‹ Conchologie néogénique de l'AquitaineChapitre 153 sur 350 · Venus Dujardini Hœrnes PI. XII, fig · texte numérisé non relu

Venus Dujardini Hœrnes PI. XII, fig

1837. Venus rudis Dujard. Mém. Tour., p. 262, pl. XVIII, fig. 6 ( non Poli). 1852. — D’Orb. Prod., III, p. 106, 26e ét. , n° 1968.

1862. Venus Dujardini Hœrn. Tert. Beck. Wien, II, p. 120 (excl. diagn. et

Tourn. Faluns de Sos, pp. 16, 44.

1 fl ^

Dollf. Dautz. Et. prél. Tour., p. 6.

Dollf. Dautz. Nouv. liste Pélécyp., p. 19.

1906. V. ( Mercenaria J Dujardini Doll. Dautz. Conch. Mioc. Loire, p. 211,

pl. XIV, fig. 36-39.

'l'aille moyenne (dans rAquitaine); forme convexe, subtrigone, ovoïdo cordiforme, inéqnilalérale ; côté antérieur court, beaucoup plus atténué que le côté postérieur qui est presque six fois plus long et largement arrondi; bord palléal médiocrement arqué, raccordé avec les contours latéraux par des courbes à rayon très réduit; crochet gonflé, prosogyre, très fortement

incliné vers l’avant; bord lunulaire déclive et rectiligne, bord supéro-postérieur arqué, s’élevant un peu plus haut que le crochet. Région lunulaire excavée, non limitée à l’extérieur; corselet réduit à une très large rainure bordée par une carène; surface dorsale bombée, à peine comprimée en arrière, lisse vers le crochet, puis ornée de nombreuses stries d’accroissement plus ou moins régulières.

Charnière épaisse et large : 1 trièdre et saillante, 3a excessivement mince, parallèle à la face antérieure de 1 et très rapprochée, 3* largement bifide, très allongée, séparée par une large rainure de la nymphe qui est largement aplatie et striée en travers; le contour inférieur du plateau cardinal est fortement échancré en arrière, sur la nymphe. Impressions musculaires grandes et bien gravées, l'antérieure piriforme, la postérieure arrondie; sinus subtrigone, obtus à son extrémité qui s’avance jusqu’à la moitié de la largeur de la valve ; impression palléale non parallèle au bord lisse, plus écartée en avant.

Dm. : Diamètre antéro-postérieur : 3o mill. ; diamètre umbonopalléal : 31 mill.

. Rapp. et difF. — L’échantillon des faluns de Sos, ci-dessus décrit, correspond à peu près identicpuement, non seulement aux figures de V. Dujardini de la Touraine, mais encore à un spécimen de Paulrny (coll. Peyrot), que nous avons simultanément sous les yeux. Ainsi que font fait observer MM. Dollfus et Dautzenberg, le nom rudisne pouvait être maintenu, puisque l’espèce helvétienne n’a aucune analogie avec Y. rudis Poli ; mais la correction faite par Ifœrnes n’est applicable qu’aux spécimens de Touraine, attendu que — comme on le verra ci-après — les spécimens du Bassin de Vienne, figurés et décrits sous le nom Y. Dujardini , sont en réalité des M. islandicoides : le véritable Y. Dujardini n’a pas la moindre- trace de lamelles antérieures, et si la forme extérieure des valves est analogue, la charnière est totalement différente, de sorte que les deux coquilles n’appartiennent pas au même Genre.

Localité. — Parleboscq (La Guirande), une valve droite (PL XII, fig- 12-13), coll. Benoist au M. H. N. B. ; une autre valve droite, de la même localité, coll. Degrange-Touzin. — Uclveticn.

CHIONE Mégerle von Mühlfeld, 1811.

Coquille ovoïdo-trigone ou ovale, subcordiforme, portant parfois un rudiment de dent latérale antérieure; corselet aplati, lisse ou peu orné, caréné h l’extérieur; lunule bien limitée; surface dorsale cancellée ou lamelleuse et même foliacée; impressions musculaires presque égales; sinus court; commissure des valves invariablement crénelée, au moins sur le bord palléal.

Chione s. str. — Forme trigone, médiocrement convexe ; surface cancellée ; plateau cardinal étroit et solide, toujours dépourvu de lamelles latéra¬

les et même de dentelon antérieur : 1 pointue et saillante ; 3a très petite, per-

Fig. 58. — Charnière de Chione dysera L. Viv.

pendiculaire à. 1 , 3* oblique et bifide; 2a incurvée en virgule arquée, 2b triédrique, 4* mince le long de la nymphe qui est up peu proéminente; sinus réduit à un simple crochet de la ligne palléale; commissure des valves laciniée. (G. -T. : Venus dijserci L. Viv.).

Nous ne connaissons pas de véritables Chione fossiles dans le Tertiaire d’Europe, mais M. Dali en signale et en figure dans le Miocène et même dansl’Aquitanien de la Floride, il cite Chione cancellata L. dans le Pliocène et le Pleistocène de la Caroline.

