‹ Conchologie néogénique de l'AquitaineChapitre 278 sur 350 · Lutetia girondica Benoist, in coll · texte numérisé non relu

Lutetia girondica Benoist, in coll

PL XXVI, fig. 16-19.

Test relativement épais. Taille microscopique; forme arrondie, subtrigone vers le crochet, convexe, élevée, inéquilatérale; coté antérieur régulièrement arqué, un peu plus court que le

— Gll —

côté postérieur qui est rectiligne en haut et subanguleux vers le bas; bord palléal médiocrement convexe au milieu, se raccordant par des arcs inégaux avec les contours latéraux; crochets gonflés, quoique obtus, cordiformes et prosogyres, situés un peu en avant de la ligne médiane; bord supérieur également déclive et presque rectiligne de part et d’autre du crochet, mais la ligne se prolonge davantage du côté anal et se raccorde par un coude peu sensible. Surface dorsale bombée, lisse, très brillante, les accroissements étant excessivement ténus.

Charnière bien développée, à contour inférieur sinueux en arrière du crochet, vis-à-vis la fossette du ligament interne; A I ou 1 n’atteignant pas le crochet, formée d’un épaississement assez long du bord cardinal, séparée par une rainure de A 111 qui est très épaisse contre le bord lunulaire; P l et P III séparées par une fine rainure qui s’étend sur toute la longueur du côté anal, jusqu’au coude de raccordement avec le contour palléal; 2 formée d'une petite protubérance oblique et épaisse sous le crochet; A II courte et saillante, séparée par une large fossette de A IV ou 4a [sec. Félix Bernard) qui est simplement représentée par un épaississement peu sensible du bord lunulaire; PII confondue avec le bord; fossette ligamentaire trigone et profonde, séparée néanmoins de la cavité umbonale par un septum échancré sur son contour inférieur. Impressions musculaires bien gravées, allongées, inégales, l’antérieure plus petite ; ligne palléale non sinueuse, parallèle au bord lisse.

Dim. Diamètre antéro-postérieur : 2 mill.; diamètre umbonopalléal ; 2,5 mill.

Rapp. et diff. — L’ontogénie de celte petite coquille — qui n’est pas rare dans les gisemenis du vallon de Saucats — a été étudiée en détail par Félix Bernard (Ire note sur le dév. des Lamell.. p. 139, fig. 21); la charnière est bien celle qui est dessinée dans le Manuel de Fischer (p. 1024, fig. 771); seulement l’interprétation n’est pas la même, comme nous l’avons expliqué ci-dessus. L. girondica a beaucoup d’analogie avec ses congénères parisiennes; mais elle est beaucoup moins inéquilatérale

que L. parisiensis et que L. umbonata; elle est moins élevée et plus trigone que L. deficiens Cossm., du Bartonien; elle se distingue des trois espèces par rallongement de la rainure marginale, du côté postérieur.

Localités. — Saucats (Min de Lagus), cotypes (PI. XXVI, fig. 16-19), coll, Cossmann ; assez commune. Léognan (Coquillat), toutes les collections; Saucats (Peloua, Min de l’Église, Pont-Pourquey, Gieux, Giraudcau), coll. Benoist. Martillac (Pas de Barreau); La Brède (Moras sup'), Mérignae (Baour supr), Dax (Mandillot), une petite valve gauche, douteuse coll. Degrange-Touzin. — ISiidmI italien.

Mérignae (Baour), coll. Peyrot. Saint-Avit (Basta), Saint-Selve (Raton- Durand), coll. Degrange-Touzin. — Aqsiïlaiiîen.

Orthez (Paren), coll. Degrange-Touzin. Salles (Largileyre), coll. Peyrot. — Helvétien.

Saubrigues, deux valves microscopiques, que nous n’osons séparer de la forme burdigalienne, coll. Dumas; même localité une valve, coll. Degrange-Touzin. — Tortonien.

SP0RTELL1DÆ Dali, 1900.

