Loripes (. Microloripes ) cf. niveus Eichwald
PI. XXVI, fig. 77-80.
1830. Lucina nivea Eichw. Naturhist. Skizze Lith. , p. 206.
1831. — Dub. Plat. Volh. Pod., p: 58, pl. VII, fig. 40-42.
1837. — Pusch. Polens. Pal., pp. 183 et 238.
1853. — Eichw. Leth. ross., III, p. 83, pl. V, fig. 2.
Taille très petite (dans l’Aquitaine); forme assez convexe, inéquilatérale, à côté antérieur plus allongé que le côté postérieur qui est subtronqué; bord palléal arrondi; crochets
gonflés, saillants, prosogyres, situés en arrière de la ligne médiane; bord supérieur excavé en avant du crochet, déclive et presque rectiligne en arrière. Lunule creuse, lisse, limitée par un petit gradin; surface dorsale médiocrement bombée, déprimée sur la région anale, ornée de fines stries d’accroissement sublamelleuses, surtout sur la dépression postérieure.
Charnière haute, épaisse, médiocrement échancrée sur son contour inférieur : 3a mince, longue, oblique à 45°; 3?, plus épaisse, légèrement oblique en sens inverse; fossette ligamentaire large et profonde; A 1 et P I presque équidistantes, minces, lamelleuses; 2 et 4 1, presque égales; A II et A IV, P II et P IV bien marquées, quoique étroites. Impression du muscle antérieur à peine plus longue que celle du muscle postérieur, s’écartant un peu de la ligne palléale vers l’extrémité divergente de la digitation; bords très finement crénelés.
Dim. Diamètre antéro-postérieur ; 4,5 mill.; diamètre umbonopalléal : 4 mill.
Rapp. et diif. — Nous ne sommes pas Lien sûrs que les valves cidessus décrites soient identiques à l'espèce d'Eiclnvald, et la comparaison avec les spécimens variables de Pologne (coll. Cossmann) nous laisse évidemment quelques doutes sur cette détermination; mais comme nous n'avons que de très petits échantillons provenant de gisements différents de la Gironde ou des Landes, et que ces échantillons ne sont même pas tous parfaitement pareils, nous nous bornons à indiquer ce rapprochement provisoire jusqu à ce que la question puisse être tranchée d’une manière plus certaine à l’aide de matériaux meilleurs et plus nombreux.
La seule chose qu’il nous soit possible d'affirmer, quant à présent, c’est que ces échantillons du Miocène moyen et supérieur de l’Aquitaine ( 1 ) sont certainement distincts de L. dentatus, non seulement par leur forme plus inéquilatérale et moins bombée, par leurs crochets plus saillants, mais encore par leur charnière plus haute, à cardinales plus longues, à lamelles latérales plus minces, à fossette ligamentaire plus profonde, à contour inférieur moins échancré; en outre, la digitation du muscle antérieur, n’est pas confondue avec le bord palléal sur toute son étendue et elle diverge à son extrémité d’ailleurs très courte.
(1) Sauf ceux de Sauçais (la Sime) que nous avons comparés à ceux de L. dentatus de Léognan et qui son! identiques (même bombement, charnière aussi forte, etc.), on les trouvera donc repérés ci-dessus'a L. dentatus.
Mayer a décrit sous le nom L. sallomaccnsis une valve de Salles qui ressemble un peu à celles-ci; mais il indique explicitement que sa charnière est édentée et que la forme de la coquille ressemble à celle de Lucina gibbossula Lamk. : nous avons exprimé plus haut l'opinion que c’est probablement un Loripinus, mais que, dans le doute, la coquille devait être provisoirement rayée de nos catalogues (V. pp. 037-638).
Localités. — Salles (le Minoy), une valve droite (PI. XXVI, fig. 77- 78), coll. Cossmann; Salles (Largileyre), une autre valve droite plus inéquilatérale, mais trois fois plus petite, coll. Dumas. — Helvctien.
Saubrigues, une valve gauche (PI. XXVI, fig. 79-80j, coll. Dumas. — Toi’tonien.
, M1LTHA H. et A. Adams, 1858.
Coquille inéquivalve, avec la surface des valves presque lisse. Charnière avec les dents latérales obsolètes (Adams, seule espèce citée : Lucina Chilclreni Gray, Viv.).
Coquille large, aplatie, ornée de stries ou de lamelles concentriques; lunule très petite; charnière portant à droite : deux dents cardinales dont la postérieure est bifide, lambdiforme et parfois complètement divisée; à gauche : deux dents cardinales divergentes, pas de dents cardinales (G. -T. : L. Childreni Gray, Brésil, sec. Fischer).
