Lutraria angusta Desh. PI. V, fig
1830. L. angusta Desh. Encycl. mélh., t. II, p. 390.
1844. L. angustior Pli il . Enumer. Moll. Sic., II, p. 7.
1867. L. angusta Mayer. Catal. Mus. Zurich, 2e cahier, pp. 28, 54.
1901. L. angustior Sacco. I Moll. terz. Piem., part. XXIX, p. 29, pl. VIII,
1902. L. lutraria Dollf. Dautz. Conclu Mioc. Loire, p. 101, pl. V, fig. 7-9
(non Lin.).
Test mince. Taille assez grande; forme très étroite, oblongue, ovale et également atténuée à ses deux extrémités, très inéquilatérale, le côté antérieur atteignant à peine le tiers de la longueur des valves ; bord palléal et bord supérieur à peu près également arqués, quoique ce dernier soit un peu plus déclive de part et d’autre du crochet qui est petit et peu saillant. Surface dorsale peu bombée, déprimée en arrière, marquée de plis irréguliers d’accroissement, plus saillants sur l’angle très arrondi qui limite la région anale. Charnière de la valve droite un peu détériorée, seule la branche 3« est conservée; sur la valve gauche, dent 2 presque triédrique, l’échancrure inférieure qui indique l’existence de deux branches en A étant très atténuée; fossette chondrophore large et peu profonde formant une forte saillie triangulaire sur le contour inférieur du plateau cardinal ; un peu en arrière de cette fossette, on distingue la trace d’une lamelle PII et aussi de faibles rainures antérieures pour recevoir A I et A III ; sinus palléal ovale, à languette confluente s’avançant jusqu’à l’aplomb de la fossette chondrophore.
Fig. 21. — Valve gauche de L. angusta Desh.
Dim. Diamètre antcro-poslérieur : 35 mil I . ; diamètre umbonopalléal : 15 mill.
Rapp. et diflf. — Nous avons (l’abord étudié l’unique valve désignée dans la coll. Benoist sous le nom L. angusta que Desliayes a appliqué au fossile du Bordelais et que Mayer a repris sans pouvoir en justifier la légitimité. L'individu bivalve de Yillandraut — qui nous a été ensuite communiqué — nous a confirmé dans l’opinion qu’il faut séparer cette espèce de ses congénères fossiles, à cause de son galbe particulièrement étroit. MM. Dollfus et Dautzenberg ont rapporté à L. lutraria Linné — qui est beaucoup plus élevé (2 1/2 au lieu de 7/3) — les fossiles de l’Helvétien de la Touraine dont les proportions sont identiques à celles de nos valves aquitaniennes. Nous convenons volontiers que la séparation de toutes ces formes est extrêmement difficile, parce que les différences sont très légères et que les variations sont fréquentes; mais il ne faut pas se guider simplement d’après la forme générale des valves : il y a aussi la disposition de la charnière et la forme du sinus qui nous décident à séparer nos fossiles du Bordelais de l’espèce de Linné, comme aussi de celle de Philippi, L. angustior, du moins des spécimens actuels, tels que MM. Bucquoy, Dautzenberg et Dollfus les ont figurés (Mol!. Rouss., pl. LXXXI1I, fig. 3-6) ; chez L. angustior, le bord supérieur est beaucoup plus parallèle au bord palléal, en arrière du crochet et l’extrémité antérieure est aussi moins atténuée. C’est pourquoi nous ne citons en synonymie qu’avec un point de doute les références aux ouvrages de Philippi et de M. Sacco, et nous concluons qu’il faut reprendre pour les formes miocéniques le nom angusta Desli., même si l’on ne veut en faire qu’une mutation ancestrale de L. angustior et, par suite, de L. lutraria.
Il y a lieu de noter que la citation de l’espèce à Saint-Avit, par Benoist, était fondée sur des spécimens non recueillis par lui, mais existant dans une collection locale qui a été depuis acquise par M. Dautzenberg et que notre confrèi'e nous a communiqués. Or, ces spécimens sont manifestement des valves de L. angustior, ils n’ont pas l’aspect fossile et il est probable que l’étiquette Saint-Avit a été mise à tort sur des spécimens actuels.
