‹ Conchologie néogénique de l'AquitaineChapitre 44 sur 350 · Sphenia myacina Desh. in coll. PI. Il, fig · texte numérisé non relu

Sphenia myacina Desh. in coll. PI. Il, fig

Test fragile. Taille assez grande; forme assez convexe, inéquivalve, sub-trapézoïdale, inéquilatérale; côté antérieur largement arrondi, plus court que le côté postérieur qui est très obliquement tronqué, avec un contour à peu près rectiligne; bord palléal faiblement arqué, raccordé par des courbes régu-

lières avec des contours latéraux; bord supérieur convexe en avant, déclive et un peu rectiligne en arrière du crochet qui est peu gonflé et peu saillant, prosogyre, situé aux deux cinquièmes de la longueur, du côté antérieur. Surface dorsale assez bombée, séparée par un angle rayonnant et obtus de la région anale qui est à peine excavée, avec une arête vive limitant un corselet assez large; ornementation composée de stries d’accroissement fibreuses et serrées, qui deviennent sublamelleuses sur la dépression anale et qui sont remplacées, à l’avant, par des granulations fines et peu régulières. Charnière comportant : sur la valve droite, une fossette ligamentaire, oblongue et bien limitée par un rebord saillant à l'intérieur de la cavité umbonale; sur la valve gauche, un énorme cuilleron en secteur, séparé par une rainure oblique et une arête saillante de la région du corselet. Impressions musculaires allongées et inéquidistantes; sinus palléal peu visible.

Dim. Diamètre antéro-postérieur : 22 m i 1 1 . ; diamètre umbono-

Rapp. et diff. — Aucune des Sphenia que nous venons de décrire ne présente cet aspect subtrapézoïdal, ni l’angle anal et décurrent qui caractérise S. mxjacina ; cette apparence anormale nous avait même fait hésiter à la classer dans le G. Sphenia, tant que nous avons eu seulement sous les yeux deux valves isolées provenant du Bordelais; mais cette espèce était connue de Deshayes, et cinq échantillons provenant de Dax figurent dans sa collection, à l’Ecole des Mines; nous reprenons d’ailleurs le nom qu’il lui avait attribué et qui ne paraît pas avoir été publié jusqu’à présent pour aucune Sphénie.

Parmi les Sphenia anguleux du Bassin de Paris, on peut citer ; S. radiatula Cossm. qui a une ornementation rayonnante sur la surface dorsale et une forme plus transverse; S. donaciformis Desh. qui est plus trigone et plus élevé; S. nitens Bayan, qui est plus allongé, moins gibbeux, plus inéquilatéral .

Localités. — Dax, cotypes (PI. Il, lig. 66-68), coll. Deshayes à l’Ecole des Mines; Léognan, coll. Rozier. — liurtSlgalicn.

Mérignac, coll. Rozier; Léognan (le Thil), coll. Bial de Bellerade. —

Aqultanicn.

Fam. CORBV L1DÆ Fleming em. (1).

Coquille plus ou moins inéquivalve, à lest épais et généralement sillonné; ligament subexlerne, séparé du cartilage qui est interne, alivinculaire, amphidétique ; chondrophore développé en arc sur la valve gauche et plus ou moins saillant; charnière solide, comportant une grande dent antérieure et conique sur la valve droite, et une dent postérieure sublatérale II, confondue sur la valve gauche avec le chondrophore; bâillement peu marqué en arrière; ligne palléale bien marquée, faiblement sinueuse.

Nous n’avons pas fait état, dans cette diagnose, des dents rudimentaires que Félix Bernard a signalées et pour l’observation desquelles il faut une forte dose de bonne volonté. Ainsi qu’il a été indiqué ci-dessus, et conformément à la classification de M. Dali, il y a lieu de séparer des Myacidæ la Fam. Corbulidæ qui s’en distingue, non seulement par sa charnière pourvue de véritables dents, mais encore par son ligament subexterne et séparé du cartilage, et par son sinus palléal presque nul.

D’après Fischer, il n’y aurait qu’un seul G. Corbula subdivisé en plusieurs Sous-Genres; or M. Douvillé (Z. c., p. 104) a démontré que, si Corbula s. str. est orthoconque, Bicorbula de l’Eocène est, au contraire, franchement pleuroconque ; d’autre part, chez Corbidomya, le ligament externe communique avec la fosse du cartilage par une fissure umbonale du test. Enfin Erodona et Himella présentent un ensemble de caractères qui justifient la séparation de Genres bien distincts.

Nous n’avons à envisager ici que les G. Corbula et Corbidomya.

CO 11 BU LA Brug., 1797 (2).

Coquille inéquivalve, ovale ou sublrigone, rarement équilatérale, épaisse et close, toujours rostrée en arrière, c’est-à-dire du côlé qui est généralement le plus allongé ; crochets gonflés,

(1) Corbuladæ Flem.; Coibulidæ Brod., 1839.

(2) Nous n'avons pas suivi ici M. Dali qui (Tert. Fauna Flor., 1898, part. IV, p. 836), sous le prétexte que Bruguière s'est borné à figurer le Genre, sans diagnose ni références, et que Lamk. s'est borné à citer C. sulcata sans désigner le type, préfère Aloiilis Mühlfeld (1811) parce que cet auteur a bien insisté sur ce que le génotype est C. sulcata; M. Dali en conclut que le véritable génotype de Corbula est C. gallica Lk. et que Bicorbula Fisch. en est synonyme. Mais tout ce raisonnement pèche par la base.

opisthogyres ; surface presque toujours ornée de sillons ou de rides concentriques, très souvent munie d’une carène anale qui correspond à la troncature; valve droile plus grande et plus profonde que la gauche, portant une forte dent cardinale antérieure, suivie de la fosse du cartilage interne et d’une lamelle postérieure qui se confond avec le bord supérieur ; valve gauche munie d’une large fossette cardinale qui reçoit la dent antérieure opposée, et qui est suivie d’un cuilleron saillant plus ou moins redressé, et d’une lamelle latérale postérieure peu distincte; impressions des adducteurs bien marquées; impressions du pied distinctes, en partie confluentes; ligne palléale éloignée du bord et faiblement sinueuse en arrière. G. -T. C. sulcata Brug. Viv.

Ce Genre esttrès ancien puisqu’on le cite déjà à la base des terrains jurassiques, et même dans le Trias (fide Ziltel) ; la forme typique ne paraît pas s’être beaucoup transformée depuis l’origine, on connaît des espèces bathoniennes qui ressemblent singulièrement aux formes éocéniques ; néanmoins, on y a distingué diverses Sections : Anisorhynchus Conr., Corbulamella Meek et Hayden, Botlirocorbula Gabb, Cuneocorbula Cossm., et surtout Bicorbula Fischer (G. -T. C. gallica Lamie.) qui pourrait bien passer pour un Genre distinct, à cause de son cuilleron tout à fait perpendiculaire à la commissure des valves.

Nous n’avons à retenir ici que Corbula s. str. et Agina Turton (1822) dont le génotype est Mya inæquivalvis Montg., synonyme de Tellina gibba Olivi (fuie Bucquoy, Dautz. et Dollf.) ; cette dernière Section se distingue non seulement par la forme globuleuse des valves qui ne sont jamais rostrées, mais encore par leur crochet très enroulé, par leur sinus plus profond et par la grande inégalité des deux valves.

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