Thracia attenuata nov. sp. PI. 1, fig
1873. Thracia papyracea Benoist. Catal. Saucats, p. 23 {ex parte).
Taille moyenne ; forme convexe en avant, aplatie et retroussée en arrière, ovale dans son ensemble, inéquilalérale, assez largement arrondie du côté antérieur qui est le plus large, atténuée et subrostrée du côté postérieur qui est le plus court, bâillant et un peu tronqué; bord palléal largement arqué, sans sinuosité; contour antéro-supérieur régulièrement convexe, contour postéro-supérieur faiblement excavé et déclive vers la C. et P. 6
troncature anale. Crochets petits, pointus, à peine saillants, fissurés, situés aux sept onzièmes de la longueur, du côté postérieur; lunule déprimée, peu distincte; corselet étroit, lancéolé, excavé, limité par un rebord émoussé. Surface dorsale médiocrement bombée, très aplatie en arrière où la région anale et légèrement excavée est limitée par un angle rayonnant et obsolète; test non plissé par les accroissements qui sont peu visibles, finement granuleux surtout sur la région anale. Bord cardinal un peu épaissi, le cuilleron manque sur le spécimen décrit. Impression du muscle postérieur ronde, bien gravée et située tout à fait contre la troncature anale; surface interne obscurément rayonnée; impression palléale écartée du bord; sinus grand, ovale, gibbeux sur son contour supérieur.
Dim. Diamètre antéro-postérieur : 22 mil!.; diamètre umbonopalléal : 15 mill.
Rapp. et diff. — Cette espèce nous paraît bien distincte de l’espèce vivante, T. papyracea Poli : elle est beaucoup plus haute et moins allongée, son extrémité postérieure est moins nettement tronquée et plus atténuée, parce que le contour supérieur est plus déclive et moins excavé en arrière du crochet ; en outre, le bord palléal de T. attenuata est plus convexe, non sinueux du côté anal comme l’est souvent celui de l'espèce vivante. La position du crochet est un peu variable chez cette dernière, de sorte qu’il n’y a à tirer de ce chef aucun critérium différentiel. En résumé, il nous paraît évident que cette forme burdigalienne est une mutation ancestrale et bien distincte de l’espèce actuelle.
Dans le Pliocène d’Italie, M. Sacco a signalé et figuré une variété rnagnovata qui paraît aussi haute que notre espèce, mais qui s’en distingue — autant que l’on peut en juger d’après la figure seulement vue du côté du dos — par ses crochets plus médians, par son contour supéro-antérieur moins convexe, et par son extrémité postérieure probablement moins atténuée.
Les espèces éocéniques (T. Edwardsi, T. grignonensis Desh.) sont beaucoup plus étroitement allongées que T. attenuata-, la première est plus obliquement tronquée, et la seconde moins atténuée en arrière.
T. Canavarii Rovereto, du Ligurien de Mioglia, se distingue par sa grande taille, sa large troncature anale, son bord palléal peu arqué, ses crochets presque médians; elle n’est d’ailleurs connue qu’à l’état de moule interne.
Quant à l’espèce de Grund, figurée par Hœrnes sous le nom papyracea, d’après un fragment que possède l’un de nous, c’est une coquille ridée,
plus oblongue, plus tronquée, à bords presque parallèles, pour laquelle on pourrait adopter le nom grundensis Cossm. rn coll.
Un minuscule échantillon de Saint-Paul-lès-Dax, communiqué par M. Degrange-Touzin, nous paraît être un jeune Th. attenuata, cette valve gauche n’a pas de cuilleron, mais la paroi antérieure semble munie d’un clavicule interne.
Localités. — Environs de Bordeaux (probablement Saucats), type figuré (PI. I, fig. 29), coll. Desh. à l’Ecole des Mines. (Niveau exact non indiqué). Léognan (Thibaudeau), coll. Degrange-Touzin, trois ex. — Kurdlgalien.