Saxicava arctica [Linné]. PL III, fig
-1767. Mya arctica Linn. Syst. Nat., Ed. XII, p. il 3.
1837. Mytilus carinatus Goldf. Petref., II, p. 179, pl. CXXXI, fig, 14 (non Br.).
1844. Saxicava arctica Nyst. Coq. Pol. foss. Belg., p. 95, pl. III, fig. 15.
1850. — Wood. Crag Moll., II, p. 287, pl. XXIX, fig. 4.
1852. — < d’Orb. Prod., III, p. 99, n° 1851, 26e ét.
1852. Saxicava subrvgosa d’Orb. Ibid., n° 1846, 26e ét.
1859. Saxicava arçtica Ilœrn. Tert. Beck. Wien, II, p. 24, pl. III, fig. 1 , 3-4.
1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 19, n° 12.
1878. — Benoist. Et. Torton., p. 3.
1881. Saxicava rugosa, var. arctica Nyst. Scald., p. 142, pl. XXVII, fig. 9.
1901. Saxicava arctica Sacco. I Moll. Terz. Piem., XXIX, p. 47, pl. XIII,
fig. 1-7.
1902. — Dollf. Dautz. Conch. Mioc. L., p. 72, pl. I, fig. 31-32.
Test d'épaisseur variable. Taille n’atteignant pas 2 centimètres; forme très irrégulière, très inéquilatérale, le côté antérieur étant obtus et très court; extrémité postérieure obliquement tronquée, souvent élargie; bord supéro-postérieur parallèle au bord palléal qui est presque rectiligne; crochets petits, peu gonflés, prosogvres, situés à peu près à l’extrémité antérieure des valves. De ce crochet rayonnent généralement, sur la surface dorsale, deux carènes subépineuses qui aboutissent respectivement aux deux angles de la troncature anale; le reste de la surface externe est rugueux et plissé par des accroissements irréguliers, dérangés par des cicatrices de déformations. Charnière composée, sur chaque valve, d’une dent (3 ou 2), minuscule, qui s’oblitère à mesure que la coquille vieillit; chez les très jeunes individus, on distingue même quelquefois une seconde branche 3a située un peu au-dessous de l’autre; nous n’avons pas observé ce dédoublement de la dent 2. Impression du muscle antérieur bien gravée, arrondie, placée assez haut; impression du muscle postérieur, piriforme, située encore plus haut, près du bord cardinal et assez loin de l’extrémité anale; sinus palléal grand et arrondi.
Dm. Diamètre antéro-postérieur: 6,5 mill. ; diamètre umbonopalléal : 2,5 mill.; spécimen géronlique : 19 mill. sur 11 mill.
Rapp. et diff. — L’espèce linnéenne est trop variable pour qu’on puisse, avec quelque certitude, y distinguer des mutations miocéniques et pliocéniques; sans préjuger de la réunion à, S. arctica des spécimens de la Touraine rapportés à S. rugosa, nous sommes convaincus qu’il n’y a qu’une seule espèce dans le Bassin de Bordeaux et qu’elle est identique à S. arctica. Mais il est peu probable que la mutation du Tongrien inférieur puisse être confondue avec l’espèce actuelle; quant à la forme ancestrale de l’Eocène moyen (S. vera Desli.), elle en est manifestement distincte.
En réalité, abstraction faite' de la forme, qui vai'ie suivant les individus, et de la charnière dont le développement est intimement lié à l’âge de l’animal, le principal critérium, pour reconnaître S. arctica, réside dans l’existence des deux costules rayonnantes et subépineuses qui existent — au moins dans le voisinage des crochets — chez tous les spécimens de cette espèce. Aussi avons-nous rapporté à S. arctica les spécimens gérontiques et édentés qu’on confondait généralement dans le Bordelais avec S. rugosa, ce qui rend sans objet la dénomination subrugosa proposée par d’Orbigny. D’autre part, nous nous sommes assurés, par la comparaison avec un individu de Ritzing (Autriche), que possède l’un de nous, que c’est bien aussi cette espèce qu’on rencontre dans le Bassin de Vienne.
