Isocardia burdigalensis Peshayes. PL XX, fig
1825. Isocardia cor Bast. Mém. géol. Bord., p. 81 ( non L.).
1832. Isocardia burdigalensis Desh. Traité élém. Conch., II, p. 29, pi.
XXIII, fig. 12-14.
1852. Isocardia Basteroti D'Orb. Prodr , p. 121, 26e étage, n° 2275.
1873. Isocardia burdigalensis Ben. Cat. Saucats, p. 44, n° 10 1 .
1897. — Raulin . Statistique Landes, p. 299.
Test assez épais. Taille grande; forme gibbeuse, transverse, équi valve, très inéqnilatéralc ; côté antérieur dilaté, arrondi, côté postérieur plus long, à courbure moins prononcée; contour palléal des valves presque ovalaire; crochet prosogyre très saillant, enroulé en spirale, situé à peu près au cinquième de la longueur de la coquille, du côté antérieur. Surface externe très bombée, assez brusquement atténuée du côté postérieur, ornée seulement de très fines stries d'accroissement; région lunulaire très enfoncée, sans qu’il y ait une lunule nettement limitée par une strie; sur le côté postérieur, deux sillons divergents assez larges, mais peu profonds, la plupart du temps très obsolètes, indiquent vaguement, le premier la région du corselet, le second la région anale. Plateau cardinal assez large à contour inférieur fortement échancré en arrière au-dessus d’une profonde cavité umbonale.
A I courte, mince, parallèle à A III qui est plus longue, mince, bilobée et parallèle au bord cardinal; P I assez courte, éloignée du crochet; A II courte, mince, bilobée, A IV plus allongée, située un peu plus en arrière; P II saillante trian-
gulaire, éloignée du crochet; nymphe assez saillante, étroite.
Impression musculaire antérieure semi-lunaire, très profondément enfoncée, et placée au voisinage du crochet; impression musculaire postérieure à peine visible; ligne palléale peu marquée, non sinueuse.
Dim. Diamètre antéro-postérieur : SO mill.; diamètre umbonopalléal : 45 mill.
Rapp. et diff. — Confondue par Basterot avec I. cor, notre espèce s’en distingue cependant à première vue par sa taille habituellement plus petite, par sa forme plus gibbeuse, par son contour moins régulièrement arrondi, plus transverse, par son contour antérieur plus dilaté et moins court; il y a aussi quelques petites différences dans les charnières : A I est plus courte, les deux lobes de A II sont juxtaposés au lieu d’être superposés et de chevaucher. I. lunulata Nvst. du Pliocène inférieur d’Edeghem (Belgique), est plus enroulé, plus élevé, ses crochets sont plus forts et plus détachés par une profonde rainure, sa région lunulaire est plus excavée et sa surface dorsale est irrégulièrement bossuée. I. subtransversa d’Orb., du Bassin de Vienne, est beaucoup plus transverse, fortement caréné, par suite bien différent de notre espèce.
I. burdigalensis ressemble beaucoup par sa forme à une espèce du Miocène du Maryland, dénommée I. Markoei Conrad ; mais celle-ci a les lamelles postérieures plus écartées des crochets, et un angle décurrent limite la région anale et aplatie. Quant à I. Olcarii Semper, du Miocène inférieur de l’Allemagne du Nord, c’est une coquille beaucoup plus arrondie et plus inéquilatérale, à crochets tout à fait antérieurs, sans dépression rayonnante sur la région anale.
Il y a lieu de remarquer qu’en séparant très justement I. cor , du Bassin de Vienne, de l’espèce actuelle et pliocénique, M. Dali lui a attribué (Tert. Flor. 1900, part. V, p. 1067), un nom qui peut être conservé (J. Hærnesi Dali), attendu que l’espèce viennoise est — ainsi que Hœrnes l'a luimême indiqué dans le texte — très différente de celle de Léognan; elle est plus arrondie, moins transverse, beaucoup plus inéquilatérale, et ses crochets situés plus en avant, paraissent plus détachés de la région lunulaire. C’est donc à dessein que nous n’avons pas compris I. llærnesi dans la synonymie de l’espèce burdigalienne.
