‹ Conchologie néogénique de l'AquitaineChapitre 76 sur 350 · Soienocurtus (Azov) antiquatus [Pulteney · texte numérisé non relu

Soienocurtus (Azov) antiquatus [Pulteney

mût. miocænica nov. mut. PI. IV, fig. 29 32.

1832. Solecurtus antiquatus Des Moul. Note s. le G. Solen, p. 105.

1838. — Grat. Gat. Gir., p. 68.

1860. Psammosolen coarctatus Hœrnes. Tert. Beck. Wien, II, p. 21.

1873. Solecurtus coartactus Benoist. Cat. Saucats, p. 76.

1877. — Benoist. Monog. Tubic.,p. 379, pl.NXII, fig. 7-8.

1901. Azor antiquatus Sacco. I Moll. terz. Piem., p. XXIX, p. 15 [ex parte).

(1) Laplupirt des auteurs italiens ont écrit slrigilalus-, mais nous sommes habitués, en France, à écrire « slrigillé, strigilla Lion »; nous rétablissons donc l'orthographe normale strigillatus.

Test mince. Taille assez grande; forme peu convexe, étroite, allongée dans le sens transversal, inéquilatérale; côté antérieur largement arrondi; côté postérieur plus atténué, ovale; bord palléal rectiligne; bord supérieur déclive ou à peine convexe de part et d’autre du crochet qui est petit, non saillant, très peu opislhogyre, situé. aux quatre septièmes de la longueur, du côté antérieur. Surface dorsale aplatie au milieu et vers le bord palléal, médiocrement convexe aux extrémités, terne sur toute son étendue et irrégulièrement marquée de stries d'accroissement. Charnière étroite, munie sur chaque valve de deux petites dents saillantes et divergentes, inclinées vers l’arrière; nymphe un peu allongée, légèrement saillante; lame cardinale épaissie latéralement, superficiellement rainurée, mais sans aucune trace de dents latérales. Impressions musculaires bien gravées, situées assez haut et allongées jusque vers la cavité du crochet; impression palléale écartée du bord; sinus grand et arrondi, confondu en partie avec la ligne palléale, se terminant à une ligne rayonnante et oblique, issue de la cavité du crochet.

palléal : IG mill.

Rapp. et diff. — Après un examen très attentif et comparatif d’échantillons provenant de divers gisements du Miocène et du Pliocène et des mers actuelles, nous concluons qu’on peut facilement distinguer ceux du Miocène de l’espèce vivante et qu’on peut en conséquence admettre qu’ils représentent une mutation ancestrale et complètement distincte de l’espèce actuelle pour laquelle nous adoptons d’ailleurs le nom antiquatus au lieu de coarctatus Gm., conformément à l’observation faite par MM. Bucquoy, Dautzenberg, Bollfus (Moll. Roussillon, II, p. 530).

En effet, S. miocænicus est constamment plus transverse et plus allongé que S. antiquatus; le rapport de la longueur à la hauteur est en moyenne, chez le premier, de 2, 3; tandis que, chez le second, il ne dépasse guère 2; il est vrai que dans le texte, les auteurs précités indiquent comme dimensions 20 millim. sur 47 millim., mais l’échantillon figuré, ainsi que tous ceux que nous avons mesurés, auraient pour celte même longueur de 47, une hauteur de 23 millim. En outre, l’espèce vivante a les crochets presque médians, tandis qu’ils sont situés plus en avant chez le fossile miocénique; enfin, l’extrémité postérieure est sensiblement plus atténuée que l’autre chez ce dernier, au lieu qu’elles sont également arrondies chez S. antiquatus

IGo —

Nous n’avons pu constater de différences bien nettes dans la charnière qui est rarement conservée, ni dans le sinus qui n’est pas toujours bien visible.

Observons en passant qu’il y a une faute d’impression évidente dans les dimensions indiquées par Benoist (30 sur 18); il faut lire 13, ce qui correspond exactement à la figure, tandis que 18 correspondrait à une valve beaucoup plus haute encore que celles de S. antiquatus.

