‹ Conchologie néogénique de l'AquitaineChapitre 280 sur 350 · Sportella Degrangei nov. sp. PL XXVI, fig · texte numérisé non relu

Sportella Degrangei nov. sp. PL XXVI, fig

Test peu épais. Taille assez petite; forme elliptique, très allongée transversalement, peu convexe, subéquilatérale; côté antérieur ovale, plus allongé que le côté postérieur dont le contour est à peine plus atténué; bord palléal très peu arqué, se raccordant par des courbes inégales avec les contours latéraux; crochet très petit, à peine saillant, à peine prosogyre, situé aux trois septièmes de la longueur, du côté postérieur; bord supérieur également déclive et peu arqué de part et d’autre du crochet. Surface dorsale peu bombée au milieu, faiblement comprimée aux extrémités, lisse quoique ornée de très fines stries d’accroissement qui sont assez régulières.

Charnière petite, à plateau cardinal étroit et peu épais, à peine dénivelé en arrière par la fossette du résilium : 2 oblique à 45° et assez longue; 4/, plus épaisse et plus courte, un peu oblique également vers l’avant; fossette très superficielle et courte, vaguement limitée en arrière; nymphe peu distincte, quoique visible cependant par une très légère saillie obsolète sur le plateau cardinal. Impressions musculaires symétriques, étroites et allongées, reliées par une zone palléale un peu creuse, écartée du bord lisse.

Dim. Diamètre antéro-postérieur : 6,5 mill.; diamètre umbonopalléal : 4 mill.

Rapp. et diff . — Cotle espèce se distingue immédiatement de S. ncpotina par sa forme beaucoup plus étroite et plus allongée, par ses extrémités plus symétriques, quoique son crochet soit situé plus en arrière, par sa charnière plus mince et munie de dents un peu différentes. L’attribution au G. Sporlella n’est pas plus douteuse que pour l'autre espèce, et ici la nymphe est même un peu plus distincte. Il n’y a guère que S. corbulina Desh. qui soit aussi allongée, dans l'Eocène des environs de Paris ; mais c’est une coquille beaucoup plus inéquilatérale encore, moins symétrique et plus convexe que S. Degrangei.

Localité. — Dax (Mandillot), une valve gauche (PI. XXVI, fig. 10-11), coll. Degrange-Touzin. — Aqiiitanien.

Cénacle : LUCINACEA Anton, 1839 ( em . in Dali, 1901).

Coquille libre, non nacrée, plus ou moins orbiculaire, intégropalléale, à ligament externe ou interne, à charnière, quand elle existe, hétérodonte autour de la dent 2.

Cette brève diagnose résume tout ce que l’on peut dire pour justifier la réunion — dans un seul Cénacle — de Mollusques assez divers non seulement par leur coquille, mais par l’anatomie de l'animal : les deux seuls caractères invariables sont l’absence de sinus palléal et de dent 1 à la charnière dont l'emboitement se fait autour de la dent principale de la valve gauche. 11 est vrai que certains groupes de Lucines ont la charnière complètement atrophiée, mais ils se rattachent manifestement — par d'autres critériums certains — à la Famille Lucinidæ, de sorte que l’on peut admettre que, si la charnière s’était développée, elle aurait été du « type lucinoïde », pour emprunter l’expression créée par Félix Bernard, en opposition avec le « type cyrénoïde » dans lequel l’emboitement se fait autour de la dent 1.

Ce Cénacle a été l’objet d’une étude très approfondie de M. Dali (Synopsis of the Lucinacea, 1901, Proc. U. S. Nat. Mus., vol. XXIII) qui l’a divisé en cinq Familles : Thyasiridæ, Diplodontidæ. Corbidæ, CyreneUidæ, Lucinidæ. Sous réserve de légères modifications, notamment sur la question de priorité dans la nomenclature, nous admettons ces cinq Familles qui nous paraissent judicieusement constituées, et dont deux seulement i Diplodontidæ, Lucinidæ ) ont été signalées jusqu’à présent, dans le Néogène de l’Aquitaine.

La Famille Thyasiridæ (Dali 1903) devrait porter le nom antérieur Cryptodonlidæ (Dali 1895), car même en admettant que Thyasira Leacli. (in Lamk. 1818, non Thyatira Hübner), doive être substitué à Cryptodon Turton ' (1822) ou Axinus Sow. (1821, non Axina Kirby 1819), il y n’a aucun

motif de symétrie qui puisse enfreindre la loi de priorité pour le nom de Famille. En tous cas, bien que ce Genre ait apparu déjà dans le Paléocène, nous ne connaissons, dans le Sud-Ouest, qu’un seul spécimen brisé provenant de Saubrignes et qui parait pouvoir se rapporter à Tellina /lexiiosa Montg. qui est le génotype de Cryptodon ; mais, dans l’état où il se trouve, il nous est impossible de le décrire, de le faire figurer, ni de le comparer avec l’espèce actuelle, ni avec la variété Michelottü Hœrnes, du Piémont : il faut donc attendre pour le cataloguer.

