Ghione (Ventricoloidea) multilamella [Lamk
PI. XIII, fig. 26-28.
..1814. Venus rugosa L. Broçclii. Conclu subap., II, p. 548.
1814. Venus dysera L. juv, Brocchi. Ibid., p. 669, pl. XVI, fig. 8.
1818. C y therea multilamella Lamk. An. s. vert., V, p. 581.
1829. Venus rugosa M. de Serres. Tert. Midi, p. 149, pl. VI, •fig. 7.
1845. Venus cincta Ag. Icon. Coq. tert., p. 36, pl. IV, fig. 7-10.
1848. Cylherea multilamella Desli. Traité élém. Conclu, I, p. 600.
1852. Venus subcincta d’Orb. Prod., III, p. 181, 27e ét. , n° 320.
1859. Venus cincta Eichw. Leth. ross., III, pl. V, fig. 14.
1862. Venus multilamella Hœrn. Tert. Beck. Wien, II, p. 130, pl. XV,
fig. 2-3.
1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 37, n° 77.
1881. — Fontannes. Moll, plioc. Rhône, II, p. 50, pl. III,
* fig. 2.
1900. Ventricola multilamella Sacco. I Moll. terz. Piera., XXVIII, p. 30,
pl. VIII, fig. 1-8.
1904. — Dollf. B. et G. Moll. tert. Port., pl. XII, fig. 4-6.
1906. Vcntricola burdigalensisDoUL et Dautz. Conclu Mioc. Loire, p. 198,
pl. XIII, fig. 15-17 (non Mayer).
Test assez épais. Taille moyenn'e ; forme ovoïdo-trigone, très convexe, inéquilalérale ; côté antérieur arrondi, beaucoup plus court que le postérieur qui est très obtusément tronqué sur le contour anal ; bord palléal très arqué, concentrique avec la courbe du contour buccal, raccordé par un arc de cercle régulier avec le contour anal; crochets gonflés, saillants, prosogyres, situés au sixième de la longueur, du côté antérieur; bord supérieur déclive en avant du crochet, et peu convexe sur la région lunulaire, avec une petite encoche sinueuse à l’extrémité de la lunule; bord supéro-postérieur légèrement arqué, déclive vers la troncature anale avec laquelle il se raccorde par un angle arrondi. Lunule large et courte, cordiforme, limitée à l’extérieur par une profonde strie, simplement ornée d’accroissements serrés; corselet large, excavé, aussi allongé que le bord supéropostérieur, limité à l’extérieur par un angle émoussé, bordé du côté du ligament par une carène un peu arrondie qui forme à
l’extérieur un gradin adjacent à une profonde rainure. Surface dorsale bombée, faiblement déprimée à l’arrière en deçà de l’angle du corselet, ornée de lamelles concentriques, assez régulièrement espacées, souvent très saillantes et tranchantes, surtout sur la région anale, cessant complètement contre la strie de la lunule et l’angle du corselet, avec de fines lignes d'accroissement dans leurs interstices ; aucune apparence d’ornementation radiale.
Charnière assez épaisse : 1 épaisse en talon, légèrement bifide à sa naissance; 3a mince et courte contre le bord, 3* peu épaisse et très oblique, subdivisée par une courte rainure; AI et AIII très petites et confluentes avec lel 3aide chaque côté de la petite fossette destinée à loger A II qui est assez épaisse et pointue; 2a arquée en virgule, non bilobée ; 2b épaisse, inégalement et vaguement bifide ; 4* formant une crête mince le long de la nymphe et dans le prolongement du bord lunulaire qui dépasse de beaucoup le crochet en arrière, deux fois plus longue que 4&; contour inférieur du plancher cardinal peu saillant, peu excavé en arrière où il forme un arc à grand rayon.
Impression du muscle antérieur ovale en hauteur, très voisine de AI et de A II; impression du muscle postérieur presque égale à l’autre, un peu plus arrondie et plus transverse; sinus palléal extrêmement court, triangulaire, aigu à son extrémité et s’écartant presque autant de l’impression de l’adducteur postérieur que de la ligne palléale; celle-ci forme une bande un peu frangée, parallèle au bord à une certaine distance; bords très finement crénelés sur presque toute leur étendue, même contre la lunule, sauf contre le corselet.
Dim. Diamètre antéro-postérieur : 30 mill. ; diamètre umbonopalléal : 26 mill. ; épaisseur de la valve séparée : 10 mill.
Rapp. et diff. — Cette importante espèce, très répandue dans le Miocène supérieur et le Pliocène, néanmoins peu variable dans sa forme et dans son ornementation, a été alternativement ballottée entre Venus et Cytlierea , à cause de ses affinités mixtes; sa véritable place est dans le Genre Chione qui semble avoir été précisément créé pour recevoir ces formes intermédiaires entre les deux Genres précités. Cependant, si l’on compare
C. multilamella au génotype C. dysera L., on trouve une différence capitale : Venus dysera n’a pas de lamelles antérieures A I, A II, A III ; en outre, c’est une coquille franchement trigone, munie de fortes côtes rayonnantes, grossièrement crénelée sur les bords qui sont comme Iaciniées sur le contour palléal ; mais ses dents cardinales sont identiques à celles de C. multilamella, son sinus est encore plus court, réduit à un simple crochet de la ligne palléale, aux abords du muscle postérieur.