S. miocænicus n’a pas été retrouvé en Touraine, d’après MM. Dollfus et Dautzenberg; Deshayes l’y avait signalé sous le nom coarctatus qui s’applique à l’espèce exotique et non à celle de la Méditerranée. Mais il existe en abondance dans le gisement torlonien d’Adiça, en Portugal, feu Delgado en a autrefois donné à l'un de nous une demi-douzaine de valves qui sont identiques à celle du Bordelais.

M. Sacco a rapporté à l’espèce actuelle aussi bien les échantillons de l’Helvélien et du Tortonien que ceux du Pliocène; mais il n’a figuré que ces derniers, de sorte que nous persistons à penser que les premiers sont bien la mut. miocænica, d’autant plus que cet auteur ajoute que l’espèce varie beaucoup dans ses dimensions, alors que les spécimens pliocéniques figurés, aussi bien que ceux que l’un de nous possède de Bologne, de Castell’ Arqualo, de Cannes, ont invariablement une hauteur égale à la moitié de leur longueur.

En ce qui concerne les spécimens de Ligurie (Tongrien?) dénommés S. proantiquatus Sacco, S. elongatus Bell, [in Rovereto),ce sont des moules à peu près indéterminables même génériquement, et il eût été plus prudent de ne pas leur attribuer de dénomination. L’échantillon original de Bellardi, de la Palarea, mesure 27 mill. sur 8 mil!., c’est-à-dire qu’il est encore beaucoup plus étroit que S. miocænicus, si toutefois c’est bien un Solenocurtus, ce qui paraît même problématique.

En résumé, la mutation miocænica paraît être la première apparition certaine du groupe Azov dans le Système tertiaire, et sa forme s’est peu à peu modifiée par un accroissement graduel de la hauteur des valves et par un déplacement insensible des crochets vers l’axe médian.

Localités. — Salles (Largileyre), plésiotvpes (PI. IV, fig. 29-32), coll.- Dumas;coll. Benoist au mus. llist. Nat. de Bord.; Saucats, Souars (Le Pareil), coll. Degrange-Touzin. — Mt*I vëîien.

Saubrigues, coll. Dumas. — Tortonîcaa.

S. -Ordre : DESMODONTA Neum. ex parte.

Coquille à ligament «à la fois interne et externe, la partie interne étant logée dans une fossette encadrée de dents qui sont supportées par un véritable plateau cardinal, la partie externe étant supportée par une nymphe peu ou point saillante.

ICO —

D’après cette définition — qui est un peu plus précise que celle fournie par l’auteur — il faut éliminer de ce Sous-Ordre, non seulement les Anatiniclæ et les Pholadomyacidæ qui sont, pour nous, des Anomaloclesmata, mais même les Myacea qui ont un cuilleron saillant, les Panopæacea et les Solenacea qui n’ont ni plateau cardinal ( Adapedonta ), ni ligament interne, de sorte que ce Sous-Ordre — primitivement très diffus — se réduit presque aux Mactracea qui commencent à se rattacher à certains Heterodonta par la morphologie de leur charnière, ainsi que l’a fait ressortir Félix Bernard et, notamment, par la formation d’un véritable plateau cardinal qui manque aux Myacea. Toutefois, ce serait une erreur que de les y assimiler complètement; car le fait de ce que le ligament a persisté à être interne à tout âge, constitue un caractère distinctif, bien net; d’autre part, M. Douvillé a fait remarquer (loc. cit., p. 103) que l’apparition des dents latérales, par exemple chez Mactra, est simplement le résultat de ce que l’animal abandonnant l’existence cavicole a eu besoin de fermer hermétiquement ses valves ce qui n’a pas lieu chez Lutraria qui n'a pas de dents latérales. Par suite, dans un même Cénacle, dans une même Famille, on a des Desmodontes [sans dents latérales et d’autres avec dents latérales (Desmodontes sécularisés, pour employer l’expression très heureuse de M. Douvillé) ; ce qui prouve bien que ce ne sont pas de vrais Hétérodontes et que la classification de Félix Bernard est à réviser à ce point de vue.

