‹ Conchologie néogénique de l'AquitaineChapitre 277 sur 350 · II : 2 — L — P II · texte numérisé non relu

II : 2 — L — P II

Félix Bernard n’a pas interprété cette charnière comme Fischer : ayant suivi le développement ontogénique d’une petite espèce de Dax qu’on trouvera décrite ci-après, il a observé que les dents antérieures sont restées an stade de développement qui précède le stade permanent des autres

Familles : la dent 1 est en face de la lamelle 111 et elle n’atteint pas le sommet; sur la valve opposée, 2 et A II se composent de deux bombements du bord cardinal, dans le prolongement l’une de l’autre; enfin les lamelles postérieures sont au contraire très allongées et très minces, on l'es confondrait avec de simples rainures du bord, si l’on ne vérifiait qu’elles s’emboitent exactement d’une valve sur l’autre (G. -T. : L. parisiensis Desh. Eoc.).

Ce Genre représenté par trois espèces dans l’Eocène du Dassin de Paris, une à chaque niveau, existe également dans le Miocène inférieur, ainsi que Desbayes l’avait lui-même signalé; seulement Benoist a attribué le nom burdigalensis Desh. à une toute autre coquille qu'à une Lutetia, de sorte que nous avons été obligés de donner un nom nouveau à celle du Burdigalien, que Deshayes avait évidemment en vue dans le texte qui accompagne la description des Lutetia parisiennes.

D’autre part, la coquille de Claiborne que l’un de nous a rapportée au même Genre (Cossm. Notes compl. Alab., 1894, p. 13) est un peu différente d’après M. Dali : Alveinus minutus Conrad (1865) peut donc être conservé comme génotype d’un S. -G. distinct qui différerait par l’exis-

tence d'une faible nymphe, ce qui l’écarterait complètement de Lutetia et même des Kcllyellidæ d’après Félix Bernard. Nous n’avons pas les éléments nécessaires pour trancher la question en ce qui concerne Alveinm, mais nous constatons que la forme de la coquille et sa charnière sont exactement celles de Lutetia.

On peut aussi en rapprocher Pauliella Munier-Chalm., dont le génotype (P. Bernardi Mun. Ch.), récolté à l’ile Saint-Paul par Vélain, a été étudié par F. Bernard; il se distingue par ses trois lamelles antérieures sur chaque valve.

Enfin, nous avons pu nous convaincre — par l’examen de spécimens authentiques (coil. Cossmann) de Spaniodon nitidum Beuss, génotype de Spaniodon Reuss (1867) — que ce Genre est absolument identique à Lutetia : c’est exactement la même charnière, la même forme, les mêmes impressions musculaires, il n’y a aucune différence qui puisse motiver même la séparation d’une Section de Lutetia. Il en résulte donc que le G. Lutetia a vécu jusque dans le Miocène supérieur de Volhynie.

Il n’en est pas de même toutefois en ce qui concerne la coquille sarma-

tienne que les auteurs désignent sous le nom Spaniodon Barboti Andrz.

Cette coquille — dont l'un de nous (coll. Cossmann), possède plusieurs

valves recueillies à Sultanowka

par feu Sokolow — est munie ^ -- '

d’une seule énorme dent cardi-

nale, sur chaque valve, en avant ^jf

de la fossette ligamentaire; sa ,, ..„ 0

■D ’ Fig. 118. — Spamodontella Barboti Andrz.

charnière a, par suite, un peu Sarrn,

d’analogie avec celle de Tur-

quetia Munier-Ch., étudiée par Félix Bernard dans sa Note sur les Lamellibranches de l’ile Saint-Paul; mais, tandis que l’espèce actuelle est mince et plus courte en arrière qu’en avant, la coquille sarmatienne est épaisse et a le côté antérieur court comme les Veneridæ. C’est évidemment un Genre nouveau de la même Famille, et le savant Professeur de l’Université de Kiew, M. Andrussow, lui a déjà donné le nom Spaniodontella; mais ces dents, dites cardinales, sont en réalité AI et AIL

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