Cyprina girondica Benoist m c oll. PI. XX, lig
Test épais. Taille très grande; valve cordiforme, oblique, inéquilatérale ; côté antérieur plus court, bien arrondi ; côté postérieur plus long et un peu ovale; bord palléal largement arqué; contour antéro-supérieur un peu excavé en avant du crochet, contour postéro-supérieur très faiblement arqué; crochets prosogyres, très gonflés, recourbés et pointus, situés presque aux cinq sixièmes de la longueur, du côté antérieur.
Surlace dorsale convexe, bombée, surtout vers les crochets, s’abaissant doucement vers le contour bucco-palléal et plus brusquement vers la région postérieure; elle est marquée de stries d’accroissement fines et peu régulières; corselet convexe, large, très long, vaguement limité par quelques sillons obsolètes; lunule enfoncée, petite, cordiforme, circonscrite par un sillon à peine visible. Plateau cardinal très large, sinueux et largement échancré sur son contour inférieur, recouvrant une profonde cavité umbonale.
Charnière : 3a courte et assez mince (en partie brisée dans notre unique spécimen); 1 forte, saillante, perpendiculaire, partiellement soudée avec 3?, en une grosse masse trièdre, déprimée en son milieu : A III étroite, allongée parallèlement au bord lunulaire, finement crénelée; A I plus large, moins saillante, crénelée et non parallèle à A 111; entre ces lieux lamelles existe une fossette profonde fermée, par un dentelon bifide; P I située très en arrière du crochet, très saillante; 2a très saillante, perpendiculaire, légèrement bilo— bée sur sa face inférieure; à peine formée, 4/, formant une longue arête triangulaire, bien séparée de la nymphe par un sillon assez large; A II courte et rapprochée, crénelée; P II faiblement saillante.
Nymphe très forte, longue, corrodée sous le crochet, séparée ' du bord cardinal par une rainure étroite et profonde, et de 3 b par une fossette creuse et assez large.
Impressions musculaires profondément gravées, l’antérieure ovalaire, rapprochée du crochet, la postérieure arrondie, plus superficielle et pins éloignée du crochet; impression palléale entière, mais se relevant au voisinage de l’empreinte musculaire postérieure qu’elle atteint un peu au-dessus de son contour inférieur et non .tangentiellemenl.
Dim. Diamètre antéro-postérieur : 73 mill.; diamètre umbonopalléal ; 05 mill.; taille maximum : 90 mill.
Rapp. et diff. — Basterot n’a probablement pas connu cette coquille très rare, et, comme on l'a vu précédemment, c’est Meretrix inlcrcalaris
qu’il rangeait dans les Cyprina sous le nom Cyprina islandicoides. Bien qu'il y ait entre Cyprina yirondica et Mcretrix intercalaris quelques analogies dans la taille et dans la forme extérieure, l’examen des charnières et des impressions palléales ne permet pas d’hésiter sur le classement générique de ces deux espèces.
Si l'on compare C. yirondica et C. islandica L. ( non Bast.), on constate que la première est beaucoup plus oblique, que les crochets sont moins recourbés, que son côté antérieur est moins dilaté et son côté postérieur plus déclive; le plateau cardinal de l’espèce burdigalienne est plus large, 1 et 3 b forment une masse plus grosse, moins oblique ; enfin 2 b est encore moins proéminente ; sous ce rapport, notre coquille se rapproche davantage de C. rotundata Braun, du Miocène de l'Allemagne; mais celle-ci a le côté postérieur moins long, et les sillons plus accusés de sa surface externe délimitent plus nettement le corselet. Enfin la var. pliorotunda Sacco, de C. islandica paraît moins convexe, plus arrondie que C. yirondica, sa charnière est plus faible.
C. hinulata, de l’Eocène du Bassin de Baris, est plus petite, beaucoup plus transverse, et présente aussi quelques petites différences dans la charnière.
Localités. — Léognan (sans indication de niveau), une valve droite (PI. XX, fig. 6-7), coll. Benoist; même localité, une valve de 60 mill., coll. Rozier. Saucats, une valve gauche (PI. XX, fig. 8), coll. de l’Ecole des Mines. — Buriligalien.
Cénacle : ISOCARDIACEA Dali.
« Lobes du manteau clos, excepté pour les ouvertures du pied et du siphon..., pied court, comprimé; coquilles faiblement ornées de stries concentriques, à ligament externe ». Dents cardinales non formées, remplacées par des lamelles latérales antérieures sous le crochet; dents latérales postérieures.
Ce Cénacle est surlout caractérisé par le parallélisme du bord et des dents infra-umbonales; tous les auteurs les ont désignées sous le nom « dents cardinales » ; mais Félix Bernaud a démontré que ce sont, en réalité, les lamelles antérieures du premier stade de développement de la coquille qui n’ont pas terminé leur évolution en se séparant des dents cardinales. A ce point de vue, les Isocardiacea forment donc un groupe tout particulier, bien distinct des Cyprines avec lesquelles Fischer les réunissait à tort; Dali l’a séparé, avec juste raison, comme « Superfamille » et il y a admis
les deux Familles lsocardiidæ, Callocardiidæ ; la première seule est représentée dans notre Néogène; mais nous en ajoutons une troisième comprenant des coquilles qui étaient égarées dans les Cypricardïacea.
