‹ Conchologie néogénique de l'AquitaineChapitre 39 sur 350 · Tugonia ornata Bast. PI. Il, fig · texte numérisé non relu

Tugonia ornata Bast. PI. Il, fig

1825. Mya ornata Bast. Mém. géol. env. Bord., p. 95, pl. IV, fig. 22.

1838. — Grat. Cat. zool. Gir. , p. 68.

1859. Tugonia anatina Hœrn. Tertiærb. Wien, II, p. 32, pl. III, fig. 6. 1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 20, n° 17 ( non Gmelin).

1878. Tugonia ornata. Benoist. Tort. Gir. P. V. Soc. lin. Bord., vol. XXXII,

p. LXXXVII.

1894. — Degr.-Touz. Etude prélim. coq. foss. Orthez [Actes

Soc. lin. Bord., vol. XLVIII, p. 417).

Test mince et fragile. Taille en général petite, exceptionnellement au-dessus de la moyenne; forme globuleuse, très inéquilalérale, largement arrondie en avant et sur le contour palléal, plus rétrécie, bâillante et nettement tronquée du côté postérieur où le contour est obliquement rectiligne et un peu retroussé à l’extérieur; la forme générale ressemble à celle d’un Cuspidaria dont on aurait sectionné le rostre anal; crochets petits, gonflés, opisthogyres, situés au quart de la longueur des valves, du côté postérieur. Surface dorsale très bombée au milieu, déclive et un peu excavée sur la région buccale, marquée par une légère dépression rayonnant en courbe un peu en deçà de la troncature

anale; ornementation composée : 1° de rides concentriques, peu régulières, parallèles aux contours et, en particulier, redressées comme la troncature, s’étendant sur toute la surface externe; 2° de vingt-cinq à I rente costules rayonnantes, assez serrées, inéquidistantes, minces et peu saillantes, qui cessent subitement vers le tiers de la surface, du côté antérieur, et, d’autre part, en deçà de la dépression contiguë à la troncature anale; leur régularité est simplement dérangée par les rides, sans aucune trace de granulations à leur intersection. Bord cardinal court, presque rectiligne, convergeant au delà de la troncature avec la tangente au bord palléal; il porte, sur la valve gauche, un cuilleron saillant et arrondi, situé un peu en arrière de la pointe du crochet, et dont les bords sont repliés de part et d’autre; mais l’arête (ou repli) postérieure se prolonge par une sorte de second cuilleron contigu au premier (peut-être une lamelle postérieure P II), et reçu, sur l’autre valve, dans une fossette anale limitée par un contrefort qui la sépare de l’impression de l’adducteur très petite, bien gravée et arrondie; impression palléale formant une zone brillante et parallèle au bord, bien limitée sur tout le long de la troncature anale où elle forme une courbe légèrement excavée qui représente le sinus palléal; les côtes et rides externes se traduisent à l'intérieur, à cause de la minceur du test, et même le contour palléal parait légèrement lacinié par les costules, sur le tiers de son développement linéaire.

Dim. Diamètre antéro postérieur : 16 mill. ; diamètre perpendiculaire au précédent, et mesuré à la largeur maximum en avant des crochets : 12,5 mill.

Rapp. et diff. — Ce fossile a une ressemblance intime avec l’espèce vivant actuellement au Sénégal, le « Tugon » d’Adanson, qui est le génotype de Tucjonia; cependant, contrairement à l’opinion de Hoernes et de Benoist, qui ont désigné le fossile miocénique sous la même dénomination que la coquille récente, nous estimons que Basterot a eu raison de lui attribuer un nom différent (ornata) qu’il y a lieu de conserver pour la coquille du Bordelais tout au moins, attendu que nous ne répondons pas de l’identification de celle du Bassin de Vienne, que nous ne connaissons que d’après les figures. En effet, T. ornata se distingue de T. anatina par sa

forme beaucoup moins arrondie, moins globuleuse, plus rostrée; nous avons comparé des individus de même âge, et leurs proportions ne sont certainement pas les mêmes. Il y a aussi quelques petites différences dans la charnière, mais il est plus aisé de les constater que de les décrire.

