Donax ( Chion ) afflnis Desh. PI. XI, fig
1825. Donax elongatus Bast. Env. Bord., p. 81 ( non Lk).
1833. — Desh. in Lyell. Appendice géol., t. III,
1841. — Grat. Cat. zool. Gironde, p. 702.
1843. Donax affinis Desh. Traité éléra. Conch., t. I, p. 451.
1857. Donax elongatus Desin. in Duf. Carte géol. Fr., III, p. 81 ( non Lk).
1873. Donax affinis Ben. Cat. Saucats, p. 34, n° 63.
1886. — Ben. Obs. M.-de-Marsan ( P.-V . S. L. B., XL, p. xlix).
1906. — Dollf. et Dautz. Conch. Mioc. Loire, p. 165.
1908. — Dollf. Etude crit. foss. Bord. (A. S. L. B., LXII, p. '359,
pl. II, fig. 1-4).
Test épais, solide. Taille 'moyenne ; forme trigone, équivalve, très inéquilatérale ; côté postérieur très court, gibbeux, tronqué presque orthogonalement ; côté antérieur allongé, convexe, mais peu bombé; bord palléal faiblement curviligne, se raccordant presque à angle droit avec le bord anal, et par une courbe régulière avec le bord ventral; celui-ci est bien arrondi, tandis que le bord anal est rectiligne, bien qu’un peu sinueux en son milieu ; bord cardinal presque rectiligne en avant du crochet ; à l’exception de celte partie qui est lisse, tout le bord interne des valves est muni de crénelures, dont 4 ou 5 plus fortes à la partie postérieure du bord palléal; elles deviennent très fines sur le bord anal; crochets petits, mais assez saillants, opisthogyres, situés aux deux tiers environ à partir du côté antérieur. Surface externe luisante, présentant sous la loupe de fins sillons divergents qui aboutissent aux crénelures du bord palléal ; lorsque la coquille est décortiquée, on constate que ces sillons séparent des côtes cylindriques, divergentes, masquées normalement par la couche superficielle et normale du test; sur le côté postérieur, le vernis étant plus mince, les côtes font saillie; elles sont de plus coupées par des cordons transverses qui déterminent un treillis granuleux assez fin près du crochet, plus grossier vers le bord postérieur.
Charnière de la valve droite portant deux dents cardinales : 3a étroite, allongée, soudée au bord cardinal; 3*, très grosse, trièdre, divisée en deux parties inégales par un sillon; elle est séparée de la nymphe — qui est courte et épaisse — par une fossette profonde; LAI forte, allongée, assez distante du crochet; LPI, très saillante, courte, plus rapprochée du crochet et séparée du bord cardinal par une fossette profonde; charnière de la
valve gauche portant : LA 11 obsolète, 2 et 4é minces et divergentes, LP II saillante et rapprochée du crochet. Impression palléale écartée du bord, surtout en avant; impressions musculaires assez marquées, l’antérieure piriforine, la postérieure arrondie; sinus palléal arrondi, large, profond, ascendant, s’avançant jusqu'au milieu de la coquille.
Dim. Diamètre antéro-postérieur : 45 mill. ; diamètre umbonopalléal : 30 mill; épaisseur d’une valve : 12 mill.
Rapp. et difif. — Cette Donax fut assimilée à tort, par les anciens paléontologistes bordelais, à D. elongata Lk., qui vit actuellement sur les côtes du Sénégal. Elle en est, il est vrai, assez voisine par sa forme générale, mais elle s’en distingue par son angle postérieur plus émoussé, par sa sinuosité palléale plus détachée et plus obliquement ascendante; enfin par le treillis granuleux de son côté anal. La taille de D. affinis, sa forte gibbosité de son côté postérieur, ne permettent pas de la confondre avec aucune autre des espèces du Néogène de l’Aquitaine qui appartiennent à d’autres groupes. Rien dans le Néogène d’Italie, d’Autriche ou d’Angleterre ne rappelle D. affinis. D’autre part, D. affinis diffère du génotype D. clenticulata par sa forme plus bombée, par son sillon autour de la nymphe grossièrement cariée, par la grosseur anormale de 3 a, par ses crénelures palléales encore plus inégales.