S. -G. Ompli alocla t h i'um (Klein) Mœrch, 1853 [= Cythereci Bolten in Dali, 1903]. — Forme ovale, subtronquée en arrière, très inéquilalérale, globuleuse et arrondie à l’état gérontique ; lunule et corselet bien limités; surface Ireillissée, dans laquelle les lamelles concentriques prédominent; charnière

Fig. 59. — Charnière de d’Omplialoclathrum am'/iguum Rov. Foss.

épaisse et courte : 1 très forte et bifide, 3a courte et pointue, 84 longuement oblique et bifide; 2a en croc saillant, avec un petit « dentelon » antérieur et très proéminent, sans fossette apparente pour le recevoir sur la valve opposée; 2b oblique et bifide; 4(, réduite à une mince lamelle alignée contre la nymphe; contour inférieur du bord cardinal échancré en arrière; sinus court et ascendant ; bord palléal très arqué, lacinié par l’ornementation radiale. (G. -T. V. puer per a Lin. Viv.).

Moerch a ressuscité Omphaloclathrum dès 1853, par conséquent Cytherea — qui n’a été ressuscité que 50 ans plus tard — tombe en synonymie.

Ce Sous-Genre se distingue de Chiones. str., non seulement par la forme de l'ornementation des valves, mais surtout par le sinus plus profond et par l’apparition du dentelon antérieur sur la valve gauche, sans fossette toutefois sur la valve droite; il y a en outre des différences très sensibles dans la disposition des dents cardinales, surtout de 1 et de 2a.

Omphaloclathrum apparaît dès l’Oligocène en Europe, et est bien représenté dans le Miocène; M. Dali en signale une belle espèce ( Cytli . Willcoxi D.) dans le Pliocène delà Floride, et plusieurs autres dès l’Aquitanien de cette presqu’île.

S. -G. Clausina Brown, 1827 [= Ventricola Rœmer, 1867]. — Forme ovale inéquilatérale, lunule et corselet bien limités; surface dorsale profondément ornée par l’entrecroisement de grosses lamelles concentriques et de sillons divergents è l’arrière, qui y découpent de fortes aspérités souvent verruqueuses; plateau cardinal large, iiconlour peu saillant en avant, échancré en arc de cercle sur presque loute son étendue,

1 épaisse et trigone, 3a mince, lamelleuse et oblique; 3b longue et peu bifide; 2rt oblique et peu épaisse; 2b divergente et légèrement bifide ; ib mince et longue, presque sur la nymphe; par-

fois un dentelon antérieur sur la valve gauche, avec une faible fossette sur la valve droite; sinus court, étroit et triangulaire; impressions musculaires très inégales; ligne palléale très écartée, non parallèle au bord qui est finement crénelé. (G. -T. : Venus verrucosa Lin, Viv.).

Brown ( fide Herrmannsen, 1852) a classé trois espèces dans son G. Clausina, V. casina, fasciata, verrucosa ; les deux premières ont été reprises par Gray (1851) pour son G. Claasinella ; il reste donc V. verrucosa comme génotype de Clausina, et comme cette espèce a été mal classée par Mœrch et par Gray, c’est Lien à Brown qu’il faut remonter pour la place à lui attribuer. La plupart des auteurs ont négligé Clausina et ont adopté Ventricola qui a pour génotype V. rugosa Gm., espèce de la même Section que V. verrucosa; cependant M. Dali conserve à la fois les deux Sections Clausina et Ventricola, mais les diagnoses qu’il en a données sont presque textuellement identiques : il n’y a évidemment place que pour un seul groupe, et c’est Clausina qui a la priorité.

Nous trouvons dans l’Aquitaine Clausina représenté dès le Burdigalien, et il se poursuit ensuite dans l’Helvétien, le Tortonien et le Plaisancien, jusqu’à l’époque actuelle. Quant aux citations de M. Sacco, pour l’Oligocène, elles s’appliquent à un autre groupe que nous retrouverons plus loin, celui de y. multilamella. Clausina se distingue d'Omphaloclathrum, non seulement par son ornementation plus rugueuse, mais par son sinus plus étroit et par quelques petites différences dans la charnière; le dentelon antérieur est généralement reçu sur la valve droite dans une fossette rudimentaire ; la commissure des valves est aussi plus finement crénelée.

S. -G. Clausinella Gray, 1851 [= Circomphalus (Klein) Mœrch, 1853 — Chamelæa (Klein) Mœrch, 1853]. — Coquille épaisse, solide, inéquilatérale, trigone; bord lunulaire excavé; côté antérieur plus court ; côté postérieur tronqué ; crochels petits, saillants, incurvés; lunule cordiforme, limitée par une faible strie; corselet profond, allongé, caréné, plus large sur la valve gauche, généralement lisse ou à peine strié ; fortes côtes concen-

Fig. 61. — Charnière de Clausinella subplicala D'Orb. Foss.

triques, espacées, anguleuses ou foliacées, se transformant en cordons séparées par des sillons, chez tout un groupe d’espèces [Chamelæa) ; stries d’accroissement fines dans les intervalles et parfois stries rayonnantes imperceptibles; charnière forte : 1 épaisse, trigone, proéminente; 3a petite, peu saillante; 3& forte et allongée; 2a très saillante, latéralement comprimée; 26 forte et triangulaire; 4i faible, allongée; sinus étroit, peu profond; bords finement crénelés, sauf du côté postérieur (G. -T. : Pectunculus fascialus da Costa. Viv.).