Il existe dans la collection Desbayes, à l’Ecole des Mines, deux valves de Tugonia rapportées par cet auteur de l’expédition de Morée, et recueillies dans un gisement pliocénique : ces valves ont complètement la forme de Tugonia anatina, et il n’est pas possible de les confondre avec T. ornata ; toutefois elles sont épaissies et comme cariées par la fossilisation qui en a complètement dénaturé la charnière, de sorte qu’on ne peut affirmer absolument que c’est la même espèce que celle du Sénégal.

M. Sacco (I. Moll. terz. de! Piem., p. xxix) ne signale aucun représentant de ce Genre dans les couches néogéniques d’Italie, pas plus que MM. Dollfus et Dautzenberg, dans l’Helvétien de la Touraine.

Localités. — Saint-âvit, quatre valves d’une taille exceptionnelle (PI. II, fig. 53-o6), coll. de l’Ecole des Mines. — Aquttanien.

Dax (Cabannes Saint-Paul), coll. Bial de Bellerade; Saucats (M. de Lagus et de l’Eglise), coll. Cossmann, coll. Degrange-Touzin; Léognan (Coquillat) ; Sangsuegr, coll. de Sacy; Léognan (prop. Carrère), coll. Rozier, Nadal. — Bur«ligalien.

Salles (Largileyre), coll. Dumas; Saucats (Cazenave), coll. Benoist au Mus. d’Hist. nat. de Bord.; Orthez (le Paren, Houssé), coll. Degrange-Touzin. —

llclvëtien.

SPHENIA. Turton, 1822.

Coquille mince en général, irrégulière, inéquivalve, inéquilaiérale, rostrée ou tronquée et bâillante en arrière; coté antérieur court; valve droite un peu plus grande que la gauche, avec une petile dent cardinale en avant de la cavité ligamentaire; sur la valve gauche, un cuillerôn saillant, trigone, allongé et oblique en arrière; impression des muscles adducteurs des valves grandes; ligne palléale écartée du bord; sinus palléal très faible. G. -T. : 5. Binghami Turton.

Quoique les charnières soient presque identiques dans les deux Genres, Sphcnia se distingue facilement de Mya, non seulement par son test plus mince et par ses valves généralement déformées par leur logement dans les excavations des rochers, mais encore et surtout par son sinus beaucoup moins profond. L’animal secrète un byssus qui fait défaut chez Mya.

Fig. 3. — Charnière de Sphenia anatina Bast.

Chez Sphenia, de même que chez Mya d’ailleurs, la dissymétrie des valves par rapport au plan de commissure est en connexion avec la dissymétrie des cuillerons qui, comme l’a indiqué M. Douvillé (/. c., p. 105), indique pour ce Genre une origine pleuroconque, c’est-à-dire que l’animal, avant de se fixer, se couchait vraisemblablement sur la valve droite, qui est la plus grande, de sorte que le cuilleron ligamentaire de la valve gauche est resté saillant et presque perpendiculaire au plan vertical de commissure des valves. Le croquis ci-contre représente une coupe transversale et schématique de celte charnière.

Ce Genre semble avoir fait son apparition dès la base des terrains tertiaires, car on en a signalé dans le Paléocène des environs de Paris et dans le Montien de la Belgique. Le nombre des espèces a d’ailleurs été un peu exagéré, par suite de l’irrégularité des valves : il est probable qu’il faudrait les réduire, du moins aux mêmes niveaux stratigraphiques, et surtout dans les mêmes gisements; on s’en apercevra de suite par la difficulté qu’on éprouve à assimiler complètement et identiquement de nouveaux individus avec ceux qui ont été antérieurement décrits.

Fig. 4. — Coupe schématique de la charnière de Sphenia (d’après M. Douvillé).

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