‹ Conchologie néogénique de l'AquitaineChapitre 209 sur 350 · An Trapezium sp? PI. XX, fig · texte numérisé non relu

An Trapezium sp? PI. XX, fig

Ce spécimen que nous faisons figurer est trop usé pour que nous puissions lui attribuer une dénomination spécifique, ni même une détermination générique; mais nous croyons intéressant de le signaler à l'attention des chercheurs.

C’est une valve droite trapézoïdale, très inéquilatérale, extérieurement ornée de côtes rayonnantes et serrées; la charnière est obtuse et l’on ne peut décider si l’unique dent qu’elle comporte sous le crochet est bien une dent cardinale ; à la suite il existe une échancrure, peut-être accidentelle; puis, contre le bord supérieur, une nymphe ou une lamelle latérale postérieure. Impressions musculaires grandes, inéquidistantes, situées très haut; impression palléale entière, écartée du bord lisse.

Dim. Diamètre antéro-postérieur : 33 mill. ; diamètre umbono-palléal : 23 mill.

Localité. — Léognan (Le Thil inf.), coll. Neuville (PI. XX, fig. 17-18).

— Aqiiitanien.

Cénacle : CARDIACEA Lamk.

« Coquille équivalve, libre, solide; charnière variable, avec ou sans dents, et dans le premier cas, du type hétérodonte lucinoïde; ligament toujours externe; ligne palléale entière ou sinueuse. »

D’après cette définition Fischer érigeait au rang de S. Ordre les Cardiacés dont Lamarck ne faisait que la seconde Famille des Conchifères dimyaires; l’altribution intermédiaire d"un Cénacle nous parait plus satisfaisante au point de vue de la classification. On peut d’ailleurs ajouter à celte diagnose que la surface externe est généralement ornée dans le sens radial, même sous l’épiderme vernissé quand cette surface paraît lisse. D’autre part, il résulte des recherches morphologiques de Félix Bernard que la charnière, malgré son apparence hétérodonte, serait en réalité dépourvue de dent 1 et que l’emboitement des dents cardinales 3a 3 b se ferait autour de la dent 2 de la valve gauche, pourvue d’une dent 4&; il est vrai que Félix Bernard convient lui-même que cette théorie peut être contestée, parce que les dents de la valve droite sont « isolées », c’est-à-dire qu’elles ne se relient pas entre elles sous le crochet; mais ce critérium est précisément erroné, ainsi que nous l’avons constaté chez un grand nombre de valves droites de Cardium dont les pointes cardinales sont unies par une cloison moins élevée, une sorte de « col » qui sépare

les fossettes destinées à loger les deux dents de la valve gauche chez l'adulte, ce qui confirmerait au contraire les conclusions auxquelles F. Bernard a été amené par des considérations ontogéniques sur l’ordre successif d'apparition des éléments de la charnière.

D'autre part, M Dali (Tert. Flor., p. 1U6Q) a judicieusement observé que les Cardiidæ représentent un type de charnière tout particulier auquel il a attribué le nom « cyclodonte », pour exprimer que les productions dentaires de chaque valve ne sont pas juxtaposées, mais superposées en biais, de sorte que les fossettes forment une « Croix de St-André » avec les protubérances. Cette observation est exacte, quoiqu’elle n’ait pas été expliquée morphologiquement; toutefois cette disposition cyclodonte n’est pas constante, et quelques groupes n’ont pas les dents juxtaposées. En résumé on peut admettre la numérotation préconisée par Félix Bernard, c’est-à-dire qu'il s’est produit — chez les Cardiacea — une inversion comparable à celle qu'on constate chez certain Chamacea ; l’origine en est peu explicable chez des coquilles qui se distinguent essentiellement par la parfaite symétrie de leurs deux valves, par rapport au plan de leur commissure; néanmoins — dans l’exposé ci-après des charnières de ce Cénacle — nous avons préféré nous en tenir à la notation Félix Bernard plutôt que d’adopter l’hypothèse d’après laquelle la valve droite comporterait une dent 1, une dent 3« et jamais de dent 3 b, la valve gauche, une dent 2a 2i, en deux pointes distinctes; en d'autres termes, nous concluons que Cardiwn est une coquille hétérodonte du type « Lucinoïde » et non du type « Cyrénoïde ».

Ce Cénacle comprend les Familles Tridacnidæ, Cardiidæ et Adacnidæ, dont la seconde seule est représentée dans le Néogène de l’Aquitaine; il ne parait, d’ailleurs, pas y avoir de motif pour ériger la première de ces Familles en Cénacle distinct, comme l'a fait Menke.

CARDIIDÆ Fischer, 1887.

