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Diplodonta ( Felaniella ) brevifulcrata n. sp

PL XXVI, fig. 38-43.

Test mince. Taille petite ; forme goodallioïde, un peu convexe, irrégulièrement arrondie, inéquilatérale, avec le côté antérieur pins long et plus atténué que le côlé postérieur; crochets un peu gonllés et saillants, opposés, situés toujours en arrière de la ligne médiane, même au tiers de la largeur des valves népioniques; bord supérieur légèrement arqué, pins déclive en avant qu’en arrière du crochet. Lunule et corselet indistincts; surface dorsale médiocrement bombée, un peu déprimée sur la région buccale, ornée de 1res fines stries d’accroissement. Charnière extrêmement réduite en largeur, à contour inférieur peu saillant sur la cavité umbonale : 3;, largement bifide, oblique; 3„ isocèle, contiguë au bord; 2 bifide, perpendiculaire sous le crochet; 4/, mince, oblique à 45°; nymphe étroite, saillante, à peine plus longue que 4/,, séparant l’aire ligamentaire externe qui est limitée par une rainure de faire interne à l’extrémité de la nymphe; du côté buccal, on ne distingue absolument aucune trace d’une rai-

mire contre le bord antéro-supérieur. Impressions musculaires bien gravées, inégales, réunies par une large zone palléale qui est brillante, tandis que le reste de la surface intérieure est terne et dépourvu de sillons rayonnants.

Dim. Diamètre antéro-postérieur : 5,5 mo.ll . ; diamètre umbonopalléal : 0 mill.

Rapp. et diff. — Lorsque les individus sont jeunes, on peut hésiter à les séparer de D. Biali; cependant on les reconnaît toujours par leur forme plus arrondie, plus élevée, inéquilatérale, par la disparition complète de la rainure antéro-dorsale, et surtout par le brièveté de la nymphe qui ressemble à une dent cardinale supplémentaire; en outre, il n'y a aucune trace de rayons internes, et la zone palléale plus large est aussi plus écartée du bord.

Dans l’Eocène, c’est à D. inæqualis Desh., de Thanétien, que notre espèce ressemble le plus, quoiqu'elle soit encore plus inéquilatérale, plus élevée et plus rétrécie vers les crochets; on la distingue, d’autre part, de D. radians Mell. parce que celui-ci est presque symétrique et pourvu de sillons rayonnants sur sa surface interne.

Localités. — Léognan (Coquillat), cotypes adultes et népioniques (PI. XXVI, fig. 38-43), coll. Bial-Neuville. Saucats (Mia de l’Eglise), coll. Cossmann. Cestas, individu usé et douteux, coll. de Sacy ; Saucats (Min de Lagus, coll. Bial de Bellerade. Léognan (Le Thi 1 supérieur), coll. Bial- Neuville.. — Bui*(]ig»lien.

Pessac (Lorient), coll. de Sacy. Mérignac (Baour), coll. Peyrot. —

Aquitaiiien.

LUCLMDÆ Fleming, 1828 (cm.).

Coquille équivalve, close, orbiculaire ou elliptique, aplatie ou très bombée, à crochets prosogyres, à surface plus ou moins ornée; ligament marginal ou subinterne; charnière variant depuis l’édentulation complète jusqu'à la formule :

A III — AI — 3„ — 3Z, — P I — P III A II — À IV — 2 — kb — P II — P IV

Il n’y a jamais de dent 1, le pivot de l'emboîtement est la dent 2 de la valve gauche qui n’est point centrale, parce que 4a ne s’est pas développée; on trouve tous les intermédiaires provenant de l’atrophie respective de chacun de ces éléments.

Impressions musculaires écartées, inégales, l’antérieure invariablement prolongée par nne digitation assez étroite, parfois très longue, située à l’intérieur de la ligne palléale qui ne comporte aucun sinus et qui aboutit normalement à l’adducteur postérieur; bord palléal parfois denticulé par de fines crénelures qui se prolongent plus ou moins sur le bord dorsal.

En rapprochant cette Famille des Tcllinacea, dans l'Ordre des Dibranchia, Fischer a été conduit à en éliminer et à en écarter beaucoup les Ungulinidæ dans lesquelles il a fait entrer Cryptodon, malgré ses affinités lucinoïdes. Nous avons expliqué — au début de cette Monographie — les motifs qui nous ont décidés à ne pas le suivre dans cette voie; la morphologie de la charnière, étudiée par Félix Bernard, nous a offert une base toute naturelle pour laisser les Lucines à l'emplacement qu’elles ont toujours occupé dans le système des Pélécypodes. C’est même un fait intéressant de constater que le pivot de la charnière est à gauche (dent 2) comme chez les formes normales de Chamacidæ , quoique les Lucines soient des coquilles libres, non fixées, alors que ce pivot est toujours à droite (dent 1) chez tous les autres Hétérodontes plus ou moins parfaits. L’explication de ce fait est dans l’ancienneté des Lucines; car il est un fait à peu près certain, c’est que les Hétérodontes mésozoïques sont, pour la plupart lucinoïdes, et l’on ne connait — pour ainsi dire — pas de formes cyrénoïdes à dent 1 dans le Jurassique, à part les Cardiidæ.