Localités. — Mérignac, valve droite (PI. III, fig. 22-23), coll. Cossmann ; Cabanac, Villandraut (Gamachot), coll. Bial de Bellerade et Rozier; Mérignac (Piganeau), coll. Neuville; Saint-Avit, Lucbai’dez, La Saubotte, coll. Degrange-Touzin. — Aquitnnlen.
Saucats (gisement non spécifié), deux grandes valves (PI. III, fig. 26-27), coll. Desh., à l’Ecole des Mines; Saucats (Lagus) rare (fig. 20-29), coll. Cossmann; Léognan, spécimen gérontique (PI. III, fig. 24-25), coll. Nadal ; Dax, coll. Bial de Bellerade. — ASurriigalien.
Salles (Moulin Débat), coll. Benoist, au Mus. Ilist. nat. Bord. — Uelvétien.
Fam. BASTEROTIIDÆ Cossm. 1909.
Coquille toujours inéquilatérale, à côté intérieur plus court et plus atténué que l’autre ; valves closes, égales, plus ou moins Convexes, parfois gibbeuses; surface rarement lisse, généralement rugueuse ou granulée; une dent en croc sur chaque valve; ligament externe et court, posé sur une nymphe souvent retroussée; impression palléale entière ou très légèrement sinueuse en arrière.
Les coquilles que nous plaçons dans cette nouvelle Famille ont été confondues, soit avec des Poromga, quoique leur test ne soit pas nacré, soit avec des Cypricarclia, quoique leur plateau cardinal ne soit pas formé, de sorte qu’il est inadmissible de les classer parmi les Hélérodontes. En réalité, elles ont presque exactement une « charnière de Panopée », pour emprunter l’expression de M. Douvillé, c’est-à-dire qu’elles sont intermédiaires entre les Myacea et les Solenacea. Leur dent en croc 3 ressemble à celle de Corbula, mais leur ligament complètement externe, l’absence de cuilleron ou de fossette chondrophore les écartent absolument des Corbuliclæ. Elles n’ont ni le sinus, ni surtout la forme — et par suite le mode
d’existence — des Solenacecr, il semble plutôt qu’elles vivaient dans des cavités où leur test — assez mince en général — était mieux abrité; ce dernier point les rapproche, de même que leur charnière, des Saxicavidæ à la suite desquels nous les classons.
Les Genres dont nous composons cette Famille sont : Basterotia, avec la Section Fulcrella, et Anisodonta-, le premier seul paraît encore représenté dans les mers actuelles (B. quadrata Hinds).
BASTEROTIA Mayer (in Hœrn. 1859).
Coquille très gibbeuse, subcarénée en arrière, ornée de stries fibreuses ou granuleuses vers les bords; crochets saillants, prosogyres; une dent et une fossette sur chaque valve; nymphe courte et épaisse; impressions musculaires orbiculai- Fig. 9, — charnière de
, . , - , , ~ ~ Basterotia corbuloides
res; pas de sinus palleal. O.-l. : B. corba- Mayer. loides Mayer. — Miocène.
Cette dénomination a pour synonyme antérieur Eucharis Recluz, 1850 [non Latreille), qui s’applique à l’espèce vivante précitée et à une dizaine d’autres formes des Antilles, de la mer Rouge ou du Japon; toutefois, quelques-unes de ces dernières (fide Fischer) sont bâillantes, tandis que le génotype fossile ne l’est pas.
En 1886 (Cat. illustré, I, p. 137j, M. Cossmann a distingué un S.-G. Fulcrella (G. -T. Poromya paradoxa Desli.) qui diffère d’ Anisodonta (considéré à tort comme synonyme de Basterotia ) par sa nymphe non retroussée en arrière de la dent en croc, mais s’étendant parallèlement au bord supérieur. Ce Sous-Genre doit être rattaché à Basterotia et non pas à Anisodonta et on l’en distingue seulement par la disposition de sa nymphe plus allongée, par sa dent 2 plus saillante que chez Basterotia ; dans ces conditions, c’est tout au plus une Section de ce dernier Genre, car la forme gibbeuse de certaines Fulcrella éocéniques se rapproche beaucoup de celle de B. corbuloides. En tous cas, le genre Basterotia et sa Section Fulcrella doivent être nettement séparés d' Anisodonta, qui a un léger sinus palléal et une charnière un peu différente, ainsi qu’on le verra ci-après.