piem., XXIX, p. 113, pl. XXIV,
fig. 13-15.
Taille moyenne (dans le Béarn); forme déprimée, transverse, très inéquilatérale; côté antérieur largement développé en secteur de cercle, côté postérieur atténué, subtronqué et subanguleux à son extrémité anale; bord palléal régulièrement arqué dans le prolongement du contour circulaire de la région antérieure jusqu’à l’angle du contour anal; crochet petit, obtus, peu saillant, faiblement prosogyre, situé à peu près au milieu de la longueur; bord supérieur déclive de part et d’autre du crochet, mais plus oblique en arrière jusqu’à la troncature anale; les deux parties du bord supérieur font entre elles un angle d’environ 135°. Lunule courte, triangulaire, lisse, peu excavée, limitée par un gradin saillant; corselet très allongé, linéaire, limité par un angle un peu émoussé; surface dorsale peu bombée, ornée partout de lamelles saillantes et régulièrement écartées, que croisent de petites arêtes rayonnantes et peu proéminentes; vers la région anale, ces lamelles dévient légèrement suivant un alignement rayonnant jusqu’à un angle crénelé et décurrent au delà duquel elles se replient subitement sur l’aire anale correspondant à la troncature du contour; il existe un angle et une aire semblables, du côté antérieur, en deçà de la lunule. Charnière de la valve droite : 3rt indistincte du bord de la lunule, 3* oblique et étroitement bifide, AI épaisse, saillante et rapprochée des cardinales, Pl plus mince, aussi saillante et écartée au bout de la nymphe qui est longue, aplatie et striée en travers. Impressions musculaires presque égales, l’antérieure ovale en hauteur, la postérieure ovale en travers; sinus ovale, ascendant, ne dépassant guère l’aplomb du crochet; ligne palléale peu écartée du bord qui est lisse.
Dim. Diamètre antéro-postérieur : 32 mill. ; diamètre umbonopalléal : 24 mill.
Rapp. et diff. — Seule, la comparaison du rapport des deux diamètres
suffit pour justifier la séparation d’A. corbis et d’A. ventricosa-, mais il y a encore d'autres différences : A. corbis est plus anguleuse' en arrière, son sinus n’atteint pas — à beaucoup près — l’épaississement interne et rayonnant qui limite l’impression du muscle antérieur; son ornementation diffère beaucoup de celle d’A. ventricosa, non seulement par la saillie et l’écartement des lamelles, mais surtout par le repli qu’elles forment' en arrière, avant d’atteindre l’angle postérieur, sans que cela produise cependant la sinuosité qui caractérise A. grundensis de Gregorio. Enfin A. corbis — à taille égale — paraît moins convexe qu’A. ventricosa.
Notre spécimen du Béarn s’applique exactement sur la figure 13 de la planche XXIV de la Monographie de M. Sacco, ce qui prouve que la forme de l’Astien débutait déjà à la partie supérieure de l’Helvétien du Midi de la France, contrairement à l’opinion de M. Sacco qui la faisait descendre d 'A. ventricosa; les deux espèces ont même coexisté dans le gisement de la Sime, d’après Benoist.
Localités. — Sallespisse (Orthez), une valve droite (PI. X, fig. 5-6), coll. Neuville; Saucats (la Sime), d’après Benoist; Salles (le Château, Moulin Débat, Largileyre), une valve, gauche (PI. X, fig. 9), coll. Duvergier; Saliesde-Béarn, Orthez (Le Paren, Iloussé), coll. Degrange-Touzin. — Hclvé* tien.
STRIGILLA Turton, 1822.
[=z Limicola Leach, 1852, sec. Fischer, 1887).
Forme ovoïdo-trigone, très inéquilalérale, extérieurement ornée de stries divariquées, concentriques en avant, obliquement rayonnantes au milieu, très obliques en sens inverse, du côté postérieur; charnière : 3„ courte, 3^ et 2 bifides, 4* très obsolète ; A I et P 1 G D
très saillantes, Jü
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inequidislantes, /
A II et P II un peu — Charnière de Slrigilla carnaria L. Viv.
moins saillantes; sinus gibbeux, se raccordant par une ligne oblique avec la ligne palléale, et confluent avec elle sur toute l’étendue de son contour inférieur. (G. -T. : T. carnaria L. non Penn.).
Ce Genre se distingue nettement de Tcllina par sa forme et son ornementation, par l’absence de pli « tellinal » et par la forme ovale de ses impressions musculaires; il se rapproche plutôt d 'Arcopagia par la forme arrondie des valves et par l’absence de sinuosité ou de bec du côté posté-
rieur; toutefois il s’en écarte non seulement par l’ornementation de sa surface externe, mais surtout par la forme du sinus qui n’est pas ascendant et qui est entièrement confluent avec la ligne palléale.
M. Dali (Tert. Flor., 1900, p. 1038) y a distingué deux Sections : l’une ( Rombergia , G. -T. : S. Rombcrgi Morch) ne nous intéresse pas pour la paléontologie de notre région; l’autre (. Æretica ) a précisément pour génotype T. senegalensis Hanley qui représente, à l’état fossile, le G. Strigilla dans le Sud-Ouest. Cette Section s’écarte de Strigilla s. str. — dont elle a la forme et la charnière — par son ornementation concentrique antérieure qui s’étend presque jusqu’à l’aplomb du crochet où elle cesse subitement, tandis que chez Strigilla la transition graduelle se fait plus en arrière ; mais Æretica est surtout caractérisée par son sinus gibbeux et écarté sur la valve droite où il se raccorde perpendiculairement à la ligne palléale avec laquelle il est confluent, tandis que, sur la valve gauche, une ligne directe unit les deux impressions musculaires, et l’on n’aperçoit aucune trace de la chute du sinus sur la ligne palléale. .
M. Dali a bien insisté sur ce caractère différentiel, mais — pas plus que nous — il n’a essayé d’expliquer cette bizarrerie, tout à fait anormale attendu que l’on est habitué à constater la parfaite identité du tracé du sinus sur les deux valves d'un même Pélécypode. Ce caractère est d’ailleurs constant sur tous les échantillons de S. s cnegalensis que nous avons étudiés, et il n’y a rien de pareil sur aucune valve de S. carnaria ; nous livrons aux zoologistes cette énigme à déchiffrer.
Ce Genre est représenté, dès l’époque bartonienne, par un Sous-Genre ou Section auquel a été attribuée la dénomination Cÿclotellina Cossm., G. -T. : T. luniilata Desh. ; mais ce groupe ne paraît pas avoir dépassé l’Eocène.