Localités. — Saucats (Lariey), unique (Pl. V, fig. 10-11), coll. Benoist au Mus. d’Hist. nat. de Bordeaux; Yillandraut (Gamachot), un individu bivalve, coll. Neuville; une valve gauche (fig. 21), coll. Bial de Bellerade. — Aquitanien.
Cestas, une valve gauche de grande taille (33 mill. sur 27 mill.) douteuse, Coll. Bial de Bellerade. — flliirdigalien.
8o. Lutraria latissima Desh. PI. VI, fig. 28-29;
et PI. VII, fig. 5.
1830. L. latissima Desh. Encycl. métli . , II, p. 389.
1859. — Hœrnes. Tei’t. Beck. Wien, II, p. 57, pl. VI, fig. 1.
1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 25, n° 33.
1901. — Sacco. I Moll. terz. Piem., XXIX, p. 29, pl. VIII, fig. 4.
Test assez épais. Taille très grande; forme peu convexe, obliquement oblongue, inéquilatérale, le côté antérieur étant beaucoup plus court et ovale, atténué, tandis que le côté postérieur plus allongé est aussi plus largement ovale; bord palléal arqué, se raccordant par des courbes régulières avec les contours latéraux; crochets très petits, peu gonflés, à peine saillants, opposés, situés aux trois dixièmes de la longueur, du côté antérieur; bord supérieur déclive et presque rectiligne de part et d'autre des crochets. Surface dorsale médiocrement bombée, vaguement marquée de dépressions rayonnantes et obsolètes, du côté anal, ornée de stries d’accroissement peu régulières, assez serrées, et de traces de stries rayonnantes, visibles par places et très fines, sur la région médiane. Charnière puissante comportant : sur la valve droite, une dent 3 dont les branches font un angle de 50° entre elles, 3(l étant beaucoup plus épaisse et plus élevée que 3* ; fossette ligamentaire relativement étroite et peu profonde, faisant une forte saillie curviligne sur le bord cardinal ; sur la valve gauche, une branche 2 b formant une crête épaisse et saillante, tandis que la branche 2„ se réduit à une arête longue et rudimentaire; fossette ligamentaire étroite et oblique, plus profonde que celle de l’autre valve, et en arrière, une petite arête plus saillante, séparée du bord supérieur, et représentant peut-être une lamelle latérale PII. Impressions musculaires grandes et inéquidistantes, l’antérieure ovale allongée, la postérieure sublrigone et transverse ; sinus palléal largement ouvert et arrondi, s’avançant presque jusqu’à l’aplomb du cuilleron, avec une languette presque confluente sur toute sa longueur, qui le sépare de l’impression palléale écartée du bord.
Dim. Diamètre antéro-postérieur : 102mill. ; diamètre umbonopalléal : 56 mill.
Rapp. et diff. — Cette belle espèce est caractérisée par sa forme oblique, inéquilatérale, comprimée, qui la distingue au premier coup d’œil de l’ovale régulier des valves de L. lutraria ; sa fossette ligamentaire est particulièrement étroite et oblique, inégalement profonde sur les deux valves ; la déclivité presque rectiligne des deux parties du bord supérieur, en avant et en arrière du crochet, est aussi un critérium distinctif très constant ; le rapport de la longueur à la largeur est notablement inférieur à 2.
Les échantillons que M. Sacco a fait (igurer du côté du dos, en les rapportant avec un point de doute à cette espèce, nous paraissent avoir exactement la même forme; mais cela s’explique, car ils proviennent de Sauçais. Cet auteur ajoute, dans le texte, que les exemplaires du Bassin de Vienne lui paraissent très différents de ceux du Bordelais et qu’ils se rapprocheraient plutôt de L. sanna Bast. ; quant à ceux qu’on a cités dans le Plaisancien, ce seraient seulement de grands exemplaires de L. lutraria.
Localités. — Léognan (Coquillat), néotypes (PI. VI, fig. 28-29; PI. VII, fig. 5), col 1 . Dautzenberg, coll. Nadal, Peyrot, Rozier, commune; Léognan (la Sangsueyre), coll. Degrange-Touzin ; Saucats (carr. Giraudeau), fide Benoist, rare. — JSiirdignlien.