Strigilla ( Æretica ) senegalensis [Hanley
PI. X, fi g. 12-13; et PI. XVIII, %. 8 9.
1841. Tcllina carnaria Grat. Cat, Gironde, p. 70 2 ( non L.).
1844. Tcllina senegalensis Hanley. Proc. Zoo/. Soc. London, p. 68.
1846. — Hanley. Thésaurus, I, p. 259, pi. LVI, fig. 17.
1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 30, n° 51.
1873. Strigilla carnaria Mayer. Verstein. Helv. Schweiz, p, 20.
1900. Æretica senegalensis Dali. Tert. Flor., p. 1041.
1909. Strigilla senegalensis Dollfus. Et. crit. foss. Bord., p. 6, pl. I, fig. 1-2.
Test mince. Taille assez grande; forme ovoïdo-subtrigone, assez convexe, très inéquilatérale; côté antérieur court, arrondi C. et P. 34
en arc de cercle; côlé postérieur plus allongé et plus atténué, non tronqué, mais plutôt ovale à son extrémité anale; bord palléal régulièrement arqué dans le prolongement circulaire du contour antérieur, se raccordant sans bec avec le contour anal; crochets petits, déprimés, sans saillie, faiblement opisthogyres, situés aux trois cinquièmes de la longueur, du côté antérieur; bord supérieur légèrement convexe en avant, déclive et rectiligne en arrière du crochet. Lunule assez large et courte, subcordiforme, lisse, limitée à l’extérieur par un faible gradin; corselet trois fois plus allongé que la lunule, limité à l’extérieur par une arête saillante et se réduisant presque à la rainure qui sépare la nymphe. Charnière : 3(( courte, épaisse et oblique, 3 4 faiblement bifide, 2 épaisse, triangulaire et à peine bilobée, 4* mince, obliquement allongée et séparée du bord par une faible rainure ; Al et P I minces, saillantes, très
inéquidistantes, A II et pu * n
PII assez saillantes, trian- f*0- — Charnière de Ærctica sener/alensis Hanl. Foss.
gulaires. Impressions musculaires ovales, l’antérieure allongée en hauteur, la postérieure transverse; sinus de la valve droite large et court, confluent, son contour supérieur un peu irrégulier descendant directement de l’impression du muscle postérieur à la ligne palléale sur laquelle il aboutit perpendiculairement; sur la valve gauche, une ligne très nette et brillante unit directement les deux impressions musculaires, et l’on n’aperçoit aucune trace de chute du contour antérieur du sinus vers la ligne palléale.
Dim. Diamètre antéro-postérieur : 25 mill.; diamètre umbonopalléal : 21 mill.
Rapp. et diff. — C’est d’après la récente étude de M. Dollfus que nous identifions le fossile du Bordelais avec l’espèce vivante du Sénégal, ainsi d’ailleurs que l’avait pressenti Benoist, et contrairement à l’avis de Mayer qui cite S. carnaria dans la Molasse de la Suisse. Ces deux formes sont tellement différentes que M. Dali les a placées, avec raison, dans deux Sections différentes, non seulement à cause de leur ornementation sur la région antérieure où S. carnaria a des stries obliques au lieu de sillons
concentriques jusqu’à l’aplomb du croche!, mais surtout à cause du sinus qui — sur la valve droite, descend perpendiculairement au lieu d’être gibbeux sur son contour supérieur — et sur la valve gauche, présente une ligne de jonction entre les impressions musculaires, dont on n’aperçoit aucune trace dans S. carnaria où le contour du sinus aboutit obliquement à la ligne pâlit' ale.
Il existe, dans l’Aquitanien de la Jamaïque (coll. Cossmann), un Strigilla voisin de S. pisif orrais L., qui est plus petit, plus convexe et plus régulièrement orné que l’espèce du Bordelais.
Localités. — Pont-Pourquey, rare, valve gauche (PI. X, fig. 12-13), coll. Bial ; valve droite (PI. XVII, fig. 8-9); coll. de Sacy, Le Haillan, Saint- Médard-en-Jalle, Cestas (Bourg), Léognan (Le Thil sup.), coll. Degrange- Touzin. — Riirdfgalien.
Léognan (Le Thil inf.), coll. Bial, de Sacy, Degrange-Touzin ; Saucats (Lariey), d’après Benoist. Mérignac, la Brède (La Salle), coll. Degrange- Touzin. — Aqnltanicn*
OUDARDIA Monterosalo, 1884.
