Lucina (. Loripinw ) globulosa Deshayes
Pl. XXVI, fig. §6-58.
1830. L. globulosa Desh. Encycl., II, 2° part., p. 573.
1861. — Mayer Journ. Conch., IX, p. 63.
1867. — Desm. Act. S. L. B., XXVI, p. 364, pl. V, fig. 4.
1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 51, no 126.
Test relativement mince. Taille grande; forme très convexe, orbiculaire, inéquilatérale et dissymétrique; coté antérieur
ovale vers le haut, beaucoup plus court et plus atténué que le côté postérieur qui est largement circulaire; bord palléal arqué dans le prolongement des contours latéraux; crochets gontlés, un peu saillants, prosogyres, situés aux trois cinquièmes de la longueur, du côté antérieur; bord supérieur à peine enfoncé sous le crochet, se relevant immédiatement après vers le contour buccal; bord supéro-postérieur à peine arqué, déclive sur une certaine longueur, puis coudé à sa jonction avec le contour anal. Lunule minuscule, vaguement limitée à l'intérieur; surface dorsale fortement bombée au milieu, avec une dépression très obsolète sur région anale, et peu excavée sur la région lunulaire; stries d’accroissement peu régulières, assez profondes, croisées par des traces de rayons.
Charnière très mince, complètement édentée; rainure ligamentaire très longue et très étroite, sous le bord ‘dorsal caréné; le contour inférieur du bord cardinal est un peu arqué en arrière des crochets. Impression du muscle antérieur large, relativement peu allongée, très divergente de la ligne palléale qui est écartée du bord lisse; surface interne vaguement rayonnée.
Dm. Diamètre antéro-postérieur : 60 mill.; diamètre umbonopalléal : 55 mill.; épaisseur d’une valve : 20 mill.
Rapp. et diff. — Ce n'est pas seulement par sa grande taille que cette belle coquille diffère de L. Benoisti, mais encore par sa forme plus dissymétrique et plus inéquilatérale; en outre elle est dénuée des protubérances dentiformes qui caractérisent la mutation burdigalienne, et l’impression de l'adducteur antérieur ne s’amincit pas comme chez cette dernière.
Il est singulier de constater que cette mutation aquitanienne — qui a aussi vécu dans le Burdigalien — se rapproche plus de L. fragilis par sa forme dissymétrique ; mais elle n’a pas la profonde dépression anale qu’on observe chez l’espèce vivante, et sa digitation antérieure est surtout plus large et plus longue.
Nous n’avons compris dans notre synonymie ni la coquille du Bassin de Vienne, figurée par Hœrnes, ni celle du Piémont que M. Sacco a rapportée à la var. IJœrhea Desm. : ce sont des Lucines à bord cardinal bien plus large en arrière des crochets, et il est probable que l’on devra les rapporter plutôt à Lucina s. str.., parce que le ligament n’est pas interne
comme chez notre Loripinus. 11 y a lieu de constater d'ailleurs que la présence de ce L. Hœrnea à tous les niveaux, depuis l’Aquitanien de la Ligurie jusqu’au Pliocène inferieur, demande a être confirmée par une étude plus approfondie; la plupart des échantillons sont dans un état de conservation très défectueux; ceux avec le test ne montrent pas l’intérieur des valves, et il est probable que l’on trouverait là des bases pour mettre un peu d’ordre dans toutes les mutations comprises sous le même nom, ainsi que nous l avons fait pour les Loripinus du Sud-Ouest.
Mayer ( l . c ) cite L. globulosa au Tartas (Gaas) « dans la couche la plus supérieure du Tongrien ». Nous n’avons pu vérifier s’il s’agit bien de l'espèce ou d’une mutation ancestrale. D’ailleurs, l’existence dans ces mêmes couches (d’après Mayer) de L columbella, ornata etc. rend douteuse soit la position stratigraphique qui a été assignée jusqu’ici à ces couches, soit la détermination des échantillons qui n'ont peut-être pas été comparés avec le soin minutieux que nous apportons à ces comparaisons.
Localités. — St-Morillon (le Plantât), plésiotvpes (PI. XXVI, fig. 56- 58), coll. Bial-Neuville; un individu de taille maximum, coll. de Sacy. Saucats (Min de Bernaclion), fuie Benoist. Léognan (Le Thil, Les Sables), coll. Bial de Bellerade. Noës (lit du Peugue), coll. de Sacy. Mérignac (Baour inf»1), coll. Peyrot. La Brède (La Salle, tranchée du ch. de fer); Ste-Croix-du-Mont; Sendets; La Saubotte; Canenx; Lucbardez (cantine de Bargues), coll. Degrange-Touzin. — Aquitaiiieii.
Saucats (Peloua), coll. Degrange-Touzin (remaniée?). — Rurdi- «jalfen.
LORIPES Poli, 1791.
(= Lucinida d’Orb. 1846, fide Dali).
Coquille suborbiculaire, faiblement ornée ; lunule étroite, cordiforme, creuse; ligament interne clans une fossette profonde. Loripes s. sir. — Taille assez grande on moyenne; bords
Fig. 125. — Loripes lacteus Gmel. Plioc.
lisses; charnière incomplète : 3a, 3b, 2, 4/,; A I et A II seules, faibles quelquefois P I; digitation antérieure un peu allongée, parallèle à la ligne palléale (G. -T. : Tel/inci lactea Gmel. Viv.).
L'apparition d'une charnière déjà assez développée distingue facilement ce Genre de Lucina s. str. et de Loripinus ; mais son ligament non évolué vers la position externe qu'il occupe chez les formes plus parfaites, telles que Phacoidcs, fixe le classement de Loripes auprès de Lucina, avant Pseudomiltha, bien que ce dernier soit édenté, et avant Miltha qui n’a cependant pas de lamelles latérales.
Il existe des Loripes au-dessous de l’Helvétien de la Touraine, dans notre Miocène inférieur.
S. -G. Microloripes Cossm. 1910. — gonflée; bords finement crénelés; 3a, 3/,,
2, 4&; AI et PI, A II et A IV, P II et P IV ; digitation large, confondue avec la ligne palléale (G. -T. : Lucina dentata Bast.
Mioc.).
L’importante différence qui existe dans les lamelles latérales de ces petites coquilles ne permet pas de les confondre avec les vrais Loripes chez lesquels, lorsque les lamelles postérieures se montrent faiblement, jamais on ne constate les doubles lamelles A IV et P IV qui caractérisent Microloripes ; d’ailleurs, la digitation plus large a son contour externe confondu avec la ligne palléale; enfin les bords sont crénelés : tous ces critériums réunis justifient amplement la distinction de notre nouveau S. -Genre.
L'ancienneté de ce Sous-Genre est d'ailleurs bien plus grande puisqu’on trouve des Microloripes dans l’Eocène : ils ont été confondus avec Parvilucina qui est dans un groupe de petites coquilles, à charnière bien développée, mais avec un ligament externe. Les deux formes ont coexisté dansl’Eocène; tandis que Loripes s. str. n’apparaît que dans l'Aquitanien, Microloripes ne parait pas avoir atteint le Pliocèue.