Dans ces conditions, le rattachement de C. multilamella et de son ancêtre Venus burdigalensis au Genre Chione n’est possible qu’à la condition d’en étendre beaucoup la diagnose et d’y distinguer un Sous-Genre caractérisé par l’apparition de dents latérales antérieures et par l’extension trigone du sinus; comme, d’autre part, M. Sacco, à qui n’avait pas échappé l’existence de ces dents antérieures, tout en classant cette espèce dans le G. Ventricola qui a une charnière bien différente, a proposé dans le corps du texte des observations (p. 31) le nom V entricoloidea pour elle, nous adoptons cette subdivision à titre de Sous-Genre de Chione.
Nous avons indiqué ci-dessus par quels caractères C. multilamella se distingue de C. burdigalensis qui l’a précédée dans le Bordelais et les Landes. Les exemplaires du Bassin de Vienne et ceux du Piémont (coll. Cossmann) paraissent identiques à ceux-ci; on la connaît également dans le Vaucluse, les Alpes-maritimes, en Algérie, en Sarmatie, dans la Catalogne et à Anvers (coll. Cossmann pour ces diverses provenances). M. Sacco y a distingué la var. taurominor qui a simplement une taille moindre et, par conséquent, un galbe plus trigone, comme notre échantillon de la Sime qui n’est pas adulte; la var. Boryi Desh. est plus allongée; la var. subrotunda Sacco, plus arrondie; la var. subflabcllata Sacco est un peu plus élevée; la var. perlamellosa Sacco a des lamelles plus serrées; la var. glabroides Sacco a ses lamelles plus usées et la forme trigone de subflabcllata.
Localités. — Saubrigues, plésiotypes (PL XIII, [fig. 26-28), coll. Bial- Neuville; coll. Dumas, Degrange-Touzin; Saint-Jean de Marsacq, coll. Bozier, coll. Degrange-Touzin, commune ; Peyrère (Landes), coll. de l’Ecole
des Mines. — Tortonien.
Saint-Etienne d’Orthe, Clermont (Landes), coll. Degrange-Touzin. —
Uelvëtlen.
TIMOCLEA Brown, 1827.
[= Parvivemts Sacco, 1900].
Coquille pelile, assez mince, ovale-trigone, inéquilatérale, ornée de côtes rayonnantes qui sont crénelées par des accroissements plus ou moins lamelleux; lunule bien limitée, corselet C. et P. 47
indistinct; charnière petite, à contour inférieur presque rectiligne : 1 formant un talon assez épais; 3a parallèle à la face anté-
Fig. 63. — Charnière de Timoclea evata Penn. Foss.
rieure de 1; Sb oblique et oblusément bifide; 2a très saillante et peu épaisse, sans aucune apparence de dentelon antérieur; 2b épaisse, un peu inclinée et largement bifide; 4b peu distincte de la nymphe, presque aussi longue qu’elle; surface ligamentaire très peu développée. Impressions musculaires très inégales et inéquidistantes, l’antérieure ovale-allongée, la postérieure plus large et plus transverse, non circulaire cependant; sinus extrêmement court, sublrigone, obtus à l’extrémité, ne s'avançant guère plus loin que l’adducteur postérieur; ligne palléale un peu plus écartée du bord en avant qu’en arrière; commissure des valves entièrement crénelée jusque contre les crochets. (G. -T. : Venus ovata Pennant. Viv.).
11 ne nous a pas paru possible de considérer Timoclea comme un simple Sous-Genre de Chione ; c’est un groupe bien distinct par les caractères de sa charnière qui n’est pas échancrée sur son contour inférieur; la nymphe très courte, le ligament presque réduit à la largeur de la rainure séparant la nymphe du corselet, l’effacement complet de l’angle qui limite toujours ce dernier chez Chione et ses diverses subdivisions; enfin la petitesse du sinus qui est presque descendant, la persistance des crénelures sur toute l’étendue des bords des valves; tous ces critériums différentiels nous semblent amplement justifier la coupure très nette du Genre proposé par Leach mss. et repris, à juste titre, par Brown.
D’autre part, nous ne pouvons admettre, même à titre de Section de Timoclea, le Sous-Genre Parvivenus proposé par M. Sacco pour Venus marginata Hccrn.; tous les caractères génériques de cette coquille sont, en effet, comme on le verra ci-après à propos de sa diagnose, ceux de Timoclea.
Nous ne connaissons pas, en Europe, de Timoclea avant l’Aquitanien; l’unique espèce fossile des Etats-Unis, que cite M. Dali (Tert. Flor.), est du Miocène, du Pliocène et du Pleistocène; cependant cet auteur mentionne une espèce peu certaine dans les couches de Saint-Domingue qui
sont probablement aquitaniennes. Le génotype, abondant dans le Pliocène, est une forme méditerranéenne des plus communes et habite aussi l’Atlantique du Nord, d’après MM. Dautzenberg et Dollfus (Moll. Roussillon, p. 381), jusqu’à une profondeur de 2000 mètres.