Coquille non bâillante, à résilium interne et à ligament externe, posé sur une nymphe peu saillante; une ou deux dents cardinales sur chaque valve; pas de lamelles latérales; impressions musculaires allongées, symétriques, ligne palléale simple, bords lisses.

Nous approuvons complètement la séparation de cette Famille : l’apparition d’un ligament externe, dont on chercherait vainement la trace chez les Familles précédentes, la disparition du bâillement caractéristique des Galeommatidæ , la réduction de la fossette interne pour le résilium qui est extrêmement petit, presque rudimentaire, justifient amplement cette création. Mais nous nous écartons de M. Dali quand il s'agit de faire entrer dans cette Famille des Genres tels qu ’Anisodonta, Bâsterotia et Fulcrella qui n’ont pas de plancher cardinal, et qui — par conséquent — appartiennent au Sous-Ordre Adapedonta, comme on l'a vu précédemment dans cette Monographie. Si fragile que puisse paraître ce critérium, il suffit — à nos yeux — pour différencier complètement ces deux groupes, attendu qu’il dénote un stade d’évolution beaucoup plus avancé chez les Sportellidæ que chez les Basterolidæ. Ainsi émondée, la Fam. Sportellidæ ne comprend que les Genres Sportella et Hindsiclla, le premier seul représenté dans nos terrains néogéniques, quoique Benoist y ait signalé le second dont on n’a trouvé aucune valve jusqu’à présent, de sorte qu’il y a eu probablement une confusion.

SPORTELLA Deshayes, 1858.

(= Fabella Conrad, 1803).

st

Forme oblongue, presque symétrique, à plancher assez épais, un peu dénivelé en arrière du crochet pour l’insertion d’un résilium rucli- ^ mentaire et très oblique; charnière presque rectiligne :

1 et 2 bien développées, 3rt parfois atrophiée, courte et épaisse; nymphe longue et plate, tout à fait obsolète chez certaines espèces (G. -T. : Psammotæa dubia Desh. Eoc.).

Fig. 119. — Sportella dubia Desh. Foc.

Quoiqu’il soit à peu près impossible d’indiquer les différences qui permettraient de distinguer Fabella de Sportella, M. Dali a maintenu le premier comme Section du second; nous le considérons comme complètement synonyme jusqu’à preuve du contraire. Quant à la Section Angusticardo Cossm. 1887 (G. -T. : Poromya rotundata Desln), de l’Eocène des environs de Paris, elle parait caractérisée par l’épaisseur moindre du plancher cardinal qui existe cependant d’une manière continue, et par la disparition complète de l’échancrure du contour inférieur de ce plancher, la fossette étant réduite à un point imperceptible; en outre, la coquille est plus arrondie, plus irrégulière et surtout plus convexe que celle de Sportella; nous n’en avons d'ailleurs trouvé aucun représentant dans le Miocène.

En résumé, Sportella apparait dès le Thanétien (S. Bezançoni Cossm.) et se poursuit pendant toute la période éogénique jusqu’au Burdigalien; nous n'en connaissons pas, jusqu’à présent, dans le Miocène moyen et supérieur; mais M. 8acco (/. c. XXVII. p, 3i, pl. VIII, fig. 8) signale l'existence de l’espèce vivante, S. recondita Fischer, dans le Plaisancien du Piémont. Autant qu’on peut en juger d’après une figure très défectueuse, cette coquille aurait plutôt l’aspect de Scintilla (= Spaniorinns ), et cet auteur lui-même la compare avec hésitation à Pseudopythina Fischer. Il en est de même de Nesis prima Monterosato, que M. Ccrulli Irelli a retrouvée à Monte-Mario, dans le Pliocène inférieur et qu il a classée dans le Genre Sportella en indiquant sa ressemblance avec S. corbulina Desh. qui n’est pas une véritable Sportelle; il eût été plus prudent de conserver provisoirement la dénomination Nesis Monteros. 1878. Aussi sommes-nous convaincus — sans pouvoir toutefois le démontrer — que le Genre Sportella, qui date du Tertiaire ancien, n’a atteint que la base de l’époque néogénique.

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