‹ Conchologie néogénique de l'AquitaineChapitre 27 sur 350 · Pholas ( Zirfæa ) Rozieri nov. sp. Pl. II, fig · texte numérisé non relu

Pholas ( Zirfæa ) Rozieri nov. sp. Pl. II, fig

et Pl. IV, fig. 8 et 17.

Test assez épais. Taille petite; forme cylindracée, très convexe, bâillante et roslrée aux extrémités, surtout en avant, très inéquilatérale ; côté antérieur court, terminé par un bec arrondi ; côté postérieur très allongé, presque symétriquement atténué à son extrémité; bord palléal convexe au milieu, très largement mais peu profondément échancré en avant par une sinuosité qui occupe plus du tiers de sa longueur, légèrement dénivelé aussi du côté postérieur en deçà du bec anal; crochets involvés, situés aux deux septièmes de la longueur, du côté antérieur, recouverts par une callosité épaisse et divisée en alvéoles; bord supérieur excavé de part et d’autre de cette callosité umbonale. Surface externe convexe au milieu, déprimée et excavée des

deux côtés contre la callosité; ornementation composée de rides d’accroissement couverlcs de petites aspérités rangées en séries rayonnantes sur toute la région antérieure; un sillon médian et oblique sépare la région anale sur laquelle les rides sont unies sans ornementation radiale. Bord cardinal édenté; on distingue seulement sur la valve gauche une apophyse myophore, étroite et incurvée, formant une sorte de spatule aplatie qui sort obliquement de la cavité umbonale. Impressions peu distinctes; la rainure dorsale forme seulement une arête saillante à l’intérieur des valves; en outre, il v a deux ou trois rides sur le bord supérieur du rostre anal, et une faible protubérance sur le rostre buccal.

Dim. Diamètre antéro-postérieur : 14 m i 1 1 . ; diamètre perpendiculaire au précédent : 65 mill.

Rapp. et diff. — Cette espèce ressemble beaucoup à celle que MM. Dollfus et Dautzenberg ont nommée Barnea palmula Duj., dans leur Monographie de la Touraine ; mais elle est encore moins haute, plus étroitement rostrée en avant et munie d’un bec anal qui manque chez l’espèce helvétienne; en outre, chez cette dernière, l’ornementation rayonnante persiste sur la région anale, au delà du sillon médian qui est d’ailleurs peu profond chez P. palmula : il parait donc bien certain que P. Rozieri est spécifiquement distinct de l’autre espèce; mais il est non moins évident qu’elles appartiennent toutes deux à la môme Section du G. Pholas, c’est-àdire à la Section Zirfæa Leach (in Gray, 1840), caractérisée par ce sillon médian qui rappelle un peu Martesia; les alvéoles du callum umbonal et la sinuosité du contour antéro-palléal ne permettent pas de classer ces deux espèces dans la Section Barnea, comme l’ont fait les deux auteurs précités. D’autre part, si l’on rapproche notre spécimen de Pholacliclea papijracea Turton, à cause de son rostre postérieur qui pourrait faire penser que c’est un reste du siphonoplaxe terminant les valves de Pholadidea, on remarque que ces dernières n’ont pas de rostre antérieur comme notre Zirfæa, parce que leur sinuosité est à peine indiquée, le bâillement étant d’ailleurs clos par une calotte calcaire qui ne devait pas exister chez P. Rozieri où l’on n’en voit aucune trace. Quant à l’espèce du Crag, figurée par Sowerby (Min. Conch., t. II, pl. CXCVI1I, fig. 3 et 4), elle parait avoir les crochets situés beaucoup moins en avant que chez P. palmula et que chez notre coquille; ce doit être une espèce distincte des deux, à laquelle conviendrait par conséquent le nom P. (Zirfæa) brevis Wood.

Localité. — Saucats (sans indication de gisement) ; deux valves, dont une

intacte est le type (PL II, fig. 12-13), coll. du laboratoire de Géologie, à la Sorbonne; quatre valves (fig. 14-16, et PL IV, fig. 8 et 17), coll. de l’Ecole des Mines. — Burdigalien.

MARTESIA. Leach, in Blainv., 1824.

Coquille cuuéifonne, bâillante en avant, avec un callum bien développé; surface externe divisée par un seul sillon unibonoventral; protoplaxe large et ovale, métaplaxe allongé; hypoplaxe étroit, formé de deux pièces symétriques, plus ou moins soudées sur la ligne médiane; mésoplaxe non constant; apophyse en forme de cuilleron arrondi. G-T. : P. clcivata Lamk. [sec. Herrmannsen) Viv.

On distingue aisément ce Genre de Pholas et de Barnea par la présence d’un callum qui obture le bâillement antérieur des deux valves réunies; ce callum, mince et fragile, ne se détache pas toujours exactement suivant la suture sinueuse du contour antérieur de la valve. D’autre part, Martesia s’écarte de Pholadidea par l’absence de siphonoplaxe ; même, quand ce tube adventif manque chez Pholadidea, on reconnaît les valves de ce dernier Genre, qui ont aussi la surface divisée par un sillon, comme chez Martesia, à ce que le contour antérieur n’est guère plus sinueux que chez Pholas, tandis que Martesia évolue davantage vers les Teredidæ, h ce point de vue.

On a rapporté à ce Genre certaines formes mésozoïques et même carbonifériennes; mais son apparition n’a été constatée d’une manière bien certaine qu’à partir de l’Eocène.

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