‹ Conchologie néogénique de l'AquitaineChapitre 135 sur 350 · Gastrana peregrina [Basterot]. PI. XI, fig · texte numérisé non relu

Gastrana peregrina [Basterot]. PI. XI, fig

1823. Petricola peregrina Bast. Mém. Bord., p. 92, pl. VII, fig. 3.

1873. — Ben. Cat. Saucats, p. 34, n° 65.

? 1901. Gastrana fracjilis, var. subæquilatera Sacco. I Moll. terz. Piem.,

XXIX, p. 117, pl. XXV, fig. 14.

1904. Capsa laminosa Dollf. Dautz. Conclu Mioc. Loire, p. 151, pl. VIII,

fig. 10-4 ( solæ , non Sow).

Test mince. Taille petite; forme médiocrement convexe, ovale,

presque équilatérale; côté antérieur demi-circulaire, côté postérieur un peu plus allongé et plus atténué, non anguleux ni tronqué ; bord palléal faiblement arqué, se raccordant en courbe avec les deux contours latéraux; crochet obtus, peu saillant, non incliné, situé très peu en avant de la ligne médiane ; bord supérieur convexe en avant, déclive en arrière du crochet. Lunule indistincte ; corselet étroit, lancéolé, lisse, faiblement caréné à l’extérieur, séparé de la nymphe par une fine rainure; surface dorsale un peu bombée, à peine limitée du côté de la région anale cpii n’est pas excavée, finement ornée de lamelles courtes et régulières, peu écartées, dans les intervalles desquelles on distingue un fin treillis de stries d'accroissement et rayonnantes ; ces lamelles se redressent, un peu saillantes et plus serrées sur la région anale. Charnière : 3a et 3* un peu épaisses et isocèles, 2 formant un large talon triangulaire, 4 b confondue avec le bord. Impression du muscle postérieur largement quadrangulaire ; impression du muscle antérieur étroite et allongée en courbe; sinus ovale et peu distinct, avec une longue languette palléale.

Dim. Diamètre antéro-postérieur : 15 mill . ; diamètre umbonopalléal : 11 mill.

Rapp. et diff. — On ne peut confondre cette coquille avec le jeune âge de G. laminosa qui est subquadrangulaire, même à l’état népionique, et beaucoup plus inéquilatéral à tout âge; nous avons comparé les individus de la Touraine à ceux du Crag d’Angleterre : ils sont identiques; mais il faut éliminer de cette identification ceux que MM. Dollfus et Dautzenberg ont fait figurer (pl. VIII, fig. 10-14) comme de jeunes G. laminosa , ce sont les figures 3-5 qui représentent le jeune âge de G. laminosa, tandis que les figures 10 à 14 s’appliquent exactement à la valve que l’un de nous possède de l’Aquitanien de Saint-Avit et qui s’en distingue par sa forme beaucoup plus équilatérale et plus ovale, avec un sinus beaucoup moins irrégulier que celui de G. laminosa du Crag d’Angletei're (coll. Cossmann); l’impression du muscle postérieur est aussi moins déchiquetée chez G. peregrina; enfin les deux branches de 3 sont beaucoup plus inégales chez G. laminosa, l’antérieure trois fois plus épaisse que l’autre, tandis qu’elles sont également épaisses et isocèles chez G. peregrina ; on appréciera ce dernier critérium en comparant les figures 9 et 14 de la Monographie des deux auteurs précités.

Nous cilons en synonymie douteuse Ja var. subæquilatera de l’Astien du Piémont, proposée par M. Sacco; elle n’est figurée que du côté du dos, avec une description insuffisante de trois mots latins, de sorte que l'identification est des moins certaines.

Localités. — Saint-Avit (PI. XI, fig. 3-4) col 1 . Cossmann ; Mérignac (Baour inf.), coll. Degrange-Touzin, coll. Ecole des Mines. — Aquilan f en.

Pessac (Tarpingeau), Sauçais (Peloua), coll. Degrange-Touzin; Mérignac (Baour sup.), coll. Peyrot, coll. Benoist au M. II. N. B. — Kiirilignllcn .

Existe à Pontlevoy dans PHelvétien, d’après MM. Dollfus et Dautzenberg.

Cénacle : EUNYMPHACEA, Cossm., 1909.

Nymphes très développées et saillantes au dessus du bord dorsal ; charnière dépourvue de dent 1 sur la valve droite qui ne porte qu’une seule dent 3 à deux branches, tandis que la valve gauche montre deux dents distinctes, l’une 2 à une seule branche, et l’autre 4 à deux branches dont l’antérieure est atrophiée et par conséquent invisible.