Cénacle : MACTRACEA Lamk.

Coquille équivalve, non nacrée à l’intérieur, à ligament en partie interne; charnière du type « desmodonte », c’est-à-dire comportant un cuilleron en arrière des dents cardinales ; ligne palléale variable.

La séparation de ce groupe remonte non pas à Gray, comme on l’a indiqué à tort, mais à Lamarck qui en faisait une Famille correspondant à une partie de l’Ordre des Desmodontes de Neumayr.

Fam. MACTRJDÆ Fleming em. (1).

Coquille épidermée, close ou bâillante, ovale ou trigone ; charnière bien développée sur un plateau cardinal comportant sur chaque valve, en avant de la fossette ligamentaire, une dent

(1) De même que pour Corbulidæ, Fleming avait écrit Mactradæ, et Gray s’est borné écrire Mactridæ.

lambdiforme, c’est-à-dire à deux branches ayant la forme de A (V renversé), et des dents latérales non constantes, plus ou moins écartées des dents cardinales ; sinus palléal plus ou moins profond; impressions des adducteurs bien marquées. Test à structure cellulaire.

Trois des nombreux Genres de celte Famille sont seuls représentés dans le Miocène de l’Aquitaine : Maclra, Eastonia, Lutraria ; ces deux derniers appartiennent cà une Sous-Famille proposée (1) par M. Dali ( Lutrariinæ ) pour les coquilles bâillantes, dépourvues — ou à peu près — de dents latérales.

MÀCTRA Linné, 1767 (sensu lato).

Coquille close, plus ou moins trigone, peu inéquilalérale, plus ou moins renflée, à crochets prosogyres ; surface externe lisse ou striée concentriquement, avec une aréa postérieure généralement carénée, lunule et corselet plus ou moins limités; charnière munie : sur la valve droite, d’une dent 3 à deux branches 3a 3*, dont la postérieure 34 est confondue avec la paroi antérieure de la cavité du cartilage, et de quatre lamelles latérales AI, AIII, PI, P III ; sur la valve gauche, d’une dent 2 à deux branches 2a % , quelquefois d’une dent postérieure 4* qui forme la paroi antérieure de la fossette du cartilage ou d’une dent âa parallèle à la branche 2a, enfin de deux lamelles latérales A II, PII, parfois crénelées, qui s’engrènent respectivement et très solidement dans les rainures comprises entre les lamelles latérales de la valve opposée ; nymphe ligamentaire externe, réduite à l’état rudimentaire.

Fig. 16. — Charnière de Mactra s. str.

(1) Proc. Malac. Soc. of London, vol. I, p. 209 (1895].

Les Mactres sont extrêmement variables, aussi sommes-nous obligés de iïous étendre un peu longuement à leur sujet.

Dans son Manuel de Conchyliologie, Fischer a admis plusieurs Sections ou Sous-Genres du G. Mactra, mais sans en indiquer bien nettement les caractères distinctifs, si ce n’est les crénelures des lamelles latérales chez Spisula et Iiemimactra. D’autre part, dans sa morphologie précitée des charnières des Pélécypodes, Félix Bernard s’est surtout borné à étudier la formation de la dent lambdiforme de chaque valve, et à signaler l’apparition de la dent 4 b, mais sans en tirer de conclusions précises pour la séparation des Sous- Genres.

En 1894, M. Dali a repris complètement l’étude des Mactracm, pour aboutir à une classification adoptée dans sa Monographie du Tertiaire de la Floride (1) et appuyée par de nombreuses figures détaillant toutes les pièces de la charnière de ce groupe difficile. Peut-être y a-t-il un abus de subdivisions dans cette classification, mais elle a en tous cas le mérite très réel d’avoir mis en lumière les variations de ces éléments cardinaux et d’en avoir tenu compte pour la délimitation des Genres, Sous-Genres et Sections.