Dans l’Eocène du bassin de Paris, D. acuminiensis Cossm. se rapproche beaucoup de D. affinis, mais, outre que sa taille est plus petite, son côté postérieur est plus arrondi et sa carène moins saillante.
Localités. — Restas, plésiotypes (PI. XI, fig. 30-33), coll. de Sacy ; toutes les coll., commune; Mérignac (Baour), coll. Peyrot; Le Haillan; Saucats (Pont-Pourquey), rare, coll. Benoist au M. H. N. B. ; coll. Degrange-Touzin ; coll. Rozier, Bial de Bellerade; Dax (Cabannes, Mandillot), Saint-Médarden-Jalles, Léognan (Le Thil sup.), coll. Degrange-Touzin. — Burdlgalien.
Villandraut (Miu de Fortis); Canéjan; Léognan (Le Thil), commun; Saucats (Lariey) ; La Brède (Moras, Lassalle) ; Saint-Morillon ; Saint-Selve (Raton-Durand) ; Cabanac (Raton-Durand, Pouquet), coll. Degrange-Touzin ; Saint-Avit, coll. Benoist au M. H. N. B. — Aqulfanien.
S. -Ordre : HETERODOAT A Neumayr.
Coquille généralement équivalve. Charnière « complète », c’est-à-dire comportant, dans le type A ou cyrénoïde : l’emboîtement réciproque de 1 sur la valve droite, encadrée par les
deux branches 2 de la valve gauche, que circonscrivent à leur tour les deux branches de 3 sur la valve droite, la plupart du temps appuyées elles-mêmes contre une branche 4*, la branche 4a étant presque toujours atrophiée. Dans le type B ou type lucinoïde, l’emboîtement se fait, au contraire, autour de 2, sur la valve gauche. Dents latérales non constantes. Impression palléale entière ou sinueuse. Ligament externe ou interne.
Cénacle : VENERACEA. Menke, 1830.
Coquille plus ou moins régulière, sinupalléale ; ligament externe reposant sur une nymphe non saillante au-dessus du bord dorsal; impressions musculaires plus ou moins symétriques. Charnière du type A. Habitat libre ou pétricole.
Fam. VENERIDÆ Leach, 1819.
Coquille régulière, libre, équivalve, solide; charnière comportant ordinairement : sur la valve droite, 1 plus ou moins épaisse et 3 à deux branches; sur la valve gauche, 2 à deux branches et la branche postérieure 4* seulement; dents latérales non constantes; ligne palléale plus ou moins sinueuse; bord palléal lisse ou crénelé; lunule et corselet généralement distincts, parfois très délimités.
Fischer, à qui nous empruntons presque textuellement la diagnose ci-dessus, a divisé cette Famille en trois Sous-Familles :
Tapetinæ. — Pas de dents latérales. Animal byssifère.
Venerinæ. — Pas de dents latérales ou une dent latérale antérieure très faible.
Meretricinæ. — Dents latérales antérieures bien marquées.
L’arrangement proposé par M. Dali (Tert. Flor., 1903) est un peu différent; il ne sépare pas les Tapetinæ, mais il admet deux autres Sous-Familles :
Dosiniinæ. — Coquille orbiculaire, à dents latérales antérieures, dont un groupe possède en outre une dent latérale postérieure. Sinus généralement aigu.
Gemminæ. — Dent latérale antérieure sur la valve droite, postérieure sur la valve gauche, reçues dans des fossettes distinctes, sur la valve opposée. Sinus petit, aigu.
