Chione ( Clausinella } subplicata [d’Orb.]. PI. XIII
fig. 19-28.
Venus impressa M. de Serres. Terr. tert. Midi, p. 149, pl. VI, fig. 6 ? Venus plicata Grat. Cat. zool. Gir. ( non Gmelin).
— - Goldf. Petref., II, n° 248, pl. CLI, fig. 9 (sec. Sacco).
Venus subplicata d’Orb. Prod. III, p. 107, 26 ét. n° 1987.
Venus plicata Hœrn. Tert. Beck. Wien, p. 132, pl. XV, fig. 4-6.
— Fisch. et Tourn. Invert. Léberon, p. 146.
— Benoist. Cat. Saucats, p. 38, n° 81.
— Benoist. Tort. Gir., p. 3.
— var. Druentica Font. Moll, plioc. Rhône, II, p . 33?
var. dertonensis Sacco, I Moll. terz. Piem., XXVIII,
p. 43, pl. X, fig. 23.
— Dollf. Moll. tert. Port., pl. XIII, fig. 1-4 (légende).
Test médiocrement épais. Taille moyenne; forme subtrigone, élevée, un peu convexe, très inéquilatérale; côté antérieur très court, ovale-atténué ou même légèrement anguleux ; côté postérieur -cinq fois plus allongé, tronqué sur son contour anal ; bord palléal largement arqué, à peu prés concentrique à la courbe du contour buccal, se raccordant en arrière par un angle arrondi avec la troncature anale ; crochets comprimés, saillants, prosogyres et inclinés au sixième de la longueur, du côté antérieur; bord lunulaire excavé, bord supéro-postérieur déclive, peu arqué, se raccordant par un angle arrondi avec la troncature anale. Lunule courte, assez large, ridée, limitée par une profonde rainure; corselet lisse, plus large sur la valve gauche que sur la valve droite, s’étendant jusqu’à la troncature anale, limité à l’extérieur par une carène crénelée, séparé du ligament G. et P. 44
par un gradin et une rainure; surface dorsale médiocrement bombée, portant en arrière une assez large et faible dépression jusqu’à la carène du corselet, ornée partout de lamelles concentriques, courtes et régulières, à peine plus espacées vers les crochets, munies de deux rangées rayonnantes de crêtes plus saillantes, qui limitent de part et d’autre la dépression postérieure; les lamelles font un coude subit, parallèlement à la troncature, entre ces deux rangées.
Charnière assez puissante, dont le contour inférieur est profondément échancré en arrière du crochet : 1 très épaisse, faiblement bilobée et incurvée; 3a très mince, séparée du bord lnnulaire par une profonde rainure; Sb très écartée de 1, largement bifide; 2a mince, un peu incurvée, faiblement bifide à son extrémité qui se relie à une petite protubérance ou dentelon qui n’est pas assimilable à une dent A II, parce qu’il n’y a pas la moindre fossette pour la loger sur la valve opposée; 2b presque horizontale, très inégalement bilobée; âb mince, très longue, séparée par une étroite rainure de la nymphe qui eèt très étroite, un peu carénée au delà de 4& et contiguë à une large surface ligamentaire. On remarque en outre que le bord lunulaire dépasse en arrière la pointe des crochets, en recouvrant l’origine de 1, de 3a et de 2a ; il vient se terminer contre 3& et 2a, en masquant ainsi partiellement l'emboîtement d’une moitié de la charnière.
Impressions musculaires très inégales et très inéquidistantes, la postérieure subquadrangulaire ; sinus palléal assez long, très étroit et très aigu à son extrémité; ligne palléale assez écartée du bord finement crénelé.
Dim. Diamètre antéro-postérieur: 49 mill. ; diamètre umbonopalléal : 42 mill.; épaisseur des deux valves : 25 mill.
Rapp. et diff. — Voici encore une espèce dont la délimitation est extrêmement ardue : Venus plicata Gmelin a été citée depuis le Miocène inférieur jusqu’à la partie supérieure du Pliocène; mais il s’en faut de beaucoup que les spécimens de tous ces gisements néogéniques soient identiques à l’espèce actuelle.
