Pleurodesma Sacyi nov. sp. PI. III, fig
Test médiocrement épais. Taille assez petite; forme orbiculaire ou subcjuadrangulaire, un peu convexe, peu inéquilatérale; côté antérieur un peu plus court, subtronqué ou peu arqué, se raccordant en courbe avec les contours latéraux; crochet petit quoique gonflé, prosogyre et incliné vers les deux cinquièmes de la longueur, du côlé antérieur; bord supérieur légèrement excavé en avant, convexe et dilaté en arrière, du
crochet. Surface dorsale bombée au milieu, plus déprimée vers les bords, avec une lunule très faiblement indiquée; stries d’accroissement Irès peu marquées, quoique fibreuses, de sorte que l’aspect est terne. Charnière de la valve gauche, seule connue, comportant : 2a très saillante, courte et lamelleuse, renforcée sous le crochet par un contrefort qui est peut-être le rudiment d’une branche 2 4, séparée en avant du bord supérieur par une fossette peu profonde pour loger 3; fossette chondrophorc très enfoncée dans la cavilé uinbonale, bien limitée en dessous et s'étendant obliquement jusqu’aux deux tiers de la longueur de la nymphe qui forme une arête mince et longue, dressée contre le bord postéro-supérieur. Impressions musculaires assez grandes, peu profondément gravées, oblongues; impression palléale écartée du bord, non sinueuse en arrière.
Di m. Diamètre antéro-postérieur : 11 mil I . ; diamètre umbonopalléal : 10 mill.
Rapp. et diff. — Il n’y a aucune analogie de forme entre cette coquille et les deux espèces de Pleuroclesma précédemment décrites : elle est subquadrangulaire à l’instar de certaines Diplodontes, non gibbeuse ni carénée en arrière; ses crochets sont presque médians et sa convexité est médiocre. Cependant, si l’on examine sa charnière, on constate qu’elle répond exactement à celle de Pleurodesma, excepté que le cuilleron est un peu moins allongé et un peu moins rapproché du bord supéro-postérieur ; la dent 2 est saillante comme celle de P. Desmoulinsi, et la nymphe est bien formée; aucune Scintilla ne présente cet aspect cardinal. D’autre part, les Basterotidæ sont — pour ainsi dire — des Pleurodesma dépourvus de cuilleron, on ne peut donc y placer l’espèce que nous venons de décrire ci-desssus. Dans ces conditions, nous n’hésitons pas à la rapporter au même Genre que P. Desmoulinsi, en attribuant la différence de forme à cette circonstance que l’habitat des deux espèces n’était probablement pas le même.
Localité. — Cestas, unique (PI. III, fig. 42-43), col 1 . Neuville. — MurdSgnlien.
Cénacle : PANOPÆAGEA nov. Cœnac. Cossm. 1909.
Il ne nous paraît pas possible de laisser avec les Mijacea les Panopées et Saxicaves qui n’ont qu’un ligament externe, posé sur une nymphe saillante, et jamais de cuilleron. L’impression palléale est d’ailleurs plus géné-
râlement sinueuse, et d’autre part, la charnière commence à apparaître, quoiqu’elle soit encore dépourvue de plateau cardinal. Il faut donc créer un nouveau Cénacle qui ferait partie du Sous-Ordre Aclapedonta.
GLYCYMER1DÆ Desh.
Coquille solide, à peu près équivalve, bâillante aux extrémités ; charnière primitive, formée par la juxtaposition de la dent de chaque valve; ligament externe, sur une nymphe saillante; pas de lithodesme; impression palléale sinueuse.
On réunit généralement à cette Famille les Saxicavidæ que nous jugeons distinctes, tant à cause de leur charnière que par leur habitat; cette élimination étant faite, il ne reste, jusqu’à présent, dans cette Famille, que Glycymeris et Cyrtodaria ; ce dernier Genre — signalé seulement dans le Pliocène d’Anvers — vient aussi d’être recueilli aux environs de Bordeaux, ainsi qu’on le verra ci-après.
GLYCYMERIS (Klein, 1753) Lamk. 1799.
Coquille équivalve, grande, transverse, épaisse, bâillante aux deux extrémités qui sont inégalement tronquées ; ligament externe, porté sur une nymphe saillante; charnière composée, sur chaque valve, d’une dent cardinale proéminente ; sinus palléal profond. G. -T. : Mya glycymeris Aldrovandi (Born sec. Herrmannsen).
Cette dénomination générique a remplacé Panopæa Ménard de la Groye (1807), Fischer ayant fait remarquer — dans son Manuel et sur le conseil de Bayle — que Lamarck avait, dès 1899, repris dans Klein le nom Glycymeris [sic) parmi un mélange de coquilles dont l’une est précisément le type d’AIdrovandi. Or, cette interprétation a été critiquée par M. Dali qui a appliqué Glycymeris à Pectunculus et qui a conservé Panopæa Ménard. Ce bouleversement repose sur une erreur commise par Da Costa qui, en 1778, a interprété différemment Chaîna glycymeris, d’après Belloni, en l’attribuant à Pectunculus glycymeris ; d’autre part, M. Dali a donné la préférence à l’interprétation de Da Costa sur celle de Klein, parce que ce dernier est antélinnéen, tandis que Da Costa est postlinnéen. La question a été reprise, en 1904, par MM. Dollfus et Dautzenberg, dans le Journal de Conchyliologie, et leur conclusion — que nous adoptons ici, parce qu’elle est fondée suide savantes recherches — est qu’il y a lieu de conserver Glycymeris poulies Panopées, Pectunculus pour les Pétoncles.