‹ Conchologie néogénique de l'AquitaineChapitre 255 sur 350 · Lepton transversarium Cossmann · texte numérisé non relu

Lepton transversarium Cossmann

PL XXV, fig. 17-21.

1895. L. transversarium Cossm. S. qq. form. nouv. Bord., p. 11, pl. IV,

fig. 34-35.

Test extrêmement fragile. Taille très petite; forme aplatie, ovale-oblongue dans le sens transversal, à peu près symétrique, quoique le côté antérieur soit plus atténué que le côté postérieur qui est obliquement subtronqué ou à peine arqué sur son contour anal; bord palléal presque rectiligne au milieu, se raccordant par des courbes égales avec les contours latéraux; crochets à peine saillants, situés à peu près au milieu de la longueur des valves. Surface dorsale déprimée au milieu et sur les régions anale et buccale, terne et lisse ou très finement marquée par les accroissements.

Charnière presque symétrique, peu profondément échancrée en arrière du crochet : aucune trace de dent 1 sous le crochet; A I, A 111, très rapprochées, courtes, séparées par une profonde fossette; P 1, P III, plus allongées, un peu plus écartées en arrière de l’échancrure ligamentaire, et également séparées par une large fossette; A III et P III sont d’ailleurs confondues avec le bord dorsal sur lequel elles ne font qu’une très faible saillie; 2 formée d’un petit talon saillant sous le crochet, Ail un peu plus rapprochée que PII; échancrure ligamentaire triangulaire et courte, très peu entaillée sur le contour inférieur du plateau cardinal qui est, en outre, plus large sur la valve droite que sur la valve gauche. Impressions musculaires situées très haut à l'intérieur des valves; impression palléale écartée du bord lisse.

Dim. Diamètre antéro-postérieur : 4,75 mill.; diamètre umbono-palléal : 2,75 mill.

Rapp. et diff. — Il n'y a guère de Lepton aussi oblong que cette espèce, et cependant c’est bien un Lepton puisque, malgré la cassure du crochet sur la valve droite du spécimen type, il ne paraît y avoir aucune trace de

la dent 1, l'échancrure ligamentaire étant seulement encadrée par les fortes lamelles latérales.

Ainsi qu’il a été indiqué à la suite de la diagnose originale, L. dépression Wood, du Crag, est une coquille plus élevée et d’ailleurs plus oblique que celle-ci. La valve gauche — intacte au moment de la publication en 1895 — s’est partiellement brisée, de sorte que les deux valves cotypes sont actuellement en mauvais état, incomplètes. Nous avons depuis eu en communication deux autres valves opposées, topotypes pour le Moulin de Lagus, dont la charnière est plus intacte que celle des types originaux, quoique le contour palléal soit mutilé, de sorte qu’on ne peut se rendre compte si les proportions des valves sont bien les mêmes. Mais les spécimens intacts du Pontic sont tout à fait typiques.

Localités.— Saucats (Min de l’Eglise), valve droite (PI. XXV, (ig. 20-21), coll. Cossmann; Min de Lagus, valve gauche (fig. 17), coll. Degrange- Touzin; le type brisé de la valve gauche, même localité, col!. Cossmann. Péloua, Léognan (Carrère), une bonne valve droite (fig. 18-19), coll. Peyrot; Thibaudeau, coll. Degrange-Touzin ; Pont-Pourquey, coll. Degrange- Touzin. Mérignac (le Pontic), plusieurs valves, coll. Bial de Bellerade. Léognan (Coquillat), même coll. La Brède (Moras sup1-), St-Paul-lès-Dax, coll. Degrange-Touzin. — Biii*<li<jalien.

MQNTACJTA Turtou. 1822.

Coquille ovale-oblongue, inéquilatérale, le côté antérieur beaucoup plus allongé que l'autre; échancrure ligamentaire sous le crochet petite et triangulaire, encadrée de lamelles; impressions musculaires ovales, l'antérieure plus longue que la postérieure; ligne palléale non sinueuse; bord des valves lisse.

Montacuta s. str. — (= Tellimya Brown, 1827). Lamelles postérieures PI, PII, contiguës à l’échancrure; lamelles antérieures Al et A II (dénommées 3 et 2 par °

Félix Bernard) plus couchées contre le bord Al L ^

antérieur; une fossette sépare AI d’un FlGsifst~afa0'‘ rebord qu’on peut identifiera A III; P III Vlvindistincte en arrière (G. -T. : Ligula substriata Montg. Viv.).

L’orthographe de ce nom générique a été contestée, il est évident que l’on devrait écrire Montagida puisque le Genre est dédié à Montagu; mais

celte rectification ne date, en réalité que de 1887 (Fischer), puis de 1892 (Bucquoy, Dollfus, Daut/..), de sorte que le nom était déjà préemployé, en 1825 par Desmarest, pour un Crustacé, en 1828 par Fleming, pour un Mollusque. D'ailleurs, comme le fait remarquer M. Dali (l. c. p. 1169, note infrapaginale) l’étymologie latine de la famille Montagu ou Montaigu est « mons acutus » et il y a d'autres exemples de cette manière de procéder.

Le choix du génotype a également donné lieu à des erreurs : comme l’a fixé Herrmannsen, dès 1845, c’est la première espèce (. Ligula substriata) d’ailleurs génériquement identique à Tellimya ferruginosa, de sorte que la dénomination de Brown tombe en synonymie, quoique Fischer en fasse une Section de Montacuta. Nous n’avons d’ailleurs pas à nous occuper ici des deux Sections ci-après :

Decipula Jefïreys 1881 (une petite dent centrale sur la valve gauche) ;

Orobitella Dali 1900 (lamelles très obsolètes, dents cardinales persistantes), celte dernière seule connue à l’état fossile dans le Pliocène de la Floride.

Montacuta apparaît dès l’Eocène moyen; mais on n'en a pas encore signalé dans l’Oligocène; nous en avons une espèce dans le Burdigalien; ensuite la trace se perd jusqu’au Pliocène de Monte-Mario, car les formes de l’Helvétien sont des Rochefortia Vélain 1876, Genre absolument distinct par la puissance qu’acquièrent les lamelles latérales; Félix Bernard, qui a étudié le

génotype Rochefortia australis Mun.-Ch. et Vélain,

a attribué à la lamelle an- p)G. 107. — Rochefortia bidehdata Monlg. Plioc. térieure de la valve droite,

la notation 3b, tandis qu’A I serait très éloignée sur le bord antérieur; mais il ajoute que la même disposition se retrouve exactement chez Montacuta bidentata Montg. sp. [Mga), de sorte que cette dernière espèce, ainsi que son homologue de l'Helvétien et du Crag (M. truncata S. Wood) sont bien des Rochefortia. En résumé, que la lamelle contiguë à l’échancrure s’appelle 3b ou AI, il est bien certain que cette charnière se distingue à première vue — chez l’adulte — de celle de Montacuta s. str. Par conséquent, la distinction générique, admise par F. Bernard et par M. Dali, tout récemment encore par M. Ce rulli-Irelli, pour les fossiles de Monte- Mario, est tout à fait justifiée, il n’était pas inutile de le faire remarquer, puisque — de même que pour Montacuta — nous possédons un vrai Rochefortia dans les couches inférieures de nos terrains néogéniques du Sud- Ouest.

Il est probable d'autre part que c’est dans le voisinage de ce Genre qu'on doit placer Laubrieria Cossm. (1887), Genre éocénique dont la charnière mal étudiée appelle une révision.

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