‹ Conchologie néogénique de l'AquitaineChapitre 288 sur 350 · Lucina (. Loripinus ) fragilis Philippi · texte numérisé non relu

Lucina (. Loripinus ) fragilis Philippi

mut. Lecointreæ nov. mut. PL XXVI, fig. 59-62.

Test peu épais. Taille au-dessous de la moyenne; forme globuleuse, orbiculaire, subéquilatérale quoique dissymétrique; côté antérieur arrondi un peu plus court et beaucoup plus atténué que le côté postérieur qui est dilaté en avant et obtusément tronqué sur son contour anal presque vertical et peu arqué; bord palléal très convexe un peu en arrière de l'aplomb du crochet, se raccordant par des arcs de cercle inégaux avec les contours latéraux; crochets gonllés quoique petits, prosogyres, situés en avant de la ligne médiane (1); bord supérieur un peu et brièvement excavé en avant du crochet, relevé et faiblement arqué en arrière, se raccordant par un angle très arrondi, avec la troncature anale. Lunule petite, cordiforme, profonde, vaguement limitée par un pli obtus; pas de corselet; surface dorsale très bombée au milieu, à peine déprimée sur la région anale, lisse sur toute son étendue, sauf quelques accroissements irréguliers. Bord cardinal mince, un peu sinueux ou très largement excavé en arrière du crochet, l'insertion du ligament se faisant sous l’arête vive du bord dorsal; aucune trace de dents cardinales ni de lamelles latérales. Impressions musculaires inégales, dissymétriques, la postérieure ovale ou palmulée, l’antérieure proboscidiforme

(1) Il est entendu que, comme dans tous les cas où les valves peuvent paraître plus ou moins obliques et plus ou moins inéquilatérales suivant l'inclinaison qu’on leur fait prendre à plat, la position normale est obtenue quand la tangente à la convexité maximum du bord palléal est horizontale.

et se prolongeant par une courte et large zone d’attache; ligne palléale peu distincte, très voisine du bord lisse; surface interne très vaguement rayonnée.

Dim. Diamètre antéro-postérieur : 10,5 mill.; diamètre umbono-palléal : 9,5 mill.

Rapp. et diff. — Lorsque cette coquille est vue du côté du dos, on pourrait la confondre avec Diplodonta oncodcs, mais un simple coup d’œil sur la charnière — et sur l’impression du muscle antérieur — suffit pour dissiper toute équivoque. Nous n’avons pas hésité à la séparer comme une mutation distincte de L. fragilis Phil. (— L. edentula Br. non L.) qui est répandue dans le Pliocène d’Italie ou des Alpes maritimes et qui a vécu aussi à Saubrigues : en effet, tous nos spécimens de Monte-Mario, de Masserano, de Biot et de Cannes (coll. Cossmann) sont caractérisés : par leur forme beaucoup plus transverse; par leur extrémité antérieure plus relevée au niveau des crochets; par leur bord antéro-do sal plus longuement excavé, par leurs crochets situés un peu plus en avant; par leur dépression anale beaucoup plus profonde et excavée, limitée par un faible pli rayonnant; par leur bord cardinal muni sur la valve droite d’une petite protubérance dentiforme, tandis que la valve gauche est plus profondément échancrée en arrière du crochet; enfin par leur impression musculaire encore plus brièvement prolongée vers l’intérieur de la valve. Toutes ces différences accumulées et d'ailleurs constantes motivent amplement l’adoption d’un nom nouveau.

Toutefois, nous n’avons admis en synonymie : ni la coquille du Bassin de Vienne désignée par Hœrnes sous le nom Sismondæ Desh., qui est tout à fait différente, d’après la figure; ni les citations de l’Helvétien et du Tortonien du Piémont, par M. Sacco qui n’a figuré que des valves du Pliocène; ni la coquille de la Touraine (Dollf. Dautz., L c. p. 241, pl. XVI, fig. 1-4), quoiqu’elle ressemble plutôt à nos échantillons de Salles qu’à celle du Pliocène, ni enfin L. fragilis de la Méditerrannée, dont M. de Monterosato nous a envoyé (coll Cossmann) plusieurs valves à bord édenté, ressemblant plus à notre mutation helvétienne qu’à la forme pliocénique, mais distincte néanmoins des deux espèces. Comme la correction fragilis Phil. a été faite à la place d 'edentula Br. (non L.), il est à présumer que le nom fragilis devra être conservé pour le fossile du Pliocène seulement, mais cela n’a pas d'influence sur notre diagnose.

Mayer a décrit et figuré ( Journ . Conch. XXXVII, p. 60. pl. IV, fig. 5), une Lucina sallomacencis qui appartient aussi au groupe de L. fragilis, mais elle est beaucoup plus dissymétrique que L. Lecointreæ et présente sur sa moitié supérieure des lamelles concentriques serrées qui n’existent pas dans celle-ci. Cette sculpture est peut-être due à l’altération du

test de l’unique vaive connue de l'auteur. Quoi qu’il en soit, nous n’avons pas trouvé de spécimens pouvant se rapporter à la figuration de Mayer. Nous nous bornons donc à mentionner ce nom, sans cataloguer l'espèce qui est encore douteuse pour nous.

Localités. — Salles (Largileyre), valve gauche (PI. XXVI, fig. 61-62), coll. Cossmann; valve droite (fig. 59-60), coll. Dumas. Salles (Min Débat), une valve gauche, coll. Bial de Bellerade. Salles (Minoy) coll. Duvergier.

— Ilehétien.

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