‹ Conchologie néogénique de l'AquitaineChapitre 310 sur 350 · Codokia ( Jagonia ) reticulatoides nov. sp · texte numérisé non relu

Codokia ( Jagonia ) reticulatoides nov. sp

PL XXVIII, fig. 36-41.

1873. Lucina reticulata Benoist. Saucats, p. 53, n» 136 (non Poli).

1909. .lagonia reticulata Dollf. Essai Aquit., pp. 24 et 43.

Test assez mince. Taille petite; forme variable, orbiculairetransverse, peu convexe, très inéquilatérale; côté antérieur demi-circulaire, deux fois plus allongé que le côté postérieur qui est moins régulièrement arqué et ob tusémenl coudé; bord palléal largement arqué, se raccordant par des courbes inégales avec les contours latéraux; crochets petits, pointus, prosogyres, situés au tiers de la longueur des valves, du côté postérieur; bord lunulaire brièvement excavé, puis convexe sur toute l'étendue buccale; bord supéro-postérieur déclive, presque rectiligne en arrière du crochet, se raccordant par un angle très arrondi avec. le contour anal. Lunule petite, creuse, lisse, limitée par un gradin obtus; surface dorsale peu bombée, déprimée sur la région anale, partout ornée de fines costules rayonnantes, dichotomes vers les bords, crénelées par des lamelles d’accroissement très serrées; sur la région anale, les aspérités sont même assez saillantes.

Charnière puissante comparativement à la taille des valves,

fortement coudée en arrière du crochet, surtout sur la valve gauche : 3a contiguë au bord lunulaire, plus courte que 3/, qui est nettement bifide; lamelles latérales équidistantes, AI plus épaisse et plus saillante que PI; 2 trigone et bilobée à l’extrémité, ii, plus mince et inclinée contre la nymphe; A II et P II saillantes et pointues, séparées par de larges fossettes de A 11 et P 111 qui sont moins proéminentes et plus courtes; nymphe étroite et peu saillante, bordée par Paire du ligament qui est à peine excavée.

Digitation de l’adducteur antérieur fortement coudée et divergente; impression musculaire postérieure palmulée et transverse; il est rare qu’on puisse les observer facilement; ligne paîléale parallèle au bord obtusément crénelé et assez écartée de ce dernier; les crénelures ne se prolongent pas sur les contours latéraux; cicatrice interne et obtuse, divergeant en biais de la cavité umbonale vers l’adducteur antérieur, mais s’arrêtant loin de ce dernier.

Dim. Diamètre antéro-postérieur : 10,5 mill.; diamètre umbono-palléal : 8,5 mill.

Rapp. et diff. — La forme aquitanienne a toujours été confondue avec la coquille néogénique et actuelle, connue sous le nom reticulata préemployé par Linné, de sorte que la véritable dénomination — rétablie par M. Dali et adoptée par MM. Dollfus et Dautzenberg — est J. clecussata (Da Costa). Cependant elle s’en distingue par sa forme moins convexe, plus déprimée à l’arrière, plus inéquilatérale et moins élevée, par son ornementation plutôt crénelée que ponctuée, surtout par les variétés de sa charnière : les cardinales sont plus petites, moins divergentes, moins fortement bifides parce qu’elles sont moins épaisses; les lamelles antérieures sont un peu plus écartées des cardinales ; la digitation musculaire est plus coudée. Tous ces motifs nous décident à en faire une mutation bien distincte, qui s’écarte aussi de son ancêtre J. squamosa Lk. par son ornementation plus fine, quoiqu’elle soit aussi inéquilatérale que la coquille stampienne.

Il y a lieu de remarquer toutefois que la comparaison que nous venons de faire est basée sur des spécimens méditerranéens et pleistocéniques (coll. Cossmann) qui représentent exactement la forme typique que Poli avait en vue; mais ceux du Plaisancien de Villalvernia (Piémont) et du Messinien de St-Ariès (Vaucluse), que nous avons sous les yeux (coll.

Cossmann), ont une forme presque aussi inéquilatérale que J. reticulatoicles, avec une ornementation trois fois plus grossière; l’écartement des sillons rayonnants s’accentue encore chez la var. perobliqua Sacco, à tel point que M. Dollf. et Dautz. ont proposé de rattacher cette variété à J. pecten Lamk. (= L. exigua Eichw.). Si l’examen de la charnière et de la surface interne — qui ne parait pas avoir été fait sérieusement jusqu’à présent pour les spécimens d’Italie et de Touraine — démontrait que les spécimens pliocéniques ont les mêmes dents et les mêmes impressions que J. pecten, il en résulterait un singulier chassé-croisé stratigraphique entre le Bassin méditerranéen et le Sénégal! Mais, à priori, ils nous semblent plus inéquilatéraux et moins élevés que les spécimens de Gorée (coll. Cossmann). Quoi qu’il en soit nous maintenons, de toute façon, la séparation de J. reticulatoicles, ne fût-ce que pour ne pas augmenter encore la confusion qui parait avoir été faite.

Localités. — St-A.vit, cotypes (PI. XXVIII, fig. 36-41), coll. Cossmann, coll. Degrange-Touzin; Mérignac, même coll. Léognan (le Thil), coll. Bial de Bellerade. La Brède (tranchée du ch. de fer), coll. Degrange- Touzin. — Aqiiilanicn.

Saucats (le Peloua), coll. de Sacy, coll. Benoist, coll. Degrange-Touzin; Léognan, coll. Benoist. — ISurdifjalien.

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