‹ Conchologie néogénique de l'AquitaineChapitre 257 sur 350 · PL XXV · texte numérisé non relu

PL XXV

Test peu mince pour la taille qui est très petite. Forme ovale-transverse, peu convexe, très inéquilatérale; côté antérieur semi-elliptique, très allongé; côté postérieur court, faiblement arqué, quoique non réellement tronqué; bord palléal à peine convexe se raccordant par un arc régulier avec le contour buccal, et par un angle arrondi avec le contour anal; crochet obtus, à peine saillant, opisthogyre, situé aux trois huitièmes de la longueur, du côté postérieur. Surface dorsale lisse, déprimée, marquée à l’arrière d’une faible dépression, obtusément limitée du côté de la région médiane.

Charnière bien développée, quoique peu étendue, entaillée sous le crochet par une échancrure scalène : 3;, (ou Al) lamelleuse, saillante, assez allongée contre le bord lunulaire; de l’autre côté de la fossette ligamentaire, se dresse P 1 courte, inclinée à 45°, et plus épaisse que 3;,; aucune trace d’autres lamelles. Impressions musculaires peu distinctes; ligne palléale peu visible.

Dm. Diamètre antéro-postérieur : 3 mill.; diamètre umbonopalléal : 2 mill.

Rapp. et diff. — Celte petite valve est extrêmement voisine de Montacuta bidenclata Mtg., et nous l’y aurions certainement rapportée, malgré la grande distance stratigraphique qui les sépare, si elle ne s’en écartait par sa dent 3b beaucoup plus longue et plus cachée contre le bord, ce qui donne à la fossette ligamentaire la forme d’un triangle rectangle, quoique scalène, au lieu d’une forme presque isocèle — à angle du sommet peu ouvert — qu’on constate chez l’espèce actuelle et pliocénique. Pas plus que chez cette dernière d’ailleurs, on n’aperçoit la lamelle A I écartée du crochet que Félix Bernard a cru voir chez B. aastralis; cet auteur ajoute du reste qu’il y a des variations individuelles dont il faut tenir compte, nous croirions plutôt que — comme il n’a pas pu suivre l'ontogénie de la petite coquille de l’ile St-Paul — il a pu confondre un rebord accidentel du côté antéro-dorsal avec une lamelle, attendu que sur la valve gauche, A II engrène mieux avec 3b qu’avec une lamelle qui serait située plus en avant; mais cette question ne pourra être tranchée

<]ue le jour où l'on aura suivi le développement graduel des éléments de la charnière depuis le prodissoconque jusqu’à l’adulte.

li. Duvçrgieri se distingue, d'autre part, très aisément de R. cf. truncata S. Wood, de l Helvétien de la Touraine, par sa forme beaucoup moins triangulaire et moins atténuée en avant, par son extrémité postérieure moins nettement tronquée, et surtout par ses lamelles moins épaisses, l’antérieure plus couchée contre le bord dorsal, avec des fossettes moins marquées pour la réception des lamelles de la valve gauche, il/, truncata présente, en effet, l’exagération complète du principal caractère qui sépare Rochefortia de Montaciita et qui est encore plus accusé par la fossilisation ou l'usure, chez les spécimens des Faluns de Pontlevoy.

Localité. — Léognan (Coquillat), une valve droite (PI. XXV, fig. 32-33), coll. Cossmann. — Biu*«li(jalieii.

Salles, une petite valve droite (fig. 34-35), coll. Duvergier. — Helvétien.

KELLYIDÆ Sowerby em. ( Kelly adæ).

Coquille générale inéquilatérale, le côté antérieur étant le plus court; surface lisse, souvent rayonnée à l’intérieur; crochets prosogyres, subcalyculés ; plateau cardinal échancré en arrière des crochets, mais le résilie ni est logé dans une fossette presque centrale; charnière comportant presque toujours deux dents cardinales sur chaque valve, l'une d’elle parfois atrophiée; pas de lamelles latérales antérieures; lamelles postérieures bien développées, situées immédiatement en arrière de l’échancrure.

Le simple énoncé de cette diagnose différencie suffisamment cette Famille de la précédente; l’absence de lamelles antérieures, l'existence presque constante de 3a, même lorsqu’elle n’est visible que sous un fort grossissement, justifient la séparation d’une Famille qui présente un réel caractère d’homogénéité et pour laquelle nous reprenons partiellement la dénomination que Sowerby a attribuée à l’ensemble des Lcptonacea.