Forme ovoïdo-transverse, très déprimée, à tesl mince et pelliculaire: valves égales, à extrémité postérieure subanguleuse, inégalement striées sur leur surface dorsale. Charnière : 3(l perpendiculaire, 3* oblique et non bifide ; 2 très peu bifide, 4/, totalement absente ; AI très saillante et très rapprochée de 3a, A II très obsolète ou même réduite à un faible renflement du bord supérieur; aucune trace de PI ni de P II ; nymphe longue, plate, légèrement saillante à son extrémité; clavicule interne rayonnant de lacavité umbonale et limitant l’impression du muscle antérieur qui est allongée, tandis que celle du muscle-postérieur est polygonale; sinus gibbeux, confluent avec la ligne palléale, atteignant en avant la clavicule rayonnante. (G. -T. : Tellina compressa Br. Viv.j.
Fig. 38. - Charnière A'Oudardia compressa Br.
Par sa clavicule interne et par sa forme, ce Genre s’écarte complètement de Tellina ou d 'Arcopagia, et il se rapproche beaucoup plus d 'Homalina Stol.; mais on l’en distingue par la forme de son sinus tellinoïde, par son pli postérieur, par la saillie de la nymphe et par l’absence complète de
lamelles latérales postérieures. Ace point de vue, Oudarclia est intermédiaire entre Strigilla qui a des lamelles d ’Arcopagia et Macoma qui est un Tellina sans aucunes lamelles latérales.
Le Genre Oudardia a manifestement commencé à apparaître dès l’Eocène inférieur; à ce niveau, les lamelles latérales étaient peu visibles, leur existence était — pour ainsi dire — rudimentaire; il en est de même dans le Lutécien et le Bartonien, puis Oudardia s’éclipse complètement à partir de l'Oligocène jusqu’à l'Helvétien; on n’en a jamais rencontré de fragments, jusqu’à présent, dans l’Aquitanien ni dans le Burdigalien, et quand cette coquille recommence à se montrer, c’est-à-dire au niveau de l’Helvétien, c’est déjà le génotype, avec sa lamelle latérale AI très marquée, tandis que A II reste atrophiée. Malgré ces différences et cette lacune, nous ne croyons pas qu’il y ait lieu de séparer Oudardia en deux groupes, attendu que tous les autres caractères sont identiques dans l'Eocène et à l'Epoque actuelle.
1*23. Oudardia compressa [Brochi].
PI. X, fig. 21-25.
1714. Tellina compressa Broc. Concli. subap., II, p. 584, pl. XII, fig. 9.
1828. — Defr. Dict. Hist. nat., vol. 52, p. 558.
1852. — D’Orb. Prod., III, p. 180, 26e ét., n° 298.
1860. — Hœrnes. Tert. Beck. Wien, t. II, p. 88, pl. VIII,
fig. 10.
1878. — Benoist. Tort. Gironde, p. 3.
1879. — Font. Moll, plioc. vallée Rhône, p. 36, pl. II, fig. 10.
1884. Oudardia compressa Monteros. Nomencl. gen. Médit., p. 22.
1894. Tellina compressa Degr.-Touz. Orthez. A. S. L. B., XLVII, p. 418. 1901. Oudardia compressa Sacco. I Moll. terz. Piem., XXIX, p. 111,
pl. VIII, fig. 14-15.
1903-1904. Tellina ( Oudardia ) compressa Dollf. Berk. Gom. Moll. tert.
Port., pl. VIII, fig. 7-8.
Test assez mince. Taille moyenne; forme arrondie ou plutôt subquadrangulaire, aplalie, faiblement inéquilatérale, équivalve; côté antérieur arrondi, non anguleux; côté postérieur un peu plus long', rétréci, anguleux; bord palléal presque rectiligne, se raccordant par une courbe bien arrondie avec le bord buccal et par un angle émoussé, presque droit, avec le bord anal; ce dernier est subtronqué; bord cardinal oblique, faiblement arrondi en avant du croebet, court, presque rectiligne en
arrière et formant un angle obtus avec le bord anal. Crochets très petits, très peu saillants, opisthogvres, situés au 8/15 de la longueur de la coquille du côté antérieur. Surface externe très peu bombée, luisante, marquée de très fins sillons, parallèles au bord palléal sur la valve gauche, obliques sur la valve droite; le côté anal, limité par un pli obtus rayonnant, porte des stries fines, saillantes et assez serrées.
Charnière : 3a, 3* petites, divergentes ; nymphe saillante comme chez Psammotea, tronquée presque orthogonalement à son extrémité postérieure et séparée de la surface exlerne par un sillon étroit assez profond; Al petite, saillante, très voisine de 3rt; Pi pointue à l’extrémité postérieure de la nymphe, par suite éloignée du crochet; 2 oblique, saillante et bifide; 4* atrophiée; pas de lamelles latérales.
Clavicule large, assez saillante, partant des environs du crochet pour aboutir à l’impression palléale, et tangente d’un côté à l’impression musculaire antérieure, de l’autre à l’extrémité du sinus palléal. Impressions musculaires peu profondes; l'antérieure allongée, la postérieure sub-polvgonale. Sinus palléal elliptique, confondu inférieurement avec l’impression palléale et s’avançant jusqu’à la côte interne.
