Mactra [Spisula] nucleiformis Mayer
var. Duvergieri nov. var. Pl. VI, fig. 12 14.
1867. Mactra nucleiformis May. Cat. Mus. Zurich, p. 24, 26.
1873. — May. Verstein. des Helvetian, p. 21.
1904. Mactra (Spisula) nucleiformis Dollf. et Dautz. Concb. mioc. Loire,
p. 120, pl. VII, fig. 13-29 (pars).
Test assez solide, taille petite; forme oblongue, à peu près équilatérale, équivalve; côté antérieur arrondi, assez régulièrement déclive; côté postérieur à peine plus long, anguleux; bord cardinal faiblement arqué du côté antérieur, plus rectiligne et un peu plus long du côté postérieur; bord palléal à grand rayon de courbure; crocbels petits mais assez saillants, prosogyres, situés un peu en avant du milieu de la valve. Surface dorsale luisante, lisse, marquée de très fines stries d'accroissement visibles seulement à la loupe ; lunule petite, corselet assez étroit, allongé, {imité par un angle assez saillant; surface de la lunule et du corselet lisse comme le reste de la coquille. Charnière formée :
sur la valve droite, de deux paires de lamelles, l’une antérieure l’autre postérieure, crénelées intérieurement; la lamelle supérieure est des deux côtés peu saillante et presque confondue avec le bord cardinal ; d’une dent cardinale h deux branches 3a 3* presque rectangulaires, Sa est à peine visible et confondue avec le bord supérieur, enfin d’une fossette ligamentaire petite; sur la valve gauche, d’une lamelle antérieure et d’une lamelle postérieure assez fortes, crénelées sur leurs deux faces, d’une dent cardinale courte et forte, les deux branches, 2a 24 obliques formant un angle aigu, et enfin d’une fossette ligamentaire; impressions musculaires peu marquées : sinus palléal arrondi, peu profond.
Dim. Diamètre antéro-postérieur : Il mil I . ; diamètre umbonopalléal : 9 mill.
Rapp. et diff. — La surface entièrement lisse de cette petite espèce permet de la distinguer aisément des autres Spisula décrites qui sont striées au moins sur la lunule et le corselet. La forme des spécimens de la Touraine est un peu variable; néanmoins, dans leur ensemble, ils sont plus courts, plus triangulaires que ceux de la Gironde qui constituent pour nous une variété distincte.
Localités. — Salles (Minoy) commune (PL VI, fig. 12-14), coll. Peyrot. —
Helvclien.
LUTRARIA Lamk. 1799.
Coquille oblongue, bâillante aux deux extrémités, à crochets généralement antérieurs; surface externe striée concentriquement; plateau cardinal prolongé en avant et en arrière du cro-
Fjg. 20. — Charnière de IMlraria.
chet, mais dépourvu de dents latérales; charnière portant : à droite, une dent 3 à deux branches 3„ 3*, celte dernière très écartée et confondue avec le bord d’un large cuilleron piriforme
et peu profond; à gauche, line forte dent 2 dont les branches 2a 24 sont peu ouvertes, impressions des adducteurs rapprochées du bord supérieur; ligne palléale profondément sinueuse, avec une languette étroite et souvent confluente. — G. -T. : Mactra lu Ir aria Lin.
Il est à remarquer que Mayer, attribuant (d’après Herrmannsen) au nom Lutraria l’étymologie lutus (boue), a pris sur lui de rectifier l’orthographe Lutaria ; mais il n’a pas été suivi par la plupart des auteurs qui continuent à écrire Lutraria comme si l’étymologie était luira (loutre). Dans cette incertitude, il est plus commode de conserver cette dernière orthographe à laquelle nous sommes tous habitués.
M. Sacco a restreint ce Genre aux formes ovales, et il a, par suite, admis, à titre de Section, Psammophila Leacli (in Brown, 1827), dont le génotype (L. obloncja Gm.) aune forme arquée, le bord supéro-postérieur étant concave, de sorte que l’extrémité postérieure est plus large que l’autre; mais tous les autres caractères génériques paraissent identiques, sauf l’apparition de lamelles latérales rudimentaires qu’on retrouve aussi chez Lutraria sauna qui n’est pas arqué. D’ailleurs, MM. Dollfus et Dautzenberg ont rapporté à ce génotype des individus de la Touraine qui sont moins arqués que ceux d’Italie. Dans ces conditions, l’utilité de la Section Psammophila est très contestable, et si on la conservait, il faudrait en changer le critérium distinctif pour y classer les Lutraires qui ont des lamelles latérales rudimentaires, ce qui serait précisément le cas de L. sanna. Quant aux autres groupes : Darina, Goniomactra, Cæcella, Schizotherus, Zenatia, ils n’existent pas dans notre Miocène.
Lutraria diffère de Mactra, non seulement par la forme ovale et allongée des valves qui ne sont jamais trigones comme celles de l’autre Genre, mais encore et surtout par sa charnière, dépourvue de dents latérales ou munie de lamelles peu développées, par le bâillement des valves à leurs deux extrémités, ce qui s’explique par l’habitat de la coquille qui s’enfonce dans la vase, tandis que Mactra a une vie plus active.
Ce Genre n’a commencé à apparaître qu’à dater de l’Oligocène tout à fait supérieur; mais il a pris très subitement un grand développement, non seulement par le nombre, mais aussi par la taille des espèces qui le représentent pendant la période miocénique, et qui — quoique très voisines les unes des autres — paraissent se distinguer entre elles par des caractères à peu près constants.