Tout d’abord — ainsi que l’a fait observer M. G. Dollfus (Moll. tert. Port.,
pl. XIII, fig. 1-4) — il convient de restreindre à la coquille du Sénégal la dénomination plicata et d’en exclure celle de l’Océan Pacifique qui doit, paraît-il, l'epi’endre le nom peruviana Sow.
En second lieu, si la forme des valves et l’espacement des lamelles varient beaucoup, ce n’est pas une raison pour renoncer à y distinguer des mutations, même des espèces distinctes, quand ces variations atteignent
— avec constance au même niveau stratigraphique — la charnière et le sinus. Aussi, après un examen très attentif de spécimens provenant des divers Bassins (coll. Cossmann), nous croyons bien certainement que la coquille de i’Helvétien de Salles est distincte, non seulement de l’espèce de Gmelin vivant au Sénégal, mais encore de la var. pliocænica Stef. : par sa forme plus haute et moins transverse; par ses lamelles assez écartées dans le voisinage des crochets, plus serrées à partir du diamètre de 2 centimètres; par sa petite protubérance en avant de 2a, bien exactement dessinée sur la planche de Hœrnes; par sa dent 1 plus épaisse et plus incurvée, 3a et 2 a plus rapprochées du bord lunulaire, 4& moins horizontale et moins allongée, 2 b plus inégalement bilobée; par son sinus plus long et plus pointu, encore moins ascendant.
Les exemplaires du Tortonien d’Adiça — que nous avons sous les yeux
— présentent bien ces caractères différentiels, ils sont peut-être un peu moins élevés que celui représenté par les fig. 1-2 delà publication précitée; malheureusement M. Dollfus n’a pas spécifié la provenance exacte des types figurés, de sorte qu’il est possible que ce soient des représentants du Burdigalien. En tout cas, nous n’hésitons pas à les réunir à la forme de l’Helvétien de l’Aquitaine.
Les spécimens de Grund que nous avons étudiés sont d’une taille moindre, mais ils représentent bien le jeune âge des valves figurées par Hœrnes; nous comprenons donc, comme l’avait fait d’Orbigny, le Bassin de Vienne dans la synonymie de C. subplicata. Quant à la variété derto nensis, M. Sacco n’en a figuré qu’un fragment caractérisé par l’aplatissement de la région des crochets et l’écartement des premières lamelles, exactement comme à Adiça et à Salles; la charnière du fragment de Colli Torinesi — que nous avons sous les yeux — est tellement atrophiée que nous ne pouvons conclure avec certitude à l’identité de dertonensis et de subplicata.
Enfin Fontannes n’a pas figuré sa var. Druentica du Miocène de Cabrières d’Aigues, et il n’a pas indiqué si Venus impressa M. de Serres (qu’il cite en synonymie) doit être rapporté à la forme pliocénique; mais c’est probable, car autrement il n’aurait pas créé un nom nouveau pour la mutation miocénique.
En dernière analyse, puisque la mutation en question est bien distincte, c’est le nom corrigé par d’Orbigny qu’il faut évidemment reprendre comme
élant le plus ancien en date, et comme s’appliquant à « Dax, Vienne », mais non pas au 27e étage subapennin dans lequel aurait seulement vécu la var. pliocænica de Stéfani, que nous possédons en très bel état, de Cannes, Gagnes, Asti, Bologne (coll. Cossmann).
Localités. — Salles (Largileyre), plésiotypes (PI. XIII, fig. 21-23), coll. Cossmann ; toutes les coll. ; Salles (Moulin Débat), var. encore plus trigone, plus élevée, plus convexe, à lamelles rasées et serrées (fig. 19-20), coll. Bial-Neuville; Salles (Le Minoy), coll. Courjault; Salies-de-Béarn, Sallespisse, Or liiez (Le Paren), coll. Degrange-Touzin. — IBclvéticn.