Circomphalus n’a été régulièrement établi que deux ans après Clausinella, et tombe par conséquent en synonymie; quant à Chamelæa, en rapprochant les deux diagnoses, il est impossible d’y apercevoir d’autre différence que celle de l’ornementation; or celle-ci est très variable chez les vrais Clausinella, on passe graduellement des lamelles aux cordons, leur espacement se resserre, elles se replient et forment des cordons séparés par des sillons, et c'est ainsi qu’on arrive à V. gallina (génotype de Chamelæa) sans qu'il soit vraiment possible de faire une démarcation précise : c’est ce qui nous a conduits à supprimer la section Chamelæa d’ailleurs plus récente (1853 au lieu de 1851), contrairement à l'opinion de M. Sacco qui a conservé distinctes les deux subdivisions, mais en les interprétant d’une manière un peu différente.

Quant à M. Dali, il a rapproché Circomphalus de Clausina, et il a placé Clausinella ainsi que Chamelæa comme Sections de Chione, c’est-àrdire dans un autre Genre ; nous cherchons vainement le motif de. cet arrangement, aucune explication justificative n’ayant été fournie à l’appui. Il admet, en outre, le Sous-Genre Anaitis Rœmer, caractérisé par sa forme trigone et plus équilatérale, ainsi que par ses côtes rayonnantes au milieu, avec de gros plis concentriques aux extrémités; il reprend enfin le Sous- Genre Lirophora Conrad, dont le G. -T. est Venus allilcta Conrad, il cite comme espèce de même groupe Venus paphia L., dont l’ornementation — à côtes écrasées au milieu — ressemble singulièrement à celle de Venus senilis qui pour nous est une Clausinella à faciès de Chamelæa.

Nous trouvons des Clausinella dès l’Aquitanien, ensuite dans le Burdiga- 1 i en , puis en abondance dans le Miocène et le Pliocène.

S.- G. Yeiïtrseoloitle» Sacco, 1900. — Forme ovale, convexe; surface lamelleuse, non Ireil lissée ; bord lunulaire arqué, dépassant l’aplomb du crochet et formant un petit éperon qui rejoint la nymphe; charnière épaisse, peu échancrée sur son

contour inférieur; 1 épaissie en lalonjet légèrement bifide vers le haut; 3a mince, très voisine de 1 ; très oblique, très rainurée; 2„ mince et arqué, 26 très épaisse, vaguement divisée en deux

Fig. 62. — Charnière de Ventricoloidea multilamella Lk. Foss.

lobes très inégaux; Ab dans le prolongement de l’éperon lunu- Iaire, moins longue que la nymphe qui est assez large; Ali petite et pointue, bien visible, à tout âge, logée dans une petite fossette de la valve opposée, entre AI et A 1 1 1 rudimentaires; sinus triangulaire et court; bord palléal finement crénelé. (G. -T. : Cytherea multilamella Lamk. Foss.).

M. Sacco a proposé ce Sous-Genre dans le corps du texte et avec quelque hésitation ; nous l’adoptons parce que nous le trouvons amplement justifié par l’existence constante du dentelon antérieur A II qui est parfaitement isolé, etauquel correspondent, du côté opposé, des protubérances À I et A III encadrant sa fossette ; cette disposition a provoqué l’attention debeaucoup d’auteurs qui ont même classé le génotype dans le Genre Cytherea, malgré sa surface de Chione. Pour nous — qui avons graduellement suivi l’apparition de ce dentelon depuis Omphaloclathrum — Ventricoloidea est encore un Chione par tous ses autres caractères (ornementation et sinus), et il se rapproche même plus de Ventricola que de Clausinella qui a une forme bien plus trigone, une convexité moindre, etc...

Ce Sous-Genre a certainement vécu dans l’Oligocène ( V.præcursor Mayer) et il a continué, avec le génotype, jusqu’à l’époque actuelle, avec peu de variations. Nous le retrouvons dans le Balcombien et le Jan-Jukien d’Australie (Eocène et Oligocène) où il était bien représenté par plusieurs espèces (col I . Cossmann), peut-être aussi dans le Santa-Cruzien de Patagonie (coll. Cossmann).

Nous laissons de côté Ortygia Brown (1827), que MM. Dautzenberg et Dollfus (Moll. Rouss., p. 355) identifient à Chamelæa-, quant à Timoclea, on le retrouvera ci-après comme Genre distinct, avec Parvivenus Sacco.

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