La division rationnelle de cette Famille en Genres, Sous-Genres et Sections, a été tentée par M. Dali (1903 — Tert. Flor., p. 1331); nous ne nous en écarterons que sur certains points, et particulièrement sur l'ordre d’exposition de cette classification. En effet, il nous a paru préférable de commencer par le Genre Lucina proprement dit, qui est complètement édenté, et de suivre graduellement l’apparition des éléments successifs de la charnière, ainsi que le déplacement du ligament qui — dans certains groupes — reste interne ou à peu près, comme chez la coquille népionique, tandis que chez les autres, il évolue vers la position externe et définitive, avec une nymphe pour le supporter; cette évolution parait en concordance, à peu d’exceptions près, avec le développement de l’appareil cardinal, de sorte que l’on peut conclure que la Lucine parfaite est celle qui comporte la formule ci-dessus, avec un ligament externe.

Partant de ces données, nous admettons les Genres suivants :

I. Lucina ; II. Loripcs; III. Pscudomiltha ; IV. Miltha; V. Myrtea; VI. Coda- Ida ; VII. Pkacoides ; VIII. Divaricella.

A. l’exception du troisième, nous avons à nous occuper ici de tous les Genres; Pscudomiltha Fiscli. (1887) est une forme éocénique, de grande

taille (G. -T. : Lucina giganlea Desh.) qui a extérieurement la forme de Vliacoides, mais dont la charnière est complètement édentée, et surtout dont le Lord dorsal comporte une interruption caractéristique sur toute la longueur de l’aire ligamentaire. Ou observe la même disposition chez Lucinoma Dali (1903), ainsi que nous l’avons constatée, sinon chez le génotype, du moins chez une forme affine, L. acutilineata Conrad (eoll. Cossmann).

LUCINA [Brug.] Lamk. 1799.

Coquille globuleuse, peu épaisse, pourvue d’une lunule, dépourvue de corselet; bord cardinal édenté; ligament externe plus ou moins enfoncé dans la commissure dorsale ; impressions musculaires inégales, dissymétriques; l’antérieure proboscidiforme, la postérieure palmulée; surface interne, tantôt rayonnée, tantôt munie d’oscules.

Lucina s. str. — Ligament nettement externe, posé sur une nymphe formée par l’épaississement du bord cardinal qui

Fig. 123. — Lucina eclentula Lin. Viv.

est un peu calleux et à peine arqué, sans échancrure en arrière du crochet; lunule étroite, longue, bien limitée; impression du muscle antérieur longue, parallèle au bord (G. -T. : Tellina cdentula Lin. Viv.).

La délimitation exacte du terme Lucina a été établie dans le Manuel de Fischer el adoptée aussi par M. Dali (1900 — Tert. Flor., VI, p. 1352). La plupart des auteurs ont admis comme synonyme Loripinus Monterosato (1884), dont le G. -T. est L. fragilis, coquille de la Méditerranée. D'accord avec M. Dali, nous pensons qu'il y a des motifs suffisants pour admettre cette Section distincte.

Loripinus Monts. 1884. — Ligament enfoncé presque à l'intérieur sous le bord dorsal, dans une sorte de rainure oblongue et étroite; bord cardinal étroit et échancré en arrière du crochet, parfois muni — sur la valve droite — d’une protu-

béranee dentiforme sous le crochet, mais sans aucune fossette sur la valve gauche; lunule courte, large, obtusément

limitée; impression du mus- „ 10. , . . , ... ....

1 Fig. 124.— Lonpinus fragilis Plia, Plioc.

clé antérieur assez courte, divergente (G. -T. : Lucina fragilis 'Phil. = edcntula Br. non Lin. Plioc.).

