Cardium sallomacense nov. sp. PI. XXII, fig
1873. Cardium echinatum Benoist. Cat. Saucats, p. 46, n° 115 (non Linn.
, nec Dub.).
1878. — Benoist. Tortonien Gironde, p. 3.
Taille moyenne, forme assez convexe, orbiculaire, élevée, presque équilatérale; côté antérieur arrondi, côté postérieur tronqué et presque rectiligne sur son contour anal ; bord palléal régulièrement arqué dans le prolongement du contour buccal, raccordé par un angle arrondi avec la troncature anale; crochets gonflés, opposés ou faiblement prosogyres, situés à peu près au milieu de la longueur des valves; bord supérieur presque horizontal de part et d’autre du crochet. Lunule étroite, lisse, non limitée; corselet réduit à une longue rainure contre la nymphe; surface dorsale régulièrement bombée, peu déprimée sur la région anale, ornée de vingtsix côtes rayonnantes, à peu près égales à leurs interstices qui sont marqués de rides d’accroissement très serrées, remontant sur les flancs des côtes où elles s’arrêtent sans traverser leur face supérieure simplement armée de papilles creuses et arrondies; quand la surface est fraîchement conservée, ce sont de petits bouchons clos, mais l’usure les décortique et les transforme en cratères circulaires; ces aspérités sont beaucoup plus serrées sur les côtes anales que sur les côtes buccales.
Charnière assez épaisse pour la taille des valves : 3 1, per-
pendiculaire sous le crochet; 3a arrondie et orthogonale; A I et P 1 plus saillantes et plus écartées que A III et P III; nymphe plate et courte; 2 et 4 presque isocèles; A II saillant**, P II tout à fait obsolète.
Impressions musculaires symétriques; bords grossièrement crénelés par les côtes.
Dim. Diamètre antéro-postérieur : 20,5 mill.; diamètre umbono-palléal : 21 mill.; épaisseur d’une valve : 10,5 mill.
Rapp. et diff. — Après avoir d'abord confondu cette espèce avec C. Brocchii Mayer, du Pleistocène de Sicile, Benoist l'a rapportée à tort à l’espèce vivante, C. echinatum L., et il a cité en synonymie, d'après Dubois, l’espèce de Volhynie que Hilber a depuis séparée sous le nom præcchinatum. Or, après un nouvel examen, C. sallomacensc ne ressemble ni à l'une ni à l’autre de ces deux espèces : outre que sa forme est beaucoup plus équilatérale que celle de C. echinatum, ou même de la var. mucronata Poli, elle a toujours plus de côtes (26 au lieu de 20 à 22, rarement 24 chez C. echinatum ): d'autre part, la charnière est très différente: chez C. sallomacense , 3 b et 3a sont beaucoup moins divergentes que chez C. echinatum, A I et P I sont moins allongées et moins obliques, la nymphe est presque moitié plus courte. Quant à C. præechinatum , il porte vingtquatre côtes (vérification faite sur des spécimens d'Olesko en Podolie, (coll. Cossmann) et ces côtes arrondies, séparées par d'étroites rainures sur le dos, sont triangulaires et écartées à l'avant, interrompues sur la région anale qui est lisse, avec des papilles beaucoup plus petites et des ponctuations dans les interstices au lieu de rides. La séparation que nous proposons est donc amplement justifiée. On trouve également dans les mêmes gisements un autre Cardiurn orné de la même manière, que nous avons rapporté à C. paucicostatum et qui se distingue par ses côtes beaucoup moins nombreuses, par sa forme inéquilatérale et par ses lamelles latérales antérieures plus rapprochées que les postérieures, tandis que c’est ici l'inverse.
Localités. — Salles (Le Minoy), cotypes (PI. XXII, fig. 25-28), coll. Degrange-Touzin ; coll. Cossmann, Peyrot; Salles (Min Débat), coll. Bial- Neuville; Salles (Largileyre), coll. Duvergier; Sauçais (La Sime), fuie Benoist, peu rare. — Helvétien.