La Famille Corbidæ (Dali 1903), qui est encore plus ancienne que la précédente, puisqu’on en signale déjà des représentants dans les terrains du Jurassique inférieur, n’a pas été signalée dans notre Miocène. Quant à la Fam. Cyrenellidæ (Fisch. 1887) — qui ne comprend que le Genre Cyrenoida Joannis 1835 (— Cyrenella Desh. 1836) — elle ne parait exister, à l’état fossile, que dans le Pliocène de la Floride (C. caloosaensis Dali), et l’on n’en connait que trois espèces vivantes; c’est un animal d’eau saumâtre, dont les caractères anatomiques ressemblent à ceux des Diplodontidæ, mais avec une charnière très différente.

UNGULIN1DÆ H. et A. Adams, 1858.

(= Diplodontidæ Dali, 1895).

Coquille équivalve, circulaire ou déformée quand elle est perforante, plus ou moins bombée, à crochets plus ou moins prosogyres; surface striée par les accroissements; charnière munie, quand elle n’est pas édentée, de 3a, 3;,, 2 et 4 ; pas de lamelles latérales, mais le bord cardinal est souvent prolongé par des rainures de part et d’autre, ou d’un seul côté; ligament tantôt interne, tantôt semi-interne et semi-externe; impressions des adducteurs allongées, ligne palléale entière, souvent dédoublée; bords des valves lisses.

Dès l’instant que l’on réunit dans une même Famille les Ungulines et les Diplodontes qui ont presque la même charnière, il n’y a aucun motif pour éliminer la dénomination Ungulinidæ qui est de près de 40 ans antérieure à Diplodontidæ.

Des trois Genres Ungulina, Diplodonta et Axinopsis Sars (1878), dont se compose cette Famille, les deux premiers sont seuls représentés dans le Néogène de l’Aquitaine.

UNGULINA [Daudin] Bosc, 1802.

(— Clntlio Faujas, 1807, non Walckenaer 1805).

Coquille irrégulière, logée clans les trous des rochers ou des coraux; surface sillonnée par les accroissements, revêtue d’un épiderme épais; crochets prosogyres, peu inclinés et peu gonflés; bord cardinal épais, dépourvu de PlG' 12a - UnguUna unguiformis Bast. Aq.

rainures en avant et en arrière; 3a épaisse, 3;, mince et à peine bifide, 2 bilobée, 4| mince et oblique; ligament complètement interne, posé sur un épaississement du plateau cardinal, en arrière de 3/, et 4 & dont il est séparé par une faible arête dentiforme (G. -T. : U. oblonga Daudin = U. rubra Boissy sec. Dollf. Dautz. 1306).

Ce Genre • — que l’on rapprochait autrefois des Lucines — en diffère essentiellement, non seulement par ses doubles branchies, mais encore par l’impression de l'adducteur antérieur qui ne se détache pas de la ligne palléale, comme chez Lucina; c’est surtout la position interne du ligament qui caractérise Ungulina : il n’est pas reçu dans une fossette, mais il repose au contraire sur une aire épaissie qui est nettement visible en arrière des cardinales, sur le plateau dont la surface aplatie se prolonge assez loin de part et d'autre de la charnière, sans aucune trace de lamelles latérales. La ligne palléale est simple et s écarte un peu du bord des valves, vers le milieu.

Les Ungulines sont rares dans le Néogène, peut-être à cause de la fragilité de leur test habitué à l'abri protecteur des rochers sous-marins. Il y a lieu d’observer que, par suite de cet habitat, la présence d Ungulines dans des gisements, tels que ceux de l’Aquitanien par exemple, n'implique nullement que ces animaux aient été contemporains, puisqu’il se peut qu'ils aient vécu dans une mer plus récente dont le fond était formé de roches aquitaniennes : ce n’est que quand les trous — dans lesquels se sont logées ces valves — ont une antériorité bien définie (par ex. un calcaire lacustre comme celui qui s’est déposé avant la mer aquitanienne), qu’on peut affirmer, comme i'a fait Benoist pour l’espèce ci-après décrite, qu’elle appartient bien au niveau qui constitue le gisement en question.

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