Localités. — Léognan (Coquillat), plésiotypes (PI. XX, fig. 11-13), coll. Bial-Neuville ; coll. Nadal, Rozier, Cossmann; Léognan (Carrère), coll- Peyrot, assez rare. Saucats (Mia de Lagus, La Cassagne). coll. Benoist; Rare. — Burdigalien.
Fam. LITIIOPHA GELLIDÆ Cossm. 1910 üi.
Coquille cypricardiforme, mais à charnière isocardienne, c’est-ù-dire ne comportant pas de véritables dents cardinales, seulement des lamelles antérieures non évoluées, et une seule lamelle postérieure, très écartée du crochet, sur chaque valve; impression palléale sinueuse.
L’unique Genre Coralliophaga qui constitue cette nouvelle Famille a toujours été classé, jusqu’à présent auprès des Cypricardes, à cause de son habitat similaire; il s’en écarte essentiellement par sa charnière qui ne comporte pas de vraies dents cardinales divergentes, mais seulement des lamelles qui ne sont que la persistance du stade embryonnaire et qui occupent la place des dents cardinales, ce qui fait qu’on les a toujours confondues avec celle-ci. Nous attachons à ce critérium ontogénique une très grande importance, et c’est par ce motif que — distrayant Coralliophaga de la Famille Cypricardiidæ — nous le plaçons dans le Cénacle Isocardiacca qui est précisément caractérisé par cette persistance des lamelles à l’âge adulte, toutefois les Lithophagellidæ s’écartent des Isocardiidæ non seulement par leur habitat cavicole, par leurs crochets non eordiformes, mais aussi parleur sinus palléal ; en outre, leurs lamelles antérieures sont juxtaposées le long du bord cardinal, et non pas superposées.
CORALLIOPHAGA Blainv. 1824.
(= Lilhophagella Gray, fidc H. et A. Adams, 1857;.
Coquille irrégulière, oblongue, modioloïde, lisse ou lamelleuse et même rayonnée; côté antérieur très court, côté postérieur légèrement bâillant; crochets peu saillants; charnière comportant sur la valve droite, deux lamelles A I, A III, juxtaposées, courtes et épaisses, et une lamelle P I très écartée, mince et longue; sur la valve gauche, deux lamelles A II, A IV, juxtapo¬
sées, très inégales, A IV bien plus épaisse et plus longue qüe A II qui se confond
Fig. 88. — Coralliophaga Viv.
(1) Non Lilhopliagidæ Brod., Famille identique a celle des Pèüicoles.
presque avec le bord antérieur; P II mince et allongée; nymphes courtes et larges; impressions musculaires circulaires, presque égales; sinus court et large; impression palléale non parallèle au bord (G. -T. : Chaîna coralliophaga Gmelin. Viv.).
Comme l’a fait remarquer Fischer, ces animaux — qui vivent dans les trous des mollusques perforants ou dans les fentes des rochers — sont sujets à des déformations qui les rendent parfois méconnaissables, de sorte qu’il faut être très prudent dans l’établissement des espèces et n'attacher aucune importance à la forme des valves; leur charnière est elle-même influencée par ces déformations.
L’existence de Coralliophaya dans l’Eocène est authentiquement confirmée ainsi que dans l’Oligocène (C. cuneata v. Kœnen), nous en cataloguons ci-après plusieurs espèces dans l’Aquitanien et le Burdigalien ; MM. Dollfus et Dautzenberg en citent une espèce dans l’Helvétien de la Touraine, et M. Sacco, dans le Pliocène d’Italie où l’on trouve déjà les formes actuelles : la phylogénie de ce Genre est donc facile à suivre.