‹ Conchologie néogénique de l'AquitaineChapitre 2 sur 350 · C. et P · texte numérisé non relu

C. et P

pagné de figures et quoiqu’il ne s’applique qu’à une partie seulement du Bassin de Bordeaux, représente une base sérieuse pour l’étude des fossiles de la région ; l’auteur se proposait d’ailleurs de le développer sous la forme de monographies et de mémoires indépendants les uns des autres, et dont quatre seulement ont vu le jour :

« Monographie des Tubicolés, Pholadaires et Solénacés fossiles, recueillis dans l’Etage miocène du Sud-Ouest de la France » [Actes Soc. Linn. Bord., t. XXXI, p. 311, 1877).

« Elude sur les espèces de la Sous-Famille des Muricinæ, observées dans le Miocène du Sud-Ouest de la France » [Actes Soc. Linn. Bord., 1880).

« Les Néritacées fossiles des terrains tertiaires moyens du Sud-Ouest de la France » [Actes Soc. Linn. Bord., 1883).

« Description des Céphalopodes, Ptéropodes et Gastropodes Opislhobranches ( Actæonidæ ), Coquilles fossiles des Terrains tertiaires moyens du Sud-Ouest de la France » [Actes Soc. Linn. Bord., XL1P vol. 1889. Ed. in-4n, 77 p., 5 pl.).

Depuis cette dernière époque, nous avons à citer ;

La « Monographie du Genre Ringicnla » du commandant Morlet [Journal de Conchyliologie, 1878 et 1880);

Plusieurs travaux importants de M. Degrange-Touzin : « Etude sur la Faune terrestre, lacustre et fluviatile de l’Oligocène supérieur et du Miocène dans le Sud-Ouest de la France et principalement dans la Gironde... » [Actes Soc. Linn. Bord., 1892).

« Etude préliminaire des Coquilles fossiles des Faluns des Environs d’Orthez et de Salies de Béarn » [Actes Soc. Linn. Bord., 1894).

« Les Scalariidæ fossiles des Terrains tertiaires supérieurs du Sud-Ouest » [Actes Soc. Linn. Bord., 1895) ;

Et enfin des notes de Tournouër, de MM. Benoist, Cossmann, Dollfus, Peyrot, etc.

11 y a déjà longtemps que l’un de nous avait formé le projet de reprendre, dans une Monographie complète, tous les travaux relatifs à l’intéressante faune — si incomplètement connue — qu'on a recueillie depuis une centaine d’années, non seulement

dans des gisements qui ne sont plus guère accessibles aujourd’hui, mais encore dans un grand nombre de nouveaux gisements qui ont fourni un important contingent de formes non encore connues. La généreuse hospitalité que veut bien nous offrir, à cet effet, la Société Linnéenne de Bordeaux , nous permet à présent de réaliser ce projet, ou tout au moins d’en entreprendre les fondations.

Nous croyons fermement que notre œuvre viendra à point, d’une part à cause de l’intérêt qui s’attache à la détermination de nombreux matériaux réunis par une pléïade d’habiles collectionneurs, mais encore et surtout parce que les dernières années ont vu éclore beaucoup de travaux didactiques sur la Conchyliologie, et en outre de grandes Monographies, commecelles de Fontannes sur le Bassin du Rhône, de M. Sacco sur le Piémont, de MM. Dollfus et Daulzenberg sur les faluns de la Touraine, qui faciliteront beaucoup notre tâche et qui nous permettront de jeter plus de lumière sur bien des questions restées jusqu’ici obscures, relativement à, la comparaison des faunes de ces diverses régions. Enfin, la classification conchyliologicjue a fait d’immenses progrès depuis trente ans; beaucoup de déterminations génériques sont à réviser d’après de récentes publications, de sorte que, sans entrer dans une discussion détaillée des Genres et Sections, nous serons nécessairement conduits à donner à celle partie de notre travail un peu plus d’ampleur que ne le comporterait une description purement régionale des espèces.