En excluant les Genres Lasæa Leach. (in Brown 1827), Myllita d'Orb. et Recluz, Perrierina Bernard — qui paraissent constituer la Fam. intermédiaire Lasæidæ Gray (1840) dont il a été question ci-dessus, mais qui n’est pas représentée dans nos terrains miocéniques — il reste les Genres Kellya et Pseudolepton, assez riches en espèces dans l’Aquitaine, et ceux que nous nous bornons à mentionner d’après M. Dali : Thecodonta A. Adams (1864), Serridens Dali 1899 (= Pristiphora Carp. 1866, non Blanchard 1835), Dicranodesma Dali (1899), Pachykellya Bernard (1897).

KELLYA Turlon, 1822 em. (Kellia).

Formule de la charnière : 1, 3a, 2, 4,, (plus ou moins visible), P I, P II, P III.

Kellya s. str. — Echancrure ligamentaire obliquement

étendue en arrière

du crochet; les qua- ^

tre cardinales bien '"rii At 'l *>i j>j

formées ] împres- Fig. 108. — Kellya suborbicularis Mont. Viv.

sions musculaires petites, arrondies (G. -T. : Mya suborbicularis Montg. Viv.).

Caractérisé par sa charnière répondant à la formule complète ci-dessus, ce groupe apparaît dès la base de l’Eocène et semble représenté à tous les niveaux du Tertiaire, jusqu’à l’époque actuelle. A côté de cette forme typique, nous distinguons les subdivisions suivantes :

S. -G. Bornia Philippi (1836). — Echancrure ligamentaire étroite et triangulaire sous le crochet; 3„ imperceptible, en avant de la fossette destinée à loger 2;

4/, presque complète- pu b a. Pî

ment atrophiée ! P I Fig. 109. — Bornia Sebetia Cosla. Viv.

très rapprochée de 1,

presque symétrique de l’autre côté de l’échancrure (G. -T. : Erycina corbuloic/es Bivona = Cyclas Sebetia Costa. Viv.).

On distingue facilement Bornia de Kellya par le rétrécissement de l'échancrure et la petitesse de 3a, surtout de 4 b qui disparait presque complètement, enfin par le rapprochement de PI et P III. Ce sont là des différences qui justifient la séparation d’un S. -Genre, mais non pas dun Genre distinct, comme l’a fait M. Dali. On remarquera que le génotype — résultant de l’élimination des nombreuses formes que Philippi réunissait sous le nom Bornia — est en réalité B. Sebetia, antérieur de sept ans à la publication de B. corbnloides (Moll. Rouss., II, p. 236).

Il nous semble douteux que Bornia ait réellement existé avant l'Aquitanien; une révision des charnières des espèces de Kellya, dans l’Eocène parisien, pourrait seule élucider la question. En tous cas, ce Sous-Genre est bien représenté dans l’Aquitanien et le Burdigalien de notre région.

Nous mentionnons seulement ici la Section Ceratobornia Dali (1900) qui parait différer principalement par des caractères anatomiques.

S. -G. Planikellya Cossm. 1887. — Forme déprimée, subt if go ne ; charnière plaie, à peine échancrée en arrière du crochet, de sorte que la fossette du résilium interne est constituée par un plancher triangulaire, à peine arrondi sur son contour inférieur, et que son niveau est à peu près le même que celui du reste du plateau cardinal; 1, 3a, 2, 4 &, la seconde et la dernière peu développées;

P 1, P II, P III assez saillantes, les deux premières limitant obliquement la fossette, du côté postérieur; surface externe souvent ondulée par des plis rayonnants qui festonnent les bords (G. -T. : Erycina radiolatci Lamk. Eoc.).

C'est à tort que M. Dali (/. c., p. 1140) a classé ce Sous-Genre comme Section de Lcpton, confondant évidemment les cardinales 1 et 2 avec des lamelles latérales antérieures : il n'y en a pas plus que chez Bornia ou Kellya; la preuve bien certaine que ce sont des cardinales, c’est qu'elles sont l’une précédée par 3«, l'autre suivie par 4 1>, très réduites il est vrai, mais bien visibles et complétant l’emboitement.

Planikellya se distingue d'ailleurs de ses congénères — et particulièrement de Bornia qui a presque la même formule cardinale — par l’obturation de l’écbancrure subumbonale, la fossette du résilium ne diffère presque pas de la surface du reste du plateau cardinal : ce caractère frappe immédiatement les yeux et c’est lui qui a motivé le choix du nom Planikellya, beaucoup plus que la forme aplatie des valves qu’on retrouve chez d'autres Kellya s. str., ainsi que l’ornementation rayonnante.

Ce groupe est abondamment représenté dès la base de l’Eocène; il traverse l’Oligocène et se perpétue dans l’Aquitanien ; on n’en a pas encore signalé dans le Burdigalien ni dans l’Helvétien de l’Aquitaine; mais nous pouvons indiquer que Bornia complanala Phil. est un Planikellya bien avéré : en envoyant à l’un de nous (col 1 . Cossmann) des valves de cette espèce méditerranéenne, M. le marquis de Monterosato a d’ailleurs très judicieusement fait remarquer son analogie extérieure avec Kellya soliclula du Lutêcien, qui est effectivement un Planikellya; l’examen de la charnière confirme ce diagnostic.