Dim. Diamètre antéro postérieur : 1 5 mil 1 . ; diamètre umbonopalléal : 8 mil 1 . , pouvant atteindre 12 mill.
Rapp. et difif. — Par l’existence de sa clavicule interne, cette espèce est facilement reconnaissable et ne peut se confondre avec aucune autre Tcllinidæ de nos terrains néogènes. Elle vit encore dans la Méditerranée et l’Adriatique; M. de Boury l’a trouvée dans le bassin d’Arcachon. Elle est citée dans l’Helvétien du Portugal, mais pas dans celui du Piémont et de la Ligurie, où elle n’apparaît qu’à partir du Tortonien. Outre le type, M. Sacco a figuré les variétés subquadrata Font, et obliquestriata Foresti. La forme du Bordelais se rapproche davantage de cette dernière par la forte épaisseur de sa clavicule et par les stries obliques de sa valve droite.
L’un de nous (1886, Cossm., Cat. coq. foss. Eoc., Paris, t. I, p. 87) a rapporté au Genre Oudardia deux coquilles de l’Eocène du Bassin de Paris : 0. ovalis Dh. et 0. üarreti Cossm. Elles se rapprochent de 0. compressa par la forme de la nymphe et la disposition des dents cardinales; mais elles manquent de dents latérales sur la valve droite ; leur clavicule, plus étroite,
reste au-dessus de l’impression musculaire antérieure et enfin leur sinus ne dépasse guère l'aplomb du crochet. Oudarclia reflcxa Edw. ressemble beaucoup à ces deux formes éocéniques; mais comme il existait déjà antérieurement un Tcllina reflcxa Eichw. dans le Miocène de Volhynie (probablement un Arcopagia), l’espèce d’Edwards devrait correctement changer de nom.
Localités. — Salles (Largileyre), plésiotypes (PI. X, fig. 21-25), trois valves, coll. Benoist, au Mus. d’Ilist. nat. de Bord.; même loc., coll. Duvergier. Orlhez (le Paren), coll. Degrange-Touzin. — Helvctien.
MACOMA Leach. 1819.
{= Limicola Leach, 1852, sec. Dali. 1900, non Koch, 1816).
Macoma s. sir. — Forme ovoïdo-trigone, inéquilatérale; crochets petits, opposés, peu saillants ; charnière : 3„ épaisse, 3^ et 2 bifides, 4^ mince et distincte; pas de lamelles latérales sur aucune des deux valves; nymphe non saillante, aplatie au fond d'un cor-
i . , , • Fig. 39. — Charnière de Macoma elliptica Br. Foss.
selet caréné; sinus peu
profond, ascendant et gibbeux, peu confluent sur son contour inférieur ; impression du muscle postérieur bien arrondie. (G. -T. : Tcllina calcarea Gm. = T. lata Gm. d’après B. D. D. Viv.).
Bien que Macoma ait une forme qui rappelle un peu certaines Tellinés, et particulièrement quelques Mœrclla subtrigones, on l’en distingue immédiatement par la disparition complète des dents latérales sur les deux valves, et c’est un critérium générique d’une grande importance; aussi, à l'exemple de M. Dali (loc. cit., p. 1044), séparons-nous Macoma comme Genre distinct de Tcllina. La forme des valves et celle du sinus l’écartent également d' Arcopagia et de Strigilla. D’autre part, comme l’ont fait remarquer MM. Bucquoy, Daulzenberg et Dollfus, on ne voit pas bien pourquoi Fischer a rattaché Macoma au G. Gastrana dont il n’a ni la forme ni la charnière cardinale, il n’y a d’autre analogie que l’absence de lamelles latérales, et ce n’est pas un motif suffisant pour justifier ce rapprochement.
M. Dali — de même que Fischer — a rattaché Macalia Adams à Macoma, d’ailleurs ce groupe (G. -T. : T. Brugaierei Ilanley) n’est pas représenté dans nos terrains; il en est de même du S. -G. Psammacoma Dali (1900) dont le
G.-T. est T. canclida Lk., de Psammotreta Dali (1900) et de Cymatoica Dali (1900).
Quant à la Section Macomopsis Sacco, à laquelle se rapporte précisément le seul Macoma que nous ayons à citer dans le Sud-Ouest, on verra ci-après qu’elle n’est réellement pas justifiée, car la languette qui sépare le sinus de la ligne palléale existe à l’état rudimentaire chez la plupart des Macoma, et il n’y a pas d’autres caractères différentiels à invoquer.
L’apparition de Macoma n’est bien certaine — en Europe — qu’à dater du Burdigalien : 11 ne paraît pas en exister dans l’Eocène ni dans l’Oligocène; aux Etats-Unis, M. Dali en a cité des représentants dans les terrains contemporains de l’Aquitanien inférieur, à la Jamaïque et dans la Floride.