Dans ces conditions, voici - — - en résumé — le plan que nous avons conçu pour cette Monographie :

1° Enumération — principalement géographique — des différents gisements de l’Aquitaine, dans lesquels ont été recueillis des fossiles néogéniques [Aquitanicn, Burdigalien, Helvélien, Tortonien (1)], qui conslitueut la faune étudiée par nous;

(1) Nous exposerons ultérieurement les raisons qui nous ont fait ranger l’Aquitanien dans le Néogëne. Nous nous bornons, pour le moment, à dire que l’étroite analogie des faunes de l'Aquitanien marin du S. -O. de la France et du Burdigalien s’oppose absolument à ce que l’on place entre l’Aquitanien et le Burdigalien la ligne de démarcation de l’Eogène et du Néogène.

2° Introduction exclusivement conchyüologique, résumant les bases de la classification que nous avons adoptée pour les Mollusques (Pélécypodes, Scaphopodes, Gastropodes, Ptéropodes, Céphalopodes) de la dite faune ;

3° Description des espèces, comportant pour chacune d’elles, nouvelles ou déjà connues : une ou plusieurs figures phototypées d’après nature (sauf les rares exceptions où il ne nous aura pas été possible d’obtenir la communication de types uniques) ; une diagnose entièrement refaite d’après le type ou le plésiotype choisi ; les rapports et différences de chaque espèce avec celles du même groupe qui l’ont précédée ou suivie, de manière à en tracer, autant que possible, l’histoire phylogénétique ; l’indication, sous la rubrique « Localités », des principaux gisements de chaque espèce, en mettant toujours à part et en première ligne celui d’où provient le type ou le plésiotype figuré. En ce qui concerne la synonymie des formes déjà connues, elle sera bornée à la citation des ouvrages relatifs aux fossiles néogéniques et principalement de ceux qui ont été figurés, à l’exclusion des citations stratigraphiques ou des noms de listes (sauf celles de Benoist) qui ne peuvent être contrôlés par une figure ou par des indications de caractères distinctifs ;

4° Conclusions avec tableaux de répartition stratigraphique, observations statistiques, tables de matières, etc.

Nous ne nous dissimulons pas que l’achèvement de ce vaste programme exigera un délai dont il est impossible de chiffrer la durée quant à présent ; cette Monographie paraîtra en fascicules annuels dont le nombre sera subordonné à des circonstances indépendantes de notre volonté et de notre activité. Aussi réclamerons-nous, à ce sujet, l’indulgence des lecteurs et la patience de la Société Linnéenne : nul ne peut douter, en effet, que nous ayons à cœur de terminer notre œuvre le plus rapidement que nous le pourrons, ne fût-ce que pour nous décharger nous-mêmes de l’appréhension de la laisser inachevée.

Nous remercions, en terminant cetavant-propos, les aimables collègues qui ont bien voulu se dessaisir temporairement des précieux matériaux de leurs collections pour nous venir en aide :

le triage et la mise en état de ces coquilles; l’étiquetage avec l’indication authentique des gisements et des niveaux; les soins de l’emballage, etc., représentent déjà, à eux seuls, une somme de travail que nous considérons comme une réelle collaboration à notre Monographie. Aussi adressons-nous la sincère expression de notre gratitude à MM. Bial deBellerade; Dautzenberg; Degrange- Touzin, — qui a eu l’obligeance de mettre à notre entière disposition sa magnifique collection et de nous fournir des renseignements que sa connaissance profonde du Néogène du Sud-Ouest rend précieux — ; Douvillé, membre de l'Institut, inspecteur général des mines; Duvergier; Haug, professeur à la Faculté des Sciences de l’Université de Paris, pour la communication des spécimens du laboratoire de Géologie de la Sorbonne ; M. le professeur Kunstler, conservateur du Muséum d’Histoire Naturelle de Bordeaux ; Dr Pierre Nadal ; Max Neuville ; Bozier ; de Sacy; tous ceux qui, à un titre quelconque, nous ont aidés et nous aideront par la suite à mener à bien la lourde tâche que nous avons entreprise.

M. Cossmann, A. Peyrot.

Janvier 1909.

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