Coquille équivalve, non nacrée, de forme très variable, mais généralement ornée de côtes rayonnantes plus ou moins marquées qui déterminent toujours — même quand elles sont masquées sous l’épiderme — des crénelures sur la commissure des valves. Charnière : 3& et souvent 3 a, la première toujours située plus bas que la seconde et formant un croc plus ou moins saillant; 2a et souvent 4?,, inégales; AI, PI, et souvent A III, P III; A II, P II moins proéminentes ou même atrophiées. Ligne palléale simple ou sinueuse.

Les CardiidsÈ constituent une Famille très homogène dont la charnière varie dans de très faibles limites, si l’on élimine les formes édentées ou, à dents atrophiées pour les reporter dans une Famille distincte : Adacnidæ, composées en général de coquilles saumâtres ou d’eau douce. Il en résulte que la plupart des subdivisions qui ont été proposées, à l’exception toutefois des formes paléozoïques, ne présentent pas de différences génériques; on ne les distingue guère que par leur forme ou leur ornementation, de sorte que mous ne pouvons ici les considérer que comme des Sous- Genres ou même des Sections et que. nous n'admettons comme Genres distincts de Cardium que ceux dont la charnière est caractérisée par la disparition de l’un des éléments complets de la diagnose ci-dessus, ou ceux dont l’apparence cyclodonte tend à s'atténuer.

- Laissant de côté Conocardium, Lunidicardiurn et toutes les autres formes siluriennes ou gothlandiennes, telles que : Mila, Tenka, Spanila, Tetinka, Patrocardia, Cardiopsis dont on ne connait guère les charnières, ainsi que kiitliocardium {— Avicularium Gray. sec. Dali.) et Byssocardium Mun. Ch., qui sont des coquilles exclusivement éocéniques, Pterocardia Ag., qui est cantonné dans le système jurassique, de même que Jurassicardium Cossm., Granocardium et Pterocardia dans la Craie, nous nous trouvons donc en présence des G. Cardium s. str., Papyridea, Goniocardium, Hemicardium, Serripes, Discors et Nemocardium, le premier et les deux derniers seulement représentés dans le Néogène de l’Aquitaine.

^ CARDIUM Linné, 1758.

Forme orbiculaire, parfois très oblique et ovale, à crochets généralement gonllés, opposés ou à peine prosogyres; charnière complète, du type familial ci-dessus énoncé; lunule et corselet généralement peu distincts; nymphe plus ou moins allongée le long du hord supéro-postérieur ; impressions musculaires peu dissymétriques; pas de sinus.

Cardium s: .str. — Valves closes, globuleuses, épaisses,

presque équilatérales; côtes rayonnantes^ épineuses ou tuber-

culeuses, dont le nombre, à peu près constant, constitue un excellent critérium spécifique; 3a, 3;, et 2 pointues, 4 b plus émoussée, mais bien formée, toutes quatre en « Croix de St-André »; AI et PI lamelleuses, toujours plus allongées que A III et P III; A II et PII saillantes et entaillées sur leur face inférieure, mais toujours emboitées par A I - A III, P I-P III, de sorte qu'il n’existe pas de AIV ni de P1V. (G. -T. : Cardium aculeatum L. Vivv).

Le génotype a été fixé par Larnarck, en 1799, et il l'a remplacé à tort par C. costatum L. en 1801 ; cette observation relevée par MM. Bucquoy, Dollfus et Dautzenberg (Moll. Rouss. II, p. 251) fait tomber en synonymie Acanthocardia Gray. (1847) et Eucardium Fischer (nom de S. -G. sans génotype), tandis qu'on peut, à la rigueur conserver Tropidocardium R cerner (1868), à titre de Section pour C. costatum.

Nous ne connaissons pas de véritables Cardium s. str. avant l’Aquitanien, du moins en Europe, dans le Tertiaire inférieur : les formes ancestrales appartiennent, comme on le verra ci-après, à d autres Sections.

Sect. Ringicardium Fischer (1887). — Valves bâillantes en arrière pour le passage d’un byssus; 3;, et 3„ reliées en biais par une petite cloison moins G élevée que leurs iw

pointes, formant une sorte de « col »

entre les deux fossettes inégalement profondes de 2 et 4j, ; A III à peine plus courte que AI.

Même ornementation que Cardium

Fig. 90. — Ringicardium liions Br. Plioc. ,y. str. (G. -T. : C. ringens Chcmn. Viv.).

Le bâillement des valves étant quelquefois très réduit, et les différences de la charnière étant peu importantes, Ringicardium ne doit être admis qu'à titre de Section de Cardium', elle a commencé à apparaitre dès le Thanélien (C. Bazini Desli.).

