Petricolaria permutabilis nov. sp
PL XIX, fi g. 25-31 et 51.
Test mince. Taille au-dessous de la moyenne; forme variable, allongée ou ovale, très inéquilatérale, assez convexe; côté antérieur généralement court et arrondi; côté postérieur allongé, plus ou moins elliptique, quelquefois dilaté; bord palléal plus ou moins convexe, se raccordant par des arcs inégaux avec les contours latéraux; crochets petits, à peine, gonflés, prosogyres, situés tout à fait en avant, vers les trois quarts ou les quatre cinquièmes de la longueur des valves; bord supérieur arqué et déclive en avant, plus relevé en arrière du crochet. Surface dorsale bombée, à peine déprimée sur la région anale, ornée de fines stries rayonnantes, peu visibles en avant et sur le milieu, plus profondes et un peu plus écartées sur la région anale où elles séparent des costules souvent bifurquées et croisées par quelques plis d’accroissement irréguliers.
Charnière courte, à peu près complètement dépourvue de plateau cardinal (adapédonte) : 1 courte, épaisse, bifide à deux lobes inégaux; 3^ oblique, beaucoup plus allongée, composées de deux lamelles inégales en longueur; 2„ imperceptible contre le bord lunulaire; 2/, oblique et mince, faisant un angle très ouvert avec 2„; 4 & plus allongée, presque horizontale, contiguë à la nymphe qui s’allonge sur le bord postérieure et qui est très étroite, un peu aplatie.
Impressions musculaires peu distinctes, situées bien au fond de la cavité des valves; sinus grand, oblique, obtus à son extrémité; ligne palléale peu régulière, un peu écartée du bord lisse.
Dim. Diamètre antéro-postérieur : 12 mill.; diamètre umbonopalléal : G mill.; spécimens ovales : 7 mill. sur S, 5 mill.
Rap. et diff. — Quoique cette espèce soit des plus variables dans sa forme et ses proportions, il est impossible de la confondre avec le génotype actuel (P. pholadiformis Lamk.) qui a une ornementation beaucoup plus rugueuse, composée de véritables coslules. un peu plus serrées seulement sur le milieu de la surface dorsale ; il y a en outre quelques petites différences dans l’inclinaison des dents cardinales, notamment 3 b et 4 b qui sont plus lamelleuses et plus allongées ; mais la nymphe est notablement plus courte chez P. permutabilis.
Il est probable que cette coquille a toujours été confondue avec Petricola Faujasi Bast. qui a presque la même ornementation, ou avec P. lUIiophaija dont l’ornementation est plus grossière ; mais elle s’écarte de l’une et de l’autre par sa charnière adapédonte qui la place dans un tout autre Genre, et probablement même, dans une autre Famille de Pélécvpodes, ainsi que nous l’avons suggéré ci-dessus.
Localités. — Mérignac (Piganeau), cotypes allongés (PL XIX, fig. 25- 28), coll. Neuville; — Aquitanien.
Le Peloua, cotypes ovales (fig. 29-31 et 51), coll. Neuville. — Bsirdi-
galien.
Cénacle : CYRENACEA Tryon.
Animal d’eau douce ou saumâtre; coquille équivalve, close épidermée ; charnière hétérodonte, du type « cyrénoïde » c’est-à-dire à emboîtement autour de 1, comportant des lamelles antérieures et postérieures sur chaque valve ; ligament externe, placé sur une nymphe saillante; impression palléale entière ou sinueuse.
Fam. CYRENIDÆ Gray, 1840.
Test porcellané. Taille très variable; forme ovale ou tri— gone; crochets souvent érodés; charnière aussi complètement hétérodonte que celle des Yeneridæ , mais comportant en plus
des lamelles latérales antérieures et postérieures, doubles sur la valve droite, simples sur la valve gauche; sinus palléal rarement existant ailleurs que chez les formes de l’Amérique du Nord.
CYRENA Lamk. 1818.
S. stricto. — Taille grande ; forme ovale-arrondie ou subtrigone; 1 et 36 bifides, 3a simple; AI et P I beaucoup plus saillantes et plus longues
qu’A III et P III ; 2a et 2 b bifides surtout à leur extrémité, simple, longue, nettement séparée de la nymphe aplatie; A II pointue, PII épaisse et longue. Impressions musculaires très inégales, l’antérieure étroite, profondément gravée ;
Pi
Fig. — Cyrena ceylanica Ch. Viv.
impression palléale entière, voisine du bord, aboutissant tangentiellement au muscle postérieur. (G. -T. : C. ceylanica Gbemn. Viv.).
Chez l'espèce génotype, les dents cardinales nè convergent pas exactement vers le crochet, d’ailleurs corrodé; on retrouve une tendance analogue chez les fossiles, quoique les dents soient moins parallèles et surtout moins profondément bifides que chèz C. ceylanica ; mais il ne faut pas attacher une importance exagérée à ces petites différences, en tenant compte de ce que l’habitat saumâtre influe particulièrement sur le test des mollusques.
Fischer a séparé Corbicula Még. v. Mühlf. 1811, comme Genre distinct de Cyrena : nous partageons cette opinion, non seulement parce que les lamelles latérales sont finement striées en travers mais encore et surtout parce que ces lamelles s’allongent beaucoup plus, particulièrement les antérieures qui n’ont aucune analogie avec celles de Cyrena.
D’autre part, les Sections Leptosiphon Fischer (1872), Egcta H. et A. Adams (1857), caractérisées par leur sinus palléal, ne paraissent pas représentées dans notre Néogène, non plus que le S.-Genf^ Ditypodon
Sandb. (1875), localisé dans le MessinienfD. Suessi Mayer). Il en est de même de Velorita Gray (1834), Galatea Brug (1792), Fischeria Bernardi (1860), Genres dont la position systématique n’est d’ailleurs pas encore bien certaine.
L’ancienneté de G. Cyrena est confirmée par Sandberger qui a cité C. Menkei dans le Jurassique et d’autres formes dans le Craie; on en signale de nombreux représentants à la base de l'Eocène, dans le Lutécien, l’Oligocène de l’ile de Wight, mais il n’en existe que très peu dans le Néogène.