‹ Conchologie néogénique de l'AquitaineChapitre 240 sur 350 · Nemocardium sp · texte numérisé non relu

Nemocardium sp

Le fragment que nous avons sous les yeux n’est pas suffisamment caractérisé pour qu'il nous soit possible de lui attribuer un nom spécifique; mais il est intéressant de le signaler parce que c’est le premier Nemocardium qu’on ait trouvé dans l’Aquitaine. C’est un morceau de valve gauche montrant une partie de la charnière et de la surface dorsale avec l’arête séparant la région lisse de la région anale qui est couverte de trente à trente-cinq côtes rayonnantes : la grosseur et l’espacement de celles-ci augmente à mesure qu’elles se rapprochent du bord postérieur, il en est de même des aspérités dont elles sont ornées et qui se transforment peu à peu en pointes dressées verticalement. Le bord cardinal se retrousse fortement en avant du crochet qui est pointu et recourbé, non prosogyre; 2 a forme un croc plus élevé que le crochet, juxtaposé à une large et profonde fossette; 2;> est réduit à une minuscule protubérance contre l’échancrure du bord supérieur sous le crochet; la nymphe est épaisse, allongée, proéminente sur le bord; le contour inférieur de la charnière fait une épaisse saillie sur la cavité umbonale.

Il ne nous semble pas qu’on puisse rapprocher cette espèce de N. strialulurn Brocchi, du Néogène d’Ilalie, qui n’a pas le même galbe ; la présence

— à Peyrère — de ce fragment qui a un faciès éocénique, confirme l'hésitation que nous avons signalée à propos de C. Pallasianum, sur le véritable niveau de ce gisement qui contient des formes à faciès très ancien, à côté de formes franchement néogéniques.

Localité. — Peyrère, fragment, coll. Raulin (sera ultérieurement figuré). — Melvétlem.

Cénacle : CHAMACEA (Lamk.) Desh. 1830.

Test épais, généralement formé de deux couches : une externe obscurément prismatique, une interne porcelanée; l’épiderme est souvent lamelleux, cellulo-cristallin.

Coquille irrégulière, très inéquivalve, sessile, c’est-à-dire fixée par l’une de ses valves, à forte charnière, à ligament externe, logé dans une profonde rainure contre une nymphe peu développée; crochets prosogyres, fortement enroulés par suite de l’accroissement des valves autour d’un pivot fixe; impressions musculaires bien marquées, presque symétriques; lames myophores (chez les Diceratidæ ); ligne palléale entière, irrégulièrement arquée.

Elimination faite des Diceratidæ Dali (1900), qui ont des lames myophores et qui d'ailleurs ont vécu dans les couches mésozoïques, des Monopleuridæ Fischer et des Caprinidæ d'Orb., qui se rapprochent encore davantage des Rudistes secondaires, nous n’avons à envisager ici que l’unique Famille Cliamidæ.

CH AM A CIDÆ d’Orbigny, 1837.

(= Chamidæ Swainson, 1840).

Valve libre (ou «), munie d’une dent cardinale à deux branches écartées, avec des aspérités granuleuses ou des crénelures sur leur face inférieure; et d une lamelle latérale assez écartée, à l’extrémité de la nymphe; valve fixée (ou /3), munie d’une forte dent cardinale, épaisse et crénelée, séparée du bord supérieur par une fossette étroite, et de la nymphe par une large fossette; à l’extrémité de la nymphe est une petite fossette destinée à loger la lamelle latérale de la valve oppo-

sée («), parfois bordée par une protubérance qui représente la lamelle latérale de |3. 1

Deux Genres seulement composent cette Famille : Chama dont la coquille! est toujours fixée à des valves très inégales, et Echinochama Fischer (1887) dont les valves, presque égales et épineuses, munies de lunules bien limitées, sont libres à l’état népionique et gérontique, fixées pendant l’adolescence, de sorte que c’est à ce dernier que M. Dali (Tert. Flor., p. 1397) rattacherait Goossensia Cossm. (1887). Nous n’avons à nous occuper dans l’Aquitaine que de Chama (1), dont il va être question ci-après, avec plus de détails. ,

Rappelons seulement que la notation « et /3 a été proposée par Munier- Chalmas pour les valves des Chamacidæ, et que la charnière est constante, que la valve fixée soit la droite ou la gauche; nous allons nous étendre davantage sur ces termes conventionnels à propos du Genre Chama.

CHAMA (L.) Brug., 1789.

Coquille orbiculaire, souvent déformée par son habitat, avec une valve fixée et très profonde et une valve libre operculaire; crochets spiraux, latéralement déprimés; ornementation composée de lamelles feuilletées ou dentelées, souvent armées de barbelures aiguës ou de festons plissés; certaines formes sont différemment ornées sur chaque valve.

Les espèces dites «normales» sont celles dont la valve libre « est la droite, celles dites « inverses » sont celles dont la valve (1 est la gauche ;

les crochets étant constamment prosogyres, et le ligament étant invariablement du côté postérieur, il est toujours facile d’orienter les valves en tenant compte de la surface d’adhérence. Con-

Fig. 99. — Chama gryphoid.es Lin. (normale). Viv.

(1) Il y a lieu de remarquer que Goossensia a une charnière de Carditidæ, les crochets non enroulés et que les valves ne sont jamais fixées : c'est un Genre éocénique; Echinochama apparait dans l’Aquilanien des Antilles et vil encore dans l’Atlantique américain.

servant les notations impaires pour les dents de la valve droite, paires pour celle de la valve gauche, la charnière est alors désignée ainsi qu’il suit :

Norm. Inv.

Valve libre « 3a, 3;,, P I 2a, 2b, P II

Valve fixée j3' 2, 4b 1 (qq. fois P I)

M. Dali indique en outre des traces de l’existence de AI, mais nous ne l’avons jamais constatée (G. -T. : Chaîna lazarus Lin.

Viv.).

Parmi les espèces actuelles, il n’y en a que le quart — d’après Fischer — qui soient inverses; c’est à peu près la même proportion dans le Néogène de l’Aquitaine. Les quinze espèces cataloguées dans l’Eocène du Bassin de Paris sont normales, sans aucune exception ; quant à celles de la Craie supérieure, il nous est impossible de fournir aucun renseignement. En résumé, il semble que l’inversion des valves est plutôt un critérium récent; Fischer cite même une espèce actuelle (C.pulchella Reeve) qui est indifféremment fixée par la valve gauche ou par la valve droite.

Fig. 100. — Chaîna qquitanica Benoist (inverse). Mioc.

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