Timoclea subspadicea [Cossmann]. PI XII 1 , fig
et PI. XIV, fïg. 36 40.
1825. Venus radiata Bast. Mém. env. Bord., p. 89 ( non Chemn.).
1836. — Des Moulins, Carte géolog., III, p. 169.
1838. — Grat. Cat. zool. Gir., p. 66.
1873. Venus ovata Benoist. Cat. Saucats, p. 37, n° 78 ( non Penn.).
1895. Venus subspadicea Cossm. Sur qq. formes nouv. Bord., p. 5, pi. IV,
fig. 11-12.
Test peu épais. Taille petite; forme médiocrement convexe, parfois un peu inéquivalve, trigone sur la valve droite, un peu plus rhomboïdaie sur la valve gauche, très inéquilatérale; côté antérieur ovale et court; côté postérieur beaucoup plus allongé, plus atténué, presque rostré par le fait d’une troncature oblique sur le contour anal qui est coudé surtout sur la valve gauche; bord palléal peu arqué, se raccordant par une courbe assez régulière avec le contour buccal, et par un angle arrondi avec le bec anal ; crochets petits, un peu gonflés et saillants, prosogyres, quoique peu inclinés vers le tiers de la longueur des valves, du côté antérieur; bord supérieur à peine arqué et déclive en avant — presque rectiligne en arrière — du crochet, faisant, à peu de distance de ce dernier, un angle arrondi avec la troncature anale. Lunule grande, lancéolée, bordée à l’extérieur par un renflement arrondi et une profonde strie, ornée comme le côté antérieur de costules divergentes, granuleuses, et parfois même de lamelles concentriques ; corselet indistinct, réduit à l’angle qui limite la surface ligamentaire; surface dorsale bombée au milieu, séparée de la région anale et excavée par un angle décurrent et très arrondi; ornementation de petites lamelles concentriques et assez écartées, décussées par des sillons rayonnants et rainurés, qui séparent des fascies généralement
bifides surtout vers les bords; le treillis ainsi formé est généralement plus grossier sur toute la moitié postérieure des valves, il s’efface souvent sur la région dorsale sous l’effet de l’usure du test, mais les échantillons bien conservés sont invariablement ornés comme le précise la diagnose ci-dessus.
Charnière petite et étroite, à contour inférieur presque rectiligne : 1 formant un talon dont la face postérieure est perpendiculaire et la face antérieure coudée; 3a parallèle à celte dernière et contiguë au bord lunulaire ; 36 oblique, assez épaisse, oblusément bifide ; 2a très obliquement et faiblement arquée, 2b bifide et perpendiculaire ; à peine distincte de la nymphe qui est très courte et très étroite, le ligament étant logé dans la rainure adjacente au corselet. Impressions musculaires très inégales, inéquidislantes ; l’antérieure petite et ovale en hauteur, la postérieure plus large et arrondie, située très bas. Sinus très court, subtrigone, tout contre l’adducteur postérieur; ligne palléale un peu plus écartée du bord en avant qu’en arrière. Bords crénelés sur toute l’étendue de la commissure des valves, les crénelures plus fortes au milieu et en avant, très fines sur le bord lunulaire et sur le contour anal, persistant jusque sur la rainure ligamentaire.
Dim. Diamètre antéro-postérieur: 9 mill. ; diamètre umbonopalléal : 7 mill.
Rapp. et diff. — La séparation de cette espèce est tout à fait justifiée ; c’est moins par l’apparence presque lisse de la surface dorsale, qui était usée sur le spécimen-type, que par sa forme franchement trigone et acuminée en arrière, et par la position plus antérieure des crochets, qu’on la distingue de la forme actuelle et de celle du Pliocène. La variété trigona Jeffreys, qui a été distinguée de la forme typique de Venus ovata, est elle-même beaucoup moins inéquilatérale et moins élevée, surtout moins coudée en arrière sur la valve gauche. D’autre part, si l’on compare la charnière de nos individus de l’Aquitaine avec celle de spécimens pleistocéniques de Palerme (col!. Cossmann), on remarque quelques petites différences qui ne sont pas sans importance : 2a est moins épaisse chez le fossile burdigalien, 4 & est moins saillante et moins distincte de la nymphe che'z ce dernier, 1 forme sur talon plus net et plus épais, tandis que Venus ovata a au contraire la dent 3a plus épaisse, la dent 2 b plus nettement bifide. Le sinus est identique chez les deux espèces.
Il n’y a pas de critériums bien certains à tirer de l’ornementation qui est extrêmement variable chez l’espèce vivante et chez ses représentants ou variétés fossiles dans le Pliocène et le Miocène supérieur; cependant, chez aucun de nos échantillons du Burdigalien ou de l’Aquitanien, même les plus fraîchement conservés, nous n’observons sur le bord palléal de festons comparables à ceux, qu’y découpent les sillons des valves néogéniques ou actuelles, en sus des crénelures qui existent sur tout le contour.
En résumé, T. subspadicca est une espèce ancestrale et bien caractérisée, qui précède T. ovata à la base du Miocène et qui y apparaît pour la première fois, aucune forme comparable n’ayant encore été signalée dans l’Oligocène, ni auparavant.
Localités. — Mérignac, types (PI. XIII, fig. 29; et PI. XIV, fig. 36), coll. Cossmann ; Léognan (le Thil), coll. Bial-Neuville ; Saucats (Lariey), coll. Peyrol, commune. Saint-Médard-en-JalIes (Gajac), coll. Duvergier. — Aqullanien.
Saucats (Pont-Pourquey), néotypes (PI. XIV, tîg. 37-40), coll. Cossmann ; Min de Lagus, Giraudeau, toutes les collections; Cestas, Dax, très répandue; Léognan (Carrère), coll. Peyrot. — Hurtligitlien.