F a ni. LSOCARDIIDÆ Gray, 1840.
(— Glossidæ Stol. 1874, non lsocardiidæ B. D. D. 1892).
Crochets très développés, souvent enroulés et tout à fait cordiformes; lunule indistincte, quoique très profonde; corselet non limité; ligne palMalc non sinueuse.
Dans le tome II des Moll, du Roussillon (p. 313), MM. Bucquoy, Dollfus et Dautzenberg ont proposé de substituer à Cyprinidæ préemployé le nom lsocardiidæ : mais ils n’ont pas indiqué que ce nom existait déjà depuis 1840 (fide Herrmannsen), qu’il avait été déjà appliqué par Chenu en 1860 (T. II, p. 113), ainsi que l’ajustement fait remarquer M. Sacco, et qu’enfin l’édition anglaise du Manuel de Paléontologie de Zittel attribue également à Gray la paternité de ce nom familial. Cette priorité fait tomber en synonymie la dénomination Glossidæ que Stoliczka a proposée uniquement pour mettre le nom de Famille en harmonie avec le nom Glossus, ce qui n’est nullement prescrit par les règles de nomenclature. Il résulte de là que le sens à attribuer à la Famille lsocardiidæ doit être restreint par l’exclusion des Cyprines qui appartiennent à un tout autre Cénacle, ainsi qu’on l’a vu ci-dessus.
L’origine de cette Famille paraît très ancienne puisqu’on trouve citées dans le terrain jurassique des Isocardes, ainsi nommées surtout à cause de la forme enroulée de leurs crochets; toutefois nous ne croyons pas qu’on ait encore étudié la charnière de ces Isocardia mésozoïques, comme Munier-Chalmas l’a fait pour Anisocardia et Plesiocyprina qui n’appartiennent pas au même Cénacle; ce point demande donc à être confirmé, et la vérification serait d’autant plus intéressante que l’on ne connaît pas de vraies Isocardes dans l’Eocène où l’on n'a encore signalé que Cytherocardia qui a une forme beaucoup plus ovale; par conséquent, entre l’ère mésozoïque et la base du Miocène où apparaissent les premières Isocardes authentiquement identifiées, il y a une lacune qui peut encore laisser quelques doutes sur l’assimilation de celles du Jurassique.
— 4Gi —
ISOCARDIA (Klein, 1753) Lamk. 1709.
(= Glossus vel Glossoderma Poli; = Bucardia Lister in Schum 1817; = Bucardium Még. v. Mühlf. 1811).
S. stricto. — Test épais. Taille assez grande; forme très convexe, équivalve, close, inéquilatérale; crochets cordiformes, écartés; région lunulaire très déprimée; surface lisse ou sillonnée par les accroissements. Charnière composée, chez l’adulte, de lamelles antérieures, parallèles au bord cardinal et situées sous les crochets ; A I courte, mince, parallèle à A III qui est plus longue, mince et bilobée; A II courte,
Pi
Fig. 87. — Isocardia cor Linné. Plioc,
mince et bilobée, A IV plus allongée et siluée plus en arrière; en outre, il existe une lamelle postérieure sur chaque valve, P I assez courte, éloignée du crochet, P II saillante, triangulaire, également écartée; nymphes saillantes, longues, rectilignes et aplaties; impressions musculaires inégales, l’antérieure profonde; ligne palléale entière; commissure des valves lisses (G. -T. : Chaîna cor Linné).
Le nom Isocardia Klein, ne date en réalité que de 1799, époque à laquelle il a été repris et limité par Lamarck. Gray, Stoliczka et plus récemment Cossmann (Cat. ill. coq. éoc , Paris, 1886) lui ont préféré Glossus antérieurement établi par Poli pour l’animal de G. rubicundus, tandis que le test était désigné par cet auteur sous le nom Glossoderma; mais le choix définitif de Glossus entre les deux dénominations de Poli ne date que de 1815 (Oken sec. Herrmannsen), de sorte qu’il est postérieur à Isocardia. G’est bien à cette conclusion que se sont arrêtés MM. Bucqnoy, Dollfus et Dautzenberg (Moll. Rouss. 1892), mais sans donner le motif que nous venons de préciser pour rejeter Glossus.
L'unique espèce que nous ayons à cataloguer appartient au groupe Isocardia s. sir. : nous n’avons pas trouvé, dans noire Néogène, de représentants des S. -G. Cgtherocardia Sacco 1900 (G. -T. : I. cytheroides Mayer), Miocardia H. et A. Adams 1837 (G -T. : I. Moltkiana Brug.), Sulcocardia Rovereto 1898 (G. -T. : I. justinensis Mayer); la position systématique de ce dernier groupe est d'ailleurs douteuse d'après M. Sacco, car on n’en connaît pas la charnière.
Pour ce qui concerne la phyllogénie d 'Isocardia, nous renvoyons le lecteur aux remarques que nous venons de faire au sujet de la Fam. Isocardiidæ.