Ce Cénacle comprend des coquilles qui, comme les Tellines, ont un faible plancher cardinal et pas de dent 1 ; mais on le distingue du Cénacle Tclünacea par la saillie de la nymphe à l’extérieur, et par les branchies qui sont très différentes et inégales.

Fam. PSAMMOBI1DÆ Fleming, 1828 (1).

Coquille équivalve, ovale-lransverse, un peu bâillante à ses extrémités, épidermée, lisse ou diversement sculptée; charnière conforme à celle du Cénacle; pas de lamelles latérales ou très peu ; ligament externe ; nymphe épaisse et saillante ; impressions des adducteurs superficielles; sinus palléal profond, avec une languette plus ou moins confluente ; boni interne des valves non crénelé. Habitat sabulélique, dans des zones peu profondes [Fischer, ex parte].

(1) Deshayes, à qui on attribue souvent la paternité de cette Famille, n’a fait que reprendre, en l'amendant, la dénomination l'scunmobiaclæ Fleming, et il en a exclu, avec raison, les Astarle que Fleming y joignait à tort (1845).

C’est plutôt par les caractères anatomiques que par l'apparence des valves qu’on distingue les Psammobiidæ des Tellinidæ ; la coquille est généralement plus équilatérale et munie de nymphes beaucoup plus saillantes; l’absence de lamelles latérales n’est pas un critérium très certain, attendu qu’il y a certains Genres de Tellinidæ chez lesquels ces lamelles disparaissent complètement, tels que Macoma par exemple. La forme du sinus se rapproche beaucoup de celle qu’on observe chez les Tellines. Néanmoins, la séparation des coquilles appartenant à ces deux Familles se fait, en général, sans la moindre difficulté, par une sorte d’habitude empirique.

On comprend généralement dans cette Famille les Genres suivants : Psammobia Lie. ; Garum Dali. ; Solenotellina Blainv. [Sect. Psammotæa, LU.; Psammotellina Fiscli.]; Asaphinella Cossm.; Sanguinolaria Lk. [Sect. Psammotella Blainv. ; Nuttalia Dali.]; Asaphis Modeer; Elizia Gray; Amphichæna Pliil., 1847. Le premier seul est représenté dans le Néogène de l’Aquitaine; M. Sacco a, il est vrai, rapporté au Genre Soletellina et à la Section Psammotæa une espèce de l’Astien qu’il a identifiée avec Ps. Labordei Bast., qui n’a absolument aucune analogie avec Sanguinolaria ni avec Ps. violacca-, si l’on en faisait un Psammotæa au lieu d’un Psammocola, il faudrait — en tous cas — ramener la Section dont il s’agit dans le G. Psammobia, ce qui confirmerait la présence de ce Genre seul dans notre Miocène ; mais, nous le répétons, l’arrangement proposé par Fischer nous paraît beaucoup plus rationnel : Ps. violacea, G. -T. de Psammotæa a bien plus la forme d’une Sanguinolaria que d’une Psammobia.

PSAMMOBIA Lamarck, 1818.

(= Gari Schum, 1817).

Psammobia s. sir. — Test mince. Forme transverse, subéquilatérale, arrondie en avant, plus ou moins tronquée en arrière; surface ornée, lamelleuse au milieu, rayonnée à l’arrière; 3 a, 3* bifides, 3* plus forte et plus bilobée; 2a épaisse, largement bifide, 4é mince .et con-

liguë à la nymphe ;

PI rudimentaire; lamelles PI et PII peu développées; sinus gibbeux, grand, avec une languette palléale, non confluente, mais très étroite; impression palléale écartée du bord lisse (G. -T. : Tell, fcirœetisis Chemn).

Fig. 42. — Charnière de Psammobia færœensis Ch. Foss.

Psammobia a pour synonyme antérieur Gari Schum. 1817; mais tous les auteurs, sans exception, s’accordent pour rejeter ce nom barbare, non latinisé, qui s’applique à Tellina gari Lin. (= Gari vulgaris Schum. ex parte), et pour accepter Psammobia dont le génotype a été précisé, dès 1822, par une ligure des « Eléments of Conchology » de Bowdisch, représentant Ps. ferroensis (sic) dont l'orthographe a été rectifiée depuis.

Ce Genre est — • dans ces conditions et quand on élimine les Sections qui en ont été ultérieurement démembrées — caractérisé non seulement par son ornementation plus ou moins saillante et même treillissée sur la dépression anale, mais encore par son sinus qui est séparé de la ligne palléale par une étroite languette, au moins sur une grande partie de son contour inférieur.

