‹ Conchologie néogénique de l'AquitaineChapitre 3 sur 350 · ÉNUMÉRATION DES PRINCIPAUX GISEMENTS · texte numérisé non relu

ÉNUMÉRATION DES PRINCIPAUX GISEMENTS

Les cartes qui accompagnent ce premier fascicule ne sont pas des cartes géologiques; elles ont surtout pour but de permettre aux lecteurs étrangers à notre région de connaître la répartition géographique des gisements cités; elles indiquent aussi par des signes conventionnels l’âge qu’on leur attribue le plus généralement (1).

Nous croyons utile d’y joindre un aperçu rapide de la nature des formations néogéniques du Sud-Ouest, comprises dans les limites de nos cartes et d’où proviennent surtout les matériaux paléontologiques mis à notre disposition.

Aquitanien. — I. Entre-deux-Mers. — Aquitanien inférieur {— calcaire blanc de l’Agenais]. — 11 ne comprend dans cette région que des dépôts d’eau douce. Il débute par des argiles grisâtres ou verdâtres (Mourens, Montpezat, Castel viel, Loupiac, etc.), surmontées de molasses exploitées parfois comme sable à bâtir (Gornac, Saint-Antoine du Queyret). Argiles et molasses sont dépourvues de fossiles (2).

Au-dessus vient un calcaire blanc ou grisâtre, d’épaisseur croissante à mesure que l’on se dirige vers l’Est (Barbenègre,

(1) Nous donnerons à la fin de noire travail toutes les références bibliographiques utiles. Nous nous contentons de rappeler que les « Actes » et les « Procès-Verbaux » de la Société Linnéenne de Bordeaux contiennent une quantité de travaux importants ou de notices sur la géologie du bassin Aquitanien, dus à Delbos, Paulin, Graleloup, des Moulins, Balguerie, Linder, Tournouër, Benoist et plus récemment à MM. Degrange-Touzin, Fallût, Labrie, Peyrot, Reyt, etc. Citons en outre les travaux de Baslerot, Mayer, Dollfus, etc. Dans la copie des originaux de ces caries, il s’est glissé quelques erreurs de détail que nous signalerons çà et là.

(2) Ces molasses présentent l'aspect des molasses oligocéniques du Fronsadais, mais elles en sont slraligraphiquement bien distinctes.

Sainte-Marie, Moulin de Poncet, La Veyrie, Casevert...). Il est peu fossilifère dans ces localités, mais il le devient dans les coteaux de la rive droite de la Garonne (Viol le, Loupiac, Coloumet, Monprimblanc, Gabarnac). On y trouve surtout Planorbis cornu, var. solidus et var. Mcintelli. Cette formation est très développée dans l’Agenais où a été pris le type de l’Aquitanien inférieur (calcaire blanc de l’Agenais).

A Sainte-Croix du Mont, l’Aquitanien inférieur comprend, en outre, des couches saumâtres ou marines.

Aquitanien moyen \= grès de Bazas — molasse moyenne de l'Agenais ]. — Il est formé à la base par des argiles à huîtres (O. aginensis, O. producta), visibles à Beauregard, Casevert, Les Queyrons, Dugot, Moulin de Cazeau, Moulin de Porquey, Le Mayne, Gaillarleau, Gravetier, Sainte-Foy la Longue; et à la partie supérieure, par des molasses jaunâtres de dureté fort variable, susceptibles par endroits de fournir des pierres à bâtir. Les fossiles : Cerithium plicatum, C. corrugatum, etc., y sont d’ordinaire peu abondants et â l’état d’empreintes (Barbenègre, Les Queyrons, Moulin de Cazeau, Castelviel, Cavaron, Gonin, Mourens, Moulin de Gravetier, Moulin de Gaillarteau, Sainte-Foy la Longue).

A Sainte-Croix du Mont, les molasses contiennent des bancs fort épais d 'Oslrea undata Lk.

Aquitanien supérieur [= calcaire gris de l’Agenais]. — N’est représenté qu’à Sainte-Croix du Mont par un calcaire compact avec lits de Potamides gironclicus, Dreissensia gironclica, Bilhinia, Planorbis, etc.

IL Bazadais (1). — L 'Aquitanien inférieur perd ici ce caractère de formations exclusives d’eau douce qu’il avait plus au Nord ; il forme un ensemble très complexe de couches lacustres, saumâtres et même marines, accusant des oscillations fréquentes des lignes de rivage. On y trouve des calcaires lacustres, blancs, jaunes, gris, noirâtres, de dureté et de constitution minéralogi-

(1) Voir surtout : Degrange-Touzin, Noies géologiques sur le Bazadais. P.-V. Soc. Linn. Bord., 1888.

que fort variables (Birac, Trazets, Gajac, Bacquerisse, Laroque, Marivaux, Laclos, Berthez, Auros, Berlin, Château de Lapeyrère, Cazats, Roquetaillàde, Léogeats, Villandraut, etc.); il est assez peu fossilifère (moules de Planorbes, Lymnées), et généralement peu épais; à ces calcaires s'ajoutent des marnes jaunes, bleuâtres, grises, les unes lacustres, les autres saumâtres avec Potamides, Cyrènes, etc. (Saint-Côme, Noaillan, etc.).