Ces deux diagnoses se ressemblent peu, quoique s'appliquant au même génotype; en fait, celle de Fischer se rapproche plus de la réalité quoiqu’il l’ait un peu trop élargie pour y introduire des formes fossiles qui ont exactement la même charnière, mais dont le galbe est un peu différent de celui de l'espèce génotype. Miltha est, en définitive, un Genre intermédiaire entre Pseudomiltha — dont la charnière est complètement édentée — et Phacoides qui possède, outre les cardinales au complet, des lamelles latérales. Le contour des valves est en général transverse ou élevé comme chez le génotype, mais toujours irrégulier, avec une dépression plus ou moins profonde, plus ou moins bien limitée sur la région anale; la digitation du muscle antérieur est très longue ou très courte comme chez Megaxinus Brugn. (G. -T. : Lucina elliptica Borson.), seulement ce dernier a la charnière édentée. D'autre part, Miltha se distingue toujours de Pseudomiltha (G. -T. : Lucina gigantea Desh.) parce que son bord dorsal n’est pas interrompu — comme chez ce dernier — sur toute la longueur de l’aire ligamentaire; comme Gibbolucina et Megaxinus sont également dépourvus de cette échancrure caractéristique et que d’autre part la digitation anté-
rieure est courte et large comme celle de M. Childreni chez Gibbolucina, longue au contraire chez Megaxinus, nous en concluons qu’il ne faut attacher à l'apparition ou à la disparition des dents sur le plateau cardinal que la valeur d'un critérium sectionnel, de même qu’à la longueur de la digitation antérieure Dans ces conditions les subdivisions à admettre dans le G. Miltha seraient les suivantes :
Miltlia s. str. — Valves irrégulières, gibbeuses, presque lisses; lunule petite; pas de corselet; charnière : 3„, 3/„ 2, 4&; nymphe courte; digitation large et courte (G. -T. : L. Childreni Gray, Viv.).
Ce groupe n’apparait que dans l'Oligocène supérieur. M. Dali le signale aussi dans le Miocène inférieur et le Pliocène des Etats-Unis, même dans l’Eocène supérieur de l’Alahama et dans l’Oligocène du Mississipi; mais, comme les valves ne sont figurées que du côté du dos, il est impossible d’affirmer que ce sont bien des Miltha s. str.
Sect. Megaxinus Brugn. — Forme et surface identiques à celles de Miltha , mais la charnière est édentée; aire ligamentaire large, insérée ^
entre le rebord dorsal G 0
et la nymphe qui est Ion- \ l N
glie , digitation allongée Fig. 127. — Megaxinus ellLpLicus Borson. Plioc. et un peu divergente
(G. -T. : Lucina elliptica Borson; L. rostrata Pecch. Mioc.).
Cette Section ne semble pas avoir vécu dans PEocène ni dans l’Oligocène des environs de Paris, elle y est précédée par Gibbolucina, elle apparait dès l’Aquilanien et se poursuit jusqu'à l’époque actuelle.
Sect. Gibbolucina Cossm. 1904. — Forme et surface identiques à celles de Miltha et de Megaxinus ; charnière édentée comme chez ce dernier ou ne laissant apparaître que la trace des dents cardinales; nymphe courte; digitation très courte et très divergente (G. -T. : Lucina callosa Lamk. Eoc.).
Groupe éogénique dont il paraît exister un dernier représentant dans l’étage Aquitanien.
Sect. Eomiltha Cossm. 1910. — Forme transverse, souvent rhomboïdale, très plate, à surface lamelleuse; charnière
Fia. 128. — Eomiltha Cuvievi Bayan. Eoc.
de MU/ ha ; nymphe longue; digitation très allongée, rejoignant presque le bord palléal à l’aplomb du crochet (G. -T. : L. contorta Defr. Paléoc.).
Nous proposons cette nouvelle Section pour les formes qui s’écartent complètement de Miltha et ne s’en rapprochent que par leur charnière; le génotype provient de Thanétien, ses descendants ont vécu dans l’Eocène inférieur ou moyen; M. Dali a fait figurer un moule interne, de l’Aquitanien de la Floride méridionale, Phacoides ocalanus n. sp ., qui a une complète analogie avec les empreintes g Eomiltha Cuvieri Bayan, du Lutécien. Enfin nons en décrivons ci-après une espèce burdigalienne. Au-dessus de ce niveau, nous n’en connaissons plus.