Comme l'a fait ressortir M. Dali, il y a une grosse différence dans l’insertion du ligament qui est quasi-interne chez Loripinus; en outre, la lunule et l’impression musculaire sont beaucoup plus courtes; le bord cardinal est aussi plus mince et mieux écliancré en arrière. C’est à cette Section et non au G. Lucina s. str. que l'on doit rapporter les fossiles connus en Europe, depuis ceux de l'Eocène et de l’Oligocène, jusqu'au Néogène de France et d'Italie. Toutefois, aux Etats-Unis, d'après le témoignage do M. Dali, on trouve de véritables Lucines depuis le Claiborn.ien (L. subvexa Cour.), jusqu'à l’Aquitanien de la Floride (L. Janus, corpulenta Dali). Quant à L. chrysostoma Meuschen (= edentula Cliemn. non L.), il est abondant dans le Pliocène de la Floride (coll. Cossmann), et on le distingue aisément par son bord cardinal aussi épais que celui d’un Loripes; mais c’est bien également un Lucina s. str. Par conséquent, on pourrait conclure de là que Loripinus est cantonné en Europe seulement, et Lucina s. str., de l’autre côté de l’Atlantique, le génotype étant originaire de la Jamaïque.

294. Lucina ( Loripinus ) fragilis Phil. PI. XXVI, fig. 52-S5.

1814. Venus edcntula Brocchi. Conclu subap., Il, p. 552 (non Linné).

1825. Lucina edentula Borson. Oritt. Piem., XXIX, p. 272.

1836. Lucina fragilis Phil. Enum. Moll. Sic., I, p. 34.

1844. — Phil. Ibid., II, p. 25.

1850. Lucina Sismondæ Desh. Traité élém. Conclu, p. 786.

1852. Lucina subedcntula d'Orb. Prod , III, p. 116, 26e ét. , n° 2181.

1865. Lucina Sismondæ Hœrn. Tert. Beck. Wien, II, p. 224, pl. XXXII,

fig. 6.

1881. — Font. Moll. Plioc. Rhône, II, p. 110.

1884. Loripinus fragilis Monteros. Nomencl. Conclu médit., p. 17.

1901. Lucina fragilis Sacco. I Moll. terz. Piem., XXIX. p. 69, jd. XVII,

fig 3-5.

1901. Loripcs fragilis Dollf. Pautz. Nouv. liste Pélécyp., p. 22.

1903. Loripes fragilis Dollf. Cott. Gom. Moll. Tert. Port., p. 45, pl. XVII,

fig. 4-5.

1909. Lucina fragilis Dollf. Dautz. Conch. Mioc. Loire, p. 241, pl. XVI,

fig. 1-4.

1909. Loripinus fragilis Cerulli-Irelli. Fauna mal. Mar., p. 176, pl. XXIX,

Taille moyenne; forme 1res convexe, suborbiculaire, quoique inéquilatérale; côté antérieur relevé vers le haut et très atténué, à peu près aussi large que le coté postérieur qui est plus dilaté et subtronqué sur son contour anal; bord palléal régulièrement arqué; crochets gonllés, prosogyres, situés à peu près au milieu; bord supérieur excavé en avant du crochet et subanguleux à sa jonction avec le contour buccal; bord supéro-postérieur un peu arqué, raccordé en courbe avec le contour de la troncature anale. Lunule large, profonde, bien limitée; surface dorsale bombée, fortement déprimée sur la région anale dans la partie correspondant à la troncature du contour; fines stries d’accroissement croisées par quelques rayons très obsolètes.

Charnière étroite, largement excavée en arrière, munie sur chaque valve de protubérances dentiformes qui n’engrènent pas l’une avec l’autre, celle de la valve gauche est d’ailleurs plus épaisse; ligament subinterne, inséré dans une étroite rainure sous le bord dorsal et vis-à-vis de l’excavation du contour cardinal; impressions musculaires profondément gravées (sur les valves décrites du Tortonien), l’antérieure très courte, à peine digitée par un prolongement aussi large que long; ligne palléale cariée (sur nos valves plésiotypes), parallèle au bord lisse.

Dim. Diamètre antéro-postérieur : 1 1 m i 11 . ; diamètre umbonopalléal : 9, S mill.

Rapp. et diff. — A part les impressions internes qui sont — peutêtre accidentellement — plus profondément gravées dans le test, les valves que nous venons de décrire sont, en tous points, identiques à celles du Pliocène de Masserano (coll. Cossmann) que nous a envoyées M. Sacco. L'atténuation caractéristique du contour buccal, la profondeur de la

dépression anale, l’existence de protubérances dentiformes sous les crochets, ne laissent place à aucune hésitation sur l’attribution de ces valves à l’espèce pliocénique d’Italie, cpii paraît d’ailleurs se retrouver dans le Bassin de Vienne, dans l’Helvétien de la Touraine (d’après MM. Dollfus et Dautzenberg) et dans le Tortonien du Portugal; toutefois nous n’avons pu vérifier en nature ces trois provenances.

Localité. — Saubrigues, plésiotypes(Pl. XXVI, fig. 52-55), coll. Dumas. — Tortonien.

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