Tandis que F. Bernard s'est exclusivement attaché aux dents, M. Dali a attribué la prépondérance au ligament et à son cartilage (qu’il nomme résilium), où plutôt à la fossette destinée à loger ce cartilage et qu’il propose de nommer « chondrophore ». La conclusion de cette étude, c’est qu’on peut diviser la Famille en trois groupes, selon que le ligament est : mactroïde, spisuloïde, ou submergé; dans le premier groupe, il y a séparation très visible du ligament et du résilium, c’est-à-dire une barrière entre la nymphe et le chondrophore ; dans le second, la nymphe et le chondrophore sont en communication; enfin dans le troisième, ligament et résilium ont le même logement. L’auteur en déduit la séparation des Genres Mactra, Spisula et Rancjia, avec de nombreuses subdivisions dans chaque Genre. M. Dali ajoute d’ailleurs que la plupart des formes européennes, vivantes ou fossiles, s’écartent des formes américaines, ce qui nous met très à l’aise attendu que nous n’avons pas réussi à les faire rentrer dans ces subdivisions. En effet, si l’on rapproche les Mactres françaises, éocéniques et miocéniques, de tous les schémas de charnières, publiées par M. Dali pour Mactrotoma, Mactrodcrma, Mactromeris, Hem imac tra, etc., on constate de réelles différences que peut seule expliquer une coupure tranchée entre les deux faunes. Nous sommes donc obligés, tout en tirant de précieuses indications du travail de M. Dali, de laisser de côté la plupart de ces subdivisions et de recourir à de nouvelles Sections pour celles de nos coquilles fossiles qui ne rentrent pas exactement dans le groupe typique de M. stul-

(1) Contrib. Tert. of Florida, part. IV, 1898, p. 862-891.

torum ( Mactra s. s.), restreint aux coquilles à charnière mactroïde, à ligament séparé du chondrophore (ou fossette), à dents .lambdi formes courtes, sans lames accessoires, à lamelles latérales rapprochées du plateau cardinal, non crénelées, mais parfois granuleuses, à sinus assez court, à lunule et corselet non sillonnés.

Barymactra (I) Cossm., 1909, nov. Sect. — Valves épaisses et de grande taille, subtrigones, inéquilalérales ; lunule et corselet peu distincts, non sillonnés; charnière épaisse et très concentrée, à fossette piriforine et bien séparée de la nymphe, encadrée par une fine arête; sur la valve gauche, en arrière de la branche 2* est une lame 4* qui ne se confond pas avec le rebord de la fossetle; lamelles latérales fortes et rapprochées, surtout les postérieures, I et 11 ayant en outre leur face interne granuleuse; au-dessus de la fossette s’avance un éperon bien distinct, plus ou moins épais; aucune coalescence entre les brandies 2a ou 3a et les lamelles antérieures. Sinus court, étroit et descendant; ligne palléale doublée en dessus par une rangée de ponctuations. G. T. : M. burdigatensis Mayer.

Ce groupe — localisé dans le Miocène — s’écarte complètement de Mactra s. s., non seulement par la forme des valves, leur épaisseur et par sa charnière concentrée, mais encore par le sinus et par la ligne palléale doublée. D’autre part, si la charnière ressemble à celle de Mactrclla, sauf la coalescence des dents qu’on observe chez ce dernier, le sinus est très différent et aussi l’épaisseur du test. Quant à Iiemimactra, c’est un groupe spisuloïde, à fossette bien différente et à latérales crénelées. Nous ne trouvons rien de semblable dans les coquilles américaines, et nous sommes par suite obligés de proposer cette nouvelle Section dans un Genre déjà bien chargé.

Eomactra (2) Cossm., 1909, nov. Sect. — Valves trigones, peu convexes, lisses ; lunule et corselet bien limités et slriés sur la moitié de leur largeur; charnière étroite, échancrée sur son contour inférieur, à dents lambdiformes 2 et 3, minces, avec la branche 2b doublée d’une fine lame 4*; lamelles latérales, I, II,

(1) Bapu;, pesant.

(2) ho;, commencement.

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