Gastrochæna (Spengleria) Neuviilei nov. sp. PI. Il
fig. 43-44
Test mince. Taille assez grande; forme étroite, peu convexe, inéquilalérale ; côté antérieur, court, ovale; côté postérieur quatre ou cinq fois plus allongé, subtronqué par un contour un peu curviligne qui se relie par des angles arrondis avec les bords supérieur et palléal; ce dernier est arqué et peu bâillant dans toute la région antérieure, subitement sinueux en arrière; le contour supérieur est un peu curviligne dans la région du crochet, presque rectiligne et un peu déclive du côté postérieur; crochets petits, peu saillants et peu gonflés, opposés, situés au quart antérieur de la longueur des valves. Surface externe peu bombée, divisée par une rainure oblique, peu profonde, mais large et nettement limitée en arrière, qui part du crochet et rayonne un peu en courbe vers l’angle inférieur de la troncature anale, en dépassant le contour palléal qui s’y raccorde par une sinuosité bien marquée; région antérieure couverte de fines stries d’accroissement, sublamelleuses et serrées, cessant sur la dépression rayonnante qui est lisse et même brillante; sur la région postérieure, ces stries se redressent parallèlement au contour de la troncature, avec moins de régularité, jusqu’à la limite du corselet qui est étroit, lancéolé et lisse. Bord cardinal édenté, épaissi et retroussé en avant du crochet, aminci seulement sous la pointe de ce dernier, assez élargi en arrière où la
nymphe étroite et mince fait une légère saillie sur le contour supérieur. Impressions musculaires peu distinctes ; sinus palléal grand, profond, occupant presque toute la région anale, jusqu’à l’arête qui correspond, à l’intérieur des valves, à la rainure externe.
Dim. Diamètre bucco anal : 17 mill, ; diamètre umbono-palléal : 8 mill.
Rapp. et diff. — Une espèce de Spengleria a été décrite dans le Tertiaire (Helvétien?) des Açores par Mayer, sous le nom Gastrochæna Cuvier i. Autant qu’on peut en .juger d’après la lithographie (PI. I, fig. 7 a-b), cette coquille est plus large, moins allongée, et ses crochets sont situés beaucoup plus en avant; le dessin indique que les stries persistent jusque sur la rainure dorsale; mais il est possible que ce soit une erreur du dessinateur, car l’interruption de ces stries est un caractère qu’on observe aussi chez l’espèce vivante (S. rostrata Spengler, in Tryon, pl. CIV, fig. 47). On distingue d’ailleurs notre espèce burdigalienne de l’espèce actuelle par sa troncature moins large, par son bec sinueux plus saillant sur le contour palléal, par son corselet plus étroit, par ses plis beaucoup moins marqués sur la région anale, par sa nymphe moins courte et moins saillante.
M. Sacco a décrit, dans l’Helvétien du Piémont, un fragment peu déterminable sous le nom S. miotaurinensis; autant qu’on peut en juger d’après une figure très imparfaite, il semble que la coquille est plus bâillante que celle du Burdigaliën, mais on ne peut guère distinguer les autres caractè res différentiels.
Quant à l'espèce auversienne des environs de Paris, elle est beaucoup plus contournée, plus bâillante, plus étroite; sa région anale est limitée par des saillies plus fortes et grossièrement plissée; son corselet est plus large et plus plat; la rainure interne est très profonde et ne forme pas de bec palléal vers l’angle de la troncature anale.
Localité. — Le Peloua, les deux valves, la gauche à demi-cassée; type figuré (Pl« II, fig. 43-44), coll. Neuville. — llurtllgalfen.
Cénacle : MYACEA Menke.
Coquille parfois inéquivalve ; charnière dégénérée ou aslhénodonte, comportant rarement plus d’une dent cardinale; ligament en parlie externe, en partie subinterne, avec un cuilleron plus ou moins redressé sur l’une des valves, et une fosselte chondrophore sur l’autre valve; ligne palléale plus ou moins sinueuse.
Fam. MYACIDÆ Woochvard em.
Coquille presque toujours équivalvé; test cellulo cristallin ; ligament interne, opisthodétique ; chondrophore saillant sur la valve gauche, minuscule et subumbonal sur la valve droite; charnière sans dents; ligne palléale plus ou moins sinueuse; impressions musculaires très inégales.
Fischer a réuni les Corbules aux Myidæ (dénomination amendée en Myacidæ par Dali) ; néanmoins il y a des différences suffisantes pour justifier la séparation de deux Familles distinctes, principalement dans la charnière qui ne comporte jamais de véritables dents chez les Myacidæ où l’on remarque seulement un chondrophore ou cuilleron saillant sur la valve gauche. Pour ce motif, il y a lieu de classer Tugonia et Sphenia dans la même Famille que Mya. Ce sont d’ailleurs les deux seuls Genres qui représentent cette Famille dans notre Miocène.
MYA Linné, 1758.
Coquille épaisse, oblongue, bâillante aux deux extrémités, surtout en arrière, sub-inéquivalve, la valve gauche un peu plus petite que la droite ; crochets plus ou moins contigus, non proéminents; charnière formée : à gauche d’un chondrophore large et saillant, à droite, d'un chondrophore plus petit, triangulaire et sous-umbonal ; impression musculaire antérieure très allongée; impression musculaire postérieure ovale; sinus palléal large, profond, arrondi.
Benoist (Cat. Saucats, p. 20) cite Mya arenaria L. à Saucats (La Sime) où elle serait très rare. Mous n’avons retrouvé cette espèce ni dansja collection Benoist, ni dans les matériaux que nous avons eus à notre disposition.
TUGONIA Gray, 1842.
Coquille mince, équivalvé, globuleuse, ovale en avant, tronquée en arrière et largement bâillante; crochets gonflés, opisthogyres; surface ornée de costules rayonnantes; bord cardinal muni, sur chaque valve, d’un cuilleron saillant et concave, portant le cartilage; en arrière du cuilleron, il existe, sur la
valve gauche, un appendice dentiforme, comparable à un repli du cuiMeron ou à un second D
cuilleron séparé du premier par une arête; il est obliquement dirigé en arrière et reçu dans une fossette correspondante de la valve droite; impression de l’adducteur antérieur très allongée, celle de l’adducteur postérieur ronde et très petite ; ligne palléale rapprochée du bord et large. G. -T. : Mya analina Gm.
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Fig. 2. — Charnière de Tuyonia ornata Bast.
Quoique ce Genre soit voisin de Mya, on l’en distingue non seulement par son ornementation, mais encore parce que ses valves ne sont pas inégales et par son faux sinus. La première apparition de Tugonia est à la base du Miocène.