Sect. Trachycardium Morcli (1853). — Valves closes et

dissymétriques ; ornementation formée de côtes latéralement carénées, avec des dents de scie ou des perforations sur ces carènes, surtout en arrière, se transformant en papilles du côté antérieur; 3a est beaucoup plus mince que 3;, et s’aligne postérieur; 2 et 4;, sont isocèles; ble. (G. -T. : C. isocardia L.Viv

?ig. 91. — Trachycardium mullicostalum Br. Mioc.

généralement contre le bord P III ordinairement peu visi-

S'il n’y avait que des différences d’ornementation, nous n’aurions pas conservé cette Section; mais elle présente en outre quelques modifications de la charnière qui justifient, à la rigueur, la séparation proposée. Mais il n’en est pas de même de la Section Acrosteriijma Dali. (1900) dont le génotype (C. Dalli Heilp.) est caractérisé non seulement par sa forme' oblongue et par sa côte rayonnante à l’intérieur de la cavité umbonale, mais encore par la disparition presque complète de 3a qui est isolée de 3b par une large fossette; la charnière n’est plus cyclodonte, et nous pensons qu’il s’agit là d’un Genre tout à fait distinct de Cardium. En tous cas, Trachycardium a commencé à apparaître à la base de l’Eocène (C. trifidum Desh,, C, porulosujn Lamk.), peut-être même dès la période Crétacique

Sect. Tropidocardium Rœmer (1868). — Ce groupe — à valves subauriculées, bâillantes en arrière, à lamelles latérales symétriques, à fortes carènes écartées — ne paraît pas être représenté à l’état fossile. (G. -T. : C. costatwn L. Viv.).

Sect. Parvicardium Monterosato (1884). — Taille petite; forme oblique close ; côtes papilleuses; charnière peu cyclodonte; P II tout à fait obsolète; nymphe minuscule.

(G. -T. : C.parvum Phil. Viv.).

Fig. 92. — Parvicardium papillosum Poli. Plioc.

De cette Section — déjà peu caractérisée — l’auteur a encore séparé (in Sacco 1899) un autre groupe PapiUicardium (G. -T. : C . papillosum Poli) dont il nous est impossible d’apercevoir les critériums distinctifs. U y a

déjà des Parvicardium dans l’Eocène et l’Oligocène . (C. plagiomorphum Cossm., C. stampinense Stan. Meun ).

Sect. Plagiocardium Cossm. (1886). — Coquille oblique, à côtes peu proéminentes et granuleuses ou ornées de pédoncules triangulaires; charnière peu épaisse; 3a peu distincte; 4& mince et longue Contre la nymphe; A III Fig. 93. — Plagiocardium granulosumet P III presque égales à

AI et P I; A II et P II très inéquidistantes; nymphe longue et arrondie; bords denliculdg en arrière. (G. -T. : C. granulosum Lamk., de l'Eocène des environs de Paris).

En comparant les diagnoses, on remarquera de suite l’utilité de la séparation de ce groupe qui a vécu de l’Eocène à l’Astien; M. Sacco (/. c. XXVII, p. 47) indique avec un point de doute C. minimum Phil comme représentant de Plagiocardium dans les mers actuelles.

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Sect. Loxocardium Cossm. (1886.) — Coquille peu oblique, inéquilatérale, tronquée mais non bâillante du côté anal, ornée de côtes plates sur lesquelles se dressent des lames transverses* parfois reployées en accent circonflexe; charnière peu cyclodon te, à plateau cardinal très étroit; 3/, et 3a juxtaposées; 2 et minuscules, non isocèles; A I et PI à peine plus longues que A III et P III qui sont en général très peu saillantes; A II et P II longues et proé- G minentes ; nymphe Ion- / ™ iu'2 vu

gue et un peu distincte

. Fig. 94. — Loxocardium obliquum Lamk. Eoc. du bord ; la dépression

anale forme un rendement très visible à l’intérieur des valves; fortes crênelures sur toute l’étendue des bords. (G. -T. : C. obliquum Lamk., de l’Eocène des environs de Paris).

Quoique cette Section se compose de coquilles qui ont de l'analogie, par leur forme, avec Trachycanlium, on les en distingue aisément,, non seulement par l'ornementation des côtes et par la dépression anale qui

se répercute à l'intérieur des valves, mais encore par quelques détails de la charnière qui < n’est presque plus cyclodonte et dont le plateau se rétrécit beaucoup. Loxècardiurn débute dans l’Eocène et se poursuit jusque dans l’Aquitanien.; mais nous ne pensons pas qu'il atteigne le Miocène moyen, attendu que C. Pallasianum Bast. — que M. Sacco a classé dans cette Section — nous parait être plus voisin de Trachycardivm et ne ressemble guère à C. obliquum.

, S» Genre Lævicardium Swains. (1840). Coquille oblique, subtrigone vers le crochet, non tronquée en arrière, généralement péu convexe, à surface lisse et vernissée; les côtes obsolètes sous le vernis sont même souvent effacées vers les bords buccal et anal, mais elles produisent toujours de$ crénelures bien visibles sur la commissure des valves. Charnière large, quoique fortement échancrée sur le contour inférieur, sans aucune saillie de 3;,; 3a est juxtaposée à 3&, mais beaucoup plus petite et surtout moitié plus courte ;

2 et 4;, sont aussi très inégales; ÂI,

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