Sect Lasæokellya nov. Sect. Cossm. (1911). — Forme

Fig. 110. — Planikellya racliolata LU.

Éoc.

orbiculaire, peu convexe, subéquilatérale, extérieurement striée par des accroissements lamelleux vers les bords; charnière peu échancrée sous le crochet, avec une fossette interne pour le résilium, s’étendant obliquement ^ contre PI; pas de lamelle P III; 1 épaisse

et coudée en avant, s’étendant contre le 1

, , Ti i r n Fig. 111. — Lasæokelli/a

bord cardinal sous la forme cl une crete cestasensis. csssm. et

comparable à celle observée par Félix levi.Mioc.

Bernard chez Lasæa. Impressions musculaires inégales; Valve

gauche inconnue jusqu’à présent (G. -T. : L. cestasensis n. sp.

Mioc.).

L’unique valve qui nous a servi de génotype pour cette Section ne parait pas altérée par un encroûtement accidentel; nous l’aurions rapprochée de Lasæa, malgré l'absence de P III et de 3a, à cause de sa fossette ligamentaire oblique, si son échancrure ne se réduisait à une courbe à peine arquée, comme chez Planikellya. C’est pourquoi nous nous décidons à classer provisoirement Lasæokcllya comme Section de Kellya dont elle diffère par la disparition de 3a et de P III, ainsi que par la crête prolongeant 1 et par sa fossette obliquement linéaire sous P I, mais dont elle se rapproche, non seulement par son échancrure superficielle, et encore par sa forme peu convexe, non inéquilatérale comme Lasæa rubra.

Cette coquille ambiguë — qui ne sera mieux définie que quand on en connaîtra la valve gauche — n'a encore été trouvée que dans le Burdigalien de la Gironde.

S. -G. Divarikellya Cossmann (1887). — Forme oblique et arrondie, à côté antérieur plus court, à surface interne rayonnée par des plis saillants, tandis que la surface dorsale est brillante ; charnière de Kellya Ion- G ^ — N d

guement échancrée en arrière du crochet; parfois une petite protubérance 3 b se montre sous le crochet, mais il se peut qu’elle soit accidentelle; impressions musculaires ovales, situées assez haut (G. -T. : Erycina nilida Caillai. Eoc.).

Fig. 112. — Divarikellya nitida Caillat. Eoc.

Ce Sous-Genre s’écarte de Kellya, non seulement par l’ornementation de sa surface interne, mais encore par l’atrophie presque complète de

3a et de 4b, comme chez Bornia ; mais l'échancrure est largement allongée comme chez Kellya s. str. Nous n’attachons qu’une importance médiocre à la protubérance 3b. D'autre part, Divarikellya ne peut se confondre avec Planikellya à cause de son ornementation rayonnante qui forme des plis à l’intérieur des valves, au lieu de dépressions ondulées sur la surface externe, surtout à cause de son plancher cardinal beaucoup plus profondément et plus longuement échancré en arrière.

Divarikellya parait avoir vécu seulement depuis l'Eocène jusqu’à l'Aquitanien.

Pour terminer ce qui concerne le G. Kellya, nous mentionnerons simplement les Sections suivantes qui ne nous paraissent pas connues dans nos terrains : Mancikellya Dali (1899) dans laquelle l'auteur signale la trace de lamelles antérieures, et ce serait alors une Erycina ; Kellyola Dali (1899) qui semble dénuée de lamelles latérales postérieures, et en ce cas ce ne serait pas une Kellya; enfin Anomalokellya Cossm. (1887) qui se distingua de Kellya par ta petitesse de sa fossette ligamentaire, et qui n’est certainement pas un Eryciniclæ connue le propose M. Dali (l. c. p. 1142) puisqu’il n'y a pas de lamelles antérieures chez cette coquille thanétienne ( Erycina catalaunensis Cossm.).

M. Dali a admis Pseudopythina Fischer (1884) comme S. -G. de Kellya, conformément à la classification proposée par l'auteur lui-même; la charnière paraît, en effet, bien semblable, quoique Fischer ait signalé l’absence de lamelles latérales postérieures; mais il est probable que les lamelles sont précisément ce qu’il dénomme « dents cardinales postérieures » à la fossette, chevauchement qui ne peut exister chez un Lcptonacea. L'épiderme de la coquille forme des rayons squameux comme chez Pythina.

Enfin, Mysella Angas (1877), que Fischer a rapproché de Kellya, serait — d’après M. Dali qui a examiné les types — synonyme postérieur de R ochefortia (1876).

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