Meretrix [Tivelina) noaillanensis. PI. XVI, fig
et PI. XVI II , fig. 17 et 22.
Test peu épais. Taille très petite; forme ovoïdo-subtrigone, assez convexe, inéquilatérale; côté antérieur plus court et plus atténué que le côté postérieur, tous deux ovales; bord palléal régulièrement arqué et raccordé avec les contours latéraux; crochets légèrement gonflés, assez saillants, prosogyres, inclinés vers le tiers de la longueur du côté antérieur; bord lunulaire déclive et presque rectiligne, se raccordant par un arc avec le contour buccal; bord supéro-postérieur d’abord peu arqué, puis se reliant à la courbe du contour anal. Lunule grande, excavée, limitée à l’extérieur par une ligne peu distincte ; corselet à peine visible, comprimé, séparé par une petite arête d’un ligament très étroit; surface dorsale un peu bombée, à peu près lisse, sauf des accroissements peu réguliers.
Charnière étroite, le bord supérieur du plancher cardinal étant assez profondément échancré en arc du côté postérieur : 1 et 3a minces, presque parallèles, obliques; 3* bifide, allongée, parallèle à la nymphe très étroite; 2a mince et presque verticale; 2b épaisse, obtusément bifide, oblique à 45°; 4* formant une mince arête le long de la nymphe qui n’est guère plus allongée; Ali courte et saillante, bien nettement isolée de 2a> reçue dans une fosselle entre AI épaisse et A III très petite et très mince, peu saillante. Impressions musculaires inégales et inéquidistantes; sinus assez large, ascendant, ovale-trigonc, mais obtus à son extrémité qui s’avance à peu de distance de l’aplomb du crochet; ligne pal I éa le écartée du bord lisse.
Dim. Diamètre antéro-postérieur : 6 mill. 1/2; diamètre umbono-palléal : 5 mill.
Rapp. et diff. — On ne peut confondre cette petite coquille ambiguë avec de jeunes individus de M. Paulinæ, qui est une forme plus transverse, toujours sillonnée, à charnière plus longue et plus étroite; elle ressemble plutôt à quelques espèces parisiennes, non sinueuses en arrière, telles que M. Vincenti Cossm., qui est subtronquée en arrière, ou il/. Dixoni Desh., qui a le contour anal plus accuminé, ou encore M. rustica Desh., qui est plus transverse. Les autres formes sont ou trigones ou nettement sillonnées, comme M. elegans Lamk., M. soror Desh., M. distans Desh., M. elegantula Desh. Dans l’Oligocène, il y a aussi M. depressa Desh., qui a une forme un peu plus trigone et plus déprimée et dont la charnière est minuscule, de sorte que M. Jukes Browne (1) a pris cette coquille comme génotype d’une Section Meretrissa dont l’utilité ne se faisait guère sentir.
Localité. — Noaillan (la Saubotte), peu rare; types (PI. XVI, fig. 7-8, et PI. XVIII, fig. 17 et 22), coll. Bial-Neuville. — Aquitanlen.
DOSINIA Scopoli, 1777.
(z = Artémis Poli, 1791 Orbiculus Mégerle, 1811 —Exolcta Brown, 1833 = Ampithæa Leach, 1852).
Coquille orbiculaire, comprimée, concentriquement striée; crochets saillants, inclinés en avant; lunule bien définie, dépri-
(1) Gret. and. Eoc. Veneridæ (Proc. mal. Soc. London, vol. VIII, p. 161, pl. VI, fig- ?)•
niée ; corselet enfoncé, étroit; charnière haute et large, bien échancrée sur son contour inférieur : 1 épaisse et trigone; 3a courte, mince, parallèle à 1 ; 3^ divergente et bifide, étroite; 2a mince et souvent un peu arquée; 2é large, inégalement bilobée ; 4* mince et incurvée; nymphe large, aplatie; LAII plus ou moins confluente avec 2a> LA I etL A III souvent peu distinctes; impressions musculaires à peu près symétriques; sinus trigone, assez long, aigu à son extrémité; commissure des valves non crénelée (G. -T. : Chama Dosin Adanson = Dosinia cifricana lia nie y. Viv.).
Ce Genre est bien caractérisé et nettement différencié de Meretrix, non seulement par la forme orbiculaire et aplatie de ses valves, mais encore par sa charnière, à lamelle antérieure presque confluente sur la valve gauche et à cardinales peu écartées les unes des autres ; les impressions des adducteurs sont, en outre, plus symétriques et le sinus est plus pointu à son extrémité; le corselet ressemble davantage à celui de' Venus et da lunule est plus enfoncée.
M. Dali (Tert. Flor., p. 1228) a distingué un certain nombre de Sections fondées seulement sur de petites différences dans la lunule et le corselet, ou bien sur la profondeur plus ou moins grande du sinus : Orbiculus Mégerle. ( non Orbïcula Cuvier), Austroclosinia, Dosineüa, Dosinorbis, Dosi nisca, Dosiniclia, dont les génotypes sont des coquilles exotiques, sauf celui d’Orbiculus (Venus exoleta L.) qui ne paraît pas génériquement distinct de Dosinia africana. D’ailleurs nous n’avons .pas à discuter ici ces subdivisions peut-être excessives, attendu q.ue nos .espèces de l’Aquitaine se confondent avec le groupe typique.
Il n’existe aucune trace de l’apparition de ce Genre avant l’Aquitanien, car les formes crétaciques ou éocéniques, classées dans les G. Dosiniopsis et Æora Conrad, en sont bien distinctes par 1’existeace d’une lamelle latérale postérieure et par les crénelures des lamelles latérales; elles n’ont par suite d’autres analogies avec Dosinia que leur galbe orbiculaire et leur surface ornée de lamelles. Cependant M. Dali (/, c., p. 1226) a proposé un S.- Genre Pelecijora pour une coquille de l’Eocène supérieur de l’Alabama {Cytherea hatchetigbeensis Aldr.) qui a la forme de Dosiniopsis, mais sans Crénelures sur la lamelle latérale antérieure, et sans lamelle latérale postérieure; elle ne se distinguerait donc de Dosinia que par sa lunule et son corselet non définis. • •
Quant à Callistina Jukes Browne (1908), du Cénomanien de Blackdown, qui a pour génotype Cytherea plana Sow., c’est la forme de Callista, quoi-
que plus aplatie, mais avec une longue lamelle latérale antérieure, crénelée comme celle de Dosiniopsis ; il s’agit là d’un groupe tout spécial, dont les affinités sont ambiguës. Il en est de même des autres Genres crétaciques : Cyprimeria Conrad, Cyclina? primæva Zittel.