Il nous paraît bien difficile, non pas seulement, de mettre d’accord entre elles toutes ces subdivisions, mais même d’en admettre dans cette Famille cependant bien nombreuse, attendu qu’il y a des passages formant la transition d’un groupe à l’autre, aussi bien par le sinus que par la charnière, le lunule ou le corselet. Il y a même des coquilles de Venericlæ dont la dent latérale antérieure varie avec l’âge, présente à l’état népionique, absente à l’état gérontique, et dont le classement est déjà embarrassant dans un Genre ou dans l’autre; à plus forte raison, l’hésitation serait-elle encore plus grande s’il s’agisSait de répartir ces formes à ontogénie hybride dans des Sous-Familles plus ou moins nettement caractérisées. Pour ce motif, nous renonçons à diviser ici la Famille Veneridæ en plusieurs Sous-Familles, et nous nous bornerons à cataloguer successivement les Genres dont elle se compose, d’après l’ordre d’apparition des lamelles latérales.
TAPES Mégerle v. Mühlf. , 1811.
Coquille plus ou moins aplatie, ovale-oblongue ou subtétragone, assez solide, concentriquement sillonnée ou ornée de fines stries rayonnantes; charnière à dents cardinales grêles et plus ou moins bifides; pas de dents latérales; sinus profond, séparé de l’impression palléale par une étroite languette; commissure des valves lisses.
Tapes s. str. (— Paphia Bolten in Dali, 1903 = Parembula Rœmer, 1857). — Forme très inéquilatérale; crochets peu saillants, contigus, antérieurement incurvés; surface finement
Fig. 49. — Charnière de Tapes litle'ratus L. Viv.
sillonnée en avant sur le dos, plus profondément à l’arrière; charnière très petite : 1 bifide, très rapprochée de 3a;36très écartée, largement bilobée; 2a simple, % bifide, bissectrice de 2a et de 4 /, qui est très écartée, mince et très allongée; impression du muscle antérieur très étroite ; sinus palléal court, à contour supérieur horizontal, à contour inférieur ascendant. (G. -T. : Venus literata Lin. Viv.).
Ce groupe n’est guère représenté que dans le Pliocène; il est remplacé,
dans noire Miocène, parla Section ci-après. Nous adoptons, bien entendu, la dénomination universellement admise [Tapes) et nous reléguons en synonymie Paphia que M. Dali a voulu ressusciter en 1903, les noms de Bollen n’ayant aucune valeur scientifique à la date de 1798, puisqu’il s’agissait exclusivement d’un catalogue de vente de sa collection.
Sect. C’allistotapes Sacco, 1900. — Forme ovale, à bord supérieur moins dilaté en arrière du crochet que chez Tapes s. str. ; charnière plus épaisse : 1 et 3a beaucoup plus divergen-
Fig. 50. — Charnière de Callistotupes vetulus Bast. Foss.
tes; nymphe longue et plate; sinus palléal horizontal, séparée par une étroite languette de la ligne palléale non parallèle au bord ; au-dessus de l'impression du muscle antérieur, il y a une cicatrice que nous dénommons « supra-musculaire » plus ou moins profonde selon les espèces. (G. -T. : Venus vetula Bast.).
La comparaison des deux diagnoses ci-dessus nous dispense d’insister sur les différences — d’ailleurs légères — qui motivent, à la rigueur, l’établissement de cette Section; la forme des coquilles qui peuvent y être classées est, d’autre part, très variable, on peut y distinguer de nombreuses mutations, presque une espèce par gisement, sans qu’il soit possible de les identifier complètement avec aucune des variétés du génotype qu’a distinguées M. Sacco. Cet auteur signale des formes ancestrales de Callistotapes dans l’Oligocène, même dans l’Eocène (T. fabaginus Mayer, T. virgatus Sow.) ; toutefois, nous n’avons pu vérifier cette allégation et nous nous contentons d’afiîrmer l’apparition de celte Section dans l’Aquitanien.
Sect. Pullastra Sow. Forme subquadrangulaire ; surface treil lissée, la sculpture rayonnante étant presque égale à la sculpture concentrique ; charnière très réduite, à dents peu divergentes , saillan- FlG- 51 • r Charnière de Puiiastrapuiiastm l. vw.
les, dépassant un peu le contour inférieur du bord cardinal; elles sont presque toutes bifides, sauf 3a et 4^, 2a l’est très peu;