L ' Aquitanien moyen est essentiellement marin ; il est surtout constitué par un calcaire tantôt gréseux, dur, tantôt friable, affleurant dans les vallons et à la partie supérieure des coteaux où il forme souvent corniche (Belin, Château de Lapeyrère, Auros, Berthez, Laclos, Bijoux, au Farre, Gajac, Saint-Côme, Saint-Vivien, La Flotte, Bazas, Moulin de Niac, Château du Mirai), Brouquevran, Moulin Picard, Bernos, Cazeneuve, Préchac, Uzeste, Balizac, etc.). Il est exploité en certains points comme pierre à bâtir.

Par endroits, il est à l’état de marnes ou de lits sableux qui ont fourni une faune très riche (Marivaux, la Saubotte, Moulin de Gamachot, Moulin de Fortis, etc.).

Des argiles à huîtres (O. aginensis, O. producta, etc.), se trouvent tantôt à sa base, tantôt à son sommet.

L 'Aquitanien supérieur présente — lui aussi — quelques couches marines ou saumâtres (Saint-Vivien, La Flotte, Mazerol). Mais il est surtout lacustre, constitué par des marnes ou des calcaires gris, noirâtres, parfois à odeur fétide (Saint-Vivien, la Flotte, Auros, Cazats, Bacquerisse, Laroque, Uzeste, Tuilerie d’Illon). 11 est assez fossilifère (PI. solidus, P. declivis, Hydrobia, etc.), et il passe à la meulière clans sa partie supérieure (La Flotte, Aubiac, Sendelz, Bacquerisse, Cazats, etc.).

III. Bordelais. — Un certain nombre de ruisseaux, affluents de gauche de la Garonne, coulant à peu près du Sud-Ouest au Nord-Est, entament le sol peu accidenté du Bordelais. Leurs berges fournissent par endroits d’excellentes coupes, mais beaucoup des gisements de celte région — que nous signalerons tant à propos de l’Aquitanien que des autres étages — sont cachés par les cultures et souvent par une épaisseur plus ou moins con-

sidéra bl e de Sables des Landes ; ils ne peuvent, par conséquent, être étudiés qu’à la suite de fouilles.

L 'Aquilanien inférieur débute par des marnes blanches et un calcaire gris à Lymnea et Planorbis , visibles dans le lit du ruisseau de Saint Jean d’Etampes, au Moulin de Bernachon ; audessus viennent des argiles gris bleuâtre, saumâtres, à Cyrena, Potamides, Neritina, etc.

On retrouve ces argiles : à Moras; dans la tranchée du chemin de fer près de LaBrède; dans la vallée du Gua-Mort en amont de Saint-Morillon; à Gassies et aussi à Lasalle, dans la vallée du ruisseau de Breyra, près du village de ce nom ; dans la vallée du ruisseau de Bourran, près du château du Thil; et dans celle du ruisseau de l’Eau blanche, au Moulin du Sable, etc.

L 'Aquilanien moyen est représenté, du Moulin de Bernachon au Moulin de l’Eglise : par une roche sableuse jaune, à faune saumâtre, que l’on retrouve plus ou moins nette le long des ruisseaux de Moras, de l’Eau blanche, de la Devèze, de la Jalle de Blanquefort; par le falun grisâtre du Plantât; par le falun du château de Grenade ; par les couches inférieures du falun du Thil. Les gisements des environs de Saint-Morillon (Darriet, Pinot, Chiret, etc.) annoncent l’Aquitanien supérieur.

L 'Aquilanien supérieur est très net aux environs de Sauçais où il est constitué à la base par le calcaire lacustre, dit de Sauçais, épais de plusieurs mètres en certains points; la surface de ce calcaire est perforée par de nombreux Lithodomes. Il est surmonté par des couches argileuses saumâtres à Potamides et Cyrena qui passent latéralement à Larriey, à un falun franchement marin, extrêmement riche en fossiles. Au-dessus vient enfin un calcaire marneux, lacustre, à Hélix, Lymnea, Dreissensia, etc. Celte succession se voit aussi en amont de Moras. Plus près de Bordeaux, au Thil, à Mérignac (Piganeau, Baour, Lafargue) (1), sur les bords de la Devèze; au Pontic, vallon de la Vallère ; à Lorient, vallon du Peugue, existent des faluns sableux,

(1) Ces gisements ont été inexactement repérés sur la carte : Piganeau et Baour sont en aval du bourg de Mérignac, et Lafargue en amont.

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