On ne trouve aucune trace de l’apparition de ce groupe avant l’Aquitanien ; mais, à partir de ce niveau, il se poursuit sans interruption jusqu’à l’époque actuelle. Les coquilles de l'Eocène qui avaient été indûment dénommées Gari (Cossm. Cat. ill. Eoc. 1886, p. 91) ont été depuis séparées par M. Dali, sous le nom Garum (Tert. Flor. 1900, p. 975) : elles forment un Genre bien distinct, caractérisé non seulement par sa surface non ornée, par la forme irrégulière des valves, par sa charnière un peu différente, mais encore par son sinus court et ascendant, détaché de la ligne palléale. D’ailleurs, ce Genre Garum ne paraît pas avoir existé après l'Eocène.

S. -G. Fsammoeola Blainv., 1824 (= Gobræns LeachmGray, 1852). — Forme presque symétrique. Surface à peu près lisse, parfois rayon-

Fig. 43. — Charnière de Psammocola Labordei Bast. Foss.

assez épaisses

et saillantes ; sinus palléal confluent surtout son contour inférieur (G. -T. : Solen vespertinns Chemn. = Psammocola vesperlinalis Blainv.).

Ce Sous-Genre s’écarte de Psammobia s. str. non seulement par sa surface à peu près lisse, marquée seulement de stries d’accroissement et quelquefois de stries rayonnantes sur la dépression anale, mais encore par son sinus qui est confluent avec la ligne palléale, sans en être séparé par une languette même étroite. Les dents de l'espèce génotype sont particulièrement épaisses et saillantes, mais celles des espèces fossiles qu’on rapporte au même groupe sont beaucoup plus réduites : nous ne pensons pas qu'il y ait à faire état de ce critérium différentiel, si l’on ne veut pas multiplier

à l’excès les subdivisions de Psammobia, déjà si difficiles à délimiter, d’autant plus que les autres caractères sont identiques chez les formes fossiles et vivantes, et particulièrement la forme du sinus ; tandis que les fossiles de l’Eocène — qui ont une forme et une charnière identiques à celle des Psammocola miocéniques — ont au contraire un sinus bien détaché de la ligne palléale, aussi M. Dali (/. c., p. 976) a-t-il proposé, pour Ps. effusa Lamk., la Section Psammotæna qui a été acceptée depuis. Cet auteur a, d’autre part, éliminé la dénomination Psammocola, sous le prétexte que le génotype n’avait pas été indiqué par Blainville, et il y a substitué Gobræus Leach, dont le génotype désigné par Gray, en 1852, est Gobræus variabilis Leach, synonyme de Solen vespertinus ; mais, à l’exemple de Fischer, MM. Dollfus et Dautzenberg ont rétabli Psammocola, avec Gobræus comme synonyme postérieur, et cette solution est la plus correcte, attendu que l’absence d’indication du génotype n’est pas un motif suffisant pour violer les lois de priorité.

Si l’on admet Psammotæna pour les formes éocéniques précitées, Psammocola n’a commencé à apparaître qu’à dater de l’Aquitanien; mais il descend en ligne très directe de Psammotæna qui n’en diffère que par son sinus plus détaché.

Secl. Macropsammns Cossin., 1902 (= Soleteliina Cossm., 1886, non Blainv.; = Psammoica Dali, 1900, non Sol.). — Forme allongée, (rès inéquilatérale; surface lisse et brillante, parfois sublamelleuse sur la courte dépression ana- u s

le; charnière minuscule :

3a, presque symétri- Desh. Eoc,

cjues, non bifides; 2 peu bifide et perpendiculaire sous le crochet, mince, presque invisible, divergeant sur la surface de la nymphe ; sinus entièrement confluent avec la ligne palléale. (G. -T. : Solen appendiculatus Desh. Eocène du Bassin de Paris).

Eig. 4i. — Charnière (le Macropsammus appendiculatus

Ce groupe est assez abondamment représenté dans l’Eocène, il est rare dans l’Oligocène (une espèce stampienne), et il s’éteint à la partie supérieure de l’Aquitanien; il se distingue de Psammocola non seulement par la brièveté de son côté postérieur, mais encore par ses cardinales non bifides, par sa dent 4 presque atrophiée, enfin par son sinus peu gibbeux sur son contour supérieur.

Quant aux autres Sections de Psammobia : Psammobclla Gray (1851) à contour postérieur arrondi, Psammodonax Cossm. (1886) donaciforme et C. et P. 37

munie de stries rayonnantes sur le côté anal très court, Grammatomya Dali (1900) qui ne se distingue guère de Gari ( Ps . squamosa Lk.), elles ne sont pas représentées dans le Néogène de l’Aquitaine, et la seconde seulement se trouve à l’état fossile dans le Tertiaire inférieur exclusivement.

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