Dosinia Basteroti [Agassiz]. PI. XVIII, fig
1823. Cytherca lincta Bast. Mém. env. Bord., p. 90, pl. VI, fig. 10 ( non
Pult.).
1843. Artémis Basteroti Agass. Icon. coq. tert., p. 24, pl. III, fig. 7-10.
1852. Venus Basteroti d’Orb., Prod., III, p. 105, 26 ét., n° 1955.
1873. Dosinia Basteroti Benoist, Cat. Saucats, p. 38, n° 82.
1899. — Raulin, Stat. géol. Landes, p. 299.
Test peu épais. Taille moyenne; forme orbiculo-trigone, peu convexe, inéquilatérale; côté antérieur court, arrondi; côté postérieur plus allongé, plus atténué, quoique également arrondi sur le contour anal; bord palléal circulaire; crochets peu gonflés, mais très saillants, prosogyres, inclinés vers le quart de la longueur, du côté antérieur; bord lunulaire formant un arc court aboutissant à une entaille du contour, à partir de laquelle commence la courbe du bord buccal; bord supéro-postérieur déclive et faiblement convexe jusqu’à la courbure du contour anal. Lunule lisse, courte et arrondie, très profonde quoique non plane, limitée par un rebord saillant au fond duquel est une rainure aboutissant à l’encoche du contour; corselet allongé, étroit, un peu excavé, non lisse, de même longueur que le bord supérieur, limité à l’extérieur par un angle un peu émoussé; surface dorsale régulièrement bombée au milieu, à peine déprimée du côté anal, en deçà de l’angle du corselet; ornementation composée de fins sillons concentriques et imbriqués, très réguliers et très serrés sur la plus grande partie de la surface; ils s’anastomosent deux à deux en avant et sur la dépression anale, et les rubans qui les séparent y deviennent lamelleux, assez saillants même jusque sur l’angle du corselet, puis ils s’atténuent subitement sur ce dernier, sans disparaître cependant.
Charnière haute et large, subitement échancrée sur son contour inférieur, en arrière de 1 qui est épaisse, trigone, saillante ; 3a beaucoup plus courte et mince, presque parallèle à la face antérieure de 1 ; 3j très divergente, étroite et bifide; 2a mince, peu courbée et perpendiculaire sous le crochet ;2Ô profondément et inégalement bilobée ; 4 4 très mince, incurvée et peu saillante, s’élevant sur le bord du plan de la nymphe qui est large et non séparée de la surface ligamentaire; Ail très voisine de 2 a, presque confluente avec elle, quoique courte et saillante; AI et A 1 1 ï minuscules, de part et d’autre de la fossette. Impressions musculaires presque symétriques, peu inégales; sinus palléal étroit et ascendant, prolongé presque jusqu’à l’aplomb du crochet, avec une extrémité subtronquée; impression palléale assez écartée du bord et parallèle.
Dim. Diamètre antéro-postérieur : 24 mill. ; diamètre umbonopalléal : 23 mill.; diamètre maximum : 27 mill.
Rapp. et diff. — Au sujet de cette espèce, MM. Dollfus et Dautzenberg (Mioc. Loire, p. 232) s’expriment ainsi : « Agassiz a estimé que les exemplaires fossiles du Bordelais devaient être distingués des spécimens vivants et il a créé pour eux le nom d 'Arthemis Basteroti] mais un examen attentif de nombreux échantillons ne permet pas d’accepter cette opinion et nous a amenés à regarder cette forme comme une simple variété de D. lupinus ». Si réellement cette variété est constante, si c’est une mutation, il n’y a pas de motif plausible pour rejeter Basteroti; en fait, nous avons repris cet examen non moins attentivement et nous signalons ci-après les caractères différentiels (que nos deux confrères ont omis d’indiquer) qui rendent impossible toute confusion entre la forme burdigalienne et les spécimens actuels d’Alger, ou fossiles de Sperlinga, de Cannes, de Plaisance, d’Anvers, etc..., auxquels nous l’avons comparée (coll. Cossmann) : d’abord la forme est constamment différente, car le bord supérieur — plus déclive en arrière du crochet — s’étend beaucoup plus bas avant de se raccorder avec le contour anal, ce qui donne aux valves un galbe plus franchement trigone; en second lieu, la lunule est plus nettement striée chez D. lupinus, et son corselet est plus étroit, moins excavé, moins bien limité à l’extérieur que celui de D. Basteroti, conséquence naturelle de la forme plus trigone de ce dernier; en outre — et ceci est capital — la charnière de l’espèce d’ Agassiz est tout à fait différente, dans les limites génériques, bien entendu; elle est plus haute parce que les crochets sont
plus saillants, moins profondément échancrée en arrière sur 2b ; sa nymphe est presque deux fois plus large, 4 b étant plus rapprochée de l’angle de 45°; enfin le sinus de D. lupinus est plus pointu à son extrémité, moins ouvert à son entrée.
Ces critériums distinctifs, cumulés, permettant de reconnaître au premier coup d’œil l’espèce de Pont-Pourquey, il y a lieu de lui conserver le nom Basteroti, très justement proposé par Agassiz pour corriger la confusion faite par Basterot. Mais nous ne comprenons pas dans la synonymie 7). Aclansoni P h i 1 . [in Hœrnes, l. c., p. 147, pl. XVI, fig. 4), parce que nous n’avons pas de spécimens du Bassin de Vienne sous les yeux, et que l’examen des figures précitées ne nous met pas en état de formuler une opinion sur l’assimilation de ces échantillons viennois avec D. lupinus plutôt qu’avec D. Basteroti. Si réellement — ce dont nous doutons fort — il y avait identité entre la forme helvétienne du Bassin de Vienne et celle du Burdigalien, ce serait la dénomination Adansoni qu’il faudrait reprendre, puisque Philippi a précédé Agassiz d’une année.
Par contre, la valve gauche de Cacella (Portugal) que nous avons étudiée (coll. Cossmann) nous semble tout à fait voisine d efl, lupinus du Pliocène, et elle s’écarte complètement de D. Basteroti.
Enfin, à l’instar des conclusions de M. Sacco ( l . c., p. 50), nous faisons toutes réserves au sujet des individus de la Ligurie (Tongrien = Aquitanien) que M. Rovereto a nommés Dosinia præexoleta, D. tongriana , attendu qu’il n’en a donné aucune figure; le spécimen helvétien que M. Sacco a figuré (pl. XI, fig. 20) comme pouvant être rapproché de D. Basteroti, n’est représenté que du côté de la surface dorsale, on ne peut rien en conclure, et d’ailleurs il provient d’un niveau plus élevé que le Burdigalien.
En résumé, D. Basteroti caractérise l’Aquitanien et le Burdigalien, et c’est jusqu’à présent le plus ancien Dosinia connu, avec les deux espèces, encore ambiguës, delà Ligurie, que nous considérons comme aquitaniennes plutôt que tongriennes, ainsi que l’école italienne persiste à les désigner.
Localités. — Saucats (Pont-Pourquey), néotypes (PL XVIII, fig, 1-4), coll. Bial-Neuville ; peu rare, toutes les collections ; Saucats, Min de l’Eglise, Lagus, Peloua, Gieux, Léognan (Sangsueyre, Coquillat, Thibaudeau), Canéjan, La Brède (Moras, couches supérieures), Cestas, Mérignac (Baour supérieur), Dax (Mandillot), coll. Degrange-Touzin. — Burdigalien.
Léognan (le Thil), coll. de Sacy, Bial-Neuville; La Brède (Moras), coll. Degrange-Touzin ; Saint-Avit, Villandraut (Gamachot), Saint-Morillon (le Planta), coll. Degrange-Touzin, Saint-Médard-en-Jalle (Gajac), Pessac. — Aquitanien.