Corbula carinata Dujardin, mut. Hœrnesi Ben. in litt
PI. Il, fig. 61 65.
1825. C. revoluta Bast. Mém. géol. env. Bord., p. 93 ( non Br.).
1840. C. rugosa Grat. Cat. Gironde, p. 67 ( non Lamk.).
1873. C. carinata Ben. Cat. Saucats, p. 22, n° 23 (ex parte).
1886. — Ben. Faune de Saint-Avit, p. 49.
1901. — Sacco. I Moll. terz. Piem., XXIX, p. 36, pl. IX, fig. 13.
Test épais. Taille moyenne; forme très convexe, oblonguetransverse, presque équilatérale, inéquivalve, la valve droite
étant la plus profonde, quoique la différence soit souvent peu marquée; côté antérieur ovale, un peu plus court que l'autre qui est anguleux, subrostré, ou au moins obliquement tronqué à son extrémité; boni pal I éa 1 arqué, faisant un angle aigu avec la troncature anale et se raccordant par une courbe régulière avec le contour buccal ; crochets gonflés, prosogyres, inclinés un lieu en avant de la ligne médiane des valves. Surface dorsale bombée, séparée par une carène contournée de la région anale qui est un peu excavée en deçà de la carène, puis munie d’un renflement autour du corselet ; ornementation composée de rides concentriques, plus fines vers les crochets, s’épaississant graduellement vers les bords, se prolongeant au delà de la carène sous la forme de lamelles assez saillantes. Charnière épaisse comportant : sur la valve droite, une forte dent triangulaire qui vient, comme un croc, en contact avec la pointe du crochet et une large fossette ligamentaire qui échancre le bord cardinal sur lequel s’allongent, de part et d’autre, des rainures latérales; sur la valve gauche, un cuilleron très saillant, en avant duquel est la fossette destinée à la dent opposée. Impressions musculaires profondément gravées sur des plateformes en saillie par rapport à la cavité des valves; impression palléale écartée du bord, non sinueuse en arrière où elle rejoint simplement l’impression du muscle par un tracé rectiligne.
Dim. Diamètre antéro-postérieur : 14 mill. ; diamètre umbonopalléal : 10,5 mill.; épaisseur des deux valves réunies : 8 mill.
Rapp. et difF, — Dans une lettre qu’il a adressée à l’un de nous vers 1880, Benoist a cru devoir séparer cette mutation de C. carinata, en se fondant sur quelques différences légères, mais très constantes : la croissance des rides ne se fait pas subitement, mais graduellement; en outre, elles se prolongent sous forme de lamelles au delà de la carène; enfin, l’extrémité anale montre une réelle tendance à la formation d’un rostre ou d’un bec qui rappelle celui de C. rugosa I.amk., clans le calcaire grossier, tandis qu’il n’y en a jamais chez C. carinata, dont la troncature est plus oblique; il en résulte que le bord palléal est moins arqué chez la mutation du Bordelais que sur l’espèce originale de la Touraine. Il est d’autant plus important de faire ressortir cette mutation burdigalienne et aquitanienne, qu’elle établit en quelque sorte la transition avec les formes éocéniques, c’est-à-
dire que l’origine du Groupe de C. carinata est plus ancienne que le Tongrien où la plaçaient MM. Dollfus et Dautzenberg ( loc . cit., p. 82). Cette transition se poursuit dans l’Helvétien de la Gironde; les individus de Salles sont intermédiaires entre ceux de Léognan et ceux de la Touraine, les rides croissent déjà plus régulièrement et le bec anal est moins nettement formé ; néanmoins, il me semble qu’ils se rapprochent davantage de la mutation Hœrnesi que des spécimens des faluns de la Touraine.
Localités. — Léognan, très répandue (PL II, fig. 61-65), coll. Cossmann; Sauçais, Saint-Médard-en-Jalle, etc. — Burdlgalicn.
Pessac, Saint-Avit, Mérignac, Saucats (Lariey), etc. — A«iiiltanien.
Salles (Largileyre), commune. — Ilelvétlen.