C. et P
commune, toutes les collections; Noaillan (la Saubotle), Villandraut (Gamacliot), Balizac, coll. Degrange-Touzin. — Aqultanlcn.
VENUS Linné, 1758.
(= Mercenaria Schum., 1817).
« Coquille épaisse, ventrue, subtrigone, cordiforme ; lunule définie; charnière portant sur chaque valve trois dents cardi-
Fig. 57. — Charnière de Venus mercenaria L. Viv.
nales, l’antérieure à gauche et la postérieure à droite fortes et légèrement bifides; sinus palléal sublriangulairc ». (G. -T. : Venus mercenaria L. Viv.).
Nous avons reproduit textuellement le diagnose du Manuel de Fischer pour Venus s. stricto , quoique la formule cardinale ne réponde pas à notre nouvelle notation, et quoique cette diagnose soit muette sur l’état de la surface dorsale et de la commissure des valves. Or, si l’on se reporte aux observations publiées par M. Dali (Tert. Flor., p. 1513) sur le génotype V. mercenaria et sa variété notata Say, on remarque que cet auteur, sans donner la diagnose même sommaire du Genre ni de l’espèce, mentionne l’extrême polymorphisme de l’ornementation ou de la coloration extérieures de ces coquilles, ainsi que la présence adventive de crénelures palléales sur les bords des valves ; il en résulte que la délimitation précise de ce Genre et des groupes que l’on rattache au Genre Chione devient extrêmement ardue; à part l’absence constante de dent latérale antérieure dont on trouve parfois l’apparition chez Chione, on ne peut guère se baser que sur des critériums empiriques. Cependant, pour nous qui n’avons à nous occuper ici que des formes fossiles de notre Bassin, il nous suffit d’exprimer que la seule espèce — qu’on ne puisse, en toute certitude, classer dans le G. Chione et qui, par suite doive appartenir au G. Venus s. str. comme répondant exactement à la diagnose ci-dessus — a précisément la surface lisse et les bords des valves non crénelés, sans aucun dentelon sur la valve gauche; c’est ainsi que nous avons été conduits à rejeter dans le G. Chione tous les autres de nos fossiles qui ont, soit la surface ornée
et les bords crénelés, soit une surface à peu près lisse, mais avec une dent latérale antérieure plus ou moins visible. En opérant de cette manière, nous n’avons fait que suivre l’exemple de nos prédécesseurs, sans apporter plus de précision à cette question ambiguë, faute d’éléments suffisants pour distinguer Venus de Chione, et cependant avec la conviction qu’il n’y a pas lieu de réunir ces deux Genres, parce que le véritable critérium nous échappe.
Remarquons, d’ailleurs, que : 1° Fischer a glissé sur la question sans y insister ; 2° MM. Dollfus et Dautzenberg, après avoir écrit, en 1893 (Moll. Rouss, II, p. 354), que Venus et Mercenaria sont entièrement synonymes, ont publié, en 1906, Venus ( Mercenaria ) Dujardini dans la Conchyl. du Mioc. du Bassin de la Loire; 3° M. Dali catalogue simultanément Chione et Venus, et il y place alternativement des formes américaines dans lesquelles nous serions incapables de distinguer des critériums différentiels qu’il a omis, d’autre part, de nous signaler; 4° M. Jukes-Browne qui substitue à tort Mercenaria à Venus bien désigné par Lamarck, nous écrit que les dents de Venus s. str. sont plus bifides que celle de Chione, 1 et 2 b sur la valve droite, 2a et 2 b sur la valve gauche, tandis que chez Chione il n’y en a qu’une bifide sur chaque valve, et souvent même pas une ; qu’en outre, l’ornementation rayonnante est toujours absente chez Venus, mais que les bords sont quelquefois crénelés. On voit par là que l’hésitation est bien permise.