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Lucinopsis (Lajonkaïria) Lajonkaires [PayraudeauJ

PI. XIX, fig. 21-24.

1826. Venerupis Lajortkairii Payr. Moll. Corse, p. 36, pl. I, fig. 11-12.

1893. Lucinopsis (Lajonkaireia) Lajonkairei, B. D. D. Moll. Bouss., II,

p. 393 (non var. decussata).

Test peu épais. Taille moyenne; forme régulière, médiocrement convexe, ovale, un peu transverse, ou vénéroïde, peu inéquilatérale; côté antérieur largement arrondi, un peu plus court que le côté postérieur qui est plus atténué, moins régulièrement arqué, quoique pas tout à fait tronqué sur son contour anal; bord palléal peu convexe, se raccordant par des arcs inégaux avec les contours latéraux; crochet gonflé, saillant, prosogyre, situé en avant de la ligne médiane; bord supérieur légèrement excavé en avant du crochet, déclive et peu arqué en arrière, faiblement coudé à sa jonction avec le contour anal. Surface dorsale un peu moins bombée en arrière qu’en avant, partout ornée de très fines lignes rayonnantes, onduleuses, serrées, plus saillantes, qui divergent sur la région anale en se subdivisant assez régulièrement; elles sont croisées par des plis d’accroissement irréguliers, sublamelleux vers les bords.

Charnière mactroïde, arquée sous le crochet : 1 très oblique, très saillante, réduite à une lame mince, séparée de l’arête 3/, par une large fossette triangulaire, à base deux fois plus large que la hauteur du plateau cardinal; 3a est atrophiée le long du plateau lunulaire; 2a mince, divergente, 2 b triédrique, profondément bilobée, 4^ mince, inclinée et partiellement soudée à la nymphe; nymphe assez large et peu saillante, à l’origine, s’amincissant ensuite et s’élevant vers son extrémité postérieure.

Impressions musculaires peu distinctes; sinus large, obtus et tronqué à son extrémité supérieure, rejoignant la ligne palléale bien au-delà de l’aplomb du crochet.

Dim. Diamètre antéro-postérieur : 16 mill.; diamètre umbonopalléal : 14,5 mill.

Rapp. et diff. — Nous avons expliqué, à propos de L. rupestris, pour quels motifs nous ne pensons pas que les spécimens ci-dessus décrits n’en soient qu’une simple variété non déformée : d’abord, leur charnière et leur sinus sont très différents, 1 est moins épaisse encore, plus écartée de 3/>, le plateau cardinal est moins échancré sur son contour inférieur ; d’autre part, l'ornementation de la surface dorsale, est beaucoup plus fine, au lieu de costules on ne voit que de fines lignes rayonnantes; enfin les crochets sont situés beaucoup moins en avant. Ici, la mutation est donc facile à saisir : ce ne serait d’ailleurs pas le premier exemple d’une dissociation géographique entre des formes que l’on peut confondre dans d’autres Bassins. Mais ce qu’il importe de signaler, c’est que la forme la plus semblable à celle du Pliocène se trouve dans PAquitanien, tandis que celles du Burdigalien et de l’Helvétien de l’Aquitaine ressemble à celle des mers actuelles.

Localités. — Cestas, valve droite plésiotype (PI. XIX, fig. 21-22), coll. Degrange-Touzin. — Burdigalien.

Salles (Largileyre), valve droite plésiotype (fig. 23-24), coll. Dumas; valve gauche, coll. Peyrot; Salies-de-Béarn, une valve droite, coll. Degrange-Touzin — llelvétien.

PETRICOLARIA Stoliczka, 1870.

Coquille très oblongue et remarquablement allongée, pholadiforme, inéquilatérale; test orné de costules rayonnantes;

charnière à peu près dépourvue de plateau cardinal, le bord dorsal est simplement épaissi et c’est sur lui que s’implantent directement les dents cardinales, semblables à des tiges : 1, 3f), 2b et 4&; quant à la branche 2a, elle est ordinairement atrophiée, de même que 3a; nymphes très longues, étroites, séparées de la carène dorsale par une rainure pour l’insertion du ligament externe. Impressions musculaires inégales, très inéquidistantes, l’antérieure ovale et oblique, la postérieure irrégulièrement arrondie; sinus long et elliptique, horizontal; ligne palléale plus écartée du bord en avant qu’en arrière où le sinus la rejoint fort loin en formant une longue et étroite languette; commissure des valves lisse (G. -T. : Petricola pholadiformis Lamk. Viv.).

La plupart des auteurs ont confondu cette coquille avec les vraies Pétricoles, et tout récemment encore, M. Jukes Browne ne l’a admise que comme un Sous-Genre de Petricola. Nous avons déjà indiqué ci-dessus le motif pour lequel il nous est impossible de nous rallier à cette solution ; Stoliczka a été heureusement inspiré en séparant Petricolaria de Petricola, aussi pensons-nous que ce serait faire un pas en arrière que de les réunir ou même de ne faire du second qu’un Sous-Genre ou une Section (Fischer) du premier : il suffit, en effet, de jeter les yeux sur la charnière pour se convaincre que sa morphologie n'est pas la même dans les deux groupes. Chez Petricolaria, les dents sont presque implantées de la même manière que chez les Adapedonta, c’est-à-dire sur l’épaississement du bord cardinal, par leur « tète », au lieu de reposer par toute leur longueur sur un plateau cardinal plus ou moins échancré, comme chez Petricola ; M. Jukes Browne allègue que cette disposition n’est que le résultat d'une exagération des échancrures de ce dernier Genre, mais nous sommes convaincus que si l’on suivait le développement ontogénique des cardinales depuis la prodissoconque jusqu'à l’àge adulte, on trouverait la confirmation d’une distinction générique qui frappe les yeux dès le premier abord. Toutefois nous n’allons pas jusqu’à soutenir que Petricolaria doitêtre classé parmi les Adapedonta chez lesquels il n’y a que juxtaposition de 3 et de 2, attendu que la charnière montre bien l’emboitement de 1 avec les branches de 2, et de celles-ci avec celles de 3, malgré l’atrophie des

Fig. 84. — Petricolaria pholadiformis Lk. Viv.

branches antérieures; nous en concluons seulement que c’est un Hétérodonte adapédonte.

Le Genre Petricolaria est d’ailleurs beaucoup plus ancien que Petricola : une très belle espèce a été décrite dans l’Eocène du Cotentin, par MM. Ccssmann et Pissarro. Celle que nous publions ci-après, dans l’Aquitaine, établit donc le lieu phylogénétique entre la dite forme ancestrale et le génotype qui vit aux Etats-Unis, sur la côte Atlantique. Nous ne croyons pas qu'il en existe d’autre espèce dans le Néogène supérieur de l’Europe, à moins qu’on les ait confondues — faute d’avoir observé la charnière — avec